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Actualités internationales des 15 derniers jours

Publié par medisma sur 9 Août 2014, 19:52pm

Actualités internationales des 15 derniers jours

 

I- Un député britannique donne un cours d’histoire à un auditeur juif

 

 

Georges Galloway, député britannique antisioniste, donne une leçon d’histoire à un auditeur de confession juive. Cet auditeur ne répondant pas par trois fois à la question « De quel droit la Grande-Bretagne et d’autres pays européens peuvent-ils vous donner le pays des autres ? » (en référence à la spoliation de la Palestine au profit de la création de l’État d’Israël)

 

  

 

 

Israël 

II- Qui est l’ennemi ?

 

 

Chacun a son opinion pour expliquer les massacres commis par l’État d’Israël à Gaza. Alors que dans les années 70 et 80, on y voyait une manifestation de l’impérialisme anglo-saxon, beaucoup l’interprètent aujourd’hui comme un conflit entre juifs et arabes. Revenant sur la longue période —quatre siècles d’Histoire—, Thierry Meyssan, consultant auprès de plusieurs gouvernements, analyse l’origine du sionisme, ses véritables ambitions, et détermine qui est l’ennemi.

Les "éternels ennemis" d’Israël / prophétie-biblique

 

La guerre, qui se poursuit sans interruption depuis 66 ans en Palestine, a connu un nouveau rebondissement avec les opérations israéliennes « Gardiens de nos frères », suivie de « Roc inébranlable » (traduit étrangement dans la presse occidentale en « Bordure protectrice »).

À l’évidence, Tel-Aviv —qui avait choisi d’instrumenter la disparition de trois jeunes Israéliens pour lancer ces opérations et « déraciner le Hamas » afin d’exploiter le gaz de Gaza, conformément au plan énoncé en 2007 par l’actuel ministre de la Défense [1]— a été dépassé par la réaction de la Résistance. Le Jihad islamique a répondu par l’envoi de roquettes à moyenne portée très difficiles à intercepter, qui se sont ajoutées à celles lancées par le Hamas.

La violence des événements, qui ont déjà coûté la vie à plus de 1500 Palestiniens et 62 Israéliens (mais les chiffres israéliens sont soumis à la censure militaire et sont probablement minorés), a soulevé une vague de protestation dans le monde entier. En plus de ses 15 membres, le Conseil de sécurité, réuni le 22 juillet, a donné la parole à 40 autres États qui entendaient exprimer leur indignation devant le comportement de Tel-Aviv et sa « culture de l’impunité ». La séance, au lieu de durer les 2 heures habituelles, en a duré 9 [2].

Symboliquement, la Bolivie a déclaré Israël « État terroriste » et a abrogé l’accord de libre-circulation le concernant. Mais d’une manière générale, les déclarations de protestation ne sont pas suivies d’une aide militaire, à l’exception de celles de l’Iran et symboliquement de la Syrie. Tous deux soutiennent la population palestinienne via le Jihad islamique, la branche militaire du Hamas (mais pas sa branche politique, membre des Frères musulmans) et le FPLP-CG.

Contrairement aux précédents (opérations « Plomb durci » en 2008 et « Colonne de nuée » en 2012), les deux États qui protègent Israël au Conseil (les États-Unis et le Royaume-Uni), ont facilité l’élaboration d’une déclaration du président du Conseil de sécurité soulignant les obligations humanitaires d’Israël [3]. De fait, au-delà de la question fondamentale d’un conflit qui dure depuis 1948, on assiste à un consensus pour condamner au minimum le recours d’Israël à un emploi disproportionné de la force.

Cependant, cet apparent consensus masque des analyses très différentes : certains auteurs interprètent le conflit comme une guerre de religion entre juifs et musulmans ; d’autres y voient au contraire une guerre politique selon un schéma colonial classique. Que faut-il en penser ?

 
Qu’est ce que le sionisme ?

 

 

Au milieu du XVIIe, les calvinistes britanniques se regroupèrent autour d’Oliver Cromwell et remirent en cause la foi et la hiérarchie du régime. Après avoir renversé la monarchie anglicane, le « Lord protecteur » prétendit permettre au peuple anglais de réaliser la pureté morale nécessaire pour traverser une tribulation de 7 ans, accueillir le retour du Christ et vivre paisiblement avec lui durant 1 000 ans (le « Millenium »). Pour ce faire, selon son interprétation de La Bible, les juifs devaient être dispersés aux confins de la terre, puis regroupés en Palestine et y reconstruire le temple de Salomon. Sur cette base, il instaura un régime puritain, leva en 1656 l’interdiction qui était faite aux juifs de s’installer en Angleterre et annonça que son pays s’engageait à créer en Palestine l’État d’Israël [4]

La secte de Cromwell ayant été à son tour renversée à la fin de la « Première Guerre civile anglaise », ses partisans tués ou exilés, et la monarchie anglicane ayant été rétablie, le sionisme (c’est-à-dire le projet de création d’un État pour les juifs) fut abandonné. Il ressurgit au XVIIIe siècle avec la « Seconde Guerre civile anglaise » (selon la dénomination des manuels d’Histoire du secondaire au Royaume-Uni) que le reste du monde connaît comme la « guerre d’indépendance des États-Unis » (1775-83). Contrairement à une idée reçue, celle-ci ne fut pas entreprise au nom de l’idéal des Lumières qui anima quelques années plus tard la Révolution française, mais financée par le roi de France et conduite pour des motifs religieux au cri de « Notre Roi, c’est Jésus ! ».

George Washington, Thomas Jefferson et Benjamin Franklin, pour ne citer qu’eux, se sont présentés comme les successeurs des partisans exilés d’Oliver Cromwell. Les États-Unis ont donc logiquement repris son projet sioniste.

