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Comment expliquer l’injustifiable largage du "Little Boy" sur Hiroshima et Nagasaki

Publié par medisma sur 7 Août 2015, 19:46pm

Comment expliquer l’injustifiable largage du "Little Boy"

sur Hiroshima et Nagasaki

6 août 1945 : La ville d’Hiroshima est rayée de la carte par Little Boy

 

6 août 1945, 2h30. Le B-29 « Superfortress » baptisé Enola Gay arrache ses 63,5 tonnes de la piste d’une base implantée sur l’île de Tinian, dans le Pacifique, à la suite de 6 autres bombardiers du même type chargés de capteurs météorologiques, d’appareils de photographie et de caméra.

Aux commandes de ce B-29 : le colonel Paul Tibbets, le patron expérimenté du 509th Composite Group qui dirigea le premier bombardement de l’aviation américaine en Europe, le 17 juillet 1942. En tout, l’appareil emporte un équipage de 12 aviateurs… et « Little Boy », la bombe atomique qu’il devra larguer sur le Japon.

« Little Boy »

 

Trois ans plus tôt, le projet Manahattan était lancé dans le plus grand secret, sous la direction du général Leslie Groves et celle du physicien américain Robert Oppenheimer. Sur le site de Los Alamos (Nouveau-Mexique), 3.000 scientifiques et techniciens, dont plusieurs prix Nobel et donc, des Européens, planchent sur deux types de bombe : l’un ayant recours à l’uranium 235, l’autre à base de plutonium.

Au total, le projet va impliquer plus de 130.000 personnes et coûter 2 milliards de dollars, ce qui est considérable à l’époque.  Il s’agissait alors de prendre de vitesse l’Allemagne nazie, qui avait lancé le sien, appelé  » Uranprojekt », dès 1939.

Le 16 juillet 1945, le premier essai d’une bombe atomique est réalisé à Alamogordo (Nouveau-Mexique). C’est un succès. « À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes », commente Kenneth Bainridge, le directeur du test. Car quelques chercheurs ont des doutes sur ce qu’ils viennent de créer… Pour eux, une seule démonstration de cette nouvelle munition à la puissance décuplée permettrait de convaincre le Japon de cesser les hostilités. Mais tant Robert Oppenheimer que l’italien Enrico Fermi s’opposent à cette idée. Pour eux, seul un emploi militaire pourra produire une forte impression psychologique.

Une semaine après cet essai, le président Harry Truman décide d’avoir recours à la bombe nucléaire si Tokyo refuse de capituler sans condition lors de la conférence de Postdam du 26 juillet 1945. Alors soumis à d’intenses raids de l’aviation américaine, avec 69 villes bombardées, 290 km2 de superficie rasés, 330.000 tués et un tissu économique et industriel dévasté, le Japon rejette l’ultimatum de Washington. Le compte à rebours est donc lancé.

 

Le « Target committe », un groupe de travail chargé d’identifier les cibles potentielles pour ce raid atomique en fonction de critères militaires et démographiques, donne une liste d’objectifs : la ville d’Hiroshima, alors épargnée par les bombardement et qui compte 40.000 soldats parmi ses 320.000 habitants, arrive en tête, devant Kotura, Nigata et Nagazaki.

C’est donc vers Hiroshima que l’avion du colonel Tibbets se dirige… Vers 6h00, le B-29 passe à la verticale d’Iwo Jima, théâtre d’une sanglante bataille. Puis, à 7h30, le dernier fusible de Little Boy est retiré : la bombe est prête à être larguée. Dix minutes plus tard, l’Enola Gay grimpe à 31.000 pieds.

La côte japonaise est en vue… Puis l’Enola Gay arrive à proximité d’Hiroshima. Les derniers rapports météorologiques ne signalent rien de spécial. À 8h15, la soute du bombardier s’ouvre… et quelques secondes plus tard, Little Boy est libéré. Immédiatement, le colonel Tibbets mets les gaz après avoir pris un cap à 160° pour s’éloigner au plus vite d’Hiroshima.

Il est 8h16 quand Little Boy explose dans un éclair suivi par une boule de feu de 5.000°c… et un gigantesque « champignon » s’élève dans le ciel ensoleillé d’Hiroshima. Cette bombe, d’une puissance équivalente de 13.200 tonnes de TNT, provoque alors la mort quasi instantanée de 70.000 à 80.000 personnes tandis que 70.000 autres seront blessés, dont beaucoup décéderont des suites des radiations. En outre, 70.000 des 76.000 bâtiments de la ville sont détruits.

 

 

La légende rapporte que le copilote de l’Enola Gay, Bob Lewis, aurait dit : « Mon Dieu, qu’avons-nous fait? ». Le monde venait d’entrer dans une nouvelle ère…

Le 8 août, le président Truman déclare : « Le monde remarquera que la première bombe atomique a été larguée sur la base militaire d’Hiroshima. C’est parce que, dans cette première attaque, nous désirions éviter autant que possible de tuer des civils. Mais cette attaque est un avertissement. Si le Japon ne se rend pas, des bombes seront jetées sur ses industries de guerre, et malheureusement, des milliers de civils périront. J’invite de façon pressante les Japonais à quitter immédiatement les cités industrielles et à se sauver eux-mêmes de la destruction ».

