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TOUT SAVOIR SUR LE 11 SEPTEMBRE 2001 : DEPUIS CETTE DATE A CE JOUR

Publié par medisma sur 16 Septembre 2016, 19:22pm

Tout savoir sur le 11 septembre 2001 : depuis cette date à ce jour

 

 

I- 15 ans de crimes

Les États-Unis et leurs alliés commémorent les 15 ans du 11-Septembre. C’est pour Thierry Meyssan l’occasion de faire le point sur la politique de Washington depuis cette date ; un bilan particulièrement sombre. De deux choses l’une, soit la version des attentats par la Maison-Blanche est authentique, et dans ce cas leur réponse aux attaques est particulièrement contre-productive ; soit elle est mensongère et dans ce cas, ils ont réussi à piller le Moyen-Orient élargi.

Que serait devenue l’influence des États-Unis dans le monde sans leurs troupes supplétives, les jihadistes ?

Il y a 15 ans aux États-Unis, le 11 septembre 2001, le « plan de continuité du gouvernement » était activé vers 10h du matin par le coordinateur national pour la sécurité, la protection des infrastructures et le contre-terrorisme, Richard Clarke [1]. Selon lui, il s’agissait de répondre à la situation exceptionnelle de deux avions qui avaient percuté le World Trade Center de New York et d’un troisième qui aurait percuté le Pentagone. Cependant, ce plan ne devait être utilisé qu’en cas d’anéantissement des institutions démocratiques, par une attaque nucléaire par exemple. Il n’avait jamais été envisagé de l’activer tant que le président, le vice-président et les présidents des Assemblées étaient vivants et aptes à remplir leurs fonctions.

L’activation de ce plan a transféré les responsabilités du président des États-Unis à une autorité militaire alternative située à Mount Weather [2]. Cette autorité n’a restitué ses fonctions au président George W. Bush Jr, qu’en fin de journée. Jusqu’à ce jour, la composition de cette autorité et les décisions qu’elle a pu prendre sont restées secrètes.

Le président ayant été démis de ses fonctions durant environ dix heures, le 11 septembre 2001, en violation de la Constitution des États-Unis, il est techniquement exact de parler de « coup d’État ». Bien sûr cette expression choque parce qu’il s’agit des États-Unis, parce que cela a eu lieu dans des circonstances exceptionnelles, parce que l’autorité militaire ne l’a jamais revendiquée, et parce qu’elle a rendu le pouvoir sans faire de problème au président constitutionnel. Il n’en reste pas moins que c’est stricto sensu, un « coup d’État ».

Dans un célèbre ouvrage, paru en 1968, mais réédité et devenu le livre de chevet des néo-conservateurs durant la campagne électorale de 2000, l’historien Edward Luttwak expliquait qu’un coup d’État est d’autant plus réussi que personne ne se rend compte qu’il a eu lieu, et donc ne s’y oppose [3].

Six mois après ces événements, je publiais un livre sur les conséquences politiques de cette journée [4]. Les médias n’en ont retenu que les quatre premiers chapitres dans lesquels je montrais l’impossibilité de la version officielle de ces événements. On m’a beaucoup reproché de ne pas proposer ma propre version de cette journée, mais je n’en ai pas et je reste encore aujourd’hui avec plus de questions que de réponses.

Quoi qu’il en soit, les quinze années passées nous éclairent sur ce qui s’est passé ce jour-là.

 
Depuis le 11-Septembre, l’État fédéral est hors la Constitution

En premier lieu, bien que certaines dispositions aient été un instant suspendues en 2015, les États-Unis vivent toujours sous l’empire de l’USA Patriot Act. Adopté dans l’urgence, 45 jours après le coup d’État, ce texte constitue une réponse au terrorisme. Compte tenu de son volume, il serait plus juste de parler de Code antiterroriste que de simple loi. Ce texte avait été préparé durant les deux années précédentes par la Federalist Society. Seuls 4 parlementaires s’y opposèrent.

Ce texte suspend les limitations constitutionnelles, formulées par la « Déclaration des Droits » —c’est-à-dire les 10 premiers amendements de la Constitution—, pour toutes les initiatives de l’État visant à lutter contre le terrorisme. C’est le principe de l’état d’urgence permanent. L’État fédéral peut ainsi pratiquer la torture hors de son territoire et espionner massivement sa population. Au bout de quinze ans de ces pratiques, il n’est techniquement plus possible pour les États-Unis de se présenter comme un « État de droit ».

Pour appliquer le Patriot Act, l’État fédéral a d’abord créé un nouveau département, la Sécurité de la Patrie (Homeland Security). L’intitulé de cette administration est si choquant qu’on le traduit dans le monde entier par « Sécurité intérieure », ce qui est faux. Puis, l’État fédéral s’est doté d’un ensemble de polices politiques qui, selon une vaste étude du Washington Post en 2010, employait à l’époque au moins 850 000 nouveaux fonctionnaires pour espionner 315 millions d’habitants [5].

La grande innovation institutionnelle de cette période, c’est la relecture de la séparation des pouvoirs. Jusqu’alors, on considérait, à la suite de Montesquieu, que celle-ci permettait de maintenir un équilibre entre l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire indispensable au bon fonctionnement et à la préservation de la démocratie. Les États-Unis pouvaient s’enorgueillir d’être le seul État au monde à la mettre strictement en pratique. Désormais, au contraire, la séparation des pouvoirs signifie que le Législatif et le Judiciaire n’ont plus la possibilité de contrôler l’Exécutif. C’est d’ailleurs en vertu de cette nouvelle interprétation que le Congrès n’a pas été autorisé à débattre des conditions du coup d’État du 11-Septembre.

Contrairement à ce que j’écrivais en 2002, les États ouest-européens ont résisté à cette évolution. Ce n’est qu’il y a un an et demi que la France a cédé et adopté le principe de l’état d’urgence permanent, à l’occasion de l’assassinat des rédacteurs de Charlie-Hebdo. Cette transformation intérieure va de pair avec un changement radical de politique extérieure.

 
Depuis le 11-Septembre, l’État fédéral hors la Constitution a pillé le Moyen-Orient élargi

Dans les jours qui suivirent, George W. Bush —à nouveau président des États-Unis depuis le 11 septembre au soir— déclara à la presse : « Cette croisade, cette guerre au terrorisme, prendra du temps » [6]. Même s’il devait présenter ses excuses pour s’être exprimé ainsi, le choix des mots présidentiel indiquait clairement que l’ennemi se réclamait de l’islam et que cette guerre serait longue.

Effectivement, pour la première fois de leur histoire, les États-Unis sont en guerre ininterrompue depuis 15 ans. Ils ont défini leur Stratégie contre la terrorisme [7] que l’Union européenne n’a pas tardé à recopier [8].

Si les administrations états-uniennes successives ont présenté cette guerre comme une course-poursuite d’Afghanistan en Irak, d’Irak en Afrique, au Pakistan et aux Philippines, puis en Libye et en Syrie, l’ancien Suprême commandeur de l’Otan, le général Wesley Clark a, au contraire, confirmé l’existence d’un plan à long terme. Le 11-Septembre, les auteurs du coup d’État ont décidé de changer tous les gouvernements amis du « Moyen-Orient élargi » et de faire la guerre aux sept gouvernements qui leur résistaient dans cette région. Cet ordre a été acté par le président Bush, quatre jours plus tard, lors d’une réunion à Camp David. Force est de constater que ce programme a été mis en œuvre et n’est pas terminé.

Ces changements de régime amis par des révolution colorées et ces guerres contre les régimes qui leur résistaient n’avaient pas pour but de conquérir ces pays au sens impérial classique —Washington contrôlait déjà ses alliés—, mais de les piller. Dans cette région du monde, particulièrement au Levant, l’exploitation de ces pays se heurtait non seulement à la résistance des populations, mais à la présence absolument partout de ruines de civilisations antiques. Il ne serait donc pas possible de piller sans « casser des œufs ».