En 1868, en Angleterre, la reine Victoria désigna comme Premier ministre, le juif Benjamin Disraéli. Celui-ci proposa de concéder une part de démocratie aux descendants des partisans de Cromwell de manière à pouvoir s’appuyer sur tout le peuple pour étendre le pouvoir de la Couronne dans le monde. Surtout, il proposa de s’allier à la diaspora juive pour conduire une politique impérialiste dont elle serait l’avant-garde. En 1878, il fit inscrire « la restauration d’Israël » à l’ordre du jour du Congrès de Berlin sur le nouveau partage du monde.

C’est sur cette base sioniste que le Royaume-Uni rétablit ses bonnes relations avec ses anciennes colonies devenues États-Unis à l’issue de la « Troisième Guerre civile anglaise » —connue aux États-Unis comme la « guerre civile américaine » et en Europe continentale comme la « guerre de Sécession » (1861-65)— qui vit la victoire des successeurs des partisans de Cromwell, les WASP (White Anglo-Saxon Puritans) [5]. Là encore, c’est tout à fait à tort que l’on présente ce conflit comme une lutte contre l’esclavage alors que 5 États du Nord le pratiquaient encore.

Jusqu’à la presque fin du XIXe siècle, le sionisme est donc exclusivement un projet puritain anglo-saxon auquel seule une élite juive adhère. Il est fermement condamné par les rabbins qui interprètent la Torah comme une allégorie et non pas comme un plan politique.

Parmi les conséquences actuelles de ces faits historiques, on doit admettre que si le sionisme vise à la création d’un État pour les juifs, il est aussi le fondement des États-Unis. Dès lors, la question de savoir si les décisions politiques de l’ensemble sont prises à Washington ou à Tel-Aviv n’a plus qu’un intérêt relatif. C’est la même idéologie qui est au pouvoir dans les deux pays. En outre, le sionisme ayant permis la réconciliation entre Londres et Washington, le remettre en cause, c’est s’attaquer à cette alliance, la plus puissante au monde.

 
L’adhésion du peuple juif au sionisme anglo-saxon

 

Oliver Cromwell, Lord Protecteur du Commonwealth, d'Angleterre, d'Ecosse et d'Irlande (1599-1658) / theguardian

 

Dans l’Histoire officielle actuelle, il est d’usage d’ignorer la période XVIIe-XIXe siècle et de présenter Theodor Herzl comme le fondateur du sionisme. Or, selon les publications internes de l’Organisation sioniste mondiale, ce point est également faux.

Le vrai fondateur du sionisme contemporain n’était pas juif, mais chrétien dispentionnaliste. Le révérend William E. Blackstone était un prêcheur états-unien pour qui les vrais chrétiens n’auraient pas à participer aux épreuves de la fin des temps. Il enseignait que ceux-ci seraient enlevés au ciel durant la bataille finale (le « ravissement de l’Église », en anglais « the rapture »). À ses yeux, les juifs livreraient cette bataille et en sortiraient à la fois convertis au Christ et victorieux.

C’est la théologie du révérend Blackstone qui a servi de base au soutien sans faille de Washington à la création d’Israël. Et ceci bien avant que l’AIPAC (le lobby pro-Israélien) soit créé et prenne le contrôle du Congrès. En réalité, le pouvoir du lobby ne vient pas tant de son argent et de sa capacité à financer des campagnes électorales que de cette idéologie toujours présente aux USA [6].

La théologie du ravissement pour aussi stupide qu’elle puisse paraître est aujourd’hui très puissante aux États-Unis. Elle représente un phénomène en librairie et au cinéma (voir le film Left Behind, avec Nicolas Cage, à paraître en octobre).

Theodor Herzl était un admirateur du diamantaire Cecil Rhodes, le théoricien de l’impérialisme britannique et fondateur de l’Afrique du Sud, de la Rhodésie (auquel il donna son nom) et de la Zambie (ex-Rhodésie du Nord). Herzl était juif, mais pas israélite et n’avait pas circoncis son fils. Athée comme beaucoup de bourgeois européens de son époque, il préconisa d’abord d’assimiler les juifs en les convertissant au christianisme. Cependant, reprenant la théorie de Benjamin Disraéli, il arriva à la conclusion qu’une meilleure solution était de les faire participer au colonialisme britannique en créant un État juif, dans l’actuel Ouganda ou en Argentine. Il suivit l’exemple de Rhodes dans la manière d’acheter des terres et de créer l’Agence juive.

Blackstone parvint à convaincre Herzl de joindre les préoccupations des dispentionnalistes à celles des colonialistes. Il suffisait pour cela d’envisager de créer Israël en Palestine et de multiplier les références bibliques. Grâce à cette idée assez simple, ils parvinrent à faire adhérer la majorité des juifs européens à leur projet. Aujourd’hui Herzl est enterré en Israël (sur le Mont Herzl) et l’État a placé dans son cercueil La Bible annotée que Blackstone lui avait offerte.

Le sionisme n’a donc jamais eu comme objectif de « sauver le peuple juif en lui donnant une patrie », mais de faire triompher l’impérialisme anglo-saxon en y associant les juifs. En outre, non seulement le sionisme n’est pas un produit de la culture juive, mais la majorité des sionistes n’a jamais été juive, tandis que la majorité des juifs sionistes ne sont pas israélites. Les références bibliques, omniprésentes dans le discours officiel israélien, ne reflètent la pensée que de la partie croyante du pays et sont avant tout destinées à convaincre la population états-unienne.

