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En route vers la déflation, le krach des actions et la dislocation géopolitique mondiale

Publié par medisma sur 16 Novembre 2013, 22:43pm

En route vers la déflation, le krach des actions et la dislocation géopolitique mondiale

 

Obama, en dépit d’une image angélique, est le plus incompétent, le plus manipulateur et le plus menteur des présidents US. C’est le créateur par excellence de la plus grande bulle artificielle en cours des actions (et autres actifs papiers) de l’histoire, et ce par ses pratiques manipulatrices fort coûteuses !

I- Les confusions et distorsions introduites par le “Quantitative Easing” (QE) conduisent nécessairement à la déflation et au krach des actions

 

 

La plupart des gens se sont trompés sur les raisons ayant décidé la Federal Reserve US et autres banques centrales à pratiquer le QE (ou autres LTRO), une fois que leurs taux d’intérêt à court terme ayant été fixés à + ou – zéro. Elles ne pouvaient plus les baisser encore. Et continuent de se tromper sur ses conséquences, ce qui n’est plus notre cas depuis quelques mois. Puisque nous avons compris que le QE n’est pas une pratique inflationniste (détruisant les monnaies de papier- en particulier le dollar US- donc favorisant la hausse de l’or ou de l’argent-métal et d’autres actifs réels), comme la plupart des analystes superficiels, idéologues ou insuffisamment informés le pensent, mais au contraire DÉFLATIONNISTE (cassant les prix des métaux et des actifs réels).

Étant donné qu’il ne s’est pas agi pour les banquiers centraux de tenter par le QE de soutenir voire de stimuler la croissance économique, via une augmentation massive inflationniste du crédit bancaire en direction des entreprises et particuliers (l’économie réelle), ou de faire baisser le chômage (ce dont ils sont bien entendu incapables), comme ils l’ont faussement prétendu pour faire accepter par l’opinion et les gouvernements leurs pratiques manipulatrices fort coûteuses, mais uniquement de tenter d’éviter la faillite des grandes banques privées zombies “too big to fail” comme des agences US de crédit hypothécaire (Fannie Mae, Freddie Mac) tout en créant la plus grande bulle artificielle des actions (et autres actifs papiers) de l’histoire ne visant à enrichir que lesdites banques privées et quelques super-privilégiés (Buffet, Soros, etc.), déjà milliardaires avant la bulle qui le sont devenus un peu plus depuis (et le resteront à la condition que le prochain krach ne les conduise pas à l’état de clochards…). Et, accessoirement, de soulager les besoins d’emprunts du Trésor US qui devait financer les folies keynésiennes d’Obama. Bernanke n’a pas jeté des milliers de milliards de dollars US par hélicoptère sur les dizaines de millions d’Américains eux-mêmes mais les a offerts gratuitement (à taux d’intérêt zéro) aux quelques milliers de banksters “too big to jail” top niveaux américains, ce qui est fort différent. Et qui a évidemment produit aux USA le plus haut niveau d’inégalités jamais atteint. Alors qu’Obama, le plus incompétent et manipulateur des présidents US, continue de mentir en disant qu’il construit une société plus solidaire et que sa désastreuse réforme étatiste du système de santé US échoue avant même d’être mise en place…

Les banquiers centraux ont même veillé à ce que les énormes liquidités créées ex nihilo par le QE (ou autres LTRO) ne rentrent surtout pas dans l’économie réelle mais restent cantonnées dans les livres des grandes banques privées (servant ainsi à leur permettre d’acheter des actions pour leur propre compte qui, par leur hausse, ont permis le rétablissement partiel des bilans bancaires privés, et/ou des obligations d’Etat pour alléger le fardeau des dettes publiques) ou bien soient replacées sans risque par lesdites grandes banques privées dans les livres des banques centrales qui les rémunèrent substantiellement pour cela. De telle sorte que ce n’est pas l’économie réelle qui a profité du QE mais l’économie financière, d’où la déflation aggravée dans laquelle se trouve la première et l’inflation exubérante dans laquelle se trouve la seconde. Le QE a donc asséché le crédit et favorisé le “mal-investissement” comme la spéculation dans toutes sortes de produits ou actifs sans valeur intrinsèque, c’est-à-dire cassé la consommation, l’investissement productif et accru le chômage de masse réel, comme l’ont toujours expliqué les tenants de l’Ecole autrichienne d’économie. Puisque le tout premier QE, pratiqué aux USA dans les années 1930 déjà, avait cassé la croissance US qui ne pût se rétablir qu’avec la Seconde Guerre Mondiale. C’est dans ce sens que Ludwig von Mises écrivait : “Les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes des banques centrales”. Quand les autorités poussent les gens à spéculer et à placer leur argent disponible dans la bulle des actions, plus personne n’investit dans l’économie réelle qui finit par s’écrouler puis entraine, du fait même de son effondrement, le krach boursier et la ruine collective… Depuis la bulle des tulipes aux Pays-Bas à celle des actions de la compagnie du Mississippi organisée par John Law ou à celle des assignats pendant la révolution française, c’est toujours la même histoire qui recommence ! De telle sorte que le premier devoir des autorités responsables devrait être d’empêcher la création des bulles et, dans ce but, de limiter l’émission de liquidités à la croissance normale du PIB de chaque pays.