Selon le président Bush, les attentats du 11-Septembre auraient été perpétrés par al-Qaïda, ce qui justifiait mieux l’attaque de l’Afghanistan que la rupture des négociations pétrolières avec les Talibans, en juillet 2001. La théorie de Bush fut développée par son secrétaire d’État, le général Colin Powell, qui promis de déposer un rapport à ce sujet devant le Conseil de sécurité des Nations unies. Non seulement les États-Unis n’ont pas trouvé le temps pour rédiger ce rapport au cours des 15 dernières années, mais le 4 juin dernier, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, affirmait que son homologue états-unien lui avait demandé de ne pas frapper ses alliés d’al-Qaïda en Syrie ; une déclaration ahurissante qui ne fut pas démentie.

Dans un premier temps, l’État fédéral hors Constitution a poursuivi son plan en mentant effrontément au reste du monde. Après avoir promis un rapport sur le rôle de l’Afghanistan dans le 11-Septembre, le même Powell mentit phrase après phrase lors d’un discours d’une heure un quart au Conseil de sécurité visant à lier le gouvernement irakien aux attentats et à l’accuser de vouloir les continuer avec des armes de destruction massive [9].

L’État fédéral tua en quelques jours la majorité de l’armée irakienne, pilla les sept principaux musées et brûla la Bibliothèque nationale [10]. Il installa au pouvoir l’Autorité provisoire de la Coalition, qui n’était pas un organe de la Coalition des États contre le président Hussein, mais une société privée, détenue à majorité par Kissinger Associates, sur le modèle de la sinistre Compagnie des Indes [11]. Durant un an, cette compagnie pilla tout ce qui pouvait l’être. En définitive, elle remit le pouvoir à un gouvernement irakien fantoche, non sans lui avoir fait signer qu’il ne demanderait jamais de réparations et qu’il ne contesterait pas pour un siècle les lois commerciales léonines rédigées par l’Autorité provisoire.

En 15 ans, les États-Unis ont sacrifié plus de 10 000 de leurs concitoyens, tandis que leur guerre a fait plus de deux millions de morts au « Moyen-Orient élargi » [12]. Pour venir à bout de ceux qu’ils désignent comme leurs ennemis, ils ont dépensé plus de 3 500 milliards de dollars [13]. Et ils annoncent que le massacre et la gabegie vont continuer.

Étrangement, ces milliers de milliards de dollars n’ont pas affaibli économiquement les États-Unis. Il s’agissait d’un investissement qui leur a permis de piller une région entière du monde ; de voler pour des sommes encore bien supérieures.

À la différence de la rhétorique du 11-Septembre, celle de la guerre au terrorisme est logique. Mais elle s’appuie sur quantité de mensonges présentés comme des faits avérés. Par exemple, on explique la filiation entre Daesh et al-Qaïda par la personnalité d’Abou Moussab al-Zarkaoui, auquel le général Powell avait consacré une bonne partie de son discours au Conseil de sécurité, en février 2003. Pourtant le même Powell a admis avoir effrontément menti lors de ce discours et il est impossible de vérifier le moindre élément de la biographie de Zarkaoui selon la CIA.

Si nous admettons qu’al-Qaïda est la continuation de la Légion arabe de Ben Laden, intégrée en tant que troupe supplétive dans l’Otan durant les guerres de Yougoslavie [14] et de Libye, nous devons également admettre qu’al-Qaïda en Irak, devenu État islamique en Irak, puis Daesh en est la continuation.

Le pillage et la destruction du patrimoine historique étant illégaux en droit international, l’État fédéral hors la Constitution a d’abord sous-traité ses basses oeuvres à des armées privées comme Blackwater [15]. Mais sa responsabilité était encore trop visible [16]. Aussi les a-t-il sous-traitées, à son nouveau bras armé, les jihadistes. Désormais le pillage du pétrole —consommé en Occident— est imputable à ces extrémistes et la destruction du patrimoine à leur fanatisme religieux.

Pour comprendre la collaboration de l’Otan et des jihadistes, nous devons nous demander ce que serait l’influence des États-Unis aujourd’hui s’il n’y avait pas les jihadistes. Le monde serait devenu multipolaire et Washington aurait fermé la plupart de ses bases militaires dans le monde. Les États-Unis seraient redevenus une puissance parmi d’autres.

Cette collaboration de l’Otan et des jihadistes choque de nombreux hauts responsables états-uniens comme le général Carter Ham, commandant de l’AfriCom, qui refusa en 2011 de travailler avec al-Qaïda et dut renoncer à commander l’attaque de la Libye ; ou le général Michael T. Flynn, directeur de la Defense Intelligence Agency, qui refusa de cautionner la création de Daesh et fut contraint à la démission [17]. Elle est devenue le vrai sujet de la campagne électorale présidentielle : d’un côté Hillary Clinton, membre de The Family, la secte des chefs d’état-major [18], de l’autre Donald Trump, conseillé par Michael T. Flynn et 88 officiers supérieurs [19].

De même que durant la Guerre froide, Washington contrôlait ses alliés européens via « Les armées secrètes de l’Otan », le Gladio [20], de même il contrôle aujourd’hui le Moyen-Orient élargi, le Caucase, la vallée de Ferghana et jusqu’au Xinjiang avec le « Gladio B » [21].

15 ans après, les conséquences du coup d’État du 11-Septembre ne viennent aucunement des musulmans, ni du Peuple états-unien, mais de ceux qui l’ont perpétré et de leurs alliés. Ce sont eux qui ont banalisé la torture, généralisé les exécutions extra-judiciaires n’importe où dans le monde, affaibli les Nations unies, tué plus de deux millions de personnes, pillé et détruit l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et la Syrie.

Thierry Meyssan

 

[1Against All Enemies, Inside America’s War on Terror, Richard Clarke, Free Press, 2004, Voir le premier chapitre, « Evacuate the White House ». Version française : Contre tous les ennemis : Au cœur de la guerre américaine contre le terrorisme, Albin Michel, 2004.

[2A Pretext for War, James Bamford, Anchor Books, 2004, voir le chapitre 4 « Site R ».

[3Coup d’État : A Practical Handbook, Edward Luttwak, Allen Lane, 1968. Version française : Coup d’État, mode d’emploi, Odile Jacob, 1996. Luttwak constituait avec Richard Perle, Peter Wilson et Paul Wolfowitz les « Quatre mousquetaires » de Dean Acheson.

[4L’Effroyable imposture, Thierry Meyssan, Carnot, 2002. Réédition avecLe Pentagate, Demi-Lune.

[5Top Secret America : The Rise of the New American Security State, Dana Priest & William M. Arkin, Little, Brown and Company, 2011.

[6] « A Fight vs. Evil, Bush and Cabinet Tell U.S. », Kenneth R. Bazinet,Daily News, September 17th, 2001.

[7National Strategy for Combating Terrorism, The White House, February 2003.

[8Une Europe sûre dans un monde meilleur - Stratégie européenne de sécurité, Javier Solana, Conseil européen, 12 décembre 2003.

[9] « Discours de M. Powell au Conseil de sécurité de l’ONU » (7 parties), par Colin L. Powell, Réseau Voltaire, 11 février 2003.

[10] « Discours du directeur général de l’Unesco », Koïchiro Matsuura, 6 juin 2003, Réseau Voltaire, 6 juin 2003.

[11The Coalition Provisional Authority (CPA) : Origin, Characteristics, and Institutional Authorities, Congressional Research Service, L. Elaine Halchin, April 29, 2004.

[12Body Count, Casualty Figures after 10 Years of the “War on Terror”, Physicians for Social Responsibility (PSR), March 2015.