C’est à cette période que l’on créa le mythe du peuple juif. Jusque-là, les juifs se considéraient comme appartenant à une religion et admettaient que leurs membres européens n’étaient pas des descendants des juifs de Palestine, mais de populations converties au cours de l’Histoire [7].

Blackstone et Herzl ont artificiellement fabriqué l’idée selon laquelle tous les juifs du monde seraient des descendants des juifs antiques de Palestine. Dès lors, le mot juif s’applique non seulement à la religion israélite, mais désigne aussi une ethnie. En se fondant sur une lecture littérale de La Bible, ils sont devenus les bénéficiaires d’une promesse divine sur la terre palestinienne.

 
Le pacte anglo-saxon pour la création d’Israël en Palestine

 

 

La décision de créer un État juif en Palestine a été prise conjointement par les gouvernements britannique et états-unien. Elle a été négociée par le premier juge juif à la Cour suprême des États-Unis, Louis Brandeis, sous les auspices du révérend Blackstone et fut approuvée aussi bien par le président Woodrow Wilson que par le Premier ministre David Llyod George, dans le sillage des accords franco-britanniques Sykes-Picot de partage du « Proche-Orient ». Cet accord fut progressivement rendu public.

Le futur secrétaire d’État pour les Colonies, Leo Amery, fut chargé d’encadrer les anciens du « Corps des muletiers de Sion » pour créer, avec deux agents britanniques Ze’ev Jabotinsky et Chaim Weizmann, la « Légion juive », au sein de l’armée britannique.

Le ministre des Affaires étrangères Lord Balfour adressa une lettre ouverte à Lord Walter Rotschild pour s’engager à créer un « foyer national juif » en Palestine (2 novembre 1917). Le président Wilson inclut parmi ses buts de guerre officiels (le n°12 des 14 points présentés au Congrès le 8 janvier 1918) la création d’Israël [8]

Par conséquent, la décision de créer Israël n’a aucun rapport avec la destruction des juifs d’Europe survenue deux décennies plus tard, durant la Seconde Guerre mondiale.

Durant la conférence de paix de Paris, l’émir Fayçal (fils du chérif de La Mecque et futur roi d’Irak britannique) signa, le 3 janvier 1919, un accord avec l’Organisation sioniste, s’engageant à soutenir la décision anglo-saxonne.

La création de l’État d’Israël, qui s’est faite contre la population de Palestine, s’est donc aussi faite avec l’accord des monarques arabes qui furent les premiers leaders sionistes musulmans. En outre, à l’époque, le chérif de La Mecque, Hussein ben Ali, n’interprétait pas le Coran à la manière du Hamas. Il ne pensait pas qu’« une terre musulmane ne peut être gouvernée par des non-musulmans ».

 
La création juridique de l’État d’Israël

 

 

Déclaration d’indépendance de l’Etat d’Israël / Wikipedia

 

En mai 1942, les organisations sionistes tinrent leur congrès à l’hôtel Biltmore de New York. Les participants décidèrent de transformer le « foyer national juif » de Palestine en « Commonwealth juif » (référence au Commonwealth par lequel Cromwell remplaça brièvement la monarchie britannique) et d’autoriser l’immigration massive des juifs vers la Palestine. Dans un document secret, trois objectifs étaient précisés : « (1) l’État juif embrasserait la totalité de la Palestine et probablement la Transjordanie ; (2) le déplacement des populations arabes en Irak et (3) la prise en main par les juifs des secteurs du développement et du contrôle de l’économie dans tout le Moyen-Orient ».

La presque totalité des participants ignoraient alors que la « solution finale de la question juive » (die Endlösung der Judenfrage) venait juste de débuter secrètement en Europe.

En définitive, alors que les Britanniques ne savaient plus comment satisfaire à la fois les juifs et les arabes, les Nations unies (qui ne comptaient alors que 46 États membres) proposèrent un plan de partage de la Palestine à partir des indications que les Britanniques lui fournirent. Un État binational devait être créé comprenant un État juif, un État arabe et une zone « sous régime international particulier » pour administrer les lieux saints (Jérusalem et Bethléem). Ce projet fut adopté par la Résolution 181 de l’Assemblée générale [9].

Sans attendre la suite des négociations, le président de l’Agence juive, David Ben Gourion, proclama unilatéralement l’État d’Israël, immédiatement reconnu par les États-Unis. Les arabes du territoire israélien furent placés sous la loi martiale, leurs déplacements furent limités et leurs passeports confisqués. Les pays arabes nouvellement indépendants intervinrent. Mais sans armées encore constituées, ils furent rapidement battus. Au cours de cette guerre, Israël procéda à un nettoyage ethnique et contraint au moins 700 000 arabes à fuir.

L’Onu envoya comme médiateur, le comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois qui sauva des milliers de juifs durant la guerre. Il constata que les données démographiques transmises par les autorités britanniques étaient fausses et exigea la pleine application du plan de partage de la Palestine. Or, la Résolution 181 implique le retour des 700 000 arabes expulsés, la création d’un État arabe et l’internationalisation de Jérusalem.

L’envoyé spécial de l’Onu fut assassiné, le 17 septembre 1948, sur ordre du futur Premier ministre, Yitzhak Shamir.

Furieuse, l’Assemblée générale des Nations unies adopta la Résolution 194 qui réaffirme les principes de la Résolution 181 et, en outre, proclame le droit inaliénable des Palestiniens à retourner chez eux et à être indemnisés des préjudices qu’ils viennent de subir [10].

Cependant, Israël ayant arrêté les assassins de Bernadotte, les ayant jugés et condamnés, fut accepté au sein de l’Onu sur la promesse d’en honorer les résolutions. Or tout cela n’était que mensonges. Immédiatement après les assassins furent amnistiés et le tireur devint le garde du corps personnel du Premier ministre David Ben Gourion.

