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Les marchés financiers et la salle des Marchés

Publié par medisma sur 24 Avril 2014, 15:26pm

Les marchés financiers et la salle des Marchés

 

I- Le rôle des marchés financiers

 

A- La fonction du marché financier dans l'économie

Un marché est le lieu où se rencontrent une offre et une demande d'un certain bien. En l'occurrence le bien dont il s'agit est l'argent.

Sur le marché des capitaux, les détenteurs de l'offre sont les agents dits "à capacité d'épargne positive", en l'occurrence les ménages essentiellement (aussi surprenant que cela puisse paraître !) et aussi les entreprises, quoique celles-ci préfèrent généralement réincorporer leurs bénéfices dans leur propre activité ou distribuer des dividendes à leurs actionnaires. Les demandeurs sont d'une part les Etats, l'Etat providence moderne nécessitant des investissements considérables et d'autre part bien sûr les entreprises : ce sont les agents que l'on appelle "à besoin de financement".

Loin d'une entité abstraite et souvent présentée comme irrationnelle et toute-puissante à la fois, le marché des capitaux représente en fait le moteur de l'économie, puisque c'est le lieu où le carburant, l'argent, va être utilisé pour propulser de l'avant la machine, c'est-à-dire produire des richesses.

Tel est le principe, mais l'application pratique présente des modalités évidemment plus complexes.

La première pierre d'achoppement réside dans la possibilité qu'un échange ait effectivement lieu entre les agents à capacité de d'épargne et les agents à besoin de financement. En effet pour que le marché fonctionne il faut non seulement que le bien, l'offre et la demande existent, mais aussi que les agents aient envie de procéder à l'échange ! Or les agents à capacité d'épargne, les ménages rappelons-le, présentent une profonde aversion pour le risque. Aversion d'ailleurs justifiée par le sens commun, tout manuel du parfait boursicoteur qui se respecte commence par un avertissement enjoignant le lecteur de ne placer directement en Bourse que son superflu, c'est-à-dire ce dont il n'a pas besoin aujourd'hui et n'aura pas besoin demain. Dès lors l'essentiel de l'épargne dégagée par les ménages se trouve en dépôt sur des comptes à vue ou des comptes d'épargne où l'argent est immédiatement disponible.

En face, les agents à besoin de financement, à savoir les entreprises, souhaitent trouver des financements à long terme pour planifier leur développement. L'horizon des agents à capacité d'épargne est généralement de quelques semaines (la prochaine paie) à quelques mois (le prochain tiers provisionnel…). L'horizon des agents à besoin de financement est de plusieurs années ! Cette différence rend l'échange effectif quelque peu problématique.

 

B- Les banques

C'est ici qu'intervient une troisième catégorie d'agents économiques : les banques. Les banques sont les seuls agents qui possèdent le pouvoir de transformer des ressources à très court terme : les dépôts à vue (les comptes courants) en emplois à moyen ou long terme : le crédit bancaire. Les banques établissent donc le pont nécessaire entre les ménages et les entreprises ; historiquement elles ont joué et jouent toujours un rôle essentiel dans le financement de l'économie.

Chaque banque a le droit de distribuer sous forme de crédit la quasi-totalité de l'argent (mais pas tout ! cf. plus bas) mis en dépôt par ses clients sur les comptes à vue. Mais ce crédit distribué par la banque n'annule pas pour autant le dépôt, qui reste disponible pour le client. Il y a donc création de monnaie par la banque. Ces crédits, octroyés sous forme de dépôts à vue, viennent grossir l'encaisse des banques et donc leur possibilité de distribuer de nouveaux crédits, etc. Les dépôts font les crédits, qui eux-mêmes font les dépôts, …etc. C'est ce qu'on appelle le "multiplicateur du crédit".

Le pouvoir de création monétaire des banques n'est évidemment, et heureusement, pas infini. Il est limité d'abord par le fait qu'une partie seulement du crédit octroyé restera sous forme de dépôt. Le reste sera converti en monnaie fiduciaire (billets) par des retraits . C'est d'ailleurs pour garantir la capacité des banques à faire face aux retraits que la banque centrale leur impose de bloquer un pourcentage de leurs dépôts sous forme de réserves obligatoires, non utilisables pour distribuer du crédit. Ce taux de réserves obligatoires est un des instruments de contrôle par les banques centrales de la quantité de monnaie en circulation.