[13The Three Trillion Dollar War, Joseph Stiglitz & Linda Bilmes, W. W. Norton, 2008. Version française : Une guerre à 3000 milliards de dollars, Fayard, 2008.

[14Wie der Dschihad nach Europa Kam, Jürgen Elsässer, NP Verlag, 2005. Version française : Comment le Djihad est arrivé en Europe, Xenia, 2006.

[15Blackwater : The Rise of the World’s Most Powerful Mercenary Army, Jeremy Scahill, Avalon Publishing Group/Nation Books, 2007. Version française : Blackwater : L’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde, Actes Sud, 2008.

[16The Powers of War and Peace : The Constitution and Foreign Affairs after 9 11, War by Other Means : An Insider’s Account of the War on Terror, John Yoo, University Of Chicago Press, Atlantic Monthly Press, 2006.

[17DIA Declassified Report on ISIS, August 12, 2012.

[18The Family : The Secret Fundamentalism at the Heart of American Power, Jeff Sharlet, Harper, 2008.

[19] “Open Letter From Military Leaders Supporting Donald Trump”,Voltaire Network, 9 September 2016.

[20Nato’s Secret Armies : Operation Gladio and Terrorism in Western Europe, Daniele Ganser, Frank Cass, 2004. Version française : Les Armées Secrètes de l’OTAN : Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe, Éditions Demi-Lune, 2007.

[21Classified Woman, The Sibel Edmonds Story : A Memoir, Sibel D. Edmonds, SE 2012.

 

 

II- Une étude scientifique conclut que les 3 tours du World Trade Center ont fait l'objet d'une démolition contrôlée

Dans un silence assourdissant des médias (pas un média francophone n’en a parlé), le magazine scientifique Europhysics News a fait paraître il y a 3 semaines une étude confirmant que les 3 tours du World Trade Center ont bien fait l’objet d’une démolition contrôlée.

Europhysics News n’est pourtant pas un site que les médias pourraient qualifier de « complotiste » et c’est bien ça le problème. C’est un magazine renommé de la communauté de physique européenne détenu par l’European Physical Society. Leur objectif est de fournir aux physiciens de tout niveau, allant des étudiants avec un diplôme supérieur aux cadres supérieurs travaillant aussi bien dans l’industrie que dans le service public, un large spectre sur les aspects scientifiques et organisationnels de la physique et disciplines apparentées, en Europe. Y sont publiés des articles de synthèse, des articles sur des thèmes avancés, des nouveaux rapports et des domaines d’intérêt général.

 Les auteurs du rapport sont Steven Jones (ancien professeur de physique au Brigham Young University), Robert Korol (professeur émérite de génie civil à l’Université McMaster en Ontario et diplômé de La Société canadienne de génie civil et de l’Institut canadien des ingénieurs. Ses principaux intérêts de recherche ont été dans les domaines de la mécanique des structures et des structures en acier), Anthony Szamboti (ingénieur en conception mécanique avec plus de 25 ans d’expérience dans le domaine du design structurel de conception dans l’aérospatiale et l’industrie des communications) et Ted Walter (directeur de la stratégie et du développement pour Architects & Engineers for 9/11 Truth, AE911Truth), une organisation sans but lucratif qui aujourd’hui représente plus de 2500 architectes et ingénieurs.

 

Des incendies font s’effondrer des grattes-ciels en acier? Du jamais vu.

Tout d’abord, les auteurs rappellent que jamais avant ni après le 11 septembre un gratte-ciel avec une structure en acier ne s’était totalement effondré suite à un incendie. On voudrait pourtant nous faire croire que cet exploit est arrivé 3 fois le même jour au même endroit. La seule raison pouvant expliquer ces effondrements serait une démolition contrôlée. Le rapport explique pourquoi un feu ne peut produire la chute d’un tel bâtiment:

 

1) Les feux ne sont passez chauds et ne durent pas assez longtemps dans une zone déterminée pour générer suffisamment d’énergie pour chauffer les éléments structurels importants jusqu’au point de rupture.

 

2) La plupart des gratte-ciels ont des systèmes d’extinction d’incendie qui empêchent un feu de libérer suffisamment d’énergie pour chauffer l’acier jusqu’à un état de défaillance critique.

 

3) Les éléments de structure sont protégés par des matériaux ignifuges, qui sont conçus pour les empêcher d’atteindre des températures de défaillance dans des délais déterminés; et

 

4) Les gratte-ciels en acier sont conçus pour être hautement redondants au niveau de leurs structures. Ainsi, si une défaillance localisée se produit, cela ne conduit pas à un effondrement de la structure entière.

 

Tout au long de l’histoire, trois gratte-ciel en acier sont connus pour avoir subi des effondrements partiels dus à des incendies; aucun n’a conduit à un effondrement total. D’innombrables autres gratte-ciels ont connu des incendies importants et de longue durée sans subir d’effondrement partiel et encore moins total.

 

Le cas du bâtiment 7

Le WTC 5 est un exemple de la manière dont se comporte un gratte-ciel en acier lors de grands incendies. Il a brûlé pendant plus de huit heures le 11 Septembre 2001 et n’a pas souffert d’un effondrement total.

 

John Skilling, l’ingénieur en chef des tours a affirmé suite aux attentats de 93 que les tours avaient été construites de manière à supporter l’impact d’avions de ligne et que la seule façon de détruire le bâtiment serait une démolition contrôlée.

Or, en 2001, le WTC 7 est tombé en chute libre totale et de façon symétrique sur les 2,25 premières secondes. Le bâtiment s’est entièrement effondré en moins de 7 secondes. Sa structure en acier a été quasiment entièrement démembrée et la plupart de son béton a été pulvérisé en minuscules particules.

 Étant donné la nature de l’effondrement, toute enquête avec une méthode scientifique sérieuse devrait avoir considéré comme hypothèse la démolition contrôlée, si ce n’est commencer par celle-ci. Au lieu de cela, le NIST (ainsi que la Federal Emergency Agence de gestion (FEMA), qui a mené une étude préliminaire avant l’enquête du NIST) a commencé avec la conclusion prédéterminée que l’effondrement était causé par les incendies.

Essayer de prouver cette conclusion prédéterminée était apparemment difficile. L’enquête de neuf mois de la FEMA a conclu en disant: « Les particularités des incendies dans le WTC 7 et la façon dont ils ont causé l’effondrement du bâtiment restent inconnues pour le moment. Bien que la quantité totale de carburant diesel sur les lieux constituait un énorme potentiel énergétique, la meilleure hypothèse n’a qu’une faible probabilité d’occurrence ».

Le NIST, quant à lui, a dû reporter la publication de son rapport concernant le WTC 7 initialement prévu pour la mi-2005 à Novembre 2008. Jusqu’en Mars 2006, l’enquêteur principal du NIST, le Dr Shyam Sunder, a été cité affirmant: « En vérité, je ne sais pas vraiment. Nous avons eu du mal à obtenir une conclusion sur le bâtiment n ° 7. »

Le rapport d’Europhysics News rappelle également que le modèle du NIST ne correspond pas à ce que l’on peut observer dans les vidéos, notamment les 2,25 premières secondes en chute libre, ce qui représente tout de même huit étages.

 

Le cas des tours jumelles

Alors que le NIST a tenté d’analyser et de modéliser l’effondrement du WTC 7, il ne l’a pas fait pour les tours jumelles. Selon les propres déclarations du NIST, « L’objectif de l’enquête s’est focalisé sur la séquence d’événements à partir de l’instant de l’impact de l’avion jusqu’à l’initiation de l’effondrement de chaque tour … Cette séquence est désignée sous le nom de « la séquence d’effondrement probable », « même si elle comprend peu d’analyse du comportement structurel de la tour après que les conditions du début de l’effondrement ont été atteintes et que l’effondrement est devenu inévitable ».

