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VISITE DE MANUEL VALLS EN ALLEMAGNE : LA FRANCE SOUFFRE D'UN BLOCAGE DE REFORMES !

Publié par medisma sur 8 Octobre 2014, 21:20pm

MANUEL VALLS EN VISITE EN ALLEMAGNE : C’EST LE TON QUI FAIT LA MUSIQUE MILITAIRE

 

l’arrogance allemande en Europe

 

Quand le Premier ministre français Manuel Valls est venu en Allemagne les 22 et 23 septembre 2014, des politiciens allemands issus des rangs de la coalition se sont emportés : la France souffrirait d’un blocage de réformes, ne voudrait pas faire d’économies et devrait vraiment faire quelque chose maintenant. C’est exactement ce ton que l’Europe reproche à l’Allemagne.

 

Manuel Valls avec Angela Merkel lors de sa visite en Allemagne les 22 et 23 septembre 2014

 

Quelques politicards de l’Union ont encadré la visite d’État avec l’exigence que la France devait assainir ses finances publiques. Elle doit économiser. « Des réformes indispensables urgentes », pouvait-on entendre plusieurs fois. De préférence de la même manière que l’Allemagne avait réalisé ses réformes, à savoir de façon néolibérale. Mais il ne l’ont évidemment pas formulé ainsi. Le voisin deviendrait ainsi de toute façon plus rapidement compétitif. Elle devrait prendre comme exemple les Pays baltes, eux au moins avaient effectué leur devoir, il y a déjà plusieurs années. Ce qui de nouveau n’a pas été précisé : eux aussi ont dû l’effectuer selon des consignes (venant de l’Allemagne). Les privatisations et Cie ont suivi. Maintenant, en tout cas, selon les critiques, était venu le temps d’agir, car le sursis que nous avons accordé à la France n’aurait que trop duré.

Tandis que quelques messieurs extrêmement intelligents de l’Union exigeaient une thérapie plus au moins radicale, des Sociaux démocrates exhortaient par-dessus le marché d’accorder plus de temps aux Français. La hâte n’était désormais plus de mise. On ne pouvait pas passer les réformes de façon précipitée (par dessus de la jambe). On devait par ailleurs montrer à la France, que « nous apprécions les efforts ». La chancelière prononça même cette dernière phrase.

Les deux côtés sont tellement occupés avec la France, qu’ils ne remarquent même plus, dans leur agissements à leur guise, le ton de seigneurs bienveillants avec lequel ils s’expriment, d’un air jovial et condescendant. Ils se disputent sur rien de moins que les intérêts d’un État souverain. Ils lui donnent des prescriptions, des conseils et des injonctions, comme s’il s’agissait d’un protectorat, dont ils ont la responsabilité éthique et morale. La retenue n’est même plus considérée comme une option. Et c’est ainsi que même les appels à modérations des Sociaux démocrates sonnent comme venant d’un vieux « cher garçon français, soit gentil et laisse-toi tapoter un peu ta tête, tu feras plus tard ce que je t’ai dit, n’est-ce pas ? ».

On dirait que l’Allemagne et son entreprise politique s’imaginent avoir développé une quelconque expertise dans les réformes néolibérales. Car nous avons quand même inventé Hartz IV, avons dégraissé le système de santé publique, avons préparé un secteur de salaires a minima. « L’Allemagne fut également à une époque un homme malade, mes chers Français et vous tous mes chers Européens. Mais nous l’avons réalisé. Aujourd’hui nous avons la relance, pratiquement tout le monde a un travail, les Allemands sont heureux comme jamais ».

Le monde entier doit suivre la même méthode de thérapie de choc que Schröder avait imposé aux  Allemands. Hartz IV doit faire le tour de la terre [1] . Stipuler une politique stricte d’austérité, défendre une discipline dans le budget de l’État. « Mais enfin, prenez-nous en exemples ! »

Évidemment, personne ne s’exprime ainsi. On le lit entre les lignes. C’est l’intonation impopulaire que l’Allemagne appose aujourd’hui pas seulement envers les Français. Cela sonnait encore beaucoup plus inamical en Grèce. Les Espagnols et les Portugais connaissent parfaitement l’expertise du pays des thérapies de choc. « On parle de nouveau l’allemand en Europe », avait déclaré fièrement, il y a quelques années, le chef de fraction de la CDU, Volker Kauder. 
Ce fait n’est en soi pas aussi grave. Beaucoup plus grave est tout ce qui est conseillé dans la langue allemande.

On se mêle dans les affaires nationales d’autres pays, on conseille des mesures qui remplacent les structures sociétales locaux et on agit de telle façon, comme si le budget grec ou espagnol dépendait du gouvernement allemand.

Il est normal, quelque part, que l’on arrive de temps en temps à discuter d’autres économies nationales. Mais cette intonation hautaine, qui ne laisse pas de place ou doute à l’expertise venant des pays allemands et qui sonne toujours un peu condescendant, devient de plus en plus insupportable.

C’est le ton qui fait la musique militaire. Les discussions autour des visiteurs d’État français montrent en fait seulement que dans ce pays, on ne s’aperçoit plus avec quelle arrogance nous agissons en Europe et dans le monde. Ce pays a perdu toute sensibilité multilatérale.

Roberto De Lapuente (Der Heppenheimer Hiob)
Traduit par Jefke, revu par Patrick

 

Note

[1] Hartz geht um die Welt (ad-sinistram.blogspot.de, allemand, 29-06-2010)

Source : Der Ton macht die Marschmusik (neues-deutschland.de, allemand, 25-09-2014)

Roberto J. De Lapuente anime depuis 2008 le blog ad-sinistram.

 

 

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