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actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


L'économie à votre portée

Publié par medisma sur 16 Avril 2014, 20:10pm

L'économie pour les novices

L'économie à votre portée

 

Le président est nul en économie et en bien d'autres choses...N'est-ce-pas ?

 

Ce petit lexique a pour but d’initier  les non-économistes  aux  principes économiques et de permettre à tous de découvrir ou redécouvrir l'économie.

 

Politique Monétaire

La politique monétaire consiste en des actions délibérées des autorités monétaires d’un pays (Banque centrale plus ou moins indépendante, gouvernements) sur la masse monétaire en circulation, les actifs financiers (vente ou achat de Bons du Trésor, opérations dites d’ « open market »), la politique de crédit (via la fixation de taux d’intérêt directeurs) et éventuellement sur la politique de change (Chine), dans l’objectif de réguler l’économie au service du minimum d’inflation et du maximum d’activité (croissance).

A la fin des années 1970, dans la lignée de la théorie économique dite « monétariste » (M. Friedman), le contrôle de la masse monétaire fut le principal instrument des politiques monétaires de nombreux pays occidentaux (et notamment des Etats-Unis sous l’impulsion de Paul Volcker, Directeur de la Fed, politique menée parallèlement à une forte hausse des taux d’intérêt destinée à endiguer l’inflation consécutive aux « chocs pétroliers »).

Aujourd’hui l’essentiel des politiques monétaires des pays dont les monnaies se trouvent sous le régime des taux de change flottants se réalise par maniement du taux d’intérêt auquel les banques s’approvisionnent en liquidités auprès de leur Banque centrale.

Une baisse des taux, notamment, dynamise l’investissement puisqu’elle facilite l’accès au crédit des banques, puis des entreprises, les crédits accordés aux ménages (et donc à la consommation) étant également encouragés.

La baisse des taux d’intérêt agit également théoriquement sur la valeur externe de la monnaie (mais c’est en fonction de l’offre et de la demande d’une devise sur le marché des changes, le Forex, que se définit aujourd’hui cette valeur externe réelle, lorsqu’il s’agit de l’une des grandes monnaies inscrite sous le régime des taux de change flottants).

En tout état de cause, lorsque cette valeur externe se déprécie (les autorités chinoises peuvent par exemple décider à leur gré d’une dévaluation du Yuan), les exportations d’un pays en sont favorisées.

Dans le contexte d’une intégration financière internationale, ce sont la transparence et la crédibilité des Banques centrales, ainsi que la coordination des politiques monétaires menées avec les politiques budgétaires des Etats, qui sont décisives de l’efficacité des politiques monétaires.

 

Banque Centrale

En charge de la stabilité du système bancaire et financier d'un pays, une Banque centrale, plus ou moins dépendante du pouvoir politique (la BCE – Banque Centrale Européenne ne l'étant pas du tout) émet de la monnaie fiduciaire (billets et pièces) dont elle contrôle et définit la variation de masse globale (la masse monétaire dont dépend l'inflation et qui ne cesse de croître), et elle surveille également les banques et leur pratique de dépôts et de crédits : en France, la dite « Commission bancaire » est chargée de cette surveillance au sein de la Banque de France.

Une banque centrale est également et principalement une banque des banques. Entre eux, les établissements de crédit règlent en effet leurs dettes en « monnaie banque centrale » constituée des réserves (il s'agit de dépôts) détenues par ces établissements auprès de la Banque centrale, la « monnaie courante » étant constituée des dépôts des agents non bancaires (ménages, entreprises) auprès de ces établissements.

Chaque établissement de crédit d'un pays a donc un compte auprès de sa Banque centrale (une partie de ces dites « réserves », qui sont en réalité de la trésorerie, est constituée de « réserves obligatoires » : en zone Euro, 2 % des dépôts à vue et des titres de créance de moins de 2 ans détenus par les banques).

Les règlements interbancaires sont réalisés par des virements de compte à compte à la Banque centrale. Les opérations quotidiennes conduisent certaines banques à disposer de réserves excédentaires et d'autres à accuser un déficit momentané qu'elles se doivent de combler.

D'une façon générale, sur le ou les différents marchés interbancaires du monde, les Banques centrales se font prêteuses des banques (opérations dites d' open market ou de refinancement) à des taux (les « taux directeurs ») qu'elles fixent et qui sont l'instrument principal de la politique monétaire qu'elles mènent dont l'un des objectifs est le contrôle de l'inflation.

Le principe très général de cette politique est le suivant : lorsque les taux d'intérêt (directeurs, puis par voie de conséquence l'ensemble des taux d'intérêt) augmentent, la demande de biens et de crédits baisse et les prix ont donc tendance à baisser.

En dehors de la BCE ( Banque Centrale Européenne ), les Banques centrales chargées de conduire la politique monétaire des autres grandes zones monétaires sont la Banque d'Angleterre, la Federal Reserve américaine, la Banque du Japon et la Banque Populaire de Chine.

 

Masse Monétaire

La masse monétaire est la quantité de monnaie présente à un instant donné dans une économie.

Elle est mesurée par des agrégats monétaires, grandeurs synthétiques qui regroupent des actifs monétaires ou quasi-monétaires (livrets de Caisse d’Epargne, épargne-logement, etc.) détenus par les agents non financiers auprès des institutions financières monétaires (IFM).

Ces agrégats se distinguent par les degrés de liquidité des éléments qui les composent.