Depuis son adhésion à l’Onu, Israël n’a cessé d’en violer les résolutions qui se sont accumulées à l’Assemblée générale et au Conseil de sécurité. Ses liens organiques avec deux membres du Conseil disposant du droit de veto l’ont placé en dehors du droit international. C’est devenu un État off shore permettant aux États-Unis et au Royaume-Uni de feindre respecter eux-mêmes le droit international alors qu’ils le violent depuis ce pseudo-État.

Il est absolument erroné de croire que le problème posé par Israël ne concerne que le Proche-Orient. Aujourd’hui, Israël agit partout militairement dans le monde en couverture de l’impérialisme anglo-saxon. En Amérique latine, ce sont des agents israéliens qui ont organisé la répression durant le coup d’État contre Hugo Chavez (2002) ou le renversement de Manuel Zelaya (2009). En Afrique, ils étaient partout présents durant la guerre des Grands lacs et ont organisé l’arrestation de Mouamar el-Kadhafi. En Asie, ils ont dirigé l’assaut et le massacre des Tigres tamouls (2009), etc. Chaque fois, Londres et Washington jurent n’y être pour rien. En outre, Israël contrôle de nombreuses institutions médiatiques et financières (telle que la Réserve fédérale états-unienne).

 
La lutte contre l’impérialisme

 

 

Jusqu’à la dissolution de l’URSS, il était évident pour tous que la question israélienne ressort de la lutte contre l’impérialisme. Les Palestiniens étaient soutenus par tous les anti-impérialistes du monde —jusqu’aux membres de l’Armée rouge japonaise— qui venaient se battre à leurs côtés.

Aujourd’hui, la globalisation de la société de consommation et la perte des valeurs qui s’en est suivie ont fait perdre conscience du caractère colonial de l’État hébreu. Seuls les arabes et les musulmans se sentent concernés. Ils font preuve d’empathie pour le sort des Palestiniens, mais ignorent les crimes israéliens dans le reste du monde et ne réagissent pas aux autres crimes impérialistes.

Pourtant, en 1979, l’ayatollah Rouhollah Khomeini expliquait à ses fidèles iraniens qu’Israël n’était qu’une poupée dans les mains des impérialistes et que le seul vrai ennemi était l’alliance des États-Unis et du Royaume-Uni. Pour avoir énoncé cette simple vérité, Khomeini fut caricaturé en Occident et les chiites furent présentés comme hérétiques en Orient. Aujourd’hui l’Iran est le seul État au monde à envoyer massivement des armes et des conseillers aider la Résistance palestinienne, tandis que des leaders sionistes musulmans débattent aimablement par vidéo-conférence avec le président israélien durant les réunions du Conseil de sécurité du Golfe [11].

Thierry Meyssan

 

[1] « Extension de la guerre du gaz au Levant », par Thierry Meyssan, Al-Watan/Réseau Voltaire, 21 juillet 2014.

[2] « Réunion du Conseil de sécurité sur le Proche-Orient et l’offensive israélienne à Gaza », Réseau Voltaire, 22 juillet 2014.

[3] « Déclaration du Président du Conseil de sécurité sur la situation à Gaza », Réseau Voltaire, 28 juillet 2014.

[4] Sur lhistoire du sionisme, on se reportera au chapitre correspondant (« Israël et les Anglo-Saxons ») de mon livre L’Effroyable imposture 2, Manipulations et désinformations, Edition Alphée, 2007. Les lecteurs y trouveront de nombreuses références bibliographiques.

[5] The Cousins’ Wars : Religion, Politics, Civil Warfare and the Triumph of Anglo-America, par Kevin Phillips, Basic Books (1999).

[6] Voir notamment American Theocracy (2006) de Kevin Phillips, un historien exceptionnel qui fut un des conseillers de Richard Nixon.

[7] Une synthèse des travaux historiques sur ce sujet : Comment le peuple juif fut inventé, par Shlomo Sand, Fayard, 2008.

[8] La formulation du point 12 est particulièrement sibylline. Ainsi, lors de la conférence de paix de Paris, en 1919, l’émir Fayçal l’évoqua pour revendiquer le droit des peuples anciennement sous le joug ottoman à disposer d’eux-mêmes. Il s’entendit répondre qu’il avait le choix entre une Syrie placée sous un ou sous plusieurs mandats. La délégation sioniste fit valoir que Wilson s’y était engagé à soutenir le Commonwealth juif à la grande surprise de la délégation états-unienne. En définitive, Wilson confirma par écrit qu’il fallait entendre le point 12 comme un engagement de Washington pour la création d’Israël et à la restauration de l’Arménie. « Les quatorze points du président Wilson », Réseau Voltaire, 8 janvier 1918.

[9] « Résolution 181 de l’Assemblée générale de l’Onu », Réseau Voltaire, 29 novembre 1947.

[10] « Résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU », Réseau Voltaire, 11 décembre 1948.

[11] « Shimon Peres s’est exprimé devant le Conseil de sécurité du Golfe, fin novembre », Réseau Voltaire, 3 décembre 2013.

 

 

III- Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Syrie et en Libye ?

 

Pour le géopoliticien mexicain Alfredo Jalife-Rahme, la simultanéité des événements éclaire leur signification : après avoir annoncé la création d’une alternative au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au dollar, la Russie doit faire face en même temps à l’accusation d’avoir détruit le vol de la Malaysian Airlines, à l’attaque de Gaza par Israël soutenu par les renseignements militaires US et britanniques, au chaos en Libye et à l’offensive de l’Émirat islamique au Levant. En outre, sur chacun de ces théâtres d’opération, les combats tournent autour du contrôle des hydrocarbures, dont le marché était jusqu’ici exclusivement opéré en dollars.

