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Nuit de colère à la Concorde

Publié par medisma sur 7 Février 2014, 22:29pm

Histoire

 

6 février 1934 : Nuit de colère à la Concorde

 

 

 

 

Francois_de_la_Rocque

 

6 février 1934. “Soirée d’émeute” (“le Figaro”), “journée de guerre civile” (“le Matin”), la Concorde transformée en champ de bataille, le gouvernement en crise. La gauche accuse les Croix-de-Feu et leur chef La Rocque. Et pourtant, il n’y était pas ! Il s’explique dans ses carnets

Dès le matin du mardi 6 février, Paris a la fièvre. Le Figaro, plutôt modéré, ne l’est plus du tout : « La situation politique est grave », annonce-t-il avec les manifestations du soir ; « Allez-vous-en vite et tous ! », titre-t-il en éditorial alors que le nouveau gouvernement du radical Édouard Daladier doit être investi par les députés. Or l’Union nationale des combattants, l’Action française, les Jeunesses patriotes, la Ligue des contribuables et même l’Association républicaine des anciens combattants (Arac), proche du Parti communiste, appellent les Parisiens à manifester dans la rue leur “colère patriotique”. Le colonel de La Rocque et ses Croix-de-Feu se sont ralliés tardivement à ce mouvement.

Des cortèges se constituent dès l’après-midi et convergent vers la place de la Concorde. Sans objectif précis, sans concertation, les manifestants crient leur indignation contre les “voleurs”, l’impuissance du Parlement et la faiblesse de l’exécutif. Tous réclament plus d’État et plus d’autorité alors que l’énorme scandale de l’affaire Stavisky s’étale dans les journaux depuis plus d’un mois. Ils veulent la réintégration du préfet de police de Paris, Jean Chiappe, qui, démis de ses fonctions par Daladier, a dû quitter la Préfecture la veille. Pourtant, le ministre de l’Intérieur, Eugène Frot, avait prévenu : « Si on touche à Chiappe, les pavés voleront tout seuls. » Daladier lui reproche de n’avoir pas tout dit sur Stavisky et d’être un homme de droite. Il est la bête noire des socialistes, dont le chef du gouvernement a besoin.

À la nuit qui tombe, la foule ne cesse de croître place de la Concorde. La confusion grandit : les rumeurs les plus folles circulent. Il y a un incendie à l’hôtel de la Marine. Des groupes de manifestants cherchent à franchir le pont de la Concorde pour atteindre le Palais-Bourbon. Les forces de l’ordre, à pied et à cheval, dressent un barrage. Un autobus brûle, les gardes républicains montés chargent, des jets de pierre en désarçonnent, les sapeurs-pompiers utilisent leurs lances à incendie. Vers 19h30, le service d’ordre, débordé, tire des coups de feu. Tard dans la nuit, les affrontements se succèdent. On relèvera 15 tués, 1 450 blessés.

Mais les Croix-de-Feu du colonel de La Rocque n’étaient pas à la Concorde. Ce qui n’empêche pas ce dernier de s’attribuer la chute de Daladier, au lendemain de l’émeute : « Sans frapper, ni employer d’armes, ni incendier, ni saccager, écrit-il, les Croix-de-Feu ont enveloppé les premiers le Palais-Bourbon. » Et le mercredi 7, il adresse à ses sections le télégramme suivant : « Ministère démissionnaire, premier objectif atteint. Suspension manoeuvres. »

Quelles actions les Croix-de Feu ont-ils donc conduites ce 6 février ? Ils sont 6 000 militants présents. La Rocque les a rassemblés sur l’esplanade des Invalides et rue de Bourgogne pour aboutir par la rive gauche à la Chambre des députés, « en s’approchant assez près pour donner un coup de semonce sévère ». Il se trouve lui-même en arrière de ses troupes, d’où il dirige les opérations par téléphone et à l’aide d’agents de liaison. Il veut « une masse disciplinée, tenace, agissante et non agitée ».