Au sein de la zone euro, la Banque Centrale Européenne (BCE) a établi la classification suivante :

  • M1 est un agrégat étroit qui regroupe tous les moyens de paiement, au sens strict du terme, en euros : pièces, billets, avoirs en comptes chèques ;
  • M2 (souvent assimilé à « la masse monétaire ») regroupe M1 et tous les comptes sur livrets détenus par les résidents de la zone euro (dépôts remboursables d’une durée inférieure ou égale à 2 ans auprès des IFM et de l’administration centrale) ;
  • M3 regroupe M2 et les instruments négociables, les titres d’OPCVM monétaires (SICAV ou FCP) ainsi que les titres de créance d’une durée initiale inférieure ou égale à 2 ans émis par les IFM.

 Ces dernières années, la frontière entre placements financiers (inclus dans M3) et quasi-monnaie (incluse dans M2) s’estompe du fait de l’aspect facilement « récupérable » et transformable en monnaie des placements en SICAV et FCP en particulier.

La Banque Centrale Européenne fixe chaque année des normes de progression pour M3, progression de la masse monétaire dont les IFM, à travers les crédits qu’elles accordent et les placements qu’elles proposent, sont les agents.

A long terme, la « neutralité » de la monnaie est en effet établie, ce qui signifie qu’une hausse de la masse monétaire provoque un accroissement proportionnel du niveau général des prix, c’est-à-dire de l’inflation. Souhaitant contrôler l’inflation, la BCE fixe donc à + 4,5 % la progression annuelle maximale de l’agrégat monétaire M3.

L’évolution de la masse monétaire est également l’un des facteurs pris en compte par la BCE, à l’instar de toutes les autres grandes banques centrales, dans la fixation de ses taux d’intérêt directeurs.

 

Politique Budgétaire

La politique budgétaire recouvre l’utilisation des dépenses et des recettes des administrations publiques pour la régulation du rythme de l’activité économique.

Le solde budgétaire (Dépenses – Recettes, principalement fiscales) est amélioré par une situation de croissance économique et dégradé par une situation de récession.

La politique budgétaire a toujours existé, mais elle a pris une dimension nouvelle après la publication de la Théorie générale de J.M. Keynes en 1936. L’impulsion budgétaire est apparue alors comme le moyen le plus efficace pour résorber le chômage et entretenir la croissance.

Le mécanisme des « multiplicateurs budgétaires » montre en particulier qu’une baisse du taux de l’impôt ou une augmentation des dépenses publiques engendre un accroissement du revenu des ménages plus important que le montant du déficit budgétaire suscité par l’une ou l’autre mesure.

Cette croissance du revenu permettra d’autre part l’augmentation des recettes fiscales, qui couvriront alors théoriquement le déficit.

Inversement, une augmentation du taux de l’impôt qui réduit le revenu des ménages et donc la demande,  ou encore une réduction des dépenses publiques et donc de la demande de l’Etat puis de celle des ménages, permettront théoriquement de lutter efficacement contre une situation d’inflation.

De nombreux arguments incitent à la prudence en matière d’action budgétaire, notamment les difficultés pour ajuster l’offre de biens et services à la demande globale : l’offre peut ne pas être suffisamment « élastique » pour répondre à une augmentation de la demande suscitée par une impulsion budgétaire, et une inflation en résultera.

Dans les démocraties parlementaires, les décisions budgétaires sont en principe assez lourdes (préparation par le gouvernement, vote du budget par le Parlement après amendements) et leurs effets peuvent se révéler contraire à leurs objectifs face à un environnement économique évoluant rapidement.

La crise financière mondiale de l’automne 2008 a été accompagnée d’un retour sur le devant de la scène des politiques budgétaires dans toute leurs puissance : déblocages de centaines de millions de Dollars et d’Euros par les gouvernements américains et européens, rachats d’actifs toxiques, nationalisations de facto d’établissements financiers, etc.

Autant de dépenses publiques décidées non plus seulement dans l’optique d’une relance économique, mais bien dans celle d’un véritable sauvetage.

 

Politique Fiscale

La politique budgétaire d’un Etat comprend d’une part la politique des dépenses publiques, et d’autre part la politique fiscale.

Celle-ci constitue un levier puissant permettant d’influencer l’affectation des ressources, en particulier à travers des mécanismes d’incitation, et de modifier la redistribution des revenus et des fortunes.

C’est dans le cadre de la procédure budgétaire d’un Etat que la politique fiscale détermine le taux et l’assiette des différents impôts.

L’impôt est par définition un versement monétaire requis des personnes physiques ou morales par voie d’autorité, à titre obligatoire et définitif, sans contrepartie spécifiée, et il a pour objet la couverture des dépenses publiques et/ou l’intervention en matière économique et sociale.

La contrepartie du versement de l’impôt existe bel et bien (services publics, etc.) mais elle n’est pas individualisable, en vertu du principe budgétaire d’ « universalité » qui pose l’absence d’affectation des recettes de l’Etat à une dépense particulière.

On distingue :

  • Les impôts sur le revenu (du travail et du capital) des contribuables et les profits des entreprises ;
  • Les impôts sur la dépense (par exemple la TVA, impôt indirect instauré en France en 1954 et adoptée depuis par de nombreux pays) ;
  • Les impôts sur le capital (en France droits de succession et ISF – Impôt sur la Fortune principalement).

