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le blog lintegral

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Soumission, amende et déficit commercial

Publié par medisma sur 15 Avril 2014, 21:07pm

Mr Bricolage complètement soumis aux États-Unis, une Société Générale qui  écope d’une amende de 2 millions d’euros et une zone euro en excédent commercial exceptés la France et le Royaume-Uni

 

I- L’Europe entraînée dans une division du monde entre débiteurs et créditeurs : les solutions désespérées des États-Unis pour ne pas sombrer seuls

 

- Communiqué public GEAB N°84 (15 avril 2014) -

Dans la confrontation actuelle entre Russie et Occident sur la crise ukrainienne, l’image de la guerre froide vient inévitablement à l’esprit et les médias en sont évidemment friands. Or, contrairement à ce qu’ils laissent sous-entendre, ce n’est pas la Russie qui cherche le retour d’un rideau de fer mais bel et bien les États-Unis. Un rideau de fer séparant anciennes puissances et pays émergents, monde d’avant et monde d’après, débiteurs et créditeurs. Et ce dans l’espoir un peu fou de préserver l’American way of life et l’influence des États-Unis sur « leur » camp à défaut de pouvoir l’imposer sur le monde entier. En d’autres termes, sombrer avec le plus de compagnons possible pour avoir l’impression de ne pas sombrer.

Pour les États-Unis, c’est en effet l’enjeu actuel : entraîner avec eux tout le camp occidental pour pouvoir continuer à dominer et à commercer avec suffisamment de pays. On assiste ainsi à une formidable opération de retournement d’opinions et de leaders en Europe afin d’assurer des gouvernants dociles et compréhensifs vis-à-vis du patron américain, soutenue par une blitzkrieg pour les lier définitivement avec le TTIP et pour les couper de ce qui pourrait être leur planche de salut, à savoir les BRICS, leurs immenses marchés, leurs dynamiques d’avenir, leur lien avec les pays en voie de développement, etc. Nous analysons tous ces aspects dans ce numéro du GEAB, ainsi que l’utilisation subtile de la crainte d’une déflation pour convaincre les Européens d’adopter les méthodes US.

À la lumière de la dangerosité extrême des méthodes employées par les États-Unis, il va sans dire que quitter le navire US ne serait pas un acte de trahison de la part de l’Europe, mais bien une avancée majeure pour le monde comme nous l’avons déjà longuement analysé dans de précédents numéros du GEAB (1). Malheureusement les dirigeants européens les plus raisonnables sont complètement paralysés et la meilleure stratégie qu’ils soient encore capables de mettre en œuvre actuellement, dans le meilleur des cas, semble être une simple temporisation (2), certes utile et bienvenue mais guère suffisante…

BAS LES MASQUES

À l’heure d’internet et des affaires de type « -leaks », garder un secret est devenu difficile pour les agents secrets et pour les pays aux mains sales. Outre les révélations de Snowden ou de Wikileaks, on a encore appris récemment que les États-Unis étaient derrière un réseau social à Cuba visant à déstabiliser le pouvoir en place (3). Ou on a pu visionner cette vidéo fuitée opportunément sur Youtube (4) montrant les Américains à la manœuvre derrière le coup d’État en Ukraine. Ou encore, il semblerait qu’ils ne soient pas innocents dans la déstabilisation actuelle d’Erdoğan en Turquie (5), pays dont nous détaillerons la situation dans le prochain GEAB (6)… Les masques tombent… sur des évidences certes, mais que plus personne ne peut ignorer.