La bonne pratique  face à la crise bancaire s’étant aggravée à partir de 2007-2008 aurait évidemment été de laisser tomber en faillite la plupart des grandes banques privées zombies parasitaires (beaucoup trop nombreuses) mais en mettant à la charge des Etats et des banques centrales le remboursement intégral des dépôts effectués par les entreprises et les particuliers dans lesdites banques privées, ce qui aurait nettoyé le secteur bancaire et couté moins cher aux contribuables que tous les QE et autres mécanismes de recapitalisation qui n’ont d’ailleurs pas définitivement réglé le risque systémique voire d’insolvabilité qui affecte encore les grandes banques privées en question. Mais qui ont fait exploser l’endettement étatique, d’où le matraquage fiscal et la répression financière actuels qui cassent les économies.

http://fr.news.yahoo.com/moodys-baisse-note-principale-goldman-morgan-stanley-jpmorgan-220143750–finance.html

Si les banques centrales avaient voulu relancer l’économie réelle, et probablement aussi l’inflation monétaire, il leur aurait suffi de refuser que les grandes banques privées replacent dans leurs livres les liquidités qu’elles leur procurent ou qu’elles leur imposent des taux d’intérêt négatifs, ce qui aurait contraint les dites grandes banques privées à prêter aux entreprises et aux particuliers, ranimé le multiplicateur de crédit et la vitesse de circulation de la monnaie qui sont restés moribonds. Avec le QE, il n’y a que la masse monétaire qui ait augmenté, sans conséquence inflationniste globale (autre que pour le marché des actions) puisqu’elle est STÉRILISÉE et sera progressivement retirée du circuit de l’économie financière ou bien disparaitra en fumée lors du prochain krach des actions… Il faut oublier le lien supposé automatique entre création monétaire et inflation, parce que ce qui compte ce n’est pas la quantité de monnaie créée mais ce que les agents économiques qui la reçoivent en font. Si la monnaie créée, aussi massivement que puisse être cette création, disparait dans la TRAPPE A LIQUIDITÉ (comme cela s’est produit pendant des dizaines d’années au Japon dont il s’agissait aussi pour les autorités nippones de sauver les banques zombies et non pas l’économie réelle), c’est comme si elle n’avait jamais existé (et la déflation, qui n’a pas que de mauvais effets.

Voilà la principale raison pour laquelle l’or et l’argent-métal, ayant d’abord monté dans le sillage des premières opérations de QE dès 2008, perçues à tort comme inflationnistes, se sont ensuite effondrés depuis 2011 lorsque les analystes des bullion banks (les mieux informés) ont compris que le QE serait finalement déflationniste. Et que les prix de ces métaux sont loin d’avoir terminé leur chute.

L’erreur de beaucoup de gens, c’est de croire que les banquiers centraux actuels agissent pour le bien des populations alors qu’ils ne travaillent que pour enrichir les grandes banques privées et quelques oligarques de leurs amis puisque, dans le cas de la Federal Reserve US, par exemple, elle n’appartient pas à l’État US mais aux grandes banques privées qui sont ses actionnaires-copropriétaires.  Raison pour laquelle, les banques centrales s’opposent à toute réglementation qui rétablirait la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts comme laissent lesdites banques privées manipuler constamment tous les marchés financiers… Évidemment, toutes ces collusions sont abjectes, ruinent sciemment la plupart des particuliers tout en enrichissant les oligarques, et l’on ne reviendra à des pratiques honnêtes que lorsque les banques centrales seront supprimées, les taux de change fixes et l’étalon-or rétablis. Autant dire probablement jamais, parce que les banquiers centraux ne renonceront pas à leur privilège de conduire des politiques monétaires discrétionnaires en acceptant de revenir la discipline de l’étalon-or.

