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La spéculation, la croissance chinoise et la situation sociale en Espagne, la création monétaire et l’histoire secrète de la crise financière

Publié par medisma sur 24 Mars 2014, 22:51pm

La spéculation, la croissance chinoise et la situation sociale en Espagne, la création monétaire et l’histoire secrète de la crise financière

 

I- Jérôme Kerviel: "La spéculation est repartie comme en 40"

Elle continue "plus que jamais"

 

 

L'ex-trader Jérôme Kerviel, accusé d'avoir causé une gigantesque perte spéculative en 2008, affirme à la RTS que la spéculation "continue plus que jamais" et qu'il est conscient de pouvoir être arrêté à tout moment.

Six ans après la crise mondiale des subprimes, la spéculation "est repartie comme en 40", a déclaré dimanche l'ancien trader Jérôme Kerviel dans un entretien exclusif donné à la RTS, à Parme en Italie, sur la route qu'il a décidé de faire à pied entre Rome et Paris, après sa rencontre avec le Pape François.

Accusé d'avoir causé l'une des plus grandes pertes spéculatives de l'histoire en 2008, le Français dénonce un système qui perdure, et un "même danger", donnant l'exemple de fonds hautement spéculatifs sur le climat, où les marchés spéculent sur "les températures qu'il fera dans 10 ans dans un pays donné."

Il dénonce l'absence absolue de lois et de régulations réellement contraignantes depuis la crise financière de 2008.

"Je ne suis pas en fuite"

Revenant sur l'affaire qui l'oppose à la Société générale, l'ex-trader reconnaît une "faute morale mais pas pénale". Il se félicite de l'annulation de l'arrêt qui l'obligeait à payer 4,9 milliards de dommages et intérêts.

"Je ne suis pas en fuite", affirme-t-il, ajoutant qu'il n'a jamais été tenté de disparaître à l'étranger. Il se dit conscient de pouvoir être arrêté à tout moment pour purger les 3 ans de prisons auxquels il est condamné.

 

Source : RTS.ch

 

 

 

II- Olivier Delamarche sur les inquiétudes à propos de la croissance chinoise et la situation sociale en Espagne

 

 

 

Partie : 1

Parti : 2

 

 

III- Création monétaire : la Banque d’Angleterre vend la mèche
 

 

Dans les années trente, Henry Ford est censé avoir dit, à propos des États-Unis : « Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin. » La semaine dernière, il s’est passé une chose remarquable : la Banque d’Angleterre a vendu la mèche.

Dans un article intitulé « La création monétaire dans l’économie moderne [1] », trois économistes du directoire d’analyse monétaire de la Banque d’Angleterre déclarent de manière catégorique que la plupart des hypothèses faites sur le monde bancaire et son fonctionnement sont fausses, et que les positions généralement taxées d’hétérodoxes et de « populistes » associées à des mouvements tel que Occupy Wall Street sont correctes. En faisant cela, ils mettent à terre toutes les justifications théoriques qui sont à la base des politiques d’austérité.

Pour percevoir à quel point cette nouvelle position de la Banque d’Angleterre est radicale, considérons la compréhension conventionnelle que nous avons des mécanismes bancaires, qui sont aujourd’hui la base de nos débats sur les politiques publiques. Les gens mettent leur argent dans des banques. Ensuite, les banques prêtent cet argent avec intérêt aux consommateurs ou entrepreneurs désireux d’investir dans des initiatives profitables. Le système des réserves fractionnaires permet aux banques de prêter considérablement plus que ce qu’elles ont en réserve, et si les dépôts ne suffisent pas, les banques privées peuvent chercher à emprunter auprès de la banque centrale. La banque centrale peut imprimer autant de monnaie qu’elle le désire en faisant toutefois attention de ne pas trop en abuser. On nous dit souvent que c’est d’ailleurs la raison première de l’existence de banques centrales indépendantes. Si les gouvernements pouvaient imprimer eux-mêmes la monnaie, ils en abuseraient sûrement, et cela aurait pour conséquence une inflation qui jetterait l’économie dans le chaos. Des institutions comme la Banque d’Angleterre ou la Réserve fédérale des États-Unis ont été créées pour réguler de manière prudente la création monétaire afin de prévenir l’inflation. Voilà pourquoi elles ont l’interdiction de financer directement les gouvernements, par exemple par l’achat de bons du trésor, et doivent plutôt financer l’activité du secteur privé sur lequel le gouvernement impose simplement des impôts.

C’est cette théorie conventionnelle qui nous permet de continuer à parler de la monnaie comme si c’était une ressource limitée comme la bauxite ou le pétrole, de dire « il n’y a simplement pas assez d’argent » pour financer les programmes sociaux, de parler de l’immoralité du déficit budgétaire ou de la dépense publique qui évince le secteur privé.

Ce que la Banque d’Angleterre a admis cette semaine, c’est que rien de tout cela n’est vrai.

