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‘Le Suicide français’ ou l’excellent livre d’Eric Zemmour

Publié par medisma sur 9 Octobre 2014, 19:03pm

‘Le Suicide français’ ou l’excellent livre d’Eric Zemmour

 

 

L'essai d'Eric Zemmour, ‘Le Suicide français’,  analyse des quarante dernières années qui ont détruit la France, est passé en tête des ventes de livres.

Les Français ont perdu confiance. Ils ont le sentiment que le pays fait fausse route. Mais ils hésitent encore sur les raisons qui ont pu les conduire dans cette impasse. A quel moment se sont-ils égarés ? Ont-ils été trompés ? 
Pour les éclairer, Eric Zemmour se livre à une analyse sans tabou de ces quarante dernières années qui, depuis la mort du général de Gaulle, ont « défait la France ». En historien et en journaliste qui a connu bien des protagonistes de cette triste épopée, il mobilise aussi bien la politique que l économie ou la littérature, le cinéma et même la chanson. Revenant sur des faits oubliés ou négligés, mais décisifs, comme la loi de 1973 nous obligeant à nous endetter auprès des marchés financiers, il nous réserve quelques surprises.
L auteur relit chronologiquement le passé pour démasquer une succession d aveuglements technocratiques, de « politique spectacle » délétère, de faux débats et de mensonges, notamment sur la famille, l immigration, l Europe ou la mondialisation... Il souligne notamment la responsabilité des élites dans ce fiasco.
Quarante ans d indifférence au sort des vrais « invisibles » de la République (ouvriers, paysans, employés et cadres « rurbains » chassés en grande banlieue) ont, avec la crise économique, engendré un peuple blessé et perdu, livré aux nouveaux despotes de Bruxelles. Il est temps de faire les comptes ! C est le premier pas nécessaire pour espérer pouvoir un jour guérir de nos maux.

Si la France va très mal, le livre d'Eric Zemmour se porte, lui, comme un charme. Selon Datalib, qui recense les volumes écoulés dans 242 librairies, l'essai du journaliste ''Le suicide français'' arrive désormais en tête du classement des ventes de livre.

Polémiques en pagaille

Nul doute que les derniers clashes médiatiques d'Eric Zemmour – avec Léa Salamé dans ''On n'est pas couché, avec Anne-Elisabeth Lemoine dans ''C à vous'' – ont assuré une publicité bénéfique à l'ouvrage. Voir vidéo ci-dessous.

Eric Zemmour "Le suicide français" - On n'est pas couché 4 octobre 2014

 

 

Ci-après un extrait  

de ce livre à success : L'introduction

 

 

« La France est l’homme malade de l’Europe. Les économistes évaluent sa perte de compétitivité. Les essayistes dissertent sur son déclin. Les diplomates et les soldats se plaignent en silence de son déclassement stratégique. Les psychologues s’alarment de son pessimisme. Les sondeurs mesurent son désespoir. Les belles âmes dénoncent son repli sur soi. Les jeunes diplômés s’exilent. Les étrangers les plus francophiles s’inquiètent de la dégradation de son école, de sa culture, de sa langue, de ses paysages, de sa cuisine même. La France fait peur ; la France se fait peur. La France est de moins en moins aimable ; la France ne s’aime plus. La douce France vire à la France amère ; malheureux comme Dieu en France ?Les Français ne reconnaissent plus la France. La Liberté est devenue l’anomie, l’Égalité, l’égalitarisme, la Fraternité, la guerre de tous contre tous. « Tout a toujours mal marché », disait, fataliste, l’historien Jacques Bainville. « C’était mieux avant », lui rétorque, nostalgique, l’écho populaire. Pourtant, rien n’a changé. Le pays est en paix depuis soixante-dix ans ; la Ve République fonctionne depuis cinquante ans ; les médias informent, les politiques s’affrontent, les acteurs et les chanteurs distraient, les grandes tables régalent, le petit noir est servi chaud au zinc des bistrots ; les jambes des Parisiennes font tourner les têtes. La France ressemble à ces immeubles anciens, à la façade intacte, car elle est classée monument historique, mais où les intérieurs ont été mis sens dessus dessous pour se conformer aux goûts modernes et au souci des promoteurs de rentabiliser le moindre espace. De loin, rien n’a changé, la rue a fière allure ; mais de près, tout est dévasté : rien n’est plus « dans son jus », comme disent les spécialistes. Tout est intact ; seule l’âme du lieu s’est envolée. Le président de la République préside, mais il n’est plus un roi ; les politiques parlent, mais ils ne sont plus entendus. Les médias ne sont plus écoutés. Les intellectuels, les artistes, les grands patrons, les éditorialistes, les économistes, les magistrats, les hauts fonctionnaires, les élus sont suspectés. Les mots eux-mêmes sont faisandés : on « fait Église », quand on n’y va plus ; on « fait famille », quand on divorce ; on « fait France », quand on ne se sent plus français. On exalte le « vivre ensemble », quand les communautés se séparent. On « déclare la guerre à la finance », pour s’y soumettre ; on « moralise le capitalisme », pour sauver les banques ; on « dégraisse le mammouth », en l’engraissant ; on impose la parité homme-femme en politique, quand elle devient subalterne dans le mariage. La République « une et indivisible » est plurielle et divisée comme jamais.