Ainsi, le rapport définitif sur l’effondrement des tours jumelles ne contient aucune analyse des raisons pour lesquelles les sections inférieures ont échoué à arrêter ou même ralentir la descente des étages supérieurs dont le NIST reconnaît qu’elle s’est opéré « essentiellement en chute libre ». Il n’explique pas non plus les différents autres phénomènes observés lors de l’effondrement.

Lorsqu’un groupe de pétitionnaires a déposé une demande officielle de correction demandant au NIST d’effectuer une telle analyse, le NIST a répondu qu’il était « incapable de fournir une explication complète de l’effondrement total » parce que « les modèles informatiques n’étaient pas en mesure de converger vers une solution. »

 

D’autres preuves inexpliquées

Les mécanismes d’effondrement évoqués ci-dessus ne sont qu’une fraction des données disponibles indiquant que les impacts d’avions et les incendies qui ont suivi n’ont pas causé l’effondrement des tours jumelles.

Les Vidéos montrent que la partie supérieure de chaque tour s’est désintégrée dans les quatre premières secondes de l’effondrement. Après cela, pas une seule vidéo ne montre les niveaux supérieurs qui sont descendus soi-disant avant de s’écraser au sol.

 Les vidéos et photos montrent également de nombreux éclats de débris à grande vitesse étant éjectés à partir de sources ponctuelles (voir Fig. 5). NIST fait référence à ces éclats comme des «bouffées de fumée», mais ne parvient pas à les analyser correctement.

Le NIST ne fournit également aucune explication concernant la pulvérisation en plein ciel de la majeure partie du béton des tours, le quasi-total démembrement de leurs cadres en acier, ou l’éjection de ces matériaux jusqu’à 150 mètres dans toutes les directions.

 Le NIST évite d’évoquer la présence bien documentée de métal fondu à travers le champ de débris et affirme que le métal fondu orange aperçu se déversant du WTC 2 pendant les sept minutes avant son effondrement était de l’aluminium provenant de l’appareil combiné avec des matériaux organiques.

Pourtant, les expériences ont montré que l’aluminium fondu, même lorsqu’il est mélangé avec des matières organiques, a une apparence argentée ce qui suggère que le métal fondu orangé était plutôt une réaction aluminothermique étant utilisé pour affaiblir la structure. Entre temps, de la nano-thermite qui n’a pas réagi a été découverte dans plusieurs échantillons indépendants provenant de la poussière du WTC.

Des éclats de débris à haute vitesse ont été éjectés du WTC 1 et WTC 2, certains 20 à 30 étages sous la zone d’effondrement.

 

Concernant les récits de témoins oculaires, 156 témoins, dont 135 secouristes, ont affirmé avoir vu et/ou entendu des explosions avant et/ou pendant les effondrements. Le fait que les Twin Towers ont été détruites à l’explosif semble avoir été l’opinion initiale dominante pour la plupart des secouristes. «Je pensais qu’il était en train d’exploser, en fait», a déclaré John Coyle, un pompier. «Tout le monde, je pense à ce point pensait qu’on avait fait exploser ces bâtiments ».

 

 

Conclusion

 Il convient de répéter que des incendies n’ont jamais causé l’effondrement total d’un gratte-ciel en acier avant ou depuis le 11 septembre. Avons-nous assisté à un événement sans précédent à trois reprises le 11 Septembre 2001? Les rapports du NIST, qui tentent de soutenir cette conclusion peu probable, ne parviennent pas à convaincre un nombre croissant d’architectes, d’ingénieurs, et scientifiques. Au lieu de cela, les preuves mènent clairement à la conclusion que les trois bâtiments ont été détruits par une démolition contrôlée.

 Compte tenu des implications de grande portée, il est moralement impératif que cette hypothèse soit l’objet d’une enquête véritablement scientifique et impartiale par les autorités responsables.

 On peut toujours rêver…

 

Références:

 

 

source: http://fawkes-news.blogspot.fr/2016/09/enorme-une-etude-scientifique-conclue.html

 

III- Hors de contrôle - World Trade Center 

 

Ce documentaire s'intéresse à la solidité de ces tours et de leur infrastructure. 

Comment ces gigantesques édifices ont-ils pu s'effondrer ? 
Quels phénomènes techniques sont parvenus à mettre à mal leur structure en seulement quelques secondes ? 

Les ingénieurs et les architectes qui ont oeuvré à la construction des tours jumelles racontent leur effondrement. 

A l'aide des témoignages de survivants à la catastrophe, d'images d'archives et d'animations en 3D, découvrez comment deux avions de lignes ont anéanti l'un des plus grands symboles de l'Amérique.

 

IV- Les heros du 88e etage 

Découvrez comment la bravoure de deux hommes dans la tour nord du World Trade Center a sauvé la vie d'innombrables personnes le 11 septembre 2001. 


Grâce à des témoignages inédits des survivants, des images d'archives et des reconstitutions, suivez ces héros qui ont sauvé la vie de 77 personnes à l'étage 88 et encouragés les autres personnes à faire de même.

 

V- 11 septembre - Pris au piege 

Lorsque les tours du World Trade Center furent attaquées, la plupart des personnes qui s'y trouvaient n'ont pu échapper à un destin tragique. 

Mais une dizaine de personnes piégées dans sept ascenseurs, restés coincés entre deux étages, sont parvenues à s'en sortir.

 

VI- Ironie tragique : 15 ans après le 11 septembre, l'Amérique est partenaire d'Al-Qaïda en Syrie

Les troupes de l'armée syrienne au sud d'Alep

 

Au lieu de lutter contre les groupes djihadistes en Syrie, les Etats-Unis leur accordent leur soutien. Gerard Horne, auteur et historien, explique pourquoi.

Le cessez-le-feu national en Syrie a commencé le 12 septembre à 19h à Damas après le marathon de négociations entre la Russie et les Etats-Unis de plusieurs mois. Selon le ministère russe de la Défense, Moscou et les Etats-Unis vont créer un centre commun pour définir les cibles terroristes.

La trêve inclut la cessation des hostilités et la création d’une zone démilitarisée autour d’Alep. Le gouvernement syrien a accepté de cesser ses frappes aériennes dans certaines régions, en évitant les groupes d’opposition non liés aux groupes terroristes, comme le Front Al-Nosra ou Daesh.

Si le cessez-le-feu est respecté pendant au moins une semaine, les Etats-Unis et la Russie procéderont à des frappes militaires conjointes contre les groupes terroristes.

Parmi les objectifs initiaux de l’accord figurent également l’accès humanitaire aux zones assiégées.

 

Les Etats-Unis ont intérêt à destituer le président Assad plutôt qu'atteindre un règlement au niveau régional et la paix

RT : Alors que les Etats-Unis et la Russie semblent prêts à coopérer, cela peut-il à votre avis affecter la situation dans la région ?

Gerald Horne (G. H.) : Espérons que cela aura une influence positive sur la région. Je me souviens de ce que le président Obama a déclaré lors de la réunion du G20 en Chine, après sa rencontre avec le président Poutine, évoquant un «manque de confiance» entre les deux pays. Il n'a pas rappelé que ce manque de confiance trouvait son origine dans l'intervention américaine irréfléchie en Libye, qui était censée, selon les Etats-Unis, protéger les populations civiles au moment du changement de régime. Cela a empoisonné les relations entre Moscou et Washington ; cela a également empoisonné les relations entre l’Union africaine et Washington. Cela perturbe et trouble encore les efforts pour arriver à un règlement en Syrie, car beaucoup de personnes dans la région ont l'impression que les Etats-Unis ont intérêt à ce que le régime change. C’est-à-dire destituer le président Assad plutôt que trouver une solution au niveau régional et la paix.

RT : Malgré les mesures prises par les deux parties, certains responsables américains semblent sceptiques par rapport à cet accord. Qu'en pensez-vous ?

