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De l’épargne à l’industrie, la déliquescence des Etats-Unis

Publié par medisma sur 27 Mars 2015, 21:35pm

De l’épargne à l’industrie, la déliquescence des Etats-Unis

▪ Aujourd’hui, nous continuons… bouche bée… écrasé par cette immensité minable… une larme se formant au coin de notre oeil. Nous observons de quelle manière la monnaie, l’économie et le gouvernement américains ont changé au cours des 45 dernières années, affectant le reste du monde. Et ce n’est pas beau à voir...

L’économie américaine de 1971 était encore une économie comptant trois avantages clé :

Elle était saine : l’industrie fabriquait des choses et les vendait avec profit.

Elle était équitable : le progrès financier était distribué de manière relativement égale.

Elle était solvable : les Etats-Unis étaient un pays créditeur, non débiteur.

Aujourd’hui, les Américains disent encore qu’ils croient au libre-échange, à la démocratie et la rectitude financière. Mais ce ne sont que platitudes et hypocrisie.

L’industrie US a été en majeure partie "expédiée" vers la Chine et autres producteurs low cost. Mais ça n’est pas juste "arrivé" : ce phénomène a été financé par l’argent facile de la Fed. Les consommateurs américains ont emprunté afin de dépenser plus qu’ils ne pouvaient se le permettre. WalMart répondait à leurs désirs — sinon à leurs besoins — avec "des prix bas tous les jours" grâce aux Chinois laborieux.

Et malheur à l’Américain qui essayait de faire concurrence

Les dollars s’envolaient ainsi pour la Chine, laquelle utilisait cet argent pour créer encore plus d’usines. Et malheur à l’Américain qui essayait de faire concurrence. Il était dépassé. Non seulement il devait verser des salaires 10 fois plus élevés que les Chinois, mais il devait aussi s’incliner devant les réglementations — fiscales, environnementales, salariales et brutalités diverses — qui le laissaient entravé, des chaînes aux pieds.

▪ Il ne reste plus grand’chose de l’économie industrielle américaine…


70% du PIB US relèvent désormais de la consommation ; l’activité manufacturière, quant à elle, est passée de 24% en 1971 à 12% de nos jours.

Le libre-échange est justement l’une des premières victimes de la période post-1971

On accuse la désindustrialisation d’avoir fait baisser les salaires des Américains de la classe moyenne et au-dessous. On accuse aussi l’Amérique Latine. Et les robots. "Il n’y a aucune injustice là-dedans", disent les gens qui ont réellement causé cette baisse. "C’est de la faute du le libre-échange". Sauf que le libre-échange est justement l’une des premières victimes de la période post-1971. Dans un marché de libre-échange normal, les gens gagnent de l’argent en travaillant ou en épargnant et en investissant cet argent. La nouvelle monnaie n’avait besoin ni de travail ni d’épargne. Il suffisait de connaître les bonnes personnes. La banque centrale créait "de l’argent" à partir de rien et le prêtait aux membres de son cartel bancaire ainsi qu’à leurs secteurs préférés. L’argent se transformait alors aussi miraculeusement que de l’eau en vin.

Pour les privilégiés, c’était de l’argent gratuit — ou presque. Pour les consommateurs, c’est devenu un fardeau. Le secteur immobilier, par exemple — et ses prêteurs — ont obtenu des milliers de milliards de dollars de crédit grâce aux politiques d’argent facile des autorités. Cet argent a été prêté aux consommateurs, qui se sont endettés pour acheter de l’immobilier surévalué.

▪ Pourquoi épargner ? 
Lorsque la dette immobilière s’est révélée "irremboursable", en 2008, les autorités ont agi rapidement — non pour aider les malheureux propriétaires, mais pour renflouer Wall Street… les casse-cou les plus imprudents de la finance immobilière… et les plus incompétents des constructeurs automobiles par la même occasion.

Pourquoi épargner de la vraie devise quand on peut en obtenir de la fausse de la part de la Fed ?

Les salaires augmentent à mesure que les travailleurs deviennent plus productifs. La productivité exige des investissements, qui proviennent du capital, lequel est rendu possible par l’épargne. Mais progressivement, dans les années 80 et 90, le taux d’épargne a chuté. Pourquoi épargner de la vraie devise quand on peut en obtenir de la fausse de la part de la Fed ? Qui plus est, les taux d’intérêt ont chuté aussi, rendant l’épargne de moins en moins attirante.

Moins d’épargne a entraîné moins d’investissements réels dans les usines, entrepôts, nouvelles entreprises et nouvelles technologies produisant de "vrais" emplois. Pourquoi se donner la peine de lancer une nouvelle activité quand on peut simplement emprunter à la Fed et racheter ses propres actions ? Pourquoi se donner la peine de lancer une nouvelle entreprise tout court, quand tout le crédit va aux grandes sociétés bien installées ?

Pour la majeure partie des gens de la classe ouvrière, les vrais revenus ont atteint leur sommet au milieu des années 70. Depuis, c’est la dégringolade. Les riches deviennent plus riches mais les classes moyennes et pauvres s’enfoncent dans la dette rien que pour conserver leur style de vie.

 

Par Bill Bonner / la chronique angora

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