Mais les États-Unis ne se contentent plus des pays en développement ou des républiques bananières... En Europe, ils parviennent également à retourner les dirigeants les uns après les autres, afin qu’ils suivent les intérêts américains docilement. Ce n’est plus « Ce qui est bon pour General Motors est bon pour l'Amérique » comme le déclarait Charles Wilson (ex-PDG de GM) en 1953, mais « Ce qui est bon pour les États-Unis est bon pour l’Europe ». Ils avaient déjà le soutien de Cameron, Rajoy, Barroso, Ashton… Ils ont réussi à obtenir celui de la Pologne de Donald Tusk alors que celui-ci était fortement réfractaire en début de mandat (7), celui de l’Italie grâce au coup d’État opportun de Renzi (8), et de la France de Hollande/Valls grâce en particulier au remaniement ministériel et un premier ministre peu suspect d’antiaméricanisme. Contrairement au début de son mandat où il jouait la carte de l’indépendance, sur le Mali ou sur d’autres fronts, François Hollande semble maintenant complètement soumis aux États-Unis. Quelles pressions a-t-il subies ? L’Allemagne, quant à elle, résiste encore un peu mais pour combien de temps (9) ? Nous approfondissons cette réflexion à la partie Télescope.

L’Europe est ainsi entraînée vers l’intérêt US qui n’est pas le sien, ni en termes de politique, ni de géopolitique, ni de commerce comme nous le verrons. Alors que les BRICS ont choisi une voie opposée et cherchent à se dégager à tout prix de l’influence désormais profondément néfaste des États-Unis, l’Europe est pour l’instant le dindon de la farce. En témoigne par exemple l’achat par la Belgique de 130 milliards de dollars de bons du Trésor américain en trois mois d’octobre 2013 à janvier 2014 (dernière donnée disponible (10)), soit un rythme annuel supérieur à son PIB (11)… Ce n’est certainement pas la Belgique elle-même qui est responsable de cette aberration, mais bien sûr Bruxelles, c’est-à-dire l’UE en tant que petit soldat US.

Politiquement l’Europe est donc étouffée par les États-Unis qui peuvent s’en donner à cœur joie en l’absence de tout leadership. Et le moyen de sceller définitivement cette mainmise américaine sur l’Europe s’appelle TTIP…


VITE UN TTIP

Nous l’avons déjà amplement documenté : contrairement aux discours triomphants de la « reprise » reposant sur les prix immobiliers qui remontent et la bourse qui est au plus haut, l’économie réelle US est aux abois. Le taux de privation alimentaire est plus élevé qu’en Grèce.

 

 

À droite, pourcentage de la population qui ne peut se permettre suffisamment de nourriture, par pays (à gauche, évolution 2007-2012). Source : Bloomberg / OCDE.

Les magasins, même bon marché, mettent la clé sous la porte faute de clients (12). Les demandes d’emprunt immobilier sont au plus bas, ce qui augure mal de la suite et présage un retournement imminent comme nous l’avons anticipé au GEAB n°81.

[...]

Mais, comme nous l’avons déjà dit, là n’est pas l’essentiel. L’enjeu majeur du TTIP, c’est la préservation du dollar dans les échanges commerciaux et le maintien de l’Europe dans le giron US afin d’éviter que ne se constitue un bloc Euro-BRICS capable de faire contrepoids aux États-Unis.

Ainsi la crise ukrainienne, sous le prétexte de l’agressivité russe et de l’approvisionnement gazier, est un bon moyen, dans la panique, d’imposer l’agenda des États-Unis et des lobbies face à des dirigeants européens trop faibles pour agir. Ce qui n’était pas prévu, c’est que l’intérêt de ces lobbies ne va pas forcément dans le sens qu’on croit…

[...]


----------
Notes :


1 Et comme la Chine, en particulier, lui enjoint de faire via ses accords de swap par exemple.

2 En attendant les élections européennes, notamment.

3 Source :
The Guardian, 03/04/2014.

4 Source :
Reuters, 06/02/2014.

5 Suite à l’utilisation par les États-Unis des réseaux sociaux à Cuba comme mentionné précédemment, pas étonnant qu’Erdoğan ait décidé de couper Twitter en Turquie. Par ailleurs, le Turc Fethullah Gülen, instigateur du mouvement Gülen s’opposant au gouvernement Erdoğan, réside… aux États-Unis. Sources :
Aljazeera (13/03/2014), Wikipédia.