 

 

Les calendriers, les organigrammes, les schémas d’information et les généalogies sont des plus utiles à l’analyse géopolitique. Ainsi, deux jours avant que le mystérieux missile ne fasse exploser en l’air l’avion de la Malaysia Airlines – événement aussi nébuleux que ce qui s’est passé avec ses deux vols récents – a pris fin le sixième sommet des BRICS et de certains pays membres de l’UNASUR, notamment la Colombie et le Pérou [1].

Un jour avant le tir du missile mortel, Obama a augmenté la pression exercée contre la Russie et ses deux ressources inextricables que sont les banques et les ressources énergétiques. « Pure coïncidence », le jour où le mystérieux missile a été tiré en Ukraine, « Nétanyahu, à la tête d’un État possédant l’arme nucléaire, a donné l’ordre à son armée d’envahir la bande de Gaza », comme l’a si bien fait remarquer Fidel Castro dans sa dénonciation du gouvernement putschiste ukrainien qu’il a accusé d’avoir manié une « forme inédite de provocation » sous la férule des États-Unis [2].

Que peut bien donc savoir de cette affaire le vieil empêcheur de tourner en rond des Antilles ?

Alors que le mystérieux missile mettait en miettes l’avion de la Malaysia Airlines, Israël, un État raciste et ségrégationniste, envahissait la bande de Gaza, contrevenant ainsi aux résolutions de l’ONU et « se mettant à dos l’opinion publique internationale », comme l’a déclaré l’ex-président Bill Clinton [3].

Simultanément à la « coïncidence » (dixit Castro) des objectifs géopolitiques concernant l’Ukraine et la bande de Gaza, les affrontements de type confessionnel et pour le contrôle des ressources énergétiques ont pris de l’ampleur dans les trois pays arabes jugés « défaillants » par les stratèges états-uniens que sont la Libye, la Syrie et l’Irak, sans parler des guerres au Yémen et en Somalie.

En Libye, pays balkanisé et anéanti en raison de l’intervention « humanitaire » menée par la Grande-Bretagne et la France sous la supervision hypocrite des États-Unis, les milices rebelles des brigades Zintan ont barré, rien que deux jours avant le tir du mystérieux missile en Ukraine, tous les accès à l’aéroport international de Tripoli (la capitale), tandis que se sont multipliés les affrontements entre les clans rivaux à Benghazi d’où provenaient les armes destinées aux djihadistes de Syrie et d’Irak et où l’ambassadeur des États-Unis a bizarrement été assassiné.

Au-delà de l’interconnexion des flux d’armes entre la Libye, la Syrie et l’Irak dans la région d’Al-Qaïda/Al-Nusra et du nouveau califat de l’Émirat islamique (Daesh) [4], l’essentiel pour les multinationales du pétrole, du gaz et de l’eau états-uniennes, britanniques et françaises est de contrôler les matières premières (gaz et eau douce) de la Libye où la Russie et la Chine se sont naïvement fait avoir [5].

Quant à l’appropriation du pétrole irakien par le couple Grande-Bretagne–États-Unis, qui a valu à l’Irak, pays également balkanisé et anéanti, « une guerre de 30 ans », il serait mortellement ennuyant de revenir sur cette évidence.

Lors de mon récent séjour à Damas où j’ai été interviewé par Thierry Meyssan, le président du Réseau Voltaire, celui-ci m’a confié que la soudaine volte-face de « l’Occident (quoi que l’on entende par là) » contre Bashar El Assad est due en grande partie – en plus des gisements de gaz se trouvant sur la côte méditerranéenne – à la pléthore de gisements de pétrole que possède la Syrie à l’intérieur du pays, gisements qui sont désormais contrôlés par le « nouveau califat du XXIe siècle (Daesh) ».

L’interdépendance entre le pétrole et le gaz refait surface à Gaza cinq ans après l’opération « Plomb durci », dont l’opération « Bordure protectrice » (sic) en cours a repris la stratégie sans qu’une enquête ait établi de manière concluante qui sont les responsables de l’horrible assassinat de trois jeunes israéliens – comme l’avait prévu, de manière prémonitoire, Tamir Pardo, le chef « visionnaire » du Mossad [6] – et qui a servi de prétexte à une énième invasion israélienne de la bande de Gaza et causé la mort d’un grand nombre d’enfants.

Pour le géographe Manlio Dinucci, du journal italien Il Manifesto  [7], la pléthore de gisements de gaz dont regorge la zone maritime de la bande de Gaza est l’une des raisons de l’irrédentisme israélien.

Tout comme la pléthore de gisements de gaz de schiste dont regorge la République autonome de Donetsk, qui cherche à se séparer de l’Ukraine ou à se fédérer avec elle, est à l’origine de la féroce guerre psychologique que se livrent les médias pro-UE et prorusses pour rejeter sur l’adversaire la responsabilité de l’explosion de l’avion de la Malaysia Airlines. Ne pourrait-il pas s’agir d’une opération montée par le gouvernement ukrainien pour incriminer les séparatistes à l’aide « d’enregistrements » qui peuvent très bien avoir été trafiqués pour pouvoir les accuser de « terrorisme » et ainsi les anéantir ?

Cela fait deux mois que la chaîne Russia Today (RT), de plus en plus regardée en Amérique latine pour contrer la désinformation des médias israélo–anglo-saxons —ce qui lui a valu d’être vouée aux gémonies par le secrétaire d’État John Kerry— souligne l’importance du gaz de schiste dans la région de Donetsk (la partie orientale de l’Ukraine qui veut obtenir son indépendance) et se demande si « les intérêts des pétrolières occidentales ne seraient pas derrière la violence » [8].