*YELLEN SAYS QE `CANNOT CONTINUE FOREVER’

*YELLEN SAYS FED TAKES RISKS OF QE `VERY SERIOUSLY’ (14 novembre 2013)

Toutefois, à notre avis, le QE n’est plus nécessaire et même contreproductif puisque la bourse US des actions et quelques autres sont au sommet (avec un risque majeur de krach qui augmentera au fur et à mesure de leur hausse supplémentaire éventuelle) et qu’il s’agit maintenant d’éviter une accélération de la déflation aux USA, en Europe et au Japon, tout en rééquilibrant les marchés d’actions au profit des marchés d’obligations (en faisant baisser les premiers et remonter les seconds, pour éviter une hausse des taux d’intérêt à moyen et long terme de 10 à 30 ans qui casserait toute possibilité de reprise économique). Mais aussi de diminuer les bilans hypertrophiés constitués d’actifs pour la plupart pourris (issus de la titrisation) des banques centrales et des grandes banques privées présentant des risques de caractère systémique. Il se pourrait donc que la Federal Reserve diminue son QE dès fin 2013-début 2014 (sans remonter ses taux courts) et que les actions US chutent fortement dès novembre-décembre 2013 par anticipation, comme le pronostique le professeur Didier Sornette, de l’Ecole polytechnique de Zurich, physicien s’étant spécialisé dans la prévision des modèles financiers et boursiers, estimant que les actions US sont à des niveaux de prix très surévalués durablement impossibles à soutenir. Ce qui ne ferait évidemment pas remonter les prix de l’or et l’argent-métal qui resteront baissiers pour des années mais consoliderait la hausse du dollar US et des obligations d’Etat US. La Fed à la place du QE adopterait un mécanisme dit de “forward guidance” c’est-à-dire se fixerait des objectifs publics chiffrés d’inflation et autres paramètres économiques en les liant par avance à sa politique de fixation future des taux courts.

Brian Bloom dans son commentaire du 7 novembre 2013 intitulé “Extraodinary Dangerous Stocks Markets” écrit:

“There are two unconventional analysts who have come to my attention over the years and whose work is unique to them: The first is Mr. Alan Newman, who publishes a report entitled “Pictures of a Stock Market Mania”. His latest report, dated November 5th 2013 can be viewed here: www.cross-currents.net/charts.htm ). The second is Professor Didier Sornette, who’s bio can be viewed at (http://www.er.ethz.ch/people/sornette ) and whose stock-market relevant work is summarised on the following You-Tube of a TED Talk entitled “How can we predict the next financial crisis?”that he gave in June 2013. http://www.ted.com/talks/didier_sornette_how_we_can_predict_the_next_financial_crisis.html

If Professor Sornette’s model is to be believed, we can expect a significant market peak in mid November 2013 – see chart below: (source: Casey Research)

 

  • Of course, this begs the question as to whether this will be just another trading peak or whether it will be a significant peak.

My own view is that Alan Newman’s work should be seen as a backdrop to any analysis. From the time that Alan Greenspan came onto the scene, the Dollar Trading Volume (DTV) as a multiple of Gross Domestic Product has been rising. At the peak of the 1929 stock market bubble it was slightly over 100%. Now it is around 350%. In 1929, the ratio of DTV to Market Capitalisation (the combined value of all companies quoted on the NYSE) was around 200%. Now it is just shy of 300%, having fallen from a peak of 400% in 2009. Of course, this has occurred as a direct consequence of what has come to be known as “algorithm” trading and as an indirect consequence of the US Federal Reserve’s loose money and low interest rate policies”.