De plus, une entreprise ne peut pas se financer uniquement par le crédit : au-delà d'un certain niveau d'endettement, les frais financiers finissent par pénaliser de manière insupportable les résultats et à ce moment les banques n'acceptent plus de prêter. Les entreprises doivent aussi trouver des moyens de financement à encore plus long terme, des financements qui en fait ne deviennent exigibles qu'en cas de dissolution de la société : des capitaux, ou à très longue échéance, des emprunts obligataires par exemple. L'ensemble des capitaux et des dettes à long terme constituent ce qu'on appelle les "fonds propres" d'une entreprise.

Les banques, en particulier les banques d'affaires, interviennent aussi dans le financement à long terme des entreprises, mais ce n'est pas leur vocation première qui est plutôt de faire circuler l'argent. Pour doter les entreprises en fonds propres, il faut des agents économiques prêts à immobiliser de fortes sommes sur de longues périodes, en vue bien évidemment d'en retirer un bénéfice : des investisseurs.

C- Les investisseurs institutionnels

Les principaux investisseurs sur les marchés de capitaux aujourd'hui sont ceux qu'on appelle les "investisseurs institutionnels" (familièrement les "zinzins"), à savoir les compagnies d'assurance, les gérants de fonds (asset managers), les caisses de retraite et leur équivalent américain les fonds de pension. Eux aussi drainent de l'épargne publique, mais cette épargne est immobilisée et n'est pas exigible immédiatement comme les sommes en dépôt sur les comptes à vue. D'autre part les organismes en question ont généralement une obligation réglementaire ou contractuelle ou statutaire de faire fructifier cette épargne afin de pouvoir verser dans le cas des compagnies d'assurance les indemnités, dans le cas des fonds de pension les retraites à leurs souscripteurs.

Au lieu de distribuer du crédit comme les banques, les investisseurs institutionnels achètent les titres émis par les entreprises en quête de financement. Ces titres sont représentatifs soit de capitaux propres : les actions, soit de dettes à long terme : les obligations. Cet achat s'effectue soit sur le marché primaire, c'est-à-dire dès l'émission du titre, soit sur le marché secondaire, qu'on appelle plus communément "la Bourse".

Entre la décision des entreprises de trouver des financements sur le marché d'une part, et la décision des investisseurs institutionnels de placer l'épargne dont ils ont la garde d'autre part, il y a clairement cette fois une offre et une demande qui ne peuvent que se rencontrer. Encore faut-il que le marché s'organise pour faciliter au mieux cette rencontre ; plusieurs sortes d'acteurs vont y contribuer. A ce niveau les banques manifestent de nouveau leur présence en force, car en tant qu'organismes teneurs de comptes espèces et pourvoyeurs de liquidité, elles vont jouer un rôle d'intermédiation primordial.

 

D- L'émission des titres

L'émetteur qui souhaite se financer sur le marché se tourne vers une banque, ou un groupe de banques (le "syndicat") qui joue le rôle d'agent pour cette émission. L'agent prend en charge toutes les modalités économiques de l'émission. Il s'engage à "prendre ferme", en d'autres termes à acheter les titres émis, à charge à lui de trouver ensuite des investisseurs prêts à les racheter.

Après l'émission, et une fois les titres sur le marché, l'agent payeur de l'émetteur (qui peut être le même que l'agent financier ou un autre établissement) aura en charge le bon déroulement de toutes les opérations intervenant dans la vie du titre : paiement de coupons pour les obligations ou de dividendes pour les actions, remboursements, augmentations de capital…

Les agences de notation enfin sont des établissements indépendants qui évaluent la qualité des émetteurs et leur attribuent une note établissant leur fiabilité en tant que débiteurs.