C’est la République-Potemkine. Tout est en carton-pâte. Tout est factice. Tout est retourné, renversé, subverti. L’Histoire est toujours notre code, mais c’est une Histoire altérée, falsifiée, dénaturée. Ignorée pour mieux être retournée. Retournée pour être mieux ignorée. Nous ne savons plus où nous allons, car nous ne savons plus d’où nous venons. On nous a appris à aimer ce que nous détestions et à détester ce que nous aimions. Comment en sommes-nous arrivés là ?Notre passion immodérée pour la Révolution nous a aveuglés et pervertis. On nous a inculqué que la France était née en 1789, alors qu’elle avait déjà plus de mille ans derrière elle. On ne cesse de nous répéter depuis quarante ans que Mai 68 fut une révolution manquée, alors qu’elle a vaincu. Il y a quarante ans, de Gaulle était le père de la nation, et Daniel Cohn-Bendit, un joyeux rebelle. Aujourd’hui, de Gaulle est l’homme qui dit non, et Cohn-Bendit, l’icône de la nation. Dans l’imaginaire collectif de notre époque, il y a un avant et un après 1968, comme il y eut un avant et un après 1789 pour Michelet, et un avant et un après Jésus-Christ pour l’Église. Avant : une France en noir et blanc, patriarcale et xénophobe, repliée sur elle-même, enfermée dans ses frontières et ses préjugés, corsetée dans une morale rigoriste, confite en dévotion ; une France laborieuse et soumise, les corps étriqués, engoncés dans des vêtements austères et stricts, sous la férule toujours injuste et souvent cruelle du Père sur les Enfants, de l’Homme sur la Femme, du Blanc sur le Noir, et l’enrégimentement obscurantiste dans les Églises, catholique ou communiste. Après : une France en couleurs, de toutes les couleurs, et « que cent fleurs s’épanouissent », ouverte sur l’Europe et le Monde, libérée de ses chaînes ancestrales et de ses haines recuites ; une France hédoniste et égalitaire, une France de toutes les libérations, de toutes les insolences, de toutes les minorités, jusqu’à la plus petite minorité qui soit, l’individu, nouveau Roi-Soleil magnifié par tous les coryphées. De nombreux ouvrages savants nuancèrent, interrogèrent, contestèrent cette vision manichéenne ; mais aucune subtilité mandarinale, aucune grille de lecture idéologique, marxiste ou libérale, aucun récit des origines, qu’il soit gaullien, communiste, encore moins chrétien, ne parvinrent à remettre en cause la suprématie des nouveaux Évangiles qui, véhiculés par la culture populaire à travers les médias de masse, télévision, cinéma, chanson, bercèrent les jeunes générations avec une efficacité incomparable. Si l’Histoire est le récit laissé par les vainqueurs, on sait qui a gagné en Mai 68. Les contemporains se laissèrent abuser. Parce que la révolution n’avait pas réussi à conquérir le pouvoir, on en conclut qu’elle avait échoué. Les apparences furent trompeuses. L’hélicoptère du général de Gaulle ne fut pas arrêté à Varennes : il réussit à rejoindre Massu, quand Louis XVI ne parvint jamais à trouver l’armée des émigrés. Les enragés de Mai 68 affichaient fièrement la caricature du célèbre képi en effigie : « La chienlit, c’est lui » ; mais ils ne réussirent pas à renverser la Ve République. À Matignon, Georges Pompidou expulsa Cohn-Bendit et négocia avec le secrétaire général de la CGT, Georges Séguy. Il voulait éteindre l’incendie de la « grève générale », pendant qu’il philosophait sur « la crise de civilisation ». Avec le soutien du peuple (la fameuse manifestation du 30 mai sur les Champs-Élysées), le pouvoir gaulliste rétablit la situation. L’État fut sauvé, mais pas la Société. Personne ne s’en aperçut. De ce déchirement fondateur entre l’État, le Peuple et la Société, sont nés la schizophrénie, l’aveuglement, le désarroi propres à notre pays. Mai 68 n’a pas réussi à renverser le régime, mais a conquis la Société au détriment du Peuple. On connaît la célèbre phrase de Prévost-Paradol : « La Révolution a fondé une société, elle cherche encore son gouvernement. » Les soixante-huitards ont été plus habiles que les quarante-huitards ou même les conventionnels. Leur défaite politique les sauva malgré eux. La Ve République fut maintenue. Mais l’édifice était lézardé. Pourri de l’intérieur. Rendu peu à peu inopérant. Retourné. Comme Auguste transmua la République romaine en Empire sans toucher aux institutions de la sacro-sainte République, une « évolution des mentalités » menée tambour battant vida peu à peu de sa substance l’esprit de la République gaullienne, bien que fussent conservées intactes les apparences institutionnelles. La couronne du président lui fut ôtée, sans le renverser. Le suffrage universel, débranché pour se débarrasser du peuple. La République, exaltée sans cesse pour mieux abattre la France. 