Cette classification est parfois incertaine, certains auteurs considérant par exemple les plus-values immobilières comme un impôt sur le revenu, d’autres comme un impôt sur le capital.

Aux Etats-Unis, Etat fédéral noté AAA (en tant qu’emprunteur) par les agences de notations pour la fiabilité et l’importance de ses recettes fiscales, les impôts sur les dividendes et les plus-values d’actions sont de 15 %, et les impôts sur les bénéfices des entreprises de 39,5 %.

En France, les impôts sur les dividendes et les plus-values d’actions sont de 29 %, et les impôts sur les bénéfices de 34,43 % (30 % en Espagne ; 31,4 % en Italie ; 24,1 % en Suisse).

 

Croissance

Pour une entreprise, la croissance signifie une augmentation durable de ses activités (croissance du chiffre d’affaires).

Cette croissance peut être d’origine interne par intégration des réserves au capital social (autofinancement des investissements), ou d’origine externe (emprunts, émissions de nouvelles actions).

Pour une économie nationale, la croissance se matérialise par l’augmentation sur une longue période du Produit National Brut (PIB) réel (à prix constants) par habitant. Véritablement initiée au début du XIXe siècle à la suite de la révolution industrielle, la croissance économique a permis une amélioration du niveau de vie des individus.

Les facteurs de la croissance économique, retenus dans les « modèles de croissance », sont la quantité de capital, le volume de la main d’œuvre, la qualité de la main d’œuvre (éducation), le progrès technique et l’innovation.

Des nombreux auteurs ont montré que parmi ces différents facteurs de croissance, les éléments qualitatifs (dits aussi « facteurs résiduels » : niveau d’éducation, progrès techniques, niveau de concentration des entreprises, etc.) sont plus importants que les facteurs capital et travail réunis.

La croissance économique peut être soit extensive (augmentation du PIB réel due à l’augmentation des facteurs de production), soit intensive (pas d’augmentation des facteurs de production).

La Chine est le pays connaissant depuis quinze ans la plus importante croissance économique au plan mondial (+ 10 % en moyenne entre 2000 et 2008), les Etats-Unis ayant connu pendant la même période une croissance de l’ordre de 3 % par an, l’Union Européenne une croissance de 2 % par an.

De nombreux facteurs concourent à rendre la croissance instable. Les innovations ont un caractère imprévisible : au mieux, si l’on se réfère aux travaux de Schumpeter (Business cycles – 1939), l’innovation présente un caractère cyclique.

Les chocs de l’offre de biens et de services sont d’autre part nombreux (hausse des prix de l’énergie, etc.), et plusieurs composantes de la demande ont des ressorts psychologiques (surtout l’investissement et la consommation). Enfin la mondialisation de l’économie est porteuse de perturbations. L’interdépendance croissante des économies favorise la transmission internationale des crises, notamment des crises financières.

 

Balance courante

La balance courante est un document comptable issu de la comptabilité nationale d’un Etat qui fait partie de la balance des paiements établissant l’ensemble des flux (et non pas des stocks) échangés entre un pays et le reste du monde.

Le solde de la balance courante est obtenu à partir de 3 soldes intermédiaires qui sont additionnés, ceux de la balance des biens et services, ceux de la balance des revenus et ceux de la balance des transferts courants.

 La balance des biens et services retrace l’ensemble des exportations et importations de biens (balance commerciale) et de services et son solde constitue un indicateur important de la compétitivité d’un pays.

La balance des revenus intègre les transactions entre résidents et non-résidents et correspond à la rémunération des dits « facteurs de production » (capital et travail).

La balance des transferts courants retrace les transferts publics et privés sans contrepartie (par exemple des subventions), à l’exclusion des transferts de capital.

 

Une économie peut accumuler des déficits courants sur plusieurs périodes (déficits de la balance courante), à charge pour elle de les financer.

Ainsi les Etats-Unis ont-ils accumulé depuis 1982 des déficits courants équivalents en moyenne à 2,45 % de leur PIB, ces déficits s’étant même amplifiés au cours des 10 dernières années.

L’épargne interne étant faible aux Etats-Unis, le pays s’est endetté auprès d’opérateurs étrangers (Japon, Chine), mais la soutenabilité de la dette externe des Etats-Unis semble pour l’instant garantie par le statut de monnaie internationale du dollar ainsi que par la valeur supposée (confiance) des actifs financiers libellés en dollars.

 

Balance des paiements

La balance des paiements est un document comptable qui retrace l’ensemble des flux entre une économie nationale et le reste du monde.

La balance des paiements est toujours présentée en équilibre (comptabilité « en partie double »), puisque les flux financiers (bas de la balance) assurent la contrepartie de flux réels (haut de la balance) et qu’un poste « erreurs et omissions » permet d’assurer un ajustement comptable.

Dans le contexte de la plus ou moins grande ouverture commerciale d’un pays, la notion d’équilibre externe se placera en général au plan de la balance courante qui peut être structurellement déficitaire (cas des Etats-Unis depuis 1982), et la question macroéconomique relative au pays concerné sera alors celle de la soutenabilité des déficits courants ou encore de l’endettement externe.

