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L’Arabie Saoudite confrontée à une crise majeure

Publié par medisma sur 5 Octobre 2016, 20:18pm

L’Arabie Saoudite confrontée à une crise bancaire majeure

 

Un indice boursier au plus bas, des injections de capitaux qui ne produisent plus leurs effets, et des déposants qui retirent leur argent. L’Arabie Saoudite subit une vraie panne de son système financier, qui atteint désormais un seuil critique.

L’Arabie Saoudite est-elle en train de rejouer la crise bancaire post-Lehman Brothers ? La question se pose alors que depuis plusieurs mois le système financier saoudien en son entier semble être totalement grippé. L’indice boursier local, le Tadawul, a perdu 21% depuis le début de l’année, au plus bas depuis 5 ans.

Le secteur bancaire du pays a littéralement la tête sous l’eau. Il est rattrapé en réalité par la forte baisse du pétrole, depuis le milieu de l’année dernière. Cette onde de choc a paralysé un par un les relais de croissance d’un pays qui dépend précisément à 60% pour son PIB des industries pétrolières et bancaires.

Tensions récurrentes

Et cette sorte de vague avec effet retard frappe de plein fouet un secteur bancaire déjà en situation de fragilité sensible, face à la défiance des investisseurs, notamment internationaux, qui redoutaient depuis des mois l’impact-pétrole. Les premiers signes sont apparus en février dernier, avec des tensions sur le marché interbancaire, et des indices qui montraient clairement que certaines banques, même parmi les plus grosses, connaissaient des problèmes de liquidité.

En gros, presque plus d’argent en caisse pour assurer les opérations courantes. Cela a conduit la banque centrale du pays à une première série d’injections au printemps. Le système bancaire du pays a de nouveau respiré, mais des signes de blocages ont refait leur apparition pendant l’été.

Les raisons de ces blocages sont claires. Un pétrole moins cher signifie une forte baisse des rentrées d'argent pour le royaume, ce qui a provoqué d’importantes coupes budgétaires ces derniers mois. Tout cela a mis à terre le secteur public, très gros contributeur du PIB saoudien, et réduit la croissance à quasiment zéro. Les économistes prévoient tout au plus 1% cette année, la plus faible croissance depuis 7 ans.

Prêts d’urgence

Et, pour assainir ses finances, l’Arabie Saoudite retire des masses d'argent considérables des banques dans lesquelles il possède des comptes. Ce qui du coup provoque aussi une forte baisse des dépôts des particuliers, et au final une vraie panne sèche de liquidités. La Banque Centrale a donc décidé de réinjecter de capitaux dans le système financier à la fin de la semaine dernière, 5.3 milliards de dollars à travers des prêts d'urgence à 1 mois.

Là encore le soulagement aura été de court terme, et l’indice Tadawul a encore signé de nouveaux plus bas ces dernières heures, juste avant les fêtes du nouvel an islamique. "Dans le sillage, tous les secteurs domestiques sont touchés" explique Abdulhamid Al-Ameri, économiste de marché saoudien. "Les biens de consommation, l’électricité, les médias, les transports… tout ce qui est touché de près ou de loin par la panne de crédit".

Les économistes sont très divisés sur le diagnostic, alors que le pays a en plus décidé d’une grande réforme économique à long terme, pour être moins dépendant du pétrole, mais qui aura des conséquences structurelles à long terme.

Soif de capitaux

L'Arabie Saoudite attend donc beaucoup de sa première très grosse émission obligataire, qui doit avoir lieu ces prochaines semaines, pour désenclaver son système bancaire. L’ouverture partielle du capital du pétrolier national, le géant Saudi Aramco, apportera elle aussi des capitaux bienvenus. Mais en attendant, le pays reste dans une situation économique précaire, et compte bien profiter de la stabilisation des prix du pétrole du côté des 50 dollars.

On comprend mieux dès lors la position un peu plus souple du pays dans ses négociations avec les autres pays de l'OPEP, qui ont amené à l’accord historique d’Alger.

 

Par Antoine Larigaudrie

http://bfmbusiness.bfmtv.com/

 

 

Dette américaine : la fin du secret sur l'Arabie saoudite

Le Trésor américain a publié pour la première fois le total des treasuries détenus par l'Arabie Saoudite. A 117 milliards de dollars, les encours de Riyad sont inférieurs aux estimations du marché.

C'est un secret gardé depuis près de quarante-deux ans qui vient d'être levé. Le Trésor américain a publié, comme tous les mois, les chiffres de la dette publique américaine détenue à l'étranger... y compris par l'Arabie saoudite. Jusqu'à présent, en effet, une quinzaine de pays de l'Opep, dont le Koweit ou le Nigeria, apparaissaient dans les statistiques comme une seule catégorie. Les encours saoudiens ne pouvaient donc pas être connus avec précision. Le pays pouvait également acquérir des titres sans passer par la procédure d'adjudication classique. Ce traitement de faveur avait été négocié entre Riyad et Washington lors du choc pétrolier de 1974. Les Etats-Unis étaient en effet prêts à se montrer conciliants avec cet allié qui leur apportait en échange de précieux pétrodollars.

De son côté, Riyad a longtemps profité de cette ambiguïté, laissant volontiers les estimations s'échauffer sur la taille réelle de ses encours. Leur importance supposée permettait en effet au royaume saoudien d'exercer une certaine pression sur le marché, en menaçant de céder massivement ses titres. Une crainte d'autant plus d'actualité qu'avec la baisse des prix du pétrole, l'Arabie saoudite a dû puiser dans ses réserves de change pour combler son déficit.

Les marchés ont appris lundi que les encours de Treasuries au 31 mars 2016 s'élevaient à 116,8 milliards de dollars. Une information communiquée après que Bloomberg a fait jouer le « Freedom of Information Act ", une loi américaine qui oblige l'administration à transmettre des documents lorsqu'on lui demande. Le poids des encours saoudiens sur le marché des emprunts d'Etat américains semble avoir été largement surestimé. En avril dernier, le « New York Times " évaluait par exemple à 750 milliards de dollars les actifs que pourrait céder Riyad si le pays était déclaré responsable devant les tribunaux des attentats du 11 -Septembre.

Avec moins de 117 milliards de dollars, le royaume saoudien se retrouve en treizième position, très loin derrière les deux principaux créanciers de Washington, la Chine (1.245 milliards de dollars) et le Japon (1.137 milliards). Certes, ces encours sont tout de même significatifs, et restent largement au-dessus de ceux de la Russie, de l'Allemagne ou du Canada. Mais une mise en vente massive n'aurait pas forcément d'impact sur un marché de la dette américaine de 13.400 milliards de dollars. Surtout au cours de l'année écoulée, Riyad a plutôt eu tendance à renforcer sa position, jusqu'à un pic de 123,6 milliards de dollars en janvier. Et elle détient toujours plus de Treasuries qu'en novembre 2015. Une façon peut être de profiter de la hausse de la valeur des emprunts d'Etat américains provoquée... par la chute des prix du pétrole.

 

Par  GUILLAUME BENOIT

source: www.lesechos.fr

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