 

E- Les dépositaires

L'agent financier de l'émetteur gère la relation avec le dépositaire central, un acteur fondamental sur le marché des titres. Le dépositaire central tient à jour dans ses comptes, pour chaque émission dont il a connaissance, la quantité totale de titres émis et la quantité détenue par chaque établissement inscrit en compte chez lui (la somme des quantité détenues par chaque établissement devant bien évidemment égaler la quantité totale !). En France le dépositaire central de la quasi-totalité des émissions est Euroclear France, anciennement la SICOVAM.

Chaque adhérent à Euroclear France est un dépositaire local. Tout investisseur qui n'est pas directement inscrit en compte chez Euroclear France doit ouvrir un compte chez un dépositaire local pour pouvoir détenir des titres. Or le dépositaire central ne gère à peu près que les titres émis dans son propre pays, tandis que les investisseurs tendent à internationaliser leurs placements. D'où le développement de la fonction de "dépositaire global" ou "global custodian". Le global custodian est désigné par l'investisseur pour être son teneur de compte pour toutes ses opérations d'achat-vente de titres sur tous les marchés. Pour ce faire le global custodian se met en relation avec des dépositaires locaux sur tous les marchés de la terre, les dépositaires locaux ayant chacun en charge la relation avec le dépositaire central de leur pays.

Pour être global ou local custodian, il faut être habilité à tenir non seulement des comptes titres mais aussi des comptes espèces au nom des investisseurs. Ces établissements sont donc généralement des banques.

F- Les opérations de marché

Les investisseurs achètent des titres généralement par l'intermédiaire d'un broker ou courtier. Celui-ci assure plusieurs services en direction des investisseurs. Les analystes financiers étudient le marché, les émetteurs et prodiguent des recommandations. Les vendeurs répercutent les conseils des analystes en direction des investisseurs et recueillent leurs ordres. Les traders enfin vont sur le marché acheter ou vendre les titres.

La négociation entre les brokers se fait soit directement "de gré à gré", soit par l'intermédiaire d'un marché organisé, une Bourse des valeurs, soit sur une des places de marché électroniques qui connaissent un fort développement actuellement.

Une fois l'opération négociée, l'investisseur se tourne vers son dépositaire afin que celui-ci prenne en charge la partie "post-marché". En effet pour que l'opération soit dûment enregistrée il faut procéder à l'échange des titres fournis par le vendeur contre les espèces fournies par l'acheteur. C'est le règlement-livraison.

Le dépositaire aura également la charge de répercuter sur les comptes de son client investisseur l'impact des multiples opérations sur titres intervenant sur son portefeuille : paiements de coupons ou dividendes, remboursements, mais aussi détachement de droits de souscription, OPA,… OPE…

G- Les salles de marché (voir détails ci-dessous en deuxième partie)

Les opérations de marché effectuées par les investisseurs institutionnels ne se bornent pas à l'achat-vente de titres. Etant données les sommes engagées, et la multiplicité des marchés où les investisseurs interviennent, cette activité génère des besoins annexes. L'investisseur doit se procurer des devises, d'où la nécessité d'intervenir sur le marché des changes. Il peut avoir également besoin de crédit, ou au contraire vouloir placer temporairement des liquidités, pour optimiser sa trésorerie. Enfin il veut protéger son portefeuille d'actifs contre les fluctuations du marché, d'où un besoin en produits dérivés.

Les entreprises non financières (les "corporates") font face au même type de besoins : les importateurs veulent se procurer des devises, les industries de transformation doivent se protéger contre les fluctuations des prix des matières premières. Tous ont des besoins de gestion de trésorerie, et de couverture contre les mouvements des cours ou des taux.

Les banques prennent en charge cette demande au niveau des agences pour les petites ou moyennes entreprises, ou directement au niveau de la salle des marchés pour les plus gros clients. Le cumul des positions générées sur les différents produits est alors pris en charge par les traders de la salle des marchés. L'activité d'une salle est d'abord déterminée par la somme des demandes de tous les clients de la banque !