G. H. : Je pense que cela nous éloigne de la question principale. Comme je le comprends, ce nouvel accord n’empêche pas Damas d'attaquer les forces liées à Daesh ou à Al-Qaïda. Le problème pour les Etats-Unis, c'est que les soi-disant rebelles modérés qu'ils soutiennent se mêlent souvent aux forces soutenues par Al-Qaïda.

RT : La Maison Blanche a été critiquée pour son soutien à des groupes suspects de l’opposition syrienne «modérée» comme Ahrar Al-Sham. Croyez-vous que les autorités américaines aient raison de nier leurs responsabilités, sans couper les ponts avec des groupes qui continuent à perturber la paix dans le pays ?

 

Les Etats-Unis sont au sens figuré dans le même lit que les forces d’Al-Qaïda en Syrie

G. H. : Il est ironique que 24 heures après la célébration solennelle à Washington, à New York et en Pennsylvanie du 15e anniversaire de l'attaque d’Al-Qaïda contre les Etats-Unis, les Etats-Unis soient au sens figuré dans le même lit que les forces d’Al-Qaïda en Syrie [en se battant contre Bachar el-Assad]. Cela met en lumière, à mon avis, les contradictions et l’hypocrisie de la politique étrangère américaine.

RT : La création d'un nouveau gouvernement syrien est-elle possible au vu des fortes divergences existant entre Moscou et Washington quant à la succession de Bachar el-Assad ? Quelles mesures faut-il prendre en premier lieu pour résoudre ce problème ?

G. H. : Une partie du problème est qu’un allié proche des Etats-Unis, l’Arabie saoudite, souhaite le départ de Bachar el-Assad de Damas. Rappelons-nous, récemment et peut-être même maintenant, Ankara y aspire également. Ankara, c'est bien sûr le flanc sud-est de l’OTAN dominée par les Etats-Unis. Vu que ces deux alliés de Washington cherchent à destituer le président Assad, arriver à un accord sera extrêmement difficile, parce que, comme l'a bien souligné Moscou, c'est le peuple syrien qui devrait choisir son dirigeant et pas l'Arabie saoudite ni la Turquie et encore moins les Etats-Unis.

RT : A quoi peut-on s'atteindre sur le terrain en Syrie ?

G. H. : Ce à quoi je m'attends, c'est que le régime de Bachar el-Assad coordonne ses actions avec Moscou, qui fera de même avec Washington. Je pense que cela permettra d'éviter à Washington de coopérer avec Bachar el-Assad, diabolisé non seulement à Washington, mais également dans les principaux médias  américains. La meilleure configuration serait que Damas coopére avec Moscou et ensuite, Moscou, avec Washington.

 

 

VII- La CIA, l’Arabie saoudite et l’histoire inavouable d’al-Qaïda

Quinze ans après le 11-Septembre, alors que le Congrès vient d’autoriser les citoyens américains à poursuivre l’Arabie saoudite pour son rôle présumé dans ces attentats, la « guerre contre le terrorisme » lancée peu après l’effondrement des Tours jumelles ne trouve pas de conclusion. Dans ce contexte, un nombre croissant d’experts désignent le militarisme occidental dans le « Grand Moyen-Orient » comme un facteur majeur d’amplification de la menace terroriste. Or, une attention bien moindre a été accordée aux politiques clandestines de la CIA, des services secrets saoudiens et de leurs alliés, qui sont pourtant à l’origine de ce fléau. En effet, tout observateur avisé est au courant du rôle central de ces agences dans la création et l’essor d’al-Qaïda, depuis la campagne antisoviétique des années 1980 en Afghanistan jusqu’au soutien des groupes armés qui tentent de renverser Bachar el-Assad en Syrie. Plongée dans une période trouble et mécomprise de l’histoire récente des services spéciaux américains et de leurs principaux partenaires.

Après le scandale du Watergate, le Congrès impose à la CIA de sévères restrictions légales et budgétaires. En réponse, des officiers de l’Agence créent un réseau alternatif appelé le Safari Club, du nom d’une luxueuse résidence de vacances au Kenya où ses membres se réunissent. Comme l’a expliqué l’ancien diplomate canadien Peter Dale Scott dans son dernier ouvrage, L’État profond américain, « durant les années 1970, d’importants officiers actifs ou retraités de la CIA (…) étaient mécontents des réductions budgétaires menées sous le Président Carter par Stansfield Turner, le directeur de l’Agence. En réponse, ils organisèrent un réseau alternatif que l’on appelle le Safari Club. Supervisé par les directeurs des services secrets français, égyptiens, saoudiens, marocains et iraniens (alors sujets du Shah), le Safari Club était secondé à Washington par un “réseau privé de renseignement”, selon Joseph Trento. Ce réseau regroupait alors des officiers de l’Agence tels que Theodore Shackley et Thomas Clines, qui avaient été marginalisés ou renvoyés par le directeur de la CIA Stansfield TurnerComme le prince [et ancien chef des services secrets saoudiens] Turki ben Fayçal l’expliquera plus tard, l’objectif du Safari Club n’était pas seulement l’échange de renseignements, mais également la conduite d’opérations clandestines que la CIA ne pouvait plus mener directement en raison du scandale du Watergate et des réformes qui s’ensuivirent. » Ainsi fut mise en place une sorte de « deuxième CIA » hostile au Président Carter, mais favorable à celui qui allait lui succéder, l’ancien gouverneur Ronald Reagan – un farouche opposant à l’apaisement entre les États-Unis et l’URSS.

Années 1980 : la BCCI, la « deuxième CIA » et la création de la future al-Qaïda

À cette époque, le Safari Club a besoin d’un réseau de banques pour financer ses opérations anticommunistes. Avec la bénédiction du directeur de la CIA George Bush sénior, le chef des services secrets saoudiens Kamal Adham transforme la banque BCCI en une véritable blanchisserie internationale d’argent sale. Toujours selon Peter Dale Scott, « dans les années 1980, le directeur de la CIA William Casey prit des décisions cruciales dans la conduite de la guerre secrète en Afghanistan. Toutefois, celles-ci furent élaborées hors du cadre bureaucratique de l’Agence, ayant été préparées avec les directeurs des services de renseignement saoudiens – d’abord Kamal Adham puis le prince Turki ben Fayçal. Parmi ces décisions, nous pouvons citer la création d’une légion étrangère chargée d’aider les moudjahidines afghans à combattre les Soviétiques. En clair, il s’agit de la mise en place d’un réseau de soutien opérationnel connu sous le nom d’al-Qaïda depuis la fin de cette guerre entre l’URSS et l’Afghanistan. Casey mit au point les détails de ce plan avec les deux chefs des services secrets saoudiens, ainsi qu’avec le directeur de la Bank of Credit and Commerce International (BCCI), la banque pakistano-saoudienne dont Kamal Adham et Turki ben Fayçal étaient tous deux actionnaires. Ce faisant, Casey dirigeait alors une deuxième Agence, ou une CIA hors canaux, construisant avec les Saoudiens la future al-Qaïda au Pakistan, alors que la hiérarchie officielle de l’Agence à Langley “pensait que c’était imprudent”. »

Massivement cofinancée par les pétrodollars des Saoud – dont ceux puisés dans les caisses noires des contrats d’armements gérées par leur ambassadeur à Washington, le prince Bandar ben Sultan –, l’opération de soutien au jihad afghan débouchera sur le renforcement des seigneurs de guerre extrémistes et des trafiquants d’opium et d’héroïne dans les années 1980. Dans un précédent ouvrage, qui avait été recommandé par le général d’armée (2S) Bernard Norlainlorsqu’il dirigeait la Revue Défense Nationale, Peter Dale Scott expliqua qu’« en mai 1979, [les services secrets pakistanais de l’ISI mirent] la CIA en contact avec Gulbuddin Hekmatyar, le seigneur de guerre afghan qui bénéficiait certainement du plus faible soutien dans son pays. [Islamiste radical,] Hekmatyar était aussi le plus important trafiquant de drogue moudjahidine, et le seul à avoir développé un complexe de six laboratoires de transformation de l’héroïne dans le Baloutchistan, une région du Pakistan contrôlée par l’ISI. Cette décision prise par l’ISI et la CIA discrédite l’habituelle rhétorique américaine selon laquelle les États-Unis aidaient le mouvement de libération afghan. En fait, ils soutenaient les intérêts pakistanais (et saoudiens) dans un pays face auquel le Pakistan ne se sentait pas en sécurité. Comme le déclara en 1994 un dirigeant afghan à Tim Weiner, un journaliste du New York Times, “nous n’avons pas choisi ces chefs de guerre. Les États-Unis ont créé Hekmatyar en lui fournissant des armes. À présent, nous souhaitons que Washington les lâche et leur impose de ne plus nous tuer, afin de nous protéger de ces gens.” » Finalement, au début de l’année 2002, Hekmatyar appellera à la « guerre sainte » contre les États-Unis depuis son lieu d’exil dans la capitale iranienne, avant de s’installer au Pakistan pour organiser des opérations anti-occidentales en Afghanistan.