 Plus précisément, la balance des paiements est constituée des éléments suivants :

  • Balance courante = balance des biens (balance commerciale) et des ervices + balance des revenus + balance des transferts courants ;
  • Compte de capital (flux de cessions d’actifs fixes ou d’annulation d’un engagement financier par accord mutuel – subventions pour investissement, remises de dettes, acquisitions et cessions de brevets, droits d’auteur, etc.) ;
  • Compte financier (qui retrace les opérations qui accroissent les créances ou les engagements des résidents vis-à-vis des non-résidents : investissements directs, produits financiers, etc.) ;
  • Erreurs et omissions.

 La balance des paiements ne comporte que deux balances intermédiaires, la balance courante et la balance des capitaux, dont les soldes sont équivalents aux erreurs près.

 

Balance Commerciale

La balance commerciale est un élément de la comptabilité nationale d’un pays qui retrace la valeur des importations et des exportations de biens et services de ce pays pour en faire apparaître le solde.

Dans la comptabilité nationale française, cependant, le terme « balance commerciale » ne s’applique qu’aux seules marchandises (les « biens »), les importations et exportations de services faisant l’objet d’un calcul séparé (balance des services). Réunis, ces deux comptes forment la « balance des biens et services », dont le solde constitue (parmi d’autres éléments) un indicateur important de la compétitivité d’un pays.

Cette balance des biens et services fait elle-même partie de la « balance courante » qui fait à son tour partie de la « balance des paiements » d’un pays (ensemble des flux entre une économie nationale et le reste du monde).

Etablie à partir des statistiques douanières annuelles des importations et exportations de marchandises, la balance commerciale peut présenter ses résultats de deux façons différentes : FOB (« Free On Board ») ou CIF (« Cost, Insurance, Freight » – « CAF » en français), la différence d’évaluation entre ces deux méthodes étant de l’ordre de 7 %.

L’intensité de l’ouverture commerciale d’une économie nationale, la nature de ses spécialisations, le régime de change, le positionnement des firmes multinationales (la « balance commerciale élargie » intégrant les flux des multinationales), les droits de douane et enfin les accords commerciaux passés par les entreprises d’un pays sont les éléments déterminants (en dehors de la question centrale de la compétitivité) du solde commercial excédentaire (plus d’exportations que d’importations) ou déficitaire (plus d’importations que d’exportations) d’un pays.

La Chine, le Japon ou l’Allemagne présentent depuis de nombreuses années un solde de leur balance commerciale excédentaire.

Les Etats-Unis ou la France, inversement, importent plus de biens qu’ils n’en exportent. Le déficit commercial de la France s’est établi en 2008 au niveau record de 55,7 milliards d’euros, 5ème année consécutive de déficit des échanges commerciaux français.

 

Produit Intérieur Brut (PIB)

Le Produit Intérieur Brut (PIB) représente une mesure de la production et une approximation de la richesse créée par une économie nationale.

Il correspond à l’ensemble des biens et services produits sur un territoire national, quelle que soit la nationalité des producteurs.

Exprimé en valeur, c’est-à-dire en unités monétaires courantes, le Produit Intérieur Brut est égal à la somme des valeurs ajoutées des branches productives de l’économie (marchandes ou non marchandes, d’où la distinction d’un PIB marchand et d’un PIB non marchand – dans l’ensemble celui des administrations publiques), la valeur ajoutée étant la différence entre la valeur de la production finale et les consommations intermédiaires engagées pour l’obtenir.

  • Dans l’optique production : PIB = valeurs ajoutées des branches + TVA + droits de douane ;
  • Dans l’optique revenu : PIB = rémunération des salariés + Excédents Bruts d’Exploitation + impôts à la production et à l’importation – subvention d’exploitation reçues ;
  • Dans l’optique demande : PIB = consommation finale + FBCF (Formation Brute de Capital Fixe, soit l’investissement) + variation des stocks + exportations – importations.

 

Le Produit Intérieur Brut (PIB) est un agrégat comptable dont la signification est limitée à la mesure des flux de l’économie officielle. L’autoproduction et l’autoconsommation échappent à la mesure du PIB, de même que l’économie souterraine.

Les coûts assumés pour la production de biens et services en vue de combattre les effets externes négatifs dus à la croissance des économies (protection de l’environnement, notamment) sont intégrés positivement dans les PIB, cette intégration faisant l’objet d’un débat théorique et politique.

Le PIB n’est évidemment pas un indicateur de bien-être, et il n’est qu’un indicateur partiel ou imparfait du niveau de vie, via la mesure du PIB par habitant.

 

Produit National Brut (PNB)

Le Produit National Brut (PNB) correspond à la production annuelle de biens et de services par les acteurs économiques d’un pays donné, incluant notamment les revenus des investissements nets réalisés à l’étranger, et déduisant les revenus des investissements de l’étranger sur un territoire national.

Le principe de mesure du PNB est donc celui de la nationalité (des acteurs économiques), s’opposant en cela au principe de mesure du PIB (Produit Intérieur Brut), qui est celui de la territorialité.

On distingue :

  • Le Produit National Brut « au prix du marché » (auquel correspond stricto sensu l’abréviation PNB) et qui est l’agrégat du système de comptabilité nationale des Nations Unies. PNB = PIB + revenus du travail et de la propriété (capital) reçus du reste du monde – revenus du travail et de la propriété versés au reste du monde ;
  • Le Produit National Brut « au coût des facteurs », qui est obtenu en retranchant du PNB « au prix du marché » les impôts indirects et en ajoutant les subventions d’exploitation ;
  • Le Produit National Net (PNN), qui est obtenu en retranchant du PNB la consommation de capital fixe (amortissements).