En effet, la partie orientale de l’Ukraine, aujourd’hui en pleine guerre civile, regorge « de charbon et d’une myriade de gisements de gaz de schiste dans le bassin de Dnieper-Donets ». En février 2013, la pétrolière britannique Shell a signé avec le gouvernement ukrainien (le précédent, celui qui a été déposé par un coup d’État néonazi soutenu par l’UE) un accord de répartition des profits d’une durée de 50 ans pour la prospection et l’extraction du gaz de schiste dans la région de Donetsk [9].

D’après la chaîne RT, « les profits que Kiev ne veut pas perdre » sont tels que le gouvernement ukrainien a entrepris une « campagne militaire [disproportionnée] contre sa propre population ».

L’année dernière, Chevron a signé un accord similaire (avec le même gouvernement déposé) d’une valeur de 10 milliards de dollars.

Hunter Biden, le fils du vice-président des États-Unis, vient d’être nommé au conseil d’administration de Burisma, le plus gros producteur de gaz privé (supersic) en Ukraine [10], ce qui « donne une nouvelle perspective à l’exploitation du gaz de schiste ukrainien » dans la mesure où « il est détenteur de permis qui couvrent le bassin de Dnieper-Donets ». John Kerry ne demeure pas en reste en ce qui a trait à la répartition des profits et Devon Archer, son ancien conseiller et colocataire de son beau-fils, s’est joint en avril à Burisma, cette entreprise qui suscite la polémique.

Les « permis » d’aliénation cadastrale pour exploiter le gaz de schiste ukrainien peuvent-ils servir de « permis de tuer » des innocents ?

La fracturation hydraulique est-elle en train de fracturer l’Ukraine ? Telle a été une constante de la tragique histoire de l’exploitation des hydrocarbures par les pétrolières « occidentales » au XXe siècle.

Force est de constater que les hydrocarbures constituent le dénominateur commun des guerres en Ukraine, en Irak, en Syrie et en Libye.

 

Par Alfredo Jalife-Rahme

 

Traduction : Arnaud Bréart

 

[1] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. “Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014. « Momento BRICS en Fortaleza », par Alfredo Jalife-Rahme, 17 juillet 2014.

[2] « Fidel Castro : El derribo de avión malasio es una "provocación insólita" de Ucrania », Russia Today (canal espagnol), 17 juillet 2014.

[3] AFP, 17/07/14.

[4] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

[5] « El botín del saqueo en Libia : "fondos soberanos de riqueza", divisas, hidrocarburos, oro y agua », par Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 28 août 2011.

[6] « Le chef du Mossad avait prédit l’enlèvement de trois jeunes Israéliens », par Gerhard Wisnewski, Traduction Hélène, Réseau Voltaire, 8 juillet 2014.

[7] « Gaza : le gaz dans le viseur », par Manlio Dinucci, Traduction Marie-Ange Patrizio, Il Manifesto (Italie), Réseau Voltaire, 17 juillet 2014.

[8] « Shale gas and politics : Are Western energy giants’ interests behind Ukraine violence ? », Russia Today (canal anglais), 17 mai 2014.

[9] « L’Ukraine brade son secteur énergétique aux Occidentaux », par Ivan Lizan, Traduction Louis-Benoît Greffe, Однако (Russie), Réseau Voltaire, 2 mars 2013.

[10] « En Ukraine, le fils de Joe Biden joint l’utile à l’agréable », Réseau Voltaire, 14 mai 2014.

 

 

IV- Révélations d’un ancien cadre d’Al-Qaïda sur l’EIIL

 

Révélations d'un ancien cadre d'Al-Qaïda sur le soutien des états-unis et de leurs alliés à l'EIIL (Sous-titres en Français)

 

 

 

V- Etes-vous prêt pour une guerre nucléaire?

 

 

Etes-vous prêt pour une guerre – y compris une éventuelle guerre nucléaire – entre les Etats-Unis, l’Europe et la Russie? Telle est la question que chacun devrait se poser au vu des événements survenus depuis la destruction du vol de la Malaysian Airlines.

La crise provoquée par les accusations portées par Washington et l’Union Européenne contre la Russie, lui attribuant la responsabilité d’avoir abattu le vol MH17, a rapproché le monde d’une guerre mondiale comme jamais auparavant depuis la crise des missiles cubains en 1962. Mais aujourd’hui, la situation est peut-être plus dangereuse encore. Il y a cinquante ans, le gouvernement Kennedy – redoutant que des erreurs de jugement de part ou d’autre puissent déclencher un échange de tirs nucléaires – avait cherché à maintenir ouvertes les voies de communication et à éviter de diaboliser les dirigeants soviétiques.

Aujourd’hui en revanche, la CIA dirige une campagne de propagande incendiaire contre la Russie et son président, Vladimir Poutine, une campagne qui semble déterminée à provoquer une confrontation militaire directe avec un pays qui dispose du deuxième plus grand arsenal nucléaire du monde. Il n’y a aucun doute que la CIA est en train de mobiliser toutes les ressources et tous les moyens dont elle dispose – au sein des gouvernements, des médias et parmi les universitaires – dans une campagne savamment orchestrée et destinée à empoisonner l’opinion publique avec de l’hystérie anti-russe.

Pour le moment, il n’y a rien qui constitue, même de loin, une explication définitive de la chaîne des événements ayant conduit à la destruction du vol MH17. En dépit de toute l’énorme technologie de surveillance à leur service et qu’elles financent à hauteur de milliards de dollars par an, les agences de renseignement américaines n’ont pas fourni le moindre élément concret de preuve pour étayer les accusations de responsabilité lancées contre la Russie.

Mais si les circonstances physiques entourant la destruction du vol MH17 demeurent inconnues, les objectifs politiques pour lesquels cette tragédie est exploitée eux, ne sont devenus que trop clairs.

Depuis le début de la semaine, les trois magazines d’information à grand tirage les plus influents des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et d’Allemagne –Time, The Economist et Der Spiegel – publient des articles figurant en couverture qui associent de folles accusations à l’adresse de Vladimir Poutine à l’exigence d’une épreuve de force définitive avec la Russie.

La caractéristique la plus frappante et la plus évidente de ces articles est qu’ils sont quasi identiques. La CIA en a écrit le scénario. Ils recourent tous aux mêmes insultes et aux mêmes inventions. Ils dénoncent le « tissu de mensonges » de Poutine. Le président russe est dépeint comme un assassin de masse « dépravé. »

Comment le président russe doit-il comprendre l’emploi d’un tel langage dans les magazines d’information les plus influents? Il est la cible de la même campagne de dénigrement que celle qui a déjà visé Slobodan Milosevic en Serbie, Saddam Hussein en Irak, Mouammar Kadhafi en Libye et Bachar al-Assad en Syrie. Poutine n’est pas sans connaître l’aboutissement de ces campagnes de propagande. La Serbie fut soumise politiquement par les bombes et Milosevic fut embarqué à La Haye où il mourut mystérieusement en prison. L’Irak fut envahi et Hussein exécuté. La Libye fut également envahie et Kadhafi – au grand amusement de Hillary Clinton – fut sauvagement torturé et lynché. Quant à Assad, les Etats-Unis ont organisé contre lui une insurrection sanglante qui a causé la mort de plus de 100.000 Syriens.

Dans ces conditions, on pourrait difficilement accuser Poutine de paranoïa s’il en concluait que les Etats-Unis et leurs alliés européens veulent sa mort. Par conséquent, faut-il se demander, quel impact pourrait avoir ces soupçons bien fondés sur sa propre ligne de conduite au fur et à mesure que la confrontation s’intensifie ?

Dans les trois articles de couverture, les gouvernements d’Europe de l’Ouestet des Etats-Unis sont pris à partie pour ne pas s’attaquer à Poutine et à la Russie. Les trois magazines adoptent un ton impatient et fâché face à ce qu’ils jugent être une agressivité insuffisante. Ils affirment tous que le temps de la discussion est terminé. Der Spiegel a déclaré « L’épave du vol MH17 est aussi l’épave de la diplomatie. »

Comment faut-il interpréter cette déclaration? Si la diplomatie a échoué, cela ne peut que signifier que la guerre est imminente.

Dans son article « En Russie, un crime sans châtiment, » Time s’en prend à Obama pour avoir demandé à Poutine de contribuer à l’enquête sur le crash au lieu de proférer immédiatement contre la Russie des menaces de guerre. Il écrit, « C’était la crise en résumé : la moindre des choses que Poutine pouvait faire était le maximum qu’Obama pouvait exiger. Le président américain n’a pas annoncé de dates butoires, n’a pas tracé de lignes rouges et pas lancé de menaces. »

L’invocation de « dates butoires », de « lignes rouges » et de « menaces » est le langage de la guerre. Comment interpréter ces mots autrement.?

Time attaque l’Italie et la France et même le gouvernement Obama et la population américaine pour ne pas soutenir une agression contre la Russie : « Poutine n’a pas beaucoup de soucis à se faire en considérant les forces qu’on lui oppose. Obama, en tant que chef d’une nation lasse de la guerre, a exclu toutes les options militaires, dont la fourniture d’armes à l’Ukraine. » Il est clair que Time veut mettre l’option militaire sur la table.

Dans son article de tête intitulé « Un tissu de mensonges », The Economistsuit le même script et accuse l’Occident d’être indécis. « Les Allemands et les Italiens affirment qu’ils veulent maintenir ouverte la voie de la diplomatie, en partie parce que des sanctions mineraient leurs intérets commerciaux. La Grande-Bretagne appelle à des sanctions mais est réticente quand il s’agit de nuire aux affaires rentables de la City de Londres avec la Russie. L’Amérique a un discours musclé mais n’a rien fait de nouveau. »

Cette campagne médiatique coordonnée est déjà en train de produire l’effet désiré. Mardi, l’administration Obama et l’Union européenne ont annoncé qu’ils s’étaient mis d’accord sur une nouvelle série de sanctions, plus agressives. On interprète ces mesures comme des mesures de transition vers ce que l’éditorialiste du Financial Times Wolfgang Munchau décrit comme « La bombe atomique de la guerre financière ». L’article de Munchau a été publié non seulement dans le Financial Times mais encore dans Der Spiegel.

A travers une combinaison de menaces militaires et de strangulation économique, les Etats-Unis et l’UE se sont mis à déstabiliser la Russie. Comme le montrent clairement leurs références constantes aux oligarques russes, ils espèrent que les sanctions financières vont encourager la constitution d’un complot visant à renverser ou même à assassiner Poutine. Un régime envisagé ainsi par Washington transformerait la Russie en un protectorat néo-colonial, entièrement subordonné à l’impérialisme américain sur le plan politique, économique et militaire.

Bien sûr, si Poutine changeait de cours et se conformait aux exigences américaines, la campagne médiatique ferait les ajustements nécessaires. Les événements peuvent cependant prendre une direction qu’aucun scénario de la CIA n’aura prévue.

