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Michel Sapin a-t-il fait claquer l'élastique de la culotte d'une journaliste ?

Publié par medisma sur 25 Avril 2016, 21:40pm

Michel Sapin a-t-il fait claquer l'élastique de la culotte d'une journaliste ? La polémique en quatre actes

Le ministre des Finances est accusé, dans un livre récemment publié, d'avoir eu un geste déplacé envers une journaliste.

 

 

Les auteurs d'un livre accusent le ministre des Finances Michel Sapin d'avoir fait "claquer l'élastique" de la culotte d'une journaliste en janvier 2015, lors du Forum de Davos (Suisse). Le ministre a démenti vendredi, et les femmes journalistes à l'origine de cette information ont publié une mise au point dans Libération. Résumé de la polémique en quatre actes :

Acte 1. Le livre accuse le ministre d'un geste déplacé

Dans une tribune intitulée "Nous, femmes journalistes politiques et victimes de sexisme" publiée dans Libération le 4 mai 2015, quarante femmes journalistes évoquaient, entre autres faits sexistes, "ce 'ministre qui, nous voyant penchées pour ramasser un stylo, ne peut retenir sa main en murmurant: 'Ah, mais qu'est-ce que vous me montrez là?'". Mais elles ne donnaient pas le nom de cet homme politique.

Dans un livre paru le 20 avril et intitulé L'Elysée Off (éd.Fayard), les journalistes Stéphanie Marteau et Aziz Zemouri précisent que ce ministre avait ensuite "fait claquer l'élastique de la culotte de la reporter en pantalon taille basse", et qu'il s'agissait du "locataire de Bercy". Ils désignent donc Michel Sapin comme auteur d'un geste déplacé.

Selon les auteurs du livre, le cabinet s'est défendu en déclarant : "C'était une blague potache et la journaliste a pris la mouche." "Il ne comprend pas et est très étonné de la tournure qu'a pris l'affaire", selon une chargée de communication citée dans l'ouvrage.

Acte 2. "Osez le féminisme" réclame la démission de Sapin

C'en est trop pour "Osez le féminisme", qui "exige" par communiqué , vendredi 22 avril, "le départ de Michel Sapin du gouvernement". Pour l'association féministe, il "ne s’agit pas d’une 'blague potache', ni d’un 'geste déplacé', comme aurait tenté de l’expliquer un membre du cabinet de Michel Sapin ou bien comme l’indiquent certains journaux. Il s’agit d’une agression sexuelle, punie par la loi."

Elle ajoute : "Son attitude est indigne d’une fonction ministérielle, surtout quand l’un des objectifs affichés par ce gouvernement est justement de lutter contre les violences faites aux femmes."

 

Acte 3. Le ministre dément l'accusation

Face à la polémique qui enfle, le ministre réagit. Michel Sapin "apporte un démenti catégorique aux allégations inexactes et calomnieuses contenues dans un livre publié ces derniers jours", écrit vendredi sur Twitter Hélène Fontanaud, une de ses conseillères en communication. Elle ajoute qu'il "se réserve le droit d'engager toute action nécessaire pour faire respecter la réalité des faits" :

 

Acte 4. "Libération" publie une mise au point

Dernier acte : les signataires de la tribune "Nous, femmes journalistes politiques et victimes de sexisme", à l'origine de l'information développée dans L'Elysée Off  appellent dans Libération à se référer à leur version des faits, sans détail ni nom, et non à celle du livre.

"Ce qui s’est réellement passé entre l’une d’entre nous et un homme politique en marge du forum économique de Davos y figure en toutes lettres et nous invitons les journalistes à se référer à cette version factuellement exacte. Elle évoquait 'un ministre qui, nous voyant penchée pour ramasser un stylo, ne peut retenir sa main en murmurant : 'Ah mais qu’est-ce que vous me montrez là ?'. Il n'y avait là ni culotte, ni string, ni élastique'", écrivent-elles.

"Nous invitons nos confrères et nos consoeurs qui souhaitent s'emparer du sujet grave que constitue le harcèlement sexuel à le faire, via des enquêtes basées sur des faits recoupés", ajoutent-elles.

Elles revendiquent par ailleurs le choix de ne pas divulguer de nom : "Cette décision nous semblait le meilleur moyen pour que notre démarche - un combat de principes - ait plus d'impact. Facile et tentant, un coup de projecteur sur un homme politique dédouane du même coup tous les autres et fausse le rapport de forces."

francetvinfo

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