6 Petite parenthèse : notre équipe ne peut s’empêcher de penser que si De Gaulle, si admiré en France, gouvernait aujourd’hui, il serait lui aussi considéré comme un autocrate à renverser, à l’instar d’Erdoğan ou Poutine… Diriger efficacement dans l’intérêt de son pays semble maintenant considéré comme incompatible avec la démocratie sous sa forme actuelle, qui se doit d’être faible…

7 Source :
Wikipédia. Donald Tusk est maintenant un fervent supporteur du gaz de schiste en Pologne et s’élève contre la Russie. Sources : Wall Street Journal (11/03/2014), DnaIndia (05/04/2014).

8 Lire aussi
RT, 01/04/2014.

9 Source :
EUObserver, 10/04/2014.

10 Source :
US Treasury.

11 Son excédent commercial d’environ 1% du PIB aura du mal à expliquer cette capacité d’achat à lui tout seul…

12 Voir par exemple
ABCNews, 10/04/2014.

 

 

II- Droit au compte : la Société Générale écope d’une amende de 2 millions d’euros

 

 

La commission des sanctions de l’ACPR sanctionne la Société Générale pour non respect de la loi sur le droit au compte. Elle lui reproche notamment d’avoir ouvert aux personnes bénéficiaires des comptes assortis de prestations payantes.

La Société Générale aurait préféré passer sous silence cette condamnation mais le régulateur bancaire a choisi de la rendre publique eu égard, notamment, « à l’assise financière » de la banque française. La Société Générale écope d’un blâme et d’une amende de 2 millions d’euros de l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution) pour ne pas avoir respecté ses obligations en matière de droit au compte . Celui-ci permet à des personnes physiques ou morales qui se sont vues refuser l’ouverture d’un compte de saisir la Banque de France. Celle-ci désigne alors un établissement bancaire chargé de leur fournir un compte assorti « des services bancaires de base ».

Les contrôles effectués par les services de l’ACP entre le 20 juillet et le 26 novembre 2012 ont mis en lumière de nombreux « manquements » de la Société Générale dans la mise en œuvre de ce droit au compte, conduisant le régulateur à ouvrir une procédure disciplinaire le 22 mai 2013. rendue le 11 avril par la commission des sanctions fait état de 9 griefs en matière de politique d’ouverture, de tarification mais également de clôture des comptes.

Ainsi, la Société Générale ne met pas toujours en œuvre sa désignation par la Banque de France. Entre le 1erjuillet 2010 et le 30 juin 2012, la Banque de France a désigné la banque rouge et noire 6 534 fois. Mais seules 1 257 personnes physiques et morales se sont vues ouvrir dans ses livres un compte de dépôt, soit seulement 19,24 % du nombre de désignations.

Des prestations payantes au lieu des services de base gratuits

L’ACPR reproche surtout à la Société Générale d’avoir appliqué aux personnes bénéficiaires du droit au compte son offre tarifée de base « Généris » au lieu des services bancaires de base gratuits prévus par la loi. Facturée 2,90 euros par mois, cette offre contient plusieurs des services de base, dont une carte à autorisation systématique, mais aussi d’autres prestations qui sont, elles, payantes. Sur 110 comptes relevant de cette offre « Généris » ouverts en Île de France entre le 1erjanvier 2010 et le 30 juin 2012, 54 dossiers (soit 49,09 %) relevaient de l’exercice du droit au compte, révèle l’ACPR.

De plus, la Société Générale n’a pas délivré correctement les services bancaires de base aux personnes bénéficiaires. Ainsi, 72 des 417 comptes contrôlés par le régulateur n’ont pas été équipés d’une carte à autorisation systématique, ou pas de manière concomitante à l’ouverture du compte. Par ailleurs, 28 personnes se la sont vu retirer sans disposer d’une nouvelle carte équivalente.

Enfin, en matière de clôture des comptes ouverts après désignation par la Banque de France, la banque rouge et noire n’a pas respecté la procédure. Ainsi, 26 dossiers sur 28 ne contenaient pas de copie de la lette de clôture ou bien de celle envoyée à la Banque de France, ou encore ne mentionnaient pas clairement le motif de la clôture du compte. La Société Générale se contentait d’une même formule dans toutes ses lettres  :« nous n’avons plus convenance à maintenir nos relations contractuelles », une justification « non recevable » pour le régulateur.