Aux grilles du Palais-Bourbon, la garde républicaine arrête ses colonnes. Après quelques échauffourées, les Croix-de-Feu refluent, leurs cortèges se disloquent sur l’ordre de leur chef. Il est vrai que l’Hémicycle s’est vidé aussitôt après le vote de confiance. Déçus, certains militants rejoignent la rive droite et la Concorde. La Rocque a-t-il trahi la cause patriotique ? Maurice Pujo, le compagnon de Maurras, de l’Action française royaliste, le prétendra. C’est ce que dira aussi l’un des fondateurs des Croix-de-Feu, le duc Joseph Pozzo di Borgo, reprenant une rumeur lancée par André Tardieu en 1935 : il accusera La Rocque d’émarger aux fonds secrets du gouvernement pour financer son mouvement.

L’accusation fera mal. D’autant plus qu’à la fin du mois de juin 1936, Léon Blum décide, avec son gouvernement de Front populaire, de dissoudre les “ligues”, dont les Croix-de-Feu, pour « défendre la liberté et l’ordre républicain ». Du coup, La Rocque crée un parti politique, le Parti social français (PSF), qui sera à la veille de la guerre le premier grand parti de masse de la droite française : un million d’adhérents ! Son chef espère beaucoup des élections législatives prévues en 1940…

Que voulait vraiment La Rocque ? Ses carnets, longtemps restés inédits, Pourquoi je suis républicain, apportent des réponses. Ils furent rédigés en 1943 et 1944, « en cachette des Allemands, avec une scrupuleuse exactitude, au cas où je disparaîtrais en déportation », écrit leur auteur, afin de « transmettre à mes enfants à la fois une documentation indispensable et une leçon venue du passé, instructive pour l’avenir ».

De fait, après la dissolution du PSF en novembre 1942, La Rocque est arrêté le 9 mars 1943 par la Gestapo, emprisonné en France, transféré au camp d’Eisenberg en Tchécoslovaquie. Du 10 janvier 1944 au 7 mai 1945, il est incarcéré à la forteresse d’Itter en Autriche aux côtés de personnalités politiques françaises avec lesquelles il parle, confronte ses souvenirs et lit ses récits. Son ancien adversaire politique, Édouard Daladier, le juge comme « un homme courageux, un loyal et très affable compagnon de captivité ». Ses carnets seront saisis lors de son retour en France, au mois de mai 1945. Car La Rocque est à nouveau arrêté, détenu dans une caserne de police à Versailles, puis libéré à la fin de décembre 1945 et assigné à résidence. Il mourra quatre mois plus tard, le 28 avril 1946, à l’âge de 60 ans, des suites d’une intervention chirurgicale.

Retrouvés en 1982 par son fils et son petit-fils dans leur maison auvergnate, ses carnets éclairent l’action et la personnalité de cette figure majeure des années 1930. Rien ne lui a été épargné, ni par l’AF qui se moquait de son inaction, ni par les partis de gauche, pour lesquels le “colonel-comte” symbolisait le fascisme français avec ses défilés, ses drapeaux tricolores, son service d’ordre et l’attachement des militants à sa personne. Sans compter que le régime de Vichy récupère, sans son assentiment, la devise du PSF, “Travail, Famille, Patrie” !

Né en 1885 dans une famille de tradition militaire, il était entré à Saint-Cyr en 1905, puis il avait combattu au Maroc avec Lyautey où il avait été grièvement blessé en 1916, était revenu en France appelé par la Grande Guerre qu’il terminait comme chef d’escadron avec dix citations, appartenant à l’état-major du maréchal Foch, recevant une mission en Pologne et retournant au Maroc lors de la guerre du Rif. En 1927, il avait quitté l’armée pour entrer à la Compagnie générale d’électricité. Mais il voulait continuer à servir et avait rejoint, en 1929, une association fondée en 1927, réservée aux seuls anciens combattants de première ligne décorés de la croix de guerre, d’où son nom de Croix-de-Feu. Et en 1931, il était élu à la présidence de l’association.