 

H- La spéculation et l'arbitrage

Tous les établissements financiers ainsi que des fonds dédiés à cette activité consacrent une partie de leurs ressources à la spéculation. Cette part de l'activité de marché, à la réputation sulfureuse, n'en est pas moins une nécessité. Spéculer c'est en effet prendre une position contraire à la tendance en cours : c'est se porter vendeur quand on pense que les cours vont baisser (et qu'ils sont donc au plus haut !), acheteur quand on pense qu'ils vont monter. En prenant position, les spéculateurs apportent de la liquidité au marché : ils sont les vendeurs des investisseurs qui veulent acheter, les acheteurs de ceux qui veulent vendre. C'est une activité risquée, puisque contrairement aux investisseurs ou aux corporates, les spéculateurs parient sur l'avenir.

Les arbitragistes jouent également un rôle d'harmonisation : ils profitent des différences de prix existant entre différents marchés pour faire des plus-values. Par exemple sur le marché des devises, ils achètent du dollar sur une place où celui-ci est moins cher et le revendent là où il est plus demandé, donc plus cher. C'est une activité sans risque, puisque les actifs achetés sont immédiatement revendus, mais qui nécessite des fonds importants dans la mesure où les plus-values par opération sont faibles . L'activité des arbitragistes a pour effet de gommer les incohérences du marché.

I- Conclusion

La littérature économique, après avoir opposé le financement des entreprises par le crédit bancaire (économie d'endettement) et le financement par l'émission de titres (économie de marché), tend désormais à attribuer un rôle complémentaire aux deux. Les études tendent à prouver que pour se développer une économie a besoin d'un marché financier actif et organisé et d'un système bancaire fiable.

 

II- Une salle des Marchés, c'est quoi?

 

C'est un lieu qui regroupe différents services spécialisés permettant aux Banques d'intervenir sur les Marchés de capitaux internationaux.

Ce lieu possède bien d'autres noms : Dealing Room, Trésorerie/Change, antre, cage aux fauves, etc.

La Salle des Marchés, cependant, ne constitue que l'un des trois pôles qui « font » une banque de marché :

  • Le Front-Office : négociation.
  • Le Middle-Office : risques, résultats.
  • Le Back-Office : saisies, contrôles.
Le Front-Office

C'est très souvent une des « vitrines » de la Banque.

Un Front-Office se doit en effet d'être à la pointe du progrès technique tant en ce qui concerne les communications, que la gestion des flux d'information ou encore les différents systèmes informatiques.

C'est ici que travaillent les Cambistes. Ils sont généralement regroupés par activité.

  • On trouvera ainsi les Cambistes de Marchés (Traders) eux-mêmes parfois spécialisés par type de Marché: Comptant, Terme, Trésorerie, Options, Swap de taux, FRA's, par type d'échéance : court terme, long terme.
  • On trouvera également les Cambistes clientèle (Sales ou Dealers) dont le rôle est de développer la vente de produits et/ou de stratégies auprès de la clientèle de la Banque.

Comme beaucoup de métiers spécialisés, le langage employé est technique et à forte connotation Anglo-Saxonne.

Ceci tient au fait que l'Anglais est (plus ou moins) compris par la quasi totalité des Cambistes et aussi parce que cette langue a l'avantage d'exprimer en peu de mot (voir 1 seul mot) l'équivalent d'une phrase dans la langue de Molière.

Notons pour l'anecdote que le Français a longtemps été la langue officielle des Cambistes.

Le Front-Office dispose également d'un autre secteur dit « de support » :

  • Analystes économiques, chargés d'établir des prévisions.
  • Ingénieurs financiers, chargés de mettre en place de nouveaux produits commerciaux, de développer des outils de cotation ou de simulation.
  • Informaticiens dédiés, chargés de veiller au bon fonctionnement des logiciels spécifiques ainsi que de leur bonne interconnection avec les systèmes d'informations de la Banque. Ils assurent également une veille technologique.
Le Middle-Office

Il s'agit du domaine le plus jeune puisqu'il est apparu dans les années 90.

Le Middle-Office a 2 fonctions essentielles :

  • Rapprocher les résultats bruts sur transaction, des résultats comptables obtenus après injection des opérations dans le système d'information.
  • Assurer le suivi des risques : contrepartie, taux, change, liquidité.