Quelques avis sur l’or et l’euro ou le yen contre dollar US engagés dans une baisse parallèle :

http://www.zerohedge.com/news/2013-11-08/citi-expects-significant-fall-eurusd-currency-wars-escalate

http://goldnews.bullionvault.com/gold-prices-1000-111220131#DC-1112

http://bullmarketthinking.com/gold-trader-gold-signaling-manufactured-crash-over-next-30-40-trading-days/

http://www.miningweekly.com/article/gold-demand-falls-21-in-third-quarter-world-gold-council-2013-11-14

————

Prochains objectifs sur l’or à 1.180 et sur l’argent-métal à 18,25

  • Prochain objectif sur le dollar US index à 85.
  • Une fois le niveau zéro atteint, dont nous sommes tout proche,  les US Treasury Bonds (voir 2éme graphique ci-dessous du TLT) devraient violemment remonter par rapport aux actions US comme ce fut le cas en 2008. Rester long US T. Bonds et simultanément short actions US (via les indices boursiers ou les ETF short, pas les actions individuelles)
  • Le TLT que nous avons récemment acheté est venu s’appuyer sur sa moyenne à 200 jours sans la casser, ce qui est haussier pour cet instrument.

(FMG)

 

II- La dislocation géopolitique mondiale en cours

2014 – internationalisation du yuan, ouverture de l’Arabie Saoudite, explosion de l’UE : trois des derniers états du dollar s’effondrent
- Communiqué public GEAB N°79 (15 novembre 2013)

 

 

 

« C'était la nuit, et la pluie tombait ; et quand elle tombait, c'était de la pluie, mais quand elle était tombée, c'était du sang. » Ces mots d’Edgar Allan Poe (1) s’appliquent à merveille au lent processus de dislocation mondiale en cours, où tous les événements en apparence anodins (« la pluie ») viennent se combiner pour saper les fondations du système international qui se meurt (« le sang »). Si ce processus est lent, si ces événements peuvent paraître anodins, c’est paradoxalement parce que la crise actuelle est la première crise systémique véritablement mondiale : bien plus profonde que 1929, elle touche tous les pays et bouleverse le cœur du système. Là où 1929 était une crise d’adolescence de la nouvelle puissance mondiale, les États-Unis, nous vivons actuellement les derniers jours d’un condamné, et ce condamné est la superpuissance qu’on a connue depuis 1945. Mais toute l’organisation du monde s’est bâtie autour des États-Unis et personne n’a intérêt à ce qu’elle s’écroule avant d’en être complètement découplé. Il s’agit donc pour tous de s’en dégager en douceur en sauvegardant les apparences usuelles afin d’assurer une transition sans heurt, ce qui explique la lenteur du krach en cours.

C’est un peu comme des parents qui tentent de quitter la chambre de leur bébé à pas de loup pour éviter qu’il se réveille et se remette à brailler : le bébé est le dollar, et les parents sont indignes puisqu’ils sortent pour l’abandonner.

La Chine est passée maître dans cet art mais on voit de toute part d’autres pays qui abandonnent progressivement les États-Unis de manière plus ou moins subtile, comme l’Arabie Saoudite par
exemple (2). Pour l’Union Européenne, quasiment le dernier bastion américaniste hors des US, la tâche est plus ardue. Notre équipe anticipe que les élections européennes de 2014, où la montée des extrêmes droites et des forces eurosceptiques est inévitable, mèneront à une explosion du cadre actuel de l’UE avec la possibilité pour l’Euroland de s’affirmer à sa place...


Internationalisation à marche forcée du yuan qui vient décrédibiliser un peu plus le rôle central du dollar, perte du soutien saoudien qui était une pièce maîtresse dans l’édifice du pétrodollar, et perte du bastion américaniste UE remplacé par l’Euroland qui, s’appuyant sur l’euro, constitue une nouvelle menace pour les États-Unis : trois des derniers soutiens essentiels de la puissance américaine disparaîtront en 2014, poursuivant insidieusement le bouleversement mondial.

Les États-Unis ont fait le pari que la barrière de potentiel (3) entre le statu quo et le monde d’après est trop douloureuse à franchir, et que les pays, bien qu’ayant tout à gagner d’une nouvelle organisation du monde, ne passeront pas le Rubicon. C’est par exemple la Chine avec sa montagne de dollars en réserve qui ne vaudront plus grand- chose si elle bouge trop ostensiblement ; ou encore l’Arabie Saoudite qui perdra un gros client et une sécurité assurée si elle lâche les États-Unis. Sauf qu’il s’agit ni plus ni moins d’un froid calcul de coûts/bénéfices, et pour nombre d’acteurs les bénéfices commencent à dépasser les coûts. Selon LEAP/E2020, le pari américain est d’ores et déjà perdu.