Le Produit National Net « au coût des facteurs » est appelé Revenu National, la comptabilité nationale française ayant pour sa part décidé depuis 1993 de cesser de mesurer le PNB au profit d’une mesure du Revenu National Brut. Dans le cas de la France, ce RNB est assez proche du PIB, mais tel n’est pas le cas par exemple d’un pays comme le Luxembourg en raison du grand nombre de travailleurs frontaliers qui ont une activité productive dans ce pays, mais qui résident en France ou en Belgique.

Comme le PIB, le RNB est également calculé en « parité de pouvoir d’achat », c’est-à-dire converti à un taux de change qui permet de relativiser les différences de prix entre les pays.

 

Déficit Budgétaire

Le déficit budgétaire « primaire » est un flux négatif (on parle de « solde budgétaire » négatif) qui traduit une situation dans laquelle les recettes d'un Etat (hors remboursement d'emprunts) sont inférieures à ses dépenses (hors emprunts) au cours d'une année.

Le déficit budgétaire « final », lui, prend en compte le service de la dette, c’est-à-dire les intérêts payés sur la dette et la partie des emprunts devant être remboursés au cours de l’année. Ainsi le déficit budgétaire se distingue-t-il du déficit public dont il fait partie, ce dernier incluant en France le solde des recettes et des dépenses des collectivités territoriales et de la Sécurité Sociale.

Les flux annuels des déficits budgétaires (la France ainsi qu’une très large majorité de pays industrialisés étant en situation de déficit budgétaire depuis plus de 20 ans – les Etats-Unis, par exemple, de façon structurelle) viennent alimenter l’encours de la Dette de l’Etat, qui en retour agit sur le niveau de déficit par l’augmentation des intérêts versés.

 Selon les économistes keynésiens, le déficit budgétaire peut avoir un impact économique positif en ce que les dépenses publiques qui le causent peuvent jouer un rôle de stimulation de l’activité économique ( et de soutien de la demande), ou simplement être un moindre mal en cas de récession (politique dite de « relance »).

Pour les économistes « libéraux » ou « néo-libéraux », un déficit budgétaire est toujours le signe d’une mauvaise gestion des fonds publics, alors même qu’une économie d’endettement, aussi bien au plan macro qu’au plan microéconomique, est en somme l’un des modes de fonctionnements fondamentaux du capitalisme.

En tout état de cause, il peut être rationnel de s’endetter si le taux de rendement des investissements publics est supérieur au taux d’intérêt payé sur la dette publique.

 La participation de la France à la monnaie unique européenne (Traité de Maastricht 1992 ; Pacte de stabilité et de croissance Amsterdam 1997 et Bruxelles 2005) lui impose le respect d’une discipline économique et budgétaire, les déficits publics cumulés (Etats + administrations) dépassant 3 % du PIB étant considérés comme excessifs pour les pays membres de l’Union Européenne.

Alors que les déficits publics français avaient diminué de 2003 à 2006 grâce notamment à une conjoncture économique plutôt favorable, ceux-ci sont repartis à la hausse depuis 2007, atteignant 2,9 % du PIB.

Le déficit budgétaire, en particulier, est passé de 38,4 milliards d’euros en 2007 à 51,4 milliards en 2008, la crise financière ayant eu pour conséquence directe une forte baisse des recettes fiscales (TVA, impôts sur les revenus et sur les sociétés).

L’année 2009 sera pour la France celle d’un déficit budgétaire record, prévu à hauteur de 104 milliards d’euros par la Loi de finances, un plan de relance d’envergure ayant notamment été décidé par le gouvernement en situation de récession et les recettes fiscales devant continuer de baisser.

 

Taux Directeur

Les taux directeurs sont les taux d'intérêt fixés par une Banque centrale (d'un pays ou d'une union monétaire), taux auxquels cette banque centrale accorde des crédits à court terme aux banques commerciales.

Il existe classiquement trois types de taux directeurs, dont l'utilisation varie d'un pays à l'autre :

  • Le taux de refinancement est le principal taux directeur de toutes les Banques centrales : il est utilisé lors des opérations de refinancement (opérations dites d' « open market »), généralement hebdomadaires, au cours desquelles les Banques centrales proposent des liquidités aux banques commerciales. Les banques centrales décident ainsi du coût du crédit accordé aux banques, et ce coût est aussi modulé par les volumes plus ou moins importants que les Banques centrales décident de prêter.
  • Le taux d'escompte, ou taux de prêt marginal, supérieur au taux de refinancement, est celui auquel les banques commerciales peuvent emprunter en cas d'urgence.
  • Le taux de rémunération des dépôts correspond à ce que rapportent aux banques commerciales les réserves que celles-ci déposent auprès de leur Banque centrale. Dans le système bancaire américain, dirigé par la Fed (la Réserve Fédérale américaine), les dépôts des banques commerciales ne sont pas rémunérés.

Les taux directeurs sont pour les Banques centrales des instruments de régulation économique au service de leurs politiques monétaires, dont les objectifs sont toujours d'une part de limiter l'inflation, et d'autre part de favoriser la croissance économique.

Un crédit obtenu par une banque commerciale par refinancement avec un taux d'intérêt (taux de refinancement) peu élevé, permettra à cette banque d'accorder à son tour des crédits (augmentés certes d'une certaine marge) peu onéreux aux entreprises et aux particuliers : l'activité économique et la croissance s'en trouveront favorisés.