 

Années 1990 : les pétrodollars saoudiens financent les talibans et al-Qaïda… avec l’appui des services américains

Dans les années 1990, les pétrodollars saoudiens et le discret soutien de la CIA, du MI6 et de l’ISI favoriseront l’émergence des talibans. En effet, d’après le chercheur et journaliste britannique Nafeez Ahmed, qui fut un consultant dans les enquêtes officielles sur les attentats du 11-Septembre et du 7-Juillet, « à partir de 1994 environ et jusqu’au 11-Septembre, les services de renseignement militaire américains [1] ainsi que la Grande-Bretagne, l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont secrètement fourni des armes et des fonds aux talibans, qui abritaient al-Qaïda. En 1997, Amnesty International a déploré l’existence de “liens politiques étroits” entre la milice talibane en place, qui venait de conquérir Kaboul, et les États-Unis. (…) Sous la tutelle américaine, l’Arabie saoudite continuait de financer [l]es madrasas. Les manuels rédigés par le gouvernement américain afin d’endoctriner les enfants afghans avec l’idéologie du jihad violent pendant la guerre froide furent alors approuvés par les talibans. Ils furent intégrés au programme de base du système scolaire afghan et largement utilisés dans les madrasas militantes pakistanaises financées par l’Arabie saoudite et l’ISI (…) avec le soutien des États-Unis. »

Dans un monde où, pour citer le général de Gaulle, « les États n’ont pas d’amis [mais] que des intérêts », Nafeez Ahmed explique ces politiques clandestinesde soutien aux talibans par le fait que « les administrations Clinton et Bush espéraient se servir [de ces extrémistes] pour établir un régime fantoche dans le pays, à la manière de leur bienfaiteur saoudien. L’espoir vain et manifestement infondé était qu’un gouvernement taliban assure la stabilité nécessaire pour installer un pipeline trans-afghan (TAPI) acheminant le gaz d’Asie centrale vers l’Asie du Sud, tout en longeant la Russie, la Chine et l’Iran. Ces espoirs ont été anéantis trois mois avant le 11-Septembre, lorsque les talibans ont rejeté les propositions américaines. Le projet TAPI a ensuite été bloqué en raison du contrôle intransigeant de Kandahar et de Quetta par les talibans ; toutefois, ce projet est désormais en cours de finalisation », mais visiblement sans la participation des supermajors occidentales. Rappelons alors que la multinationale californienne UNOCAL, qui a été absorbée par ChevronTexaco en 2005, négociait ce projet avec les talibans entre 1997 et le printemps 2001, avec le soutien du gouvernement des États-Unis. Or, le régime du mollah Omar protégeait Oussama ben Laden et ses hommes à cette époque.

Toujours dans les années 1990, les politiques clandestines de la CIA et de ses alliés britanniques, saoudiens et pakistanais favoriseront l’essor global d’al-Qaïda – une réalité documentée mais largement ignorée dans le monde occidental. Dans ce même article, Nafeez Ahmed rappelle que, « comme l’historien britannique Mark Curtis le décrit minutieusement dans son livre sensationnel, Secret Affairs: Britain’s Collusion with Radical Islam, les gouvernements des États-Unis et du Royaume-Uni ont continué de soutenir secrètement des réseaux affiliés à al-Qaïda en Asie centrale et dans les Balkans après la guerre froide, et ce pour les mêmes raisons que précédemment, à savoir la lutte contre l’influence russe, et désormais chinoise, afin d’étendre l’hégémonie américaine sur l’économie capitaliste mondiale. L’Arabie saoudite, première plateforme pétrolière du monde, est restée l’intermédiaire de cette stratégie anglo-américaine irréfléchie. »

Après les attentats contre les Tours jumelles et le Pentagone, la CIA durcira sa politique antiterroriste en détenant arbitrairement, en torturant et en liquidantdes membres présumés ou avérés du réseau de Ben Laden dans le cadre de la « guerre globale contre le terrorisme ». Pourtant, « vers le milieu [des années 2000], l’administration Bush décida d’utiliser l’Arabie saoudite pour transmettre des millions de dollars à des jihadistes affiliés à al-Qaïda, à des extrémistes salafistes et à des islamistes des Frères musulmans. L’idée était de renforcer ces groupes à travers le Proche-Orient et l’Asie centrale, dans l’objectif de contrer et de refouler l’influence géopolitique de l’Iran chiite et de la Syrie. En 2007, [le grand reporter] Seymour Hersh lui-même rapporta en détail le déploiement de cette stratégie dans le New Yorker, citant un certain nombre de sources gouvernementales issues des milieux de la défense et du renseignement aux États-Unis et en Arabie saoudite. » Ainsi, l’administration Bush revendiquait alors une « guerre contre le terrorisme » tout en soutenant des groupes jihadistes par l’entremise des services saoudiens – une politique de guerre par procuration qui trouve ses origines en Afghanistan dans les années 1980, et qui sera imposée à la Syrie trois décennies plus tard.

 

Années 2010 : la CIA coordonne l’effort de guerre anti-Assad des pétromonarchies et de la Turquie

En janvier 2016, quarante ans après la création du Safari Club, le New York Times révéla que l’Arabie saoudite avait été « de loin » le principal financeur de la guerre secrète de la CIA en Syrie, baptisée « opération Timber Sycamore ». Ce journal cita le rôle majeur du prince Bandar ben Sultan dans celle-ci – alors qu’il dirigeait les services saoudiens entre juillet 2012 et avril 2014 –, tout en reconnaissant que cette opération de « plusieurs milliards de dollars » annuels avait conduit au renforcement des groupes jihadistes en Syrie, avec la complicité de la CIA. Selon le Times, « les efforts saoudiens [en Syrie] furent dirigés par le flamboyant prince Bandar ben Sultan, (…) qui demanda aux espions du royaume d’acheter des milliers [de mitrailleuses] AK-47 et des millions de munitions en Europe de l’Est pour les rebelles. La CIA a facilité certains [sic] de ces achats d’armements pour les Saoudiens, dont un vaste deal avec la Croatie en 2012.Durant l’été de cette même année, ces opérations semblaient être hors de contrôle à la frontière entre la Turquie et la Syrie, les nations du Golfe transmettant de l’argent et des armes à des factions rebelles – y compris à des groupes dont les hauts responsables américains craignaient qu’ils soient liés à des organisations extrémistes comme al-Qaïda. »

En réalité, malgré ces craintes à Washington, la CIA coordonnait clandestinement depuis le mois de janvier 2012 au moins deux réseaux d’approvisionnement en armes financés par les pétromonarchies du Golfe et la Turquie : une série de livraisons aériennes depuis les Balkans, qui a récemment fait l’objet d’une enquête approfondie du BIRN et de l’OCCRP confirmant le rôle central de la CIA dans ce trafic d’armes illégal ; et une autre voie d’approvisionnement maritime depuis la Libye, selon les révélations jamais démenties du journaliste d’investigation Seymour Hersh.