La Société Générale étudie l’opportunité d’un recours

La Société Générale a notamment fait valoir que la procédure n’avait pas permis d’établir l’existence d’«indices graves, précis et concordants» mais se contentait d’indices rendant le manquement « suffisamment vraisemblable». La banque dispose d’un délai de deux mois si elle souhaite déposer un recours auprès du Conseil d’Etat. «  La Société Générale prend acte de la décision de l’ACPR » et « décidera s’il y a lieu d’en faire appel », réagit la banque.

Ce n’est pas la première condamnation de ce type  : le 3 juillet 2013, LCL avait écopé d’un blâme et d’une amende du même montant pour des manquements similaires. « Les règles qui encadrent le droit au compte n’étant pas très précises aux yeux des banques, cela devient un sujet de place », souligne une source proche. Le régulateur reconnaît toutefois que les manquements de la Société Générale ne procèdent pas d’une volonté délibérée de la banque  : « le dossier ne fait ressortir aucune volonté de méconnaître ces obligations », note l’ACPR.

Par ailleurs, « la banque, comme le reconnaît l’ACPR, a déjà pris les mesures correctrices nécessaires pour remédier aux insuffisances formelles relevées par le régulateur », rappelle la Société Générale. En dépit du souhait de la Société Générale, l’ACPR a tout de même refusé d’anonymiser sa condamnation car elle « ne risque pas non plus de perturber les marchés financiers ». Le régulateur souhaite aussi montrer sa fermeté sur un sujet particulièrement sensible car « la population particulièrement défavorisée concernée par cette législation appelle une attention particulière ».

Aurélie Abadie / Les Echos

 

III- Zone euro: 14 milliards d'excédent commercial. Et la France?

En février, la zone euro a amélioré son excédent commercial de 4 milliards d'euros par rapport à février 2013. Mais tous les pays ne bénéficient pas de cette manne. Eclairage.

 

 

Qui l'eût cru, en ces temps d'euro fort et donc d'exportations difficiles? En février dernier, selon Eurostat, la zone euro a enregistré un excédent commercial de 13,6 milliards d'euros avec le reste du monde. En février 2013, un an tout juste avant cette statistique, l'excédent n'était "que" de 9,8 milliard. 

Ces chiffres ne concernent que la "zone euro", soit 18 pays ayant adopté la monnaie unique. Pour l'Europe à 28 proprement dite, l'excédent n'est que de 4,4 milliards d'euros (soit 3,2 milliards de plus qu'en février 2013).

Bien entendu, les chiffres doivent être observés à la loupe pour distinguer les disparités sectorielles ou géographiques.

Ainsi, dans le secteur de l'énergie, où l'Europe est structurellement déficitaire, la situation s'est améliorée; puisque la zone euro est passée d'un déficit de 34,9 milliards en février 2013 à 32,5 milliards en février 2014. L'excédent "machines et véhicules", lui, a augmenté, passant de 14,3 à 14,9 milliards d'euros.

Sur le plan géographique, la zone euro tire profit de l'Asie :  les importations en provenance du Japon ont baissé de 7%, tandis que les exportations vers le pays du soleil levant et vers la Chine ont augmenté (de 8% pour le Japon, de 12% pour la Chine). En revanche, les pays émergents ont moins soutenu le commerce extérieur européen: les exportations vers le Brésil et la Russie ont baissé de 10% pour ces deux pays.

Bien entendu, tous les pays ne sont pas égaux face à la bonne santé du commerce extérieur européen: si l'Allemagne s'en tire très bien (excédent de 15,3 milliards d'euros), ainsi que les Pays-Bas (5 milliards), l'Irlande (2,4 milliards) et la République tchèque (1,6 milliards), certains pays sont déficitaires: le Royaume-Uni décroche la palme du déficit le plus lourd (-9,6 milliards), suivi de... la France (-8,2 milliards). L'Espagne (-2,5 milliards) et la Grèce (-1,6 milliards) occupent la troisième et la quatrième place de ce peu glorieux podium

Par Challenges.fr

 

 

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