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Le «Je suis Syriza» plaît aux Français

Publié par medisma sur 29 Janvier 2015, 12:53pm

Le «Je suis Syriza» plaît aux Français

En France, cette alternative – à tort ou à raison – s’appelle le FN.

En France, au lendemain de la large victoire du parti d’extrême gauche Syriza en Grèce, une grande partie de la classe politique a applaudi des deux mains. S’il était attendu que Jean-Luc Mélenchon se réjouisse, on a été à demi-surpris que Marine Le Pen et son nouveau FN «tout à l’Etat» le fassent. En revanche que tout le spectre de la classe politique française, d’un extrême à l’autre en passant par le centre, salue la victoire du peuple grec sur les technocrates de Bruxelles, selon la lecture généralement proposée, révèle le manque de colonne vertébrale des programmes politiques en cours.

Sans doute un effet secondaire du «Je suis Charlie» qui a montré les vertus du rassemblement citoyen et républicain. Il est incontestable qu’être «Charlie» c’est prôner la liberté d’expression comme une valeur inaliénable. Mais entre l’évidence démocratique et le populisme, la ligne de démarcation est souvent ténue. Aussi dès dimanche soir et les résultats du parti d’Alexis Tsipras connus, beaucoup de politiciens français des partis gouvernementaux (PS et UMP) ont exalté la raison et la fierté retrouvée du peuple grec.

Sans revenir sur les causes, en Grèce, de cette victoire de la gauche radicale, il est inquiétant de constater que le populisme le plus bas a touché aussi des élus socialistes et de l’UMP en France. Le premier secrétaire du PS a salué le succès d’une certaine idée de la gauche alors que le PS grec, le Pasok, est en lambeaux à 5%. Des barons de l’UMP comme Christian Estrosi et Henri Guaino félicitent le sursaut anti-austérité contre une politique européenne dont la France, au moins autant que l’Allemagne honnie, porte la responsabilité.

De fait, tous ces contestataires de la dernière heure légitiment le discours antisystème dont ils pensent pouvoir bénéficier. A raison, ils font le pari que ni Jean-Luc Mélenchon ni davantage les autres émanations de la vieille gauche ne connaîtront l’élan constaté du côté d’Athènes. Mais eux non plus ne rebondiront pas. Car c’est avant tout l’idée d’une alternative aux partis en place depuis des décennies qui a motivé le vote grec.

En France, cette alternative – à tort ou à raison – s’appelle le FN. Le style en rupture, la jeunesse ou du moins la nouveauté sur la scène politique de son leader, le discours direct et sans tabou d’un Alexis Tsipras s’incarne dans l’Hexagone en Marine le Pen. Le fond du programme politique passe au second plan du moment qu’on prétend au changement. Le vieux personnel politique français, qui radote ses solutions ou son mécontentement depuis vingt ans pour les plus jeunes, n’est plus habilité à interpréter le scénario du changement. «Je suis Syriza» ou pas. 

Source : http://www.tdg.ch/

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