1789, sacralisé pour mieux imposer la revanche d’une contre-révolution libérale que n’aurait pas reniée Burke. Car la France sortie de 1789 avait consacré la victoire du peuple contre les aristocrates, de la Nation contre les rois, de la Loi contre les juges (les parlements), de l’État contre les féodaux, des jacobins contre les girondins, de la raison contre la superstition, des hommes retrempés dans une virile vertu spartiate contre la domination émolliente des femmes dans les salons et à la cour.La France sortie de Mai 68 sonnerait la revanche des oligarques sur le peuple, de l’internationalisme sur les nations, des nouveaux féodaux sur l’État, des girondins sur les jacobins, des juges sur la loi, de la féminité sur la virilité. Sur le moment, les meilleurs esprits s’aveuglèrent. Mai 68 fut une révolution inédite et surprenante : pour la première fois dans l’Histoire, les habituels perdants l’emportaient. Les anarchistes prirent leur revanche sur les staliniens, les libertaires sur les autoritaires, Proudhon sur Marx, les communards sur les versaillais, les mencheviks sur les bolcheviks, les anarchistes espagnols sur les communistes. Cohn-Bendit repoussa au fond des cortèges de manifestants Georges Marchais et ces « chiens de communistes ». L’« anarchiste allemand » ridiculisa l’ancien STO de Messerschmitt. Dans les mémoires, le monôme étudiant supplanta la grève générale. Les gardiens de la révolution avaient raison de se méfier. Les nouvelles revendications féministes et libertaires détruisirent de l’intérieur leurs rugueuses organisations sous le regard amusé des innombrables « indics » du ministre de l’Intérieur de l’époque, Raymond Marcellin. Les femmes des austères révolutionnaires se révoltèrent contre les ultimes représentants du patriarcat occidental qu’incarnaient ces révolutionnaires communistes : « Qu’est-ce qui est le plus long ? Cuire le steak d’un révolutionnaire ou celui d’un bourgeois ? » Dans son remarquable ouvrage, Mai 68 ou l’héritage impossible, Jean-Pierre Le Goff 1 expliquera que l’échec du militantisme gauchiste entre 1970 et 1973 « procède beaucoup moins des divergences politiques “objectives” qui opposent les discours des différents groupuscules […] que d’un phénomène dont la portée fut largement sous-estimée : le développement du courant de libération du désir et l’irruption du féminisme ».Sur le plan idéologique, la domination inédite des libertaires préparait le terrain aux libéraux. Les mouvements féministes annonçaient la fin du patriarcat ; le « il est interdit d’interdire », la mort du père et de toute autorité. L’influence communiste dans l’Éducation nationale avait converti les chères têtes blondes grandies dans les années 1960 à un internationalisme qui niait les nations. Le triptyque soixante-huitard : Dérision, Déconstruction, Destruction, sapa les fondements de toutes les structures traditionnelles : famille, nation, travail, État, école. L’univers mental de nos contemporains devint un champ de ruines. Le succès intellectuel des sciences humaines détruisit toutes les certitudes. Comme l’avait deviné dès 1962 Claude Lévi-Strauss : « Le but dernier des sciences humaines n’est pas de constituer l’homme, mais de le dissoudre. » L’heure venue, le Marché s’emparera sans mal de ces hommes déracinés et déculturés pour en faire de simples consommateurs. Les hommes d’affaires sauront utiliser l’internationalisme de leurs adversaires les plus farouches, pour imposer la domination sans partage d’un capitalisme sans frontière. Jean-François Revel, bien que porté par un antimarxisme militant qui l’aveuglait souvent, fut un des rares intellectuels français à deviner ce qui se passait. Peut-être une affaire de génération : il était né vingt ans après les Sartre et Aron. Il n’avait pas leur vision traditionnelle de la révolution. Dans son livre qui le rendit célèbre dans le monde entier, Ni Marx ni Jésus 2, Revel eut la formidable intuition que la révolution ne viendrait pas de Moscou, de La Havane, de Pékin, ou même de Paris, mais qu’elle était partie de San Francisco. La révolution serait libérale ou ne serait pas. La révolution serait encore une fois américaine, même si, comme au XVIIIe siècle, la révolution française parvint à aimanter tous les regards. Revel vit dans Woodstock la