Ainsi, le New York Times confirma indirectement les propos de la parlementaire américaine Tulsi Gabbard. Trois semaines avant les attentats du 13-Novembre, elle avait dénoncé sur CNN le soutien clandestin d’al-Qaïda par la CIA sur le front syrien, critiquant le fait que l’Agence avait pour objectif de renverser Bachar el-Assad en soutenant des rebelles loin d’être aussi modérés qu’ils nous avaient été décrits jusqu’alors. Comme elle l’affirma durant cet entretien, « les États-Unis et la CIA doivent stopper cette guerre illégale et contreproductive pour renverser le gouvernement syrien d’Assad et doivent rester focalisés sur le combat contre notre ennemi réel, les groupes islamistes extrémistes. Car actuellement, nous voyons pourquoi cela est contreproductif : en œuvrant (…) pour renverser le gouvernement syrien d’Assad, nous [sommes] en train de renforcer nos ennemis, les islamistes extrémistes. »

Avant de donner de plus amples détails sur cette politique clandestine et ses conséquences, elle rappela qu’« il n’y pas eu de vote au Congrès pour autoriser l’usage de la force, pour autoriser une guerre visant à renverser un gouvernement souverain. Depuis que j’ai siégé [à la Chambre des Représentants], il n’y a eu aucun vote, y compris avant que je sois élue [en 2013]. Donc le peuple américain n’a pas eu l’opportunité de s’exprimer, d’approuver ou de désapprouver une telle guerre. Par conséquent, elle est illégale. » Il est fort probable que le caractère illicite de ces opérations explique pourquoi le Président Obama, l’ancienne secrétaire d’État Hillary Clinton et d’autres hauts responsables américains ont systématiquement occulté le rôle majeur de la CIA dans le conflit en Syrie, comme l’a récemment souligné le professeur à l’université Columbia Jeffrey D. Sachs.

Lors de cette interview sur CNN, Tulsi Gabbard expliqua également que cette guerre secrète « est contreproductive car actuellement, des armements américains vont dans les mains de nos ennemis, al-Qaïda et ces autres groupes, des groupes islamistes extrémistes qui sont nos ennemis jurés. Ce sont des groupes qui nous ont attaqués le 11-Septembre, et nous étions censés chercher à les vaincre, mais pourtant nous les soutenons avec ces armes pour renverser le gouvernement syrien. (…) Je ne veux pas que le gouvernement des États-Unis fournisse des armes à al-Qaïda, à des islamistes extrémistes, à nos ennemis. Je pense que c’est un concept très simple : vous ne pouvez vaincre vos ennemis si, en même temps, vous les armez et vous les aidez ! C’est absolument insensé pour moi. (…) Nous en avons discuté [avec des responsables de la Maison-Blanche,] à la fois durant des auditions [parlementaires] et à d’autres occasions, et je pense qu’il est important que les citoyens des États-Unis se lèvent et disent : “Regardez, nous ne voulons pas aller [en Syrie] et faire ce qui s’est passé avec Saddam Hussein, faire ce qui s’est passé en Libye avec Kadhafi, car ce sont des pays qui ont sombré dans le chaos et qui ont été conquis par des terroristes islamistes à cause des actions des États-Unis et d’autres [pays].” »

Interrogé quelques semaines après ces déclarations, [2] Nafeez Ahmed souligna que « la représentante Gabbard est une femme politique de premier plan au sein du Parti Démocrate », dont elle assurait la vice-présidence avant de rejoindre l’équipe de campagne de Bernie Sanders. Ce bon connaisseur des arcanes de Washington ajouta qu’elle dispose d’un « accès à des informations gouvernementales confidentielles relatives aux politiques étrangères et militaires des États-Unis, puisqu’elle siège dans deux importantes commissions parlementaires : la Commission de la Chambre des Représentants sur les Forces armées et celle concernant les Affaires étrangères. De ce fait, ses critiques visant les politiques clandestines de l’administration Obama en Syrie sont à prendre très au sérieux. »

Surpris que les déclarations de Tulsi Gabbard n’aient pas suscité d’indignation nationale aux États-Unis, Nafeez Ahmed ajouta que « son témoignage sur CNN, loin d’être une “théorie du complot” infondée, confirme le soutien de la CIA en faveur de groupes affiliés à al-Qaïda en Syrie – qui s’opère principalement par l’entremise de nos partenaires régionaux tels que les États du Golfe et la Turquie. » Ces actions clandestines étant aujourd’hui de notoriété publique, elles soulèvent des questions dérangeantes sur la façon dont les intérêts géostratégiques court-termistes des États-Unis et de leurs alliés continuent de menacer la sécurité nationale de nos démocraties, et de déstabiliser un nombre croissant de pays. Finalement, moins d’une semaine après les attentats du 13-Novembre, Tulsi Gabbard déposa une proposition de loi, dont le but est de « stopper immédiatement la guerre illégale et contreproductive visant à renverser le gouvernement syrien d’el-Assad », cette initiative n’ayant toujours pas été débattue ni votée à la Chambre des Représentants.

Comment les opérations de la CIA et de leurs alliés saoudiens échappent au contrôle du Congrès

L’article du New York Times cité précédemment souligna aussi l’importance des chefs de station de la CIA en Arabie saoudite, qui y sont décrits comme étant « le véritable lien » entre Washington et Riyad depuis plusieurs décennies. Le Times fit remonter les origines de cette relation opaque et fusionnelle à la création du Safari Club. En mobilisant des fonds étrangers dans les années 1980, ce réseau a permis de financer les opérations clandestines de la CIA en Angola, au Nicaragua et en Afghanistan tout en échappant à la supervision du Congrès américain. Un tel système de financement sera adopté dès 2012 dans la guerre en Syrie, cette institution ne pouvant contrôler ce que le Washington Post a décrit en 2015 comme un « vaste effort [anti-Assad] de plusieurs milliards de dollars impliquant [la CIA,] l’Arabie saoudite, le Qatar [,] la Turquie » et leurs alliés, à travers l’« une des plus grandes opérations clandestines » de l’Agence. Conformément à la doctrine du « déni plausible », les financements extérieurs qu’elle mobilise ne sont pas soumis à la supervision du Congrès, qui ne peut exercer son contrôle sur les activités et les budgets des services spéciaux étrangers. Il en résulte que les États-Unis peuvent aisément rejeter la faute de l’essor des groupes extrémistes en Syrie sur leurs alliés du Proche-Orient, alors que la CIA soutient activement leurs opérations depuis les « MOC » (Military Operations Centers), des bases secrètes en Turquie et en Jordanie depuis lesquelles ont été livrées des milliers de tonnes d’armement aux milices anti-Assad, y compris les plus extrémistes.