A l'inverse, une hausse des taux directeurs aura pour objectif de limiter la demande de liquidités des banques et ainsi d'éviter une trop forte inflation. Les taux directeurs fixés par les Banques centrales ont aussi une influence sur les taux de change d'une monnaie, la demande pour une monnaie sur le marché des changes (Forex), et donc la valeur de cette monnaie par rapport aux autres, variant au gré du niveau des taux directeurs.

Début avril 2009, bien qu'agissant dans ce sens avec plus de mesure que les autres grandes Banques centrales (la Fed prêtant quasiment à 0 % en cette même période), la Banque Centrale Européenne (BCE) a ramené le taux de refinancement des banques à 1,25 % (ce taux était à 4,25 % en octobre 2008), le taux de prêt marginal à 2,25 % et le taux de rémunération des dépôts à 0,25 %.

Le marché des changes a immédiatement réagi par une remontée de l'euro par rapport au dollar. L'objectif de ces baisses de taux directeurs est clairement celui d'une relance de l'activité économique.

 

Déficit Public

En comptabilité nationale française, les administrations publiques (ensemble incluant l’Etat, les administrations territoriales et les administrations de sécurité sociale) enregistrent un déficit public lorsque les dépenses publiques d’une année dépassent les recettes publiques d’une année.

Le déficit budgétaire, solde négatif des dépenses de l’Etat rapportées aux recettes de l’Etat, fait donc ainsi partie (et même partie essentielle) de ce que l’on nomme le déficit public, ou « les déficits publics ».

 En situation récurrente de déficit public annuel (cas de la France depuis 1974 ainsi que de nombreux autres pays industrialisés), la dette publique se voit chaque année augmentée du montant du dit déficit public.

En comptabilité nationale, on mesure cependant un « solde primaire des finances publiques » qui ne tient pas compte des intérêts acquittés chaque année sur la dette publique.

Si cette dette publique était nulle, le déficit public serait simplement égal au déficit primaire.

Une règle économique porte l’inévitable conséquence suivante : la dette publique, ainsi donc que les déficits publics qui l’alimentent et s’en voient réciproquement alimentés, doivent être financés par des recettes futures, qu’il s’agisse d’une augmentation des recettes fiscales de l’Etat et des autres administrations publiques ou d’un recours à l’emprunt.

 On mesure les déficits publics ainsi que les dettes publiques en pourcentage des PIB nationaux des pays, et les critères de convergence définis par le Traité de Maastricht de 1993 avaient fixé à 3 % du PIB le seuil maximal des déficits publics des pays membres ou futurs membres de la zone euro et à 60 % du PIB le seuil maximal des dettes publiques.

En 1993, le déficit public de la France était de plus de 6 % du PIB, et ce pourcentage était descendu en-dessous de 2 % entre 1998 et 2001.

Le seuil de 3 % fut de nouveau dépassé de 2002 à 2004, puis « respecté » entre 2005 et 2007.

La crise bancaire et financière mondiale passa ensuite par là, ainsi que les plans de relance orchestrés par les Etats des principaux pays industrialisés, y compris la France.

En 2009, la dette de la France a culminé à 1,5 milliards d’euros, soient 77,6 % du PIB (contre 67,5 % en 2008) et le déficit public à 7,5 % du PIB.

Si le déficit de la sécurité sociale a fortement augmenté en 2009 (+ 24 milliards d’euros), celui des seules administrations territoriales (régions, départements, communes) s’est réduit de près de 2 milliards d’euros entre 2008 et 2009.

Le déficit strictement budgétaire s’est creusé de 62 milliards d’euros en 2008 à 117 milliards d’euros en 2009.

 

Inflation

L’inflation est une hausse générale, durable et auto-entretenue du niveau général des prix.

S’il s’agit d’un phénomène ancien (au XVIe siècle, l’arrivée des métaux précieux des Amériques avait provoqué en Europe une hausse spectaculaire des prix), et si l’époque moderne, et en particulier les années 1950-1960, a semblé caractérisée par une inflation assez importante conjuguée à un chômage peu important dans les économies développées, la maîtrise de l’inflation constitue depuis la fin des années 1970 un objectif prioritaire de la politique économique, la stabilité des prix étant censée créer le meilleur environnement pour le développement de l’activité économique.

 

En fonction du critère du rythme de la hausse des prix, on distingue l’inflation « rampante » (avec un taux d’inflation de 4 à 9 % par an), l’inflation « galopante » (à 2 chiffres), ou encore un régime de « basse inflation » (moins de 3 % par an).

L’inflation peut être décrite comme « importée » si les tensions inflationnistes résultent de la hausse des prix des produits importés (souvent les matières premières), mais on parle également d’une inflation « de croissance » ou de prospérité, dont la constatation est somme toute logique (cas de la période de prospérité des « trente glorieuses » après la deuxième guerre mondiale).

 Les deux grandes causes traditionnelles de l’inflation sont l’inflation par les coûts et l’inflation par la demande. La hausse des coûts peut aussi résulter de la hausse des prix des matières premières (énergie, etc.) que de la hausse des salaires.

L’inflation par la demande correspond à une situation de marché classique dans laquelle l’offre de biens et de services est inférieure à la demande de biens et de service (cas de l’après - deuxième guerre mondiale au XXe siècle).