Pour citer sa propre synthèse introductive :

« Plutôt que les banques reçoivent des dépôts quand les ménages épargnent pour ensuite prêter ces montants, ce sont en fait les prêts des banques qui créent les dépôts [...]. En temps normal, la banque centrale ne fixe pas le montant de la monnaie en circulation, pas plus que la monnaie centrale ne se “multiplie” en prêts et dépôts. »

En d’autres termes, tout ce que nous pensons savoir n’est pas seulement erroné : c’est l’inverse de la réalité. Quand les banques font des prêts, elles créent de la monnaie. Cela parce que la monnaie n’est en fait qu’une reconnaissance de dette. Le rôle de la banque centrale est de présider un ordre légal qui accorde en réalité le droit exclusif de créer des reconnaissances de dettes d’un certain genre, garantie qui permettra aux gouvernements de les reconnaître comme monnaie légale en récoltant l’impôt par leur intermédiaire. Il n’y a en réalité aucune limite sur le montant que les banques peuvent créer , tant qu’elles peuvent trouver quelqu’un pour le leur emprunter. Elles ne seront jamais à court de fonds, pour la simple raison que les emprunteurs, en règle générale, ne mettent jamais l’argent emprunté sous leur matelas. En fin de compte, l’argent que la banque prête finira dans une autre banque. Donc pour le système bancaire dans sa globalité, chaque prêt devient un nouveau dépôt. De plus, dans la mesure où les banques ont besoin d’acquérir des fonds de la banque centrale, elles peuvent emprunter autant qu’elles veulent ; tout ce que fait la banque centrale est de fixer le taux d’intérêt, le coût de la monnaie, pas sa quantité. Depuis le début de la récession, les banques centrales américaines et britanniques ont réduit ce coût à presque zéro. En fait, avec les assouplissements quantitatifs, elles ont injecté autant de monnaie que possible dans le système sans produire aucune inflation.

Cela veut dire que la vraie limite du montant de monnaie en circulation ne dépend pas du montant que la banque centrale veut prêter, mais du montant que les gouvernements, les firmes et les citoyens ordinaires sont prêts à emprunter. Les dépenses publiques sont le principal moteur de tout ceci (et l’article de la Banque d’Angleterre admet, si vous le lisez attentivement, que la banque centrale finance le gouvernement, en fin de compte). Il n’est donc pas question de dépense publique qui évincerait l’investissement privé. C’est exactement l’inverse.

Pourquoi la Banque d’Angleterre admet-elle subitement cela ? L’une des raisons est que c’est objectivement vrai. Le rôle de la Banque est de faire tourner le système, et dernièrement, le système ne tourne pas particulièrement bien. Elle peut avoir décidé que maintenir cette version fantaisiste de l’économie, qui s’est avérée si commode pour les plus riches, constitue simplement un luxe qu’elle ne peut plus se permettre.

Politiquement, cela comporte cependant des risques énormes. Considérez juste ce qui pourrait se passer si des détenteurs de prêts immobiliers réalisaient que l’argent prêté par la banque n’est pas le produit des économies de quelque retraité prudent, mais plutôt quelque chose que la banque a fait sortir de son chapeau d’un coup de baguette magique, baguette que nous lui avons nous-mêmes offerte sur un plateau ?

Historiquement, la Banque d’Angleterre a eu tendance à constituer un baromètre (bellwether), délivrant des positions qui paraissaient radicales avant de devenir au final la nouvelle orthodoxie. Si c’est de cela qu’il s’agit ici, nous saurons peut-être bientôt si Henry Ford disait vrai.

 Source : theguardian.com  David Graeber

Notes

[1] http://www.bankofengland.co.uk/publications/Documents/quarterlybulletin/2014/qb14q102.pdf

 

 

IV-L'histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

 

Par Harold James

 

De nouvelles informations apparaissent, concernant l'attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI. par Harold James, Princeton

Le grand roman de Balzac Ies illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l'histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l'histoire secrète » - c'est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l'histoire pendant longtemps - voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n'est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L'histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe. Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

Le rôle premier de la Fed

Les réunions les plus importantes se sont déroulées le 16 septembre et le 28 octobre - à la suite de l'effondrement de la banque d'investissement américaine Lehman Brothers - et portaient sur la création d'accords bilatéraux d'échange de devises visant à assurer une liquidité adéquate. La Fed y avait décidé d'accorder des crédits en dollars à des banques étrangères en échange de devises, que la banque étrangère acceptait de racheter après une période spécifiée au même taux de change, plus les intérêts. Cela fournissait aux banques centrales - en particulier celles de l'Europe, qui faisaient face à une pénurie de dollars après la fuite des investisseurs américains - les dollars dont elles avaient besoin pour prêter aux institutions financières domestiques en difficulté.