Le domaine a acquis une certaine importance et nécessite de fortes compétences car il s'agit à la fois de discuter avec les cambistes mais aussi de mettre en place (voir de développer) des outils de suivi des risques et de savoir en interpréter les résultats.

Le Back-Office

C'est le secteur administratif de la Salle des Marchés.

C'est ici que l'on effectue les paiements induits par les opérations citées plus haut. Ces paiements peuvent être de type clientèle (en compte) ou de type interbancaire (SWIFT, TARGET). On y vérifie également la bonne réception des versements.

On y comptabilise les opérations et dans bon nombre d'établissements on y détermine les différentes positions (change et trésorerie).

Le Back-Office peut également avoir des actions de contrôle : utilisation des lignes de crédit, réglementation des changes, etc.

C'est dire l'importance d'un bon Back-Office dans le fonctionnement d'une Salle des Marchés. Il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à imaginer les conséquences d'une erreur de paiement.

 

A- Organisation de la salle des Marchés

Le schéma ci-dessous a pour but de présenter de façon simplifiée, la structure d'une Salle des Marchés moderne.

Cette représentation est théorique et n'inclut pas les particularités d'organisation propre à chaque établissement financier. Par exemple, pour des structures plus modestes, la différenciation entre Cambiste Marchés et Cambiste Clientèle peut être moins marquée, voir inexistante.

Pour plus d'explications, cliquez sur les puces rouges ou faites défiler la page pour consulter le tableau.

 

Toutes les liaisons représentées ici sont à double sens. En effet, les Banques s'appellent entres elles pour des demandes de cotation, le client appelle sa Banque pour passer ses ordres mais sera également tenu au courant de certaines opportunités, les Cambistes consultent les pages d'information mais certaines Banques fournissent également des informations au réseau, etc., etc.

 

Acteur

Fonction/Détails

1

Les clients à accès direct

Ils peuvent traiter directement avec les Cambistes clientèle (sales ou dealers).

2

Les chargés de clientèle

Ils transmettent les ordres de leurs clients aux Cambistes Marchés (traders).

3

Les autres services de la Banque

La Bourse étrangère, par exemple.

4

Les outils d'information

Les Cambistes ont accès sur leur poste de travail aux informations financières en temps réel à partir de différentes agences spécialisées.

5

Les outils informatiques et le support

De puissants outils informatiques permettent des calculs (pricer) et/ou l'accès aux informations internes telles que les positions, les encours sur un client, etc.
Une fonction Support peut également être assurée (analyse, simulation, etc.)

6

Les contreparties Bancaires ou assimilées

Banques, établissements financiers, entreprises non Bancaires admises au marché monétaire (Assurances, Caisses de retraite, Sociétés de Bourses, etc.).

7

Les moyens de communications

Ils sont composés, pour le moment, du téléphone, du télex ou du Reuter dealing (réseau transactionnel privé, à l'échelle mondiale reliant les Banques), parfois le satellite. Internet commence à investir ce domaine.

8

Les Société d'Investissement Courtiers

(ex courtiers de Banques) ils servent d'intermédiaires pour les transactions entre Banques. Ils sont apparus pour la première fois à Londres (brokers) vers 1740.

9

Le Middle-Office et
le Back-Office

Le Middle-Office assure le suivi des risques et détermine les résultats.
Le Back-Office assure de façon plus ou moins étendue la gestion des opérations traitées par les Cambistes.
Dans certains établissements, ces deux secteurs peuvent être regroupés en un seul.

 

 

B- Comment fonctionne une salle des marchés ?

 

Cas d’une salle de marchés d’une grande banque de la place :

Mais que fait-on dans une salle des marchés ? La salle des marchés est un centre névralgique dans une banque. Elle est l’intermédiaire entre les clients et les marchés. Mais il s’agit avant tout des marchés de devises, de taux d’intérêts et d’obligations. L’image des traders golden boys du film « Wall Street » relève du mythe car, ici, l’activité est orientée vers les flux des clients en matière de produits de taux ou de devises. On y traite les échanges spot de devises (échange de devises au comptant) mais aussi une série de produits OTC (over the counter), c’est à dire en vente de gré à gré sans passer par l’intermédiaire d’une bourse tels que les forwards (engagements de vendre ou d’acheter des devises à terme), les swaps de taux ou de devises ou certaines options. Les futures sur matières premières font également l’objet d’une intermédiation dans cette salle des marchés de même que des opérations comme la titrisation, la syndication d’obligations, la mise en place de produits structurés. Enfin et surtout, c’est ici qu’est gérée la trésorerie de la banque, à savoir la gestion des liquidités.