La Rocque mit alors son talent d’organisateur au service du mouvement qui s’ouvrait à tous les patriotes. S’il rejette le jeu électoral et parlementaire, il souhaite l’influencer par une action autour de quelques grands thèmes : refus de la lutte des classes, rassemblement national, association capital-travail, exécutif fort, suffrage des femmes et lutte contre la corruption. Le scandale Stavisky lui offre l’occasion de montrer sa force en 1934, mais pas plus. « Je n’étais pas prêt à prendre le pouvoir, écrit-il. Je n’avais pas d’équipe éventuellement gouvernementale. […] Mes cadres n’étaient absolument pas préparés à représenter, en province, une conception, un mouvement politique. » Il ajoute, en imaginant que ses hommes aient pu pénétrer à l’intérieur du Palais-Bourbon : « Nous n’aurions pas pu nous y maintenir longtemps. »

En définitive, s’il lança les Croix-de-Feu dans l’affaire du 6 février, c’était pour ne pas rester « à l’écart d’un mouvement très ample exprimant la protestation française contre de malpropres gabegies et complaisances ». Il précise : « Il devait être question de purifier la République. Il eût été coupable d’en tenter le renversement. » “Dégonflé ? ” « Il est souvent plus crâne de résister aux entraînements de la foule que d’y céder. »

A-t-il reçu des fonds secrets ? Des accusations infondées, disent les historiens. La Rocque rapporte ses rencontres avec Tardieu, cite la hantise qu’avait celui-ci des distributions de fonds secrets, expose les calomnies et leur origine, un mouvement d’humeur de Tardieu mécontent que La Rocque ait confié à Bertrand de Jouvenel qui l’interrogeait : « Je ne suis pas derrière Tardieu, pas plus que derrière aucun homme politique. » Autres sujets sensibles abordés, ses relations avec le maréchal Pétain avec lequel il rompt en 1937, son refus de participer au gouvernement de Vichy par la suite, son rejet des clauses de l’armistice, sa méfiance à l’égard de l’entourage du Maréchal, son interdiction faite à ses fidèles d’adhérer à la Milice. Parallèlement, dès l’été 1940, il jette les bases d’un réseau qui collecte des informations militaires transmises aux Anglais, le futur réseau Klan.

En 1961, le général de Gaulle fera remettre à la veuve du colonel la médaille de déporté à titre posthume. Et dans une lettre, il reconnaîtra que la déportation de son mari était due à des faits de résistance.

Source : valeursactuelles.com

 

chanson historique : Les Croix de Feu 1934


lorsque ayant déposé notre casque
remis notre fusil au ratelier
nous avons , sortant de la bourrasque
revu les champs, le bureau, l'atelier
nous espérions qu'ayant gagné la guerre
la France aurait le bonheur à jamais
mais il fallut qu'une horrible mégère
la politique, hélas, perdît la paix

refrain
allons debout les croix de feu
notre tâche n'est pas finie
fiers enfants de la patrie
l'honneur l'appelle et le devoir le veut
faisons le serment à jamais
tous unis comme au front naguère
nous les vainqueurs de la guerre
de protéger la France dans la paix

quand jadis la France était la Gaule
les vieux gaulois , moustachus et velus
hache au poing ou lance sur l'épaule
n'étaient ils pas nos aieux les poilus ,
de Charlemagne aux grognards de l'Empire
les fils de France ont eu des coeurs ardents
de ces héros il faut qu'on puisse dire
les croix de feu sont les fiers descendants

refrain

dans les champs de la Manche à l'Alsace
quinze cent mille héros de nos amis
pour sauver le sol et notre race
sont maintenant pour toujours endormis
les oublier serait indigne et lâche
qu'ils ne soient pas morts inutilement
nous croix de feu continuerons leur tâche
aux croix de bois nous en faisons serment

refrain

 

 

Nuit de colère à la Concorde
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