Si les politiques imposées depuis quarante ans par les maîtres-espions américains et saoudiens recèlent encore bien des secrets, il ne fait plus de doute qu’elles ont grandement favorisé la création et l’internationalisation des réseaux jihadistes qui menacent dorénavant la paix mondiale. Comme l’avait expliquéYves Bonnet, l’ancien responsable « de la Direction de la surveillance du territoire (DST) (…), la CIA et l’Arabie saoudite ont créé de toutes pièces le terrorisme messianique dont se réclament Al-Qaïda et Daesh. » Et pour citer à nouveau Nafeez Ahmed, « les réseaux moudjahidines afghans ont été formés et financés sous la supervision de la CIA, du MI6 et du Pentagone. Les États du Golfe ont apporté des sommes d’argent considérables, tandis que l’Inter-Services Intelligence (ISI) pakistanais a assuré la liaison sur le terrain avec les réseaux militants coordonnés par [Abdullah] Azzam, [Oussama] ben Laden et [leurs complices]. L’administration Reagan a par exemple fourni 2 milliards de dollars aux moudjahidines afghans, complétés par un apport de 2 milliards de dollars de l’Arabie saoudite. »

Après avoir rappelé ces faits bien connus, Nafeez Ahmed remet en cause une idée fausse qui a été continuellement reprise par une grande majorité d’experts et de journalistes occidentaux depuis le 11-Septembre : « Selon la croyance populaire, cette configuration désastreuse d’une collaboration entre l’Occident et le monde musulman dans le financement des extrémistes islamistes aurait pris fin avec l’effondrement de l’Union soviétique. Comme je l’ai expliqué lors d’un témoignage au Congrès un an après la sortie du rapport de la Commission du 11-Septembre, cette croyance populaire est erronée. (…) Un rapport classifié des services de renseignement américains, révélé par le journaliste Gerald Posner, a confirmé que les États-Unis étaient pleinement conscients du fait qu’un accord secret avait été conclu en avril 1991 entre l’Arabie saoudite et Ben Laden, alors en résidence surveillée. Selon cet accord, Ben Laden était autorisé à quitter le royaume avec ses financements et partisans et à continuer de recevoir un soutien financier de la famille royale saoudienne à la seule condition qu’il s’abstienne de cibler et de déstabiliser le royaume d’Arabie saoudite lui-même. Loin d’être des observateurs distants de cet accord secret, les États-Unis et la Grande-Bretagne y ont participé activement. »

Dans le dernier livre de Peter Dale Scott, cet accord d’avril 1991 entre Ben Laden et la famille royale saoudienne est corroboré en citant le livre lauréat du prix Pulitzer de Lawrence Wright sur al-Qaïda et le 11-Septembre. D’après d’autres sources crédibles, cette entente aurait été renouvelée en 1995, selon Anthony Summers, puis en 1998, selon Ahmed Babeeb. Parallèlement, d’après l’ancien diplomate et officier consulaire américain à Djeddah Michael Springmann, « la CIA transféra [des moudjahidines ayant combattu en] Afghanistan vers les Balkans, l’Irak, la Libye et la Syrie en leur accordant des visas US illégaux » – affirmant avoir découvert que le consulat dans lequel il travaillait était en fait une « base de la CIA ».

Au vu des éléments étudiés dans cet article, loin d’être la nébuleuse insaisissable qui nous est décrite dans les médias occidentaux, le réseau d’al-Qaïda a été utilisé par les services spéciaux américains et leurs partenaires y compris après la guerre froide, afin de remplir différents objectifs géostratégiques inavouables. Comme nous l’avons analysé, il s’agit de faits corroborés qui nous permettent, quinze ans après le 11-Septembre, de mesurer à quel point ces politiques clandestines de la CIA et de leurs alliés sont hors de contrôle. Les informations montrant que les forces soutenues par l’Agence en Syrie combattentcelles qui appuient les opérations du Pentagone sur le terrain en sont une illustration édifiante.

La « guerre contre le terrorisme » : une guerre perpétuelle, lucrative (et mondiale ?)

Ainsi, une étude approfondie de l’histoire d’al-Qaïda indique que l’essor global du jihad armé découle essentiellement des relations troubles entre les responsables de la CIA et leurs homologues saoudiens, dont le royaume est décrit par de nombreuses sources autorisées comme le principal sponsor des organisations islamistes à travers le monde. Du jihad afghan au takfir syrien, des actions clandestines de la CIA massivement cofinancées par les pétrodollars saoudiens ont donc renforcé la nébuleuse al-Qaïda jusqu’à présent, et ce malgré le 11-Septembre, la mal-nommée « guerre contre le terrorisme », et les récents attentats ayant frappé les populations occidentales. Comme nous l’avons étudié, ces opérations de la CIA ont été bien souvent déléguées aux services saoudiens et à d’autres partenaires étrangers, ce qui explique pourquoi il est si difficile de comprendre le jeu dangereux de l’Agence vis-à-vis du terrorisme islamiste.

Peu traitée dans les médias, l’histoire inavouable d’al-Qaïda doit être expliquée à l’opinion publique car, comme le démontre la tragédie syrienne, les leçons du jihad afghan n’ont visiblement pas été retenues par nos dirigeants. Ainsi, de nouvelles catastrophes liées au terrorisme sont à craindre dans le monde occidental, notamment du fait du retour de Syrie des combattants extrémistes dans leurs pays d’origine. Hélas, dans un contexte de guerre perpétuelle qui génère annuellement des milliards de dollars de profits pour les multinationales de l’énergie, de l’armement, du mercenariat et du renseignement privé, les dirigeants occidentaux ont-ils la volonté de stopper ces interventions et de redéfinir une stratégie proche-orientale moins militarisée, mais certainement plus constructive ? Après quinze années d’une « guerre contre le terrorisme » qui a considérablement amplifié cette menace, qui a favorisé une privatisation massive des opérations militaires, et qui aurait engendré la mort de plus d’un million de personnes rien qu’en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, cette question dérangeante mérite d’être posée.

Enfin, concernant le casus belli qui a légitimé cette guerre perpétuelle, une interrogation tout aussi perturbante subsiste. En effet, les principaux accusés des attentats du 11-Septembre n’ont toujours pas été jugés par les tribunaux militaires de Guantánamo. Bien que les aveux extirpés sous la torture sont juridiquement irrecevables, il n’en demeure pas moins que le plus grand crime de l’Histoire moderne des États-Unis n’a encore jamais fait l’objet d’un quelconque procès.

Or, le Congrès américain vient d’autoriser les familles des victimes de ces événements à poursuivre l’Arabie saoudite en justice pour son rôle présumé dans ces attaques – malgré le veto du Président Obama, qui empêchera la promulgation de cette loi. Dans ce contexte, au vu de la relation fusionnelle entre le royaume des Saoud et la CIA, cette analyse écrite par Jean-Pierre Chevènement en 2004 est encore plus pertinente aujourd’hui : « la propagation du terrorisme islamiste, certes regrettable, fournit aussi un alibi idéal à l’entreprise de recolonisation du Moyen-Orient et de domination mondiale, à l’échelle d’un “nouveau siècle américain”, dans laquelle s’est lancée l’administration de George W. Bush. L’histoire du retournement des milices wahhabites d’Oussama ben Laden contre les États-Unis, qui les avaient soutenus contre l’URSS en Afghanistan, comporte tant de zones d’ombres qu’on peut se demander si la coopération très étroite entre la CIA et les services secrets saoudiens du prince Turki, congédié seulement quinze jours avant le 11-Septembre, n’éclairerait pas utilement les circonstances d’un événement qui a ouvert une page nouvelle dans l’histoire des relations internationales : comme Athéna sortant tout armée de la cuisse de Jupiter, la “Quatrième Guerre mondiale” a été décrétée ce jour-là. » [3]

 

Par Maxime Chaix

Source : maximechaix.info

 

Notes

[1]. J’ai demandé à Nafeez Ahmed ce qu’il signifiait par « services de renseignement militaire », une expression qu’il emploie fréquemment. En réalité, il fait référence aux branches paramilitaires des services spéciaux agissant dans le cadre d’opérations clandestines, comme celles de la CIA, du MI6, de l’ISI (etc.), et qui sollicitent parfois l’appui des forces spéciales et des services de renseignement militaire. 

[2]. Je réalisais alors une interview écrite de Nafeez Ahmed, qui n’a jamais vu le jour en raison des attentats du 13-Novembre et de la surcharge de travail que ce drame avait engendrée pour lui et moi

[3]. Hyperlien et accentuation ajoutés. 

TOUT SAVOIR SUR LE 11 SEPTEMBRE 2001 : DEPUIS CETTE DATE A CE JOUR
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