 

À L’OUEST, RIEN DE NOUVEAU (4)

Les marchés peuvent être contents, Janet Yellen qui succèdera à Ben Bernanke à la tête de la Fed en janvier, a suggéré qu’elle souhaite continuer le programme d’assouplissement quantitatif de son prédécesseur (QE3) (5). Certes elle n’a guère le choix puisque l’illusion d’États-Unis encore debout ne tient que grâce à ce programme qui a permis aussi bien de relancer artificiellement le marché immobilier que les marchés financiers, ou de financer le gouvernement américain à bas coût.

Mais il n’y a que les marchés qui célèbrent la nouvelle. Les pays étrangers se demandent quand les bulles exportées par la Fed vont cesser, comment cela va pouvoir finir, comment sevrer les États-Unis et, s’ils n’ont pas encore suffisamment découplé leur économie, quelles seront les répercussions chez eux. La société civile sait déjà que les « bénéfices » du QE ne parviennent jamais jusqu’à elle (6) : comme si l’intégralité d’un New Deal par an (7) était absorbé uniquement par les marchés et ne profitait pas à la population. Et l’économie réelle se demande quand les taux d’intérêt vont pouvoir remonter à une valeur normale afin que des investisseurs soient à nouveau incités à financer de vrais projets grâce à une rémunération non nulle.
Du côté de la Fed, rien de nouveau donc. Rien de nouveau non plus aux problèmes du pays qui s’amoncellent et s’aggravent. On parle dorénavant de famine aux États-Unis dans les journaux mainstream (8) ; les crimes sont en augmentation constante depuis deux ans (9) ; la consommation de drogue explose (10) ; malgré les réductions budgétaires qui forcent des prisons à relâcher leurs prisonniers (11), il y a plus de prisonniers aux États-Unis que d’ingénieurs ou d’enseignants du secondaire (voir figure ci-dessous) ; malgré des chiffres officiels encourageants, le chômage de masse continue (12) ; les infrastructures sont sacrifiées (13) ; la recherche scientifique n’est plus financée correctement (14), etc.

[...]

Nombre de prisonniers, d’ingénieurs, d’infirmières, de professeurs du secondaire, etc., aux États-Unis. Source : Huffington Post.

L’IMPOSSIBLE REPRISE US

Les problèmes des États-Unis ne peuvent en réalité pas être résolus dans le cadre actuel car le pays se trouve face à un dilemme : si l’économie commence à reprendre des couleurs, la Fed doit arrêter son programme de soutien, mais alors ce sera la panique sur les marchés comme on l’a vu en septembre, ce qui cassera la reprise...

Plus généralement, si une once de vraie croissance US pointe son nez, la montagne de dollars imprimés par la Fed et exportés chez les émergents va revenir en partie aux États-Unis pour profiter de l’aubaine, provoquant une forte inflation et tuant la reprise dans l’œuf. (22) Ces « oscillations » entre espoir et désespoir vont donc continuer tant que la crise est affrontée avec les outils du monde-d’avant, ou jusqu’à ce qu’un choc vienne rappeler la situation catastrophique. Car ce n’est pas le QE qui va sauver l’économie, puisque ses meilleurs résultats sont de maintenir artificiellement en vie des zombies économiques et de gonfler des bulles financières.

[...]

 

L’EUROPE EST MORTE, VIVE L’EUROPE ! (42)

Résolution des conflits, commerce, finance... on voit donc que le fossé se creuse avec l’Occident. Néanmoins, à l’image de cette nouvelle route de la soie qui relie l’Asie et l’Europe, cette dernière peut encore basculer à temps dans le monde-d’après si elle parvient à couper le cordon avec les États-Unis, après les élections de 2014 qui serviront de détonateur.

Montée des extrêmes droites et des partis eurosceptiques, déficit démocratique, poids des lobbies et éloignement des citoyens, centralisation bruxelloise, bureaucratie et technocratie... l’Union Européenne se meurt (43). Selon notre équipe, les élections européennes de 2014 vont provoquer l’explosion du cadre actuel de l’UE et initier une repolitisation de l’Union, à commencer par un grand débat sur l’avenir de l’Europe. Cette remise en question a d’ailleurs déjà commencé, avec par exemple les Verts qui se dotent de candidats communs sur tout le territoire de l’UE (44), initiant ainsi une « vraie » élection européenne, ou avec les partis socialistes qui poussent le très sérieux candidat Martin Schultz à la tête de la Commission (45).

Cette refondation, si elle réussit, prendra du temps, beaucoup de temps, et la vraie échéance pour une UE démocratique est donc l’élection de 2019. Nous analysons longuement le sort de l’Europe dans la partie Télescope.
Or cette Union Européenne qui se meurt, c’est l’Europe inspirée et noyautée par les intérêts américains. C’est l’Europe réduite à un vaste marché commun qui doit sans cesse s’élargir. C’est l’Europe qui se couche devant Monsanto et s’en remet aux États membres (46), laissant ainsi le champ libre à la multinationale américaine. Ce faux-nez des politiques anglo-saxonnes, cette troisième béquille américaine, s’effondre. Mais ces décisions dictées par le cousin américain passent de plus en plus difficilement (47). Un autre exemple en est donné par l’adhésion de la Turquie à l’UE, choisie par l’agenda américain et non par les citoyens européens ni turcs (48) : déjà laborieuse, celle-ci sera définitivement condamnée lorsque des partis d’extrême droite investiront le Parlement européen en 2014.

Mais le continent n’attendra pas 2019 pour se réorganiser et la question concerne la forme que prendra l’Europe-d’après. Entre-temps, comme nous le verrons à la partie Télescope, l’Euroland a la capacité de construire un projet politique qui viendra combler le vide laissé par l’Union Européenne. [...]



----------
Notes :


1 Tirés de Silence, 1837.

2 Chose inconcevable il y a peu...

3 En physique, cette notion désigne un obstacle qu’une particule ne peut franchir que lorsqu’elle a suffisamment d’énergie.

4 Titre d’un
roman d’Erich Maria Remarque (1929).

5 Source :
Business Insider, 13/11/2013.

6 Lire l’article édifiant « Confessions of a Quantitative Easer » (
Wall Street Journal, 11/11/2013) ou sa traduction en français sur les-crises.fr.

7 Les dépenses du New Deal sont estimées à 50 milliards de dollars au total entre 1933 et 1940 (source :
Forbes. Avec l’inflation, cette somme représente environ 850 à 900 milliards de dollars actuels (cf. US inflation calculator, alors que la Fed injecte 1020 milliards par an, soit plus d’un New Deal par an. Voir aussi Answers.com.
Il faut néanmoins nuancer ces chiffres puisque QE3 représente 6% du PIB alors qu’à l’époque les 50 milliards du New Deal représentent environ 50% du PIB (étalés sur 8 ans, soit également 6% par an).

8 « America’s new hunger crisis »,
MSNBC (30/10/2013). Voir aussi Reuters, 12/09/2013.

9 Source :
Time, 24/10/2013.

10 Source :
Bloomberg, 13/11/2013.

11 Source : par exemple
CBS, 27/02/2013.

12 Sources :
CNS News (22/10/2013), ZeroHedge (08/11/2013).

13 Source :
Business Insider, 01/11/2013.

14 Sources :
ThinkProgress (30/08/2013), The Tech (07/05/2013), etc. Même le prestigieux MIT est fortement touché : Boston Globe, 20/05/2013.

[...]

22 Lire à ce sujet l’analyse d’Andy Xie,
Caixin (05/11/2013).

[...]

42 En référence à la formule « le roi est mort, vive le roi ! » prononcée initialement à la succession de Charles VI en 1422. Source :
Wikipédia.

43 Il est intéressant de constater que toutes les « unions » (Union Européenne, Royaume-Uni, États-Unis) sont toutes en graves difficultés ; en particulier, le choix de ce nom reflète des principes de gouvernance qui ne sont plus adaptés à notre époque où une gouvernance décentralisée en réseau devient impérative pour gérer les grand blocs régionaux.

44 Source :
EUObserver, 11/11/2013.

45 Source :
Huffington Post, 10/10/2013.

46 Source :
Die Zeit, 06/11/2013.

47 Ainsi, le maïs de Monsanto mentionné ci-dessus devrait encore être bloqué par de nombreux pays.

48 Seuls 20% des Européens et 44% des Turcs pensent que l’intégration de la Turquie serait « une bonne chose » (source :
Hurriyet, 19/09/2013). Tandis que Hillary Clinton disait en novembre 2010 : « the United States [...] support the membership of Turkey inside the EU. [...] We don’t have a vote, but if we were a member, we would be strongly in favor of it. »

 

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