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Algérie : la brave paix d’un peuple martyrisé

Publié par medisma sur 12 Décembre 2016, 21:55pm

 

Algérie : la brave paix d’un peuple martyrisé

A. Lincoln, W. Churchill et H. Ait Ahmed même destin

Certainement comme celles d’autres peuples, l’oralité algérienne est si riche qu’elle peut s’en passer des règles de la théorie du choc et de certains concepts économiques comme les élasticités.

Pour la première, bombarder le peuple – pas l’opinion publique parce qu’elle n’existe pas en Algérie – par des problèmes afin de lui faire admettre l’obligation d’accepter des solutions ravageuses est une rengaine trop connue pour qu’elle soit crue. En Algérie, il existe un dicton qui dit : « Frappe l’âne quand il demande la paille et il oubliera la luzerne. »

Sans être crue, la solution préconisée qu’est l’austérité sera acceptée parce que le souci majeur des Algériens est la paix. Ils savent et ils ont compris que leur prospérité dépend de leur énergie, richesses et raison. La combinaison lucide de ces trois facteurs leur garantira le bonheur.

Pour les élasticités, c’est une pratique au quotidien des familles algériennes lessivées par la pauvreté. Dans la tradition kabyle, le père doit prendre son garçon au marché populaire pour un double baptême : le père va montrer qu’il a une descendance qui va l’hériter et lancer dans l’agora des affaires son futur sauveur, son futur protecteur.

Comme vécu par le rédacteur de ce texte quand il a atteint l’âge d’obligation de faire le marché hebdomadaire du jeudi à Tazmalt (Bejaia, Algérie), il exécutait les instructions, la feuille de route, comme gravées dans sa tête et, même s’il était aimé comme un dieu, gare à lui s’il commet une faute.

Avant d’aller à ce marché de produits naturels d’une agