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le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


Avant le prochain krach apocalyptique en vue... rappel des plus beaux krach de l’histoire

Publié par medisma sur 27 Août 2014, 12:10pm

Les plus beaux krach de l’histoire

 

Les krach boursiers sont parmi les moments les plus singuliers de la vie économique. Après une période de forte hausse des cours boursiers, en quelques heures, en quelques jours les cours s’effondrent. Tout le monde se précipite pour vendre : c’est la panique. Des milliardss’évaporent. Folie ou au contraire extrême forme de rationalité ?

 

La tulipomanie.

Le premier Krach de l’histoire moderne ne porte pas sur des actions mais sur une fleur innocente : la tulipe. Cette fleur, inconnue jusque là en Europe a été introduite en Hollande dans les années 1550. Rare et admirée, elle devient très vite un symbole de luxe extrême et de

richesse. Les bourgeois fortunés l’exhibent à leur table lors de repas fastueux. Peu à peu une véritable manie se déclenche. Les bulbes se négocient à des prix inouïs. Le bulbe de Semper Augustus , une espèce particulièrement rare, côte 1000 florins en 1623, deux fois plus en

1625, et 5500 en 1637. L’équivalent du prix d’une maison à Amsterdam. Des oignons encore plus rares dépassent les 6500 florins alors que le revenu moyen annuel était de 150 florins.

Les gens vendent leurs bien pour se lancer dans la spéculation. Des activités de toute sorte sont stimulées par cette folie. Une prospérité débordante baigne la Hollande. En pleine folie spéculative un évènement déplorable se serait produit. Un marchand ayant investi tous ses biens dans l’achat de bulbes en orient voit enfin arriver son navire. Ravi il monte à bord et offre des harengs à l’équipage. Au moment de compter les bulbes ils se rend compte qu’il en manque un : un marin ignorant était en train de le manger en accompagnement de son hareng

comme un vulgaire oignon !

Toujours est il que un beau jour, vers la fin des années 1630, quelque chose se brisa et la folie spéculative montra son autre versant, celui qui descend : le précipice. En quelques mois les

prix s’effondrent, les marchands sont ruinés entraînant la Hollande toute entière dans une récession longue et violente.

 

Le Jeudi Noir.

Le jeudi 24 octobre 1929 restera dans les mémoires comme la catastrophe boursière par excellence, ayant ouvert la voie à la crise économique la plus douloureuse de tous les temps.

La violence de la chute s’explique par l’ampleur particulièrement déraisonnable du boom qui l’a précédée et par un contexte particulièrement malheureux où la stupidité des hommes a donné la pleine mesure de sa capacité de nuisance.

 

Un boom malsain.

Les années 20 (les années folles) furent marquées par une expansion trompeuse : derrière une vitrine de bien être (développement de l’automobile, du cinéma, du sport, de la radio) se cachait une réalité économique faite d’égoïsmes nationaux, d’inégalités sociales et

d’incapacité des responsables (protectionnisme à outrance, politiques monétaires visant à maintenir ou rétablir la parité or, politiques déflationnistes empêchant toute hausse du pouvoir d’achat).

A la bourse le boom était alimenté par les achats à crédit (les call loans) et le développement de sociétés d’investissement . Ces sociétés n’avaient à leur actif que des actions et proposaient leurs propres actions à la vente. Une sorte de système de poupées russes à l’envers, où la hausse alimentait la hausse ; d’autant plus que ces sociétés s’achetaient mutuellement leurs actions. Ces systèmes attiraient à la bourse des péculateurs du dimanche, enthousiastes et imprudents, auxquels les banques prêtaient sans retenue.

Le système de banques centrales étant fédéral on a eu une politique monétaire inepte (Friedman) : alors que Washington augmentait les taux, mettant l’industrie en difficulté, New York les maintenait bas, favorisant le crédit et la spéculation.

 

Ce n’est qu’un début…

Dès lors il a suffi que quelque escroc ( le fameux Hatry, inventeur du photomaton) fasse faillite, que les taux d’intérêts augmentent (tardivement), et que des signes inquiétants de baisse viennent d’Europe ou des marchés de matières premières…

La panique se produit dans la matinée du jeudi 24 octobre quand 13 millions de titres sont jetés sur le marché, à « des prix qui brisèrent les rêves et les espoirs de ceux qui les possédaient » (Galbraith). Dans l’après midi un consortium de banquiers dirigé par Morgan décide d’opérer des achats massifs pour stabiliser le marché. Chaque responsable y alla de son refrain rassurant : Mitchell ( dirigeant de la banque centrale de New York) parla de « difficultés purement techniques » ; le président Hoover affirma que « les affaires du pays sont assises sur une base solide et prospère ».

Après une légère accalmie le cataclysme reprend le mardi 29. « Ce qui paraissait un jour être la fin, se révélait le lendemain n’avoir été que le commencement » (Galbraith). Malgré les appels au calme de Ford, de Rockefeller, et même des pasteurs dans les églises la panique s’installa. Tout fut tenté. Les sociétés d’investissement en vinrent même à acheter leur propres actions sans valeur dans la tentative désespérée d’en enrayer la chute : « ce fut peut être la première fois que des hommes réussirent, sur une large échelle, à s’escroquer eux-mêmes » dira Galbraith.

Le Dow Jones qui était à 115 en 1929 tombe à 26 en 1932.

Que des spéculateurs imprudents aient été réduits à la faillite n’est pas le plus grave, même si certains en sont venus à se suicider. Le plus grave est que le krach va déclancher une crise d’une violence inouïe avec un système bancaire ravagé, une production chutant de moitié, des millions de paysans ruinés, des dizaines de millions d’hommes réduits au chômage. Avec comme horizon inévitable, l’immense boucherie de la deuxième guerre mondiale.

 

Le lundi noir de 1987.

La deuxième moitié des années quatre-vingt furent celles du « Big Bang » à la bourse. Dopés par le retour au pouvoir d’un libéralisme pur et dur, la déréglementation,, les privatisations et le retour de la croissance, les marchés financiers ont connu une véritable explosion.

 

L’ère de J.R.

Après les égarements fleuris des années 70 la mode est à l’exaltation de l’argent et de la réussite. A la télévision l’ignoble J.R. devient, à la surprise de ses propres créateurs, obligés de suivre les demandes du public, le héros de « Dallas » (ton univers impitoyable glorifie la loi du plus fort). Les « golden boys » les « yuppies (de Y.U.P. young urban professional) dont la devise est « think DINK » (Double Income, No Kids), bardés de diplômes et manipulant des outils sophistiqués, prennent en main les marchés financiers, mettant sur la touche les vieux opérateurs, dépassés par les évènements. Mikaël Milken et ses Junk Bonds, Jimmy Goldsmith et ses OPA, sont les héros de cette époque marquée en France par l’ascension irrésistible de Bernard Tapie.

De 1983 à 1987 le Dow Jones passe de 1000 à 2700, le Cac 40 de 1000 à 3700.

 

La panique… assistée par ordinateur.

Le lundi 19 octobre 1987 , à New York, le Dow Jones perd, en une seule séance, 22.6%.C’est la plus forte baisse de l’histoire en un jour, même le jeudi noir de 29 est battu. Les autres places boursières suivent dans l’ordre du lever de soleil : Tokyo, Hong Kong, Paris, Londres.

Le déclenchement de cette nouvelle panique est du à la véritable guerre monétaire que se livrent Washington et Bonn, à coups de hausse des taux d’intérêts. L’augmentation des taux crève la bulle spéculative. La panique qui s’en suit est d’une espèce nouvelle : c’est une panique qui ne touche pas seulement les hommes, mais également les ordinateurs.

Programmées par les golden boys pour débiter automatiquement des ordres d’achat et de vente à la moindre variation des cours, les machines réagissent bêtement. Les cours s’effondrent ; elles vendent massivement. Les cours baissent encore : elles vendent encore.

En très peu de temps 500 milliards de dollars se volatilisent. Mais la leçon de 1929 a été retenue et, cette fois-ci l’économie est réellement saine. Très vite les vieux opérateurs reprennent les choses en main. Les golden boys sont écartés d’abord, licenciés ensuite (20 000 à Wall Street ). Leurs machines infernales débranchées. Les Zinzins achètent massivement, les taux sont baissés. Les états mettent tout leur poids dans la garantie

des marchés et des intermédiaires. La tempête passe très vite et la bourse reprend son ascension.

 

La crise asiatique et le e-krach.

Les deux dernières crises financières se sont produites coup sur coup entre 1997 et 2000.

La crise asiatique n’est pas un krach boursier à proprement parler mais a eu des conséquences financières importantes.

La reprise économique des années 80-90 a fait la part belle aux économies du sud est asiatique, entraînées par le Japon et la délocalisation. Prise dans l’euphorie les entreprises de cette zone se sont lourdement auprès des banques qui, en oubliant toute prudence ont financé des investissements lourdement surdimensionnés.

Le déclic va être une crise immobilière en Thaïlande qui met plusieurs banques en cessation de paiements. En Juillet 1997 une spéculation à outrance contre le bath thaïlandais entraîne la sa chute vertigineuse et celle des monnaies indonésienne, malaise, et philippine (jusqu’à 75%

de baisse). La crise se répercute à l’automne sur les puissances industrielles de la zone (Corée, Taiwan, Singapour, Hong Kong) dont les entreprises et les banques étaient lourdement endettées.

Pendant que l’orient coule, en occident on se la coule douce : chez nous les marchés financiers qui avaient été secoués par plusieurs crises successives ont trouvé un autre filon :

les NTIC, les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Des entreprises minuscules mais à fort potentiel (les start up) font des étincelles sur le NASDAQ (National Association of Securities Dealers Automated Quotations, créé en 1971), le marché qui leur est

consacré à New York. Chacun voit dans le moindre portail internet une opportunité à saisir.

L’exemple de Microsoft qui a crée des millionnaires à la pelle (en 1993 deux mille deux cents employés de Microsoft étaient millionnaires) est dans tous les esprits et tout le monde à défaut d’imiter Bill Gates pour le moins « se remplir les poumons de l’air qu’il avait respiré ».

Bien entendu toute prudence est oubliée et la bulle devient colossale. Au tournant du millénaire tout le monde retient son souffle parce qu’on craint un « bug » pour le 31 décembre à minuit. Il ne se passera rien. C’est en avril que la bulle éclate sur le NASDQ entraînant toutes les places boursières de la planète. Le CAC 40 qui avait franchi le cap des 6000 points se retrouve à 2300. Même les entreprises les plus solides ont vu le cours de leur action fondre de 50 ou 75%. Quand aux start up, la plupart ont connu le sort des bulles de savon.

 

 

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