Une loi économique dégagée par l’économiste M. Friedman (« Inflation et système monétaire » - 1976) semble attester que « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire » (progression trop rapide de la création monétaire par rapport à l’accroissement de la production).

Des politiques monétaires (réduction de la croissance de la masse monétaire, augmentation des taux d’intérêt directeurs), mais aussi budgétaires ou encore axées sur l’augmentation de la concurrence, semblent en tout cas avoir eu raison de l’inflation du début des années 1980 jusqu’à aujourd’hui. La Banque centrale européenne (BCE) vise pour sa part un taux d’inflation proche de 2 % par an au sein de la zone euro.

 

Déflation

La déflation désigne une baisse absolue du niveau général des prix, un taux d’inflation annuel négatif.

Les principaux facteurs de ce phénomène de baisse sont traditionnellement les gains de productivité et une structure de marché de plus en plus concurrentielle.

Mais les gains de productivité, qui portent toujours conséquence de baisse des prix de certains produits seulement, n’entraînent pas spécifiquement une baisse de la demande (ou de la consommation), et ce facteur n’est donc pas structurel.

De même l’influence de la mondialisation contemporaine sur les prix, dans son aspect d’augmentation de la concurrence mondiale, est peut-être sur le point de se modifier : on avait d’abord imaginé la mondialisation déflationniste (course aux prix les plus bas entre acteurs économiques concurrents), mais elle pourrait devenir inflationniste du fait de l’évolution des modes de vie dans les pays émergents comme la Russie ou la Chine (forte croissance de la consommation alimentaire ou d’énergie).

 Le « cercle vicieux » de la déflation a généralement le principe suivant : pourquoi acheter aujourd’hui ce qui sera moins cher demain ?

Une baisse de la demande globale, ou plutôt une baisse de la demande anticipée par les entreprises conduit à une diminution de l’investissement, puis à une baisse de la production. Ainsi une situation de récession ou de crise est-elle en quelque sorte associée à une situation déflationniste prolongée.

Ce fut le cas au début des années 1930 aux Etats-Unis lors de la « Grande dépression », et beaucoup plus récemment au Japon entre 1998 et 2002, période au cours de laquelle le taux d’inflation annuel sur le marché japonais a toujours été négatif, et cela à la suite de l’éclatement de bulles spéculatives précédemment formées.

Ainsi l’effondrement des cours des actifs financiers et immobiliers peut-il clairement être cause de déflation.

Selon les prévisions de l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), le Japon devrait de nouveau connaître une période de déflation en 2009, seule économie « avancée » à se trouver dans cette situation.

 

Désinflation

La désinflation est un ralentissement du rythme de l’inflation, et elle peut être le fruit d’une politique économique « de déflation » menée par un gouvernement.

Tel fut en particulier le cas du Royaume-Uni au sortir de la 1ère Guerre Mondiale, qui établit une double rigueur budgétaire et monétaire (contraction de la masse monétaire), au prix d’un chômage de masse et d’un effondrement du PIB, dans la seule intention de rétablir la parité-or de la livre sterling à son niveau de 1913.

Une désinflation, puis une franche déflation furent les conséquences directes de cette politique.

Une politique économique nationale peut cependant développer la pratique d’une désinflation « compétitive », ou plutôt d’un contrôle de l’inflation dans le but faire baisser celle-ci en dessous de celle de ses partenaires commerciaux, afin d’augmenter la compétitivité de la production nationale.

 Dans quasiment tous les pays du monde, la fin de l’année 2008 et le début de l’année 2009 ont vu l’inflation poussée à la baisse par deux effets : la nette décrue des prix des matières premières d’une part, qui a notamment réduit les prix de l’énergie et par conséquent les coûts de production ; la compression des marges des industriels et des distributeurs d’autre part, qui a été liée au recul de la demande.

Au premier trimestre 2009 selon l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), la hausse des prix à la consommation reculait à 3 % (calcul effectué sur la base d’un « glissement annuel ») au Royaume-Uni, à 1,2 % dans les pays de la zone euro et à 0 % aux Etats-Unis.

Ce mouvement de désinflation concerne notamment la France, pays dans lequel la dite « inflation sous-jacente », calculée en excluant l’énergie et les produits alimentaires, reculerait à 1,4 % d’ici à l’été 2009 (en glissement annuel), cependant que les prix à la consommation connaîtraient même une période ponctuellement déflationniste (baisse du niveau général des prix à la consommation).

 

Stagflation

Le mot « stagflation » est un néologisme qui fut employé pour la première fois par le Chancelier de l’Echiquier (ministre des finances et du trésor) britannique en 1965.

Il désigne, ainsi que l’indique la contraction que ce mot réalise entre la notion d’inflation et celle de stagnation, la situation d’une économie qui souffre simultanément d’inflation (c’est-à-dire d’une hausse générale des prix) et d’un ralentissement, voire d’une stagnation de sa croissance économique.

Ce phénomène a touché les pays développés à partir du milieu des années 1960 et jusqu’au début des années 1980, particulièrement le Royaume-Uni, les Etats-Unis et la France.

On en a attribué la cause aux politiques keynésiennes par trop « mécaniques » ou par trop simplistes de relance ou plus généralement de soutien de la demande mises en œuvre par les gouvernements concernés pendant cette période, dans un contexte de ralentissement des gains de productivité.