révolution des individus ; et dans les mouvements noirs, féministes et gays, la révolution des minorités. Il comprit que la conjonction des deux forgeait, dans les universités américaines des années 1960, ce politically correct qui balaierait la société traditionnelle et patriarcale. Ni Marx : en France, les révolutionnaires de Mai 68 utilisaient la langue marxiste, pour accoucher d’une révolution capitaliste. Ni Jésus : la quasi-extinction de la pratique du culte catholique accoucha d’un post christianisme, une sorte de millénarisme chrétien sans le dogme (« les fameuses idées chrétiennes devenues folles » de Chesterton) mariant un universalisme qui vira au « sans-frontiérisme » et un amour de l’autre poussé jusqu’à la haine de soi. Un pacifisme absolu, tiré encore des Évangiles, se dénatura en un refus absolu de toute guerre, de tout conflit, de toute violence, associés à la virilité, par ailleurs dénoncée par les féministes comme coupable de tous les maux.Ces vagues de féminisation et d’universalisme postchrétien brisèrent les digues d’une France encore patriarcale, reposant sur l’imperium du père, à la maison comme à la tête de l’État. La victoire de la révolution passait par la mort du père. De tous les pères. C’était la condition indispensable d’une révolution réussie. Déjà, en 1793, la condamnation à mort de Louis XVI, comme l’avait noté Balzac, avait guillotiné tous les pères. Mais Bonaparte, avec le Code civil, avait remis le père sur son trône. De Gaulle avait même réussi, au bout de cent cinquante ans de tâtonnements institutionnels, à le remettre à la tête de l’État. C’est ce travail séculaire de restauration qui a été saccagé. Notre époque a été tout entière dessinée par Mai 68. Non les événements eux-mêmes, copie plutôt médiocre et souvent parodique des grandes heures révolutionnaires des XVIIIe et XIXe siècles ; mais le récit épique qui en a été forgé, les leçons qui en ont été tirées, les élites qui s’y sont révélées, les slogans qui y ont été scandés (« Il est interdit d’interdire », « CRS-SS », « Nous sommes tous des Juifs allemands », etc.), l’univers mental, culturel, idéologique qui en est sorti, ont façonné le nouveau visage de notre pays. Comme les révolutionnaires parisiens de 1789 imposèrent leurs foucades idéologiques successives à une province fascinée et passive, les Enragés de 68 ont enseigné leur vision du monde et de « ce pays », comme ils disent, à un peuple rétif mais résigné. Nous sommes tous les enfants de Mai 68, ou plutôt des quarante ans qui ont suivi. Les « événements » auront été nos « trompettes de Jéricho » : pendant quelques jours, les rebelles tournèrent autour des remparts qui, depuis lors, n’ont jamais cessé de s’effondrer. Et nous chérissons nos ruines davantage que les plus beaux édifices. Maurras exalta jadis les quarante rois qui ont fait la France ; il nous faut désormais conter les quarante années qui ont défait la France. Il est temps de déconstruire les déco nstructeurs. Année après année, événement après événement, président de la République après président de la République, loi après loi, élection après élection, intellectuel après intellectuel, unes des médias après unes des médias, réforme scolaire après réforme scolaire, traité après traité, patron après patron, livre après livre, chanson après chanson, film après film, match de football après match de football. L’histoire totale d’une déconstruction joyeuse, savante et obstinée des moindres rouages qui avaient édifié la France ; histoire d’une dépossession absolue, d’une désintégration inouïe ; d’une dissolution dans les « eaux glacées » de l’individualisme et de la haine de soi. »

 

‘Le Suicide français’ ou l’excellent livre d’Eric Zemmour
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V
« Zemmour », grigri, patte de lapin...<br /> <br /> (réponse à un manuel de précision, en voie de décomposition)<br /> <br /> apostille dédié au vierge enfant de Marivaux et de Céline, amoureux de sa langue<br /> <br /> beurre ranci, toast rassis,<br /> assistant à son propre suicide<br /> en spectateur averti hi hi hi<br /> ne cessant sur lie de mettre grain<br /> infiniment cuit cuit archicuit<br /> et mu par le souci des pensées volatiles<br /> que l'espace laissé libre préoccupe<br /> <br /> NB : tout ce qui précède est écrit<br /> uniquement par amour de la langue<br /> Honey qui mal pense<br /> <br /> PS : savoir raccourcir une plaisanterie<br /> longue de 546 pages
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