L’irresponsabilité d’une politique de déstabilisation de la Russie, une puissance contrôlant le second en importance des arsenaux nucléaires du monde, est effarante. Dans une situation où les forces militaires de toute l’Europe de l’est et de la région de la Mer Noire sont en alerte et où des forces ukrainiennes et russes échangent des tirs d’artillerie de part et d’autre de leurs frontières, la possibilité d’une erreur de jugement devient de jour en jour plus grande.

Quel que soient les résultats à court terme du cours suivi par les Etats-Unis et les pouvoirs impérialistes européens, à long terme il mène inexorablement à la guerre, avec les conséquences cataclysmiques que cela implique. Le plus grand danger pour la classe ouvrière est que des décisions sont prises dans les coulisses, la masse des gens n’étant pas, pour la plus grande partie, consciente des dangers auquels la population mondiale est confrontée.

Il y aura cent ans cette semaine que la Première Guerre mondiale fut déclenchée par de petites cabales de ministres, de monarques et d’intérets économiques de toute l’Europe et dont la décision de tout miser sur une victoire dans la guerre a conduit à de nombreux millions de morts. Aujourd’hui, des forces similaires mettent en marche une dynamique menant à une conflagration qui pourrait aboutir à la destruction de la planète.

Il n’y a aucun moyen d’arrêter ce mouvement vers la guerre si ce n’est par une intervention politique consciente de la classe ouvrière. Quiconque croit qu’une guerre nucléaire est impossible parce que les gouvernements modernes, à l’opposé de ceux au pouvoir en 1914, ne prendraient pas le risque d’une catastrophe, se fait des illusions. Les régimes existant aujourd’hui sont peut-être encore plus irresponsables que ceux de l’époque. Assaillis par des problèmes économiques et sociaux pour lesquels ils n’ont pas de solution progressiste, ils sont de plus en plus enclins à voir la guerre comme un risque valant la peine d’être encouru.

 

 

VI- La face cachée d'Hiroshima et barbarie démocratique - Documentaire Complet 

Devoir de mémoire à l’occasion de l’anniversaire du premier massacre atomique de l’Histoire

"Le président des États-Unis qui a décidé du largage des deux bombes atomiques sur le Japon (le double bombardement était décidé à l’avance car il « fallait » tester deux engins de conception différente, voir le documentaire ci-dessous) était Harry S. Truman (1884-1972).

Harry Truman était haut responsable franc-maçon du 33e degré et… 33e président des États-Unis.
Ça ne s’invente pas !

« Je n’ai aucun regret, et dans les mêmes circonstances je le referais. »

Ce frère-la-truelle est également celui qui a engagé la course aux armements nucléaires (première bombe H en 1953). Il déclara à propos de ces saloperies :
« Cela semble être la chose la plus terrible jamais découverte, mais on peut en faire un très bon usage ! »

Autres hauts faits d’Harry :
– Partage du monde à Potsdam avec Staline (funestes conséquences !)
– Engagement des États-Unis dans le bourbier de la guerre de Corée
– Engagement sioniste et reconnaissance de l’État d’Israël dès 1948

Bref : un grand Humaniste, comme il sied à un franc-maçon !"

 

 

"De Prométhée à Lucifer

Les francs-maçons font un lien entre Lucifer (étymologiquement : « le porteur de lumière ») et Prométhée (qui apporte le feu, la connaissance aux hommes).
Par analogie, l’opposition entre Prométhée et Zeus est comprise comme l’opposition entre Lucifer et le Christ : c’est le « luciférisme antique » des loges.
La maîtrise du feu nucléaire apparaît donc sous cet angle comme un « luciférisme moderne ».
Certains journaux décidèrent de ne voir là qu’une « révolution scientifique ».
Sur un plan ésotérique, c’est exactement ça !

 

Il y eut quatre villes de choisies comme cibles potentielles : Hiroshima, Niigata, Nagasaki et Kokura.
Ces villes ont été choisies parce qu’elles avaient été relativement épargnées pendant la guerre, et le comité qui déterminait les cibles voulait que la première bombe soit suffisamment spectaculaire pour que la puissance de cette arme soit reconnue internationalement.
Rien n’a été laissé au hasard et tout a donc été calculé pour faire le plus de dégâts et assassiner le plus de gens possible.

Plus de 80 000 morts en 1 seconde : mission réussie.

En dehors de l’aspect purement stratégique, on notera, toujours sur un plan symbolique, un détail souvent méconnu : les trois premières villes abritaient des communautés catholiques, ce qui au Japon n’est pas vraiment banal ni répandu !
Hiroshima était un vicariat apostolique en 1923, Niigata l’était depuis 1912 et Nagasaki était un vicariat apostolique depuis 1876, devenu diocèse en 1891.

 

« Necessary Evil » : nom du bombardier B-29 qui atomisa Nagasaki. « Mal nécessaire », on ne saurait être plus clair !

À Nagasaki, Fat Man fut larguée à la verticale de la cathédrale d’Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon. Selon la version officielle, celle-ci aurait été « confondue avec un bâtiment portuaire » (note : il est interdit de contester les versions officielles américaines).
De très nombreux fidèles qui y sont rassemblés pour un service religieux en préparation de la fête de l’Assomption y perdent la vie. Une statue de Sainte Agnès retirée des ruines se trouve aujourd’hui au quartier général des Nations-Unies.

Pour conclure : d’émouvants témoignages des victimes d’Hiroshima lus par Vincent Reynouard

 

Barbarie démocratique : Hiroshima

A travers de nombreux témoignages de survivants d'Hiroshima jamais traduits en français, vous revivrez toute l'horreur de ces journées des 6, 7, 8 et 9 août 1945, lorsque la ville fut rasée par une bombe atomique. Terrifiant."

 

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