Comment en effet permettre une nette augmentation des salaires (facteur d’inflation) sans réduire peu ou prou la part du capital dans la répartition de la valeur ajoutée, c’est-à-dire sans comprimer la rentabilité du capital, et par là même, décourager les investissements (et donc la croissance) ?

 A partir du milieu des années 1970 en particulier, la théorie néo-keynésienne selon laquelle le chômage et l’inflation évoluent dans des sens opposés (« Courbe de Phillips ») fut clairement infirmée par l’expérience de la stagflation.

Sous l’impulsion de M. Friedman, les économistes monétaristes furent entendus des principales autorités gouvernementales et des grandes banques centrales : aux Etats-Unis, la politique de hausse continue des taux d’intérêt menée par le gouverneur de la Réserve Fédérale, Paul Volcker, permit une baisse rapide de l’inflation, même si cette hausse des taux d’intérêt contribua à sa façon à la survenue du krach boursier de 1987 ; au Royaume-Uni, la politique d’austérité (des dépenses publiques) menée par Mme Thatcher à partir de 1979 provoqua d’abord une dégradation supplémentaire de l’activité, puis une décrue progressive de l’inflation et du chômage ; en France le gouvernement ne se résolut à la « rigueur » qu’en 1983.

La période de stagflation mondiale eu pour conséquence la définition de la lutte contre l’inflation comme élément prioritaire des politiques économiques des Etats et des grandes banques centrales, celles-ci gagnant progressivement en indépendance dans leurs relations aux gouvernements des Etats.

 

Dépression

Synonyme de « contraction économique », la dépression est une phase de la conjoncture et des cycles économiques qui est marquée par une tendance à la baisse de la production et ainsi du PIB (Produit Intérieur Brut) et du revenu national des économies, baisse généralisée de l’activité qui est caractérisée par une augmentation du chômage.

Le processus de dépression peut prendre fin par un retournement spontané de la tendance : la simple usure des machines peut par exemple inciter les industriels à renouveler leurs outils de production, et ces nouvelles commandes sont alors le point de départ d’un effet de multiplication, puis d’accélération. la dépression prendra fin et sera dès lors suivie d’une nouvelle phase des cycles économiques : la « reprise ».

La fin de la dépression est cependant bien souvent le fait de politiques économiques de relance menées par les gouvernements, notamment grâce à l’outil de la politique budgétaire. L’état de « dépression » économique implique en général une déflation, c’est-à-dire une baisse généralisée du niveau des prix.

 Au XIXe siècle, l’analyse des cycles économiques d’une durée moyenne de 6 à 10 ans avait conduit l’économiste français C. Juglar à mettre en avant une régularité selon laquelle l’activité économique serait caractérisée par une alternance entre phases d’expansion d’une durée de 3 à 5 ans et phases de dépression de même durée.

Au début du XXe siècle, l’économiste russe Kondratieff isola des phases plus longues (20 à 30 ans) d’expansion relative qui seraient suivies de phases de stagnation, voire de recul.

Si l’exemple historique le plus connu d’une dépression économique de grande ampleur est celui de la « Grande dépression » des années 1930 aux Etats-Unis (recul prolongé de la production, forte croissance du chômage), les analystes hésitent à employer ce terme dans le cadre du recul attendu de l’activité économique et des PIB de certains pays en 2009, lui préférant celui de « récession » dans la mesure où une reprise de l’activité économique mondiale et américaine en particulier est prévue pour 2010.

 

Krach Boursier

Un krach boursier est une baisse soudaine et précipitée des cours de certains actifs financiers (en général les actions, mais on parle aussi de « krach obligataire » ou de « krach immobilier ») qui touche une ou plusieurs places financières à la suite d'un afflux massif d'ordres de vente.

Le terme « krach » est apparu lors de la chute des Bourses de Vienne et de Berlin en 1873 ; il a été conservé en français et transformé en « crash » ou « stock market crash » en anglais.

Un krach boursier préfigure parfois une crise économique profonde, à l'instar du krach boursier de 1929 qui devança la « Grande dépression » des années 1930.

Le mécanisme de survenue d'un krach boursier semble le suivant : au cours des mois et des années qui le précèdent, une hausse généralisée des cours est observée sur la base d'une croissance avérée de l'économie.

Cette hausse attire un grand nombre d'investisseurs, souvent des particuliers, et l'investissement croît en masse en se portant sur de nombreuses valeurs.

L'envolée boursière qui s'ensuit témoigne d'un décalage avec l'économie réelle dont les sociétés sont pourtant celles-là même dont les cours se sont envolés.

Lorsque cette surévaluation du marché (on parle de « bulle spéculative ») fait l'objet d'une prise de conscience de la part du plus grand nombre des investisseurs, ceux-ci vendent leurs titres en masse après une période de stagnation du marché, et le marché s'effondre.

Ces dernières années, l'informatisation des ordres a pu être considérée comme un phénomène accentuant l'ampleur d'un krach boursier.

Les krachs boursiers classiques ou larvés (chutes lentes mais régulières des cours) de la période contemporaine sont ceux de 1987 à Wall Street (vite rattrapé : l'indice Dow Jones revint 2 ans plus tard à son niveau d'avant le krach), de 1998 lors de la dite « crise asiatique », de 2000 à la suite de l'éclatement de la « bulle internet » et de 2007-2008 dans le sillage de la crise dite des « subprimes ».

 

 

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