Cette salle est organisée en différents blocs composés de plusieurs « desks » (longues rangées de bureaux munis de plusieurs écrans). La partie « fixed income » s’occupe des produits à revenus fixes comme les émissions d’obligations sur le marché primaire ou les ventes et achats d’obligations sur le marché secondaire. Si une entreprise veut lancer une émission obligataire, cette émission sera placée dans le marché par l’intermédiaire de la salle. On y traite également les swaps de taux d’intérêt pour les institutionnels ou les entreprises qui veulent, par exemple, échanger un taux à long terme contre un taux à court terme.

Le second bloc traite les opérations de Global Commodity and Equity Derivatives. Il s’occupe des opérations sur matières premières (couverture ou hedging) ou encore des ventes de structures sur actions. La troisième partie de la salle s’emploie à gérer la liquidité et la trésorerie de la banque. Cette activité permet d’équilibrer et de gérer les flux de trésorerie. Toutes les activités de la salle sont étroitement surveillées par les autorités de contrôle des marchés.

Des horloges digitales indiquent l’heure sur plusieurs fuseaux horaires et des écrans de télévision sont accrochés aux murs de la salle mais ils sont rarement consultés, les opérateurs préférant les données de leurs écrans reliés à Bloomberg qui leur relayent les nouvelles des marchés, les prix, les cotations et qui leur fournissent des instruments de calcul.

A l’écart des desks, on trouve des locaux vitrés : les bocaux. Il s’agit de pièces isolées munies d’écrans qui permettent aux opérateurs de traiter en toute confidentialité des opérations plus sensibles dont les informations ne peuvent être divulguées car elles ont trait à des opérations en cours, comme des émissions obligataires importantes en vue de finaliser des rachats de sociétés, par exemple. En effet, ces informations sensibles sont traitées dans la plus stricte confidentialité afin d’éviter des situations de conflit d’intérêt (par exemple avec un trader qui traite d’autres émissions antérieures de cette société sur le marché secondaire).

La salle des marchés n’est donc pas une mini-bourse ni une plateforme centralisée de vente ou d’achat. Les actions sont traitées, en général, sur les marchés boursiers. Les obligations sont traitées le plus souvent de gré à gré, la salle des marchés servant d’intermédiaire entre le client (qui veut vendre ou acheter une obligation) et le marché, c’est à dire les autres intermédiaires financiers et leurs clients. La banque ne fait plus de transactions pour compte propre, elle a pour but de servir les clients qu’ils soient privés, institutionnels, corporate ou étatiques.

C- À l'heure d'Internet

Reuters et E.B.S. sont longtemps restés sans concurrence dans le domaine de la négociation électronique (on line trading). Or, il faut savoir que le marché des changes représente un montant total de transactions estimé à environ 1 200 milliards de dollars par jour.

Un prix peut changer plus de 20 fois par minute et certains jours actifs, une cotation a pu voir son prix changer plus de 18 000 fois dans la même journée !

Alors que Reuters et E.B.S. continuent la fourniture de services via leurs réseaux privés respectifs, on observe l'émergence d'un certain nombre de nouveaux intervenants sur ce que l'on appelle l'A.T.S. (Alternative Trading Systems).

On entend également parler de Market Place (place de marché), de B to B (Business to Business) ou encore de B to C (Business to Customer).

D- Avantages et inconvénients

Les avantages et inconvénients exprimés ci-après concernent plus particulièrement les places de marchés (au sens Internet) ainsi que tous les systèmes automatisés destinés à fournir des prix et/ou faciliter les transactions.