En effet, la BCE a été parmi les premières banques à conclure un accord avec la Fed, suivie par d'autres grandes banques centrales de pays avancés, comme la Banque nationale suisse, la Banque du Japon et la Banque du Canada. Lors de la réunion d'octobre, quatre économies émergentes importantes « sur le plan diplomatique et économique » - Mexique, Brésil, Singapour et Corée du Sud - ont rejoint le mouvement, la Fed décidant d'établir des lignes de swap à hauteur de 30 milliards de dollars avec les banques centrales de ces pays.

La Fed voit d'abord les intérêts américains

Bien que la Fed ait agi comme une sorte de banque centrale mondiale, ses décisions ont été dictées, d'abord et avant tout, par les intérêts américains. Pour commencer, la Fed a rejeté les demandes de certains pays - dont les noms sont effacés dans les transcriptions publiées - de rejoindre le programme d'échange de devises.

Plus important encore, des limites furent placées sur les swaps. L'essence de la fonction de prêteur en dernier ressort d'une banque centrale a toujours été la fourniture de fonds illimités. Parce qu'il n'y a pas de limite sur la quantité de dollars que la Fed peut créer, aucun participant au marché ne peut prendre de position spéculative contre elle. En revanche, le Fonds monétaire international dépend de ressources limitées fournies par les pays membres.

Un changement fondamental dans la gouvernance mondiale

Le rôle international grandissant que la Fed joue depuis 2008 reflète un changement fondamental dans la gouvernance monétaire mondiale. Le FMI a été créé à une époque où les pays étaient régulièrement victimes des hypothèses désinvoltes des banquiers de New York, tels que l'évaluation de JP Morgan dans les années 1920 selon laquelle les Allemands étaient « fondamentalement un peuple de second ordre ». Le FMI formait une caractéristique essentielle de l'ordre international de l'après-Seconde Guerre mondiale, destinée à servir de mécanisme d'assurance universelle - qui ne pourrait pas être utilisé pour promouvoir les intérêts diplomatiques du moments.

Les documents de la Fed montrent la marginalisation du FMI

Aujourd'hui, comme le montrent clairement les documents de la Fed, le FMI est devenu marginalisé - notamment en raison de son processus politique inefficace. En effet, dès le début de la crise, le FMI, supposant que la demande pour ses ressources resterait faible en permanence, avait déjà commencé à réduire ses capacités.

En 2010, le FMI a mis en scène sa résurrection, se présentant comme central dans la résolution de la crise de l'euro - à commencer par son rôle dans le financement du plan de sauvetage grec. Pourtant, ici aussi, une histoire secrète a été révélée - qui met en évidence à quel point la gouvernance monétaire mondiale est devenue asymétrique.

La position du Fonds monétaire compliquée, face à la crise européenne

Le fait est que seuls les États-Unis et les pays massivement surreprésentés de l'Union européenne ont soutenu le plan de sauvetage grec. En effet, toutes les grandes économies émergentes s'y sont fermement opposées, le représentant du Brésil déclarant qu'il s'agissait d'un « plan de sauvetage des détenteurs de la dette privée de la Grèce, principalement les institutions financières européennes ». Même le représentant de la Suisse a condamné la mesure.

Lorsque les craintes d'un effondrement soudain de la zone euro ont donné lieu à un débat prolongé sur la façon dont les coûts seront supportés par des restructurations et des annulations de dette, la position du FMI deviendra de plus en plus compliquée. Bien que le FMI soit censé avoir priorité sur les autres créanciers, il y aura des demandes pour annuler une partie des prêts qu'il a émis. Les pays émergents plus pauvres s'opposeraient à une telle démarche, arguant que leurs citoyens ne devraient pas avoir à payer la facture de la prodigalité budgétaire de pays beaucoup plus riches.

 Une perte d'influence inéluctable, même en cas de changement de directeur général

Même ceux qui ont toujours défendu l'implication du FMI se tournent à présent contre le Fonds. Les fonctionnaires de l'UE sont outrés par les efforts apparents du FMI pour obtenir un soutien des pays débiteurs de l'Europe en exhortant l'annulation de toutes les dettes qu'il n'a pas émises lui-même. Et le Congrès des États-Unis a refusé d'approuver l'expansion des ressources du FMI - qui faisait partie d'un accord international négocié au sommet du G-20 de 2010.

Bien que le scandale qui a suivi la nomination d'un autre européen en tant que directeur général du FMI en 2011 soit de nature à assurer que le prochain chef du Fonds ne sera pas originaire d'Europe, la diminution rapide de l'importance du rôle du FMI signifie que cela ne changera pas grand-chose. Comme le montre l'histoire secrète de 2008, ce qui importe est de savoir qui a accès à la Fed.

Traduit de l'anglais par Timothée Demont

Harold James est professeur d'histoire à l'Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

© Project Syndicate 1995-2014

 

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