Malgré la destruction d’Hiroshima, Tokyo relativise la portée de l’événement, parlant de « raid de quelques avions » ayant utilisé « une bombe d’un type nouveau ». Et il est toujours exclu de capituler… D’où un second raid atomique américain, cette fois sur Nagazaki, le 9 août 1945 (35.000 tués sur le coup). Ce n’est qu’après que, lors d’une allocution radiophonique, l’empereur Hiro Hito annoncera la reddition sans condition du Japon.

« L’ennemi a commencé à employer une bombe nouvelle et très meurtrière dont la puissance est réellement incalculable et qui cause trop de morts innocentes. Si nous continuons à combattre, le seul résultat serait l’effondrement et la disparation non seulement de la nation japonaise, mais aussi de toute civilisation », affirme alors le souverain nippon.

La reddition japonaise aura lieu le 1er septembre suivant, à bord du cuirassé américain USS Missouri. Le Japon perd alors tous les territoires qu’il avait conquis bien avant le début des hostilités. La dynastie impériale n’est pas remise en cause.

Source : opex360.com/

 

L’abominable vérité derrière les bombes d’Hiroshima et Nagasaki

Il y a 70 ans, Harry Truman donnait l’ordre de bombarder le Japon avec l’arme nucléaire ; probablement la décision la plus lourde de conséquences, prise par un seul homme, dans toute l’histoire de l’humanité. À l’approche de cette date anniversaire, l’institut de sondage YouGov a posé aux citoyens américains la question suivante : « Les États-Unis ont-ils eu raison ou tort de lancer deux bombes nucléaires sur le Japon ? » À 46 %, ils ont répondu « oui », à 29 % « non ». À l’heure où des milliers de leurs concitoyens s’émeuvent de la mort (ignoble) d’un lion au fin fond du Zimbabwe, le résultat de ce sondage semble incompréhensible. L’explication est sans doute à chercher dans la propagande officielle relayée par Washington dès le lendemain des bombardements, à savoir un mal nécessaire pour écourter la guerre et s’épargner un nombre encore beaucoup plus important de vies humaines. Ce qui est choquant, c’est qu’après tant d’années, le peuple américain puisse croire encore à cette fable. Peut-être est-ce parce que le crime est trop abominable pour être regardé en face ?

 

La vérité, qu’il n’est plus possible de contester – tant sont nombreux les documents de toutes origines, aujourd’hui déclassifiés -, est la suivante. Deux jours après la première bombe sur Hiroshima, le Premier ministre Kantarō Suzuki s’adressa aux membres de son cabinet pour leur dire : « Dans les circonstances présentes, il ne nous reste plus qu’à demander une capitulation sans conditions. » Le script de la réunion fut rendu public immédiatement mais cela n’empêcha pas, le lendemain, le largage d’une deuxième bombe. Le Japon « était incapable de soutenir une invasion au-delà du mois d’octobre et l’état-major américain le savait », rapporte Paul H. Nitze, sous-secrétaire d’État à la Défense, dans son livre From Hiroshima to Glasnost (p. 44-45). Il s’était « résigné à une reddition sans conditions bien avant août », insiste Ralph A. Bard, sous-secrétaire d’État à la Marine, (US News & World Report, 15 août 1960). Le Japon « était prêt à capituler, il était totalement inutile de le frapper avec cette chose monstrueuse », avoue le général Eisenhower interrogé par Newsweek, en novembre 1963.

Pour expliquer l’injustifiable, l’historiographie sur cet événement retient deux thèses. La première est résumée par le secrétaire d’État à la Défense, Henry L. Stimson, en ces termes : « Au département d’État, l’idée d’utiliser la bombe atomique comme une arme diplomatique (à l’adresse des Soviétiques) l’avait emporté. » Une thèse à propos de laquelle Paul H. Nitze (déjà cité) a eu cette phrase assassine : « Pour impressionner les Russes, il aurait été hautement symbolique de larguer les bombes sur une de ces îles désertes du nord de l’archipel (nippon) que Staline comptait récupérer après la guerre. » La seconde nous est livrée par le général de brigade Carter W. Clarke, à l’époque responsable du contre-espionnage : « C’était inutile et nous savions que c’était inutile, nous voulions utiliser des Japonais comme cobayes dans une expérimentation en grandeur nature », écrit-il dans The Decision to Use the Atomic Bomb (p. 359). Sans commentaires.

Il y a quelques jours, sur Boulevard Voltaire, Philippe Bilger qualifiait d’exemplaire la condamnation d’Oskar Gröning à quatre années de prison. Paul Tibbets, qui commandait l’Enola Gay duquel fut larguée la première bombe sur Hiroshima, lui, est mort en 2007 paisiblement, son uniforme bardé de décorations. Le premier s’était repenti, le second avait déclaré il y a quelques années : « Si c’était à refaire, je le referais. »

 

Source : voxnr.com/

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