Les thèmes ne font l'objet d'aucun classement particulier.

Avantages
  • Rapidité et gain de temps. La diffusion des prix n'est plus liée à une intervention humaine.
  • échanges facilités. Grâce à l'automatisation de certains processus.
  • Confidentialité. Le nom de la contrepartie n'est connue que lors de la conclusion du deal.
  • Accéder à de nouveaux marchés ou à de nouveaux clients. C'est une conséquence du point précédent et ceci est particulièrement vrai pour les banques « modestes » qui peuvent accéder à des cotations auparavant réservées aux grandes banques.
  • Mise en concurrence. Les fournisseurs de prix sont en concurrence.
Inconvénients
  • Sécurité insuffisante. C'est la préoccupation dominante, surtout lorsqu'il s'agit d'Internet, car sur le marché des changes, les sommes échangées sont significatives.
  • Rigidité des cotations. Celle-ci est la conséquence de l'utilisation de processus automatiques pour mettre en ligne les prix.
  • Absence de cotation en cas de forte volatilité. C'est la conséquence d'une des règles de sécurité : si un cours est différent du précédent (ou d'une moyenne mobile) de plus ou moins un certain pourcentage fixé, la cotation est suspendue.
  • Création de marchés parallèles. Les banques modestes courent le risque de voir une partie du marché leur échapper. Il est d'ailleurs amusant de constater que les grands établissements eux-mêmes sont obligés d'être membres de plusieurs de ces places de marché.

Et l'avenir ?

Ne nous faisons pas d'illusion. Bien qu'il semble évident que le traditionnel marché des changes ne révolutionnera pas la façon dont les opérations se traitent, l'apparition des systèmes de négociation électroniques (Reuters ou E.B.S.) a déjà transformé les habitudes des marchés interbancaires.

Ces systèmes néanmoins, sont uniquement réservés aux banques. Les sociétés en sont exclues, d'où l'émergence de systèmes de cotation, mis en place par des banques, groupe de banques ou sociétés indépendantes à l'intention d'investisseurs « de détail ».

Ceci est d'autant plus facile à mettre en place que l'évolution des technologies et la baisse des coûts associés permet à tout un chacun d'y participer.

E- Accès au marché des changes

Le particulier qui veut tenter l'aventure peut tout d'abord contacter sa Banque.

Il y a malheureusement peu de chance que celle-ci dispose de produits de change adaptés à cette catégorie de client.

C'est pour cette raison que l'on peut constater depuis quelques temps déjà l'arrivée de plateformes de trading à destination des particuliers.

Chaque plateforme possède ses propres caractéristiques :

  • Montant d'ouverture de compte : il démarre à 200 EUR et va jusqu'à 10 000 USD.
  • Effet de levier : de 50:1 à 200:1. Cela signifie, par exemple avec un effet de levier de 50:1, qu'il suffit de disposer sur son compte de 1 000 EUR pour traiter un montant de 50 000 EUR. Attention, un fort effet de levier entraine un risque élevé. Ainsi avec un levier de 200:1, 10 000 EUR vous suffisent pour «jouer» sur 2 000 000 EUR. Mais une baisse du prix de 50 pips (0,0050) et votre capital de départ s'est envolé !
  • Spread : il correspond à l'écart de cours entre le coté acheteur et le coté vendeur. Plus il est «serré» mieux c'est. La plupart des plateformes annoncent des spreads entre 3 et 5 pips sur les devises courantes (à vérifier dans la réalité).
  • Commissions : il est normal que ces plateformes annoncent en général des commissions nulles dans la mesure où elles se rémunèrent sur le spread.
  • Outils : pour vous faire la main, n'hésitez pas à ouvrir un compte de démo (proposé quasiment systématiquement) et à utiliser les outils de trading, les systèmes d'alertes, etc. qui vous sont proposés.

ATTENTION, si vous ouvrez un compte chez un négociateur situé à l'étranger, assurez-vous que selon la réglementation en vigueur dans votre pays, vous avez bien établi toutes les déclarations nécessaires auprès des autorités compétentes.

Sources : cambiste.info / Asset group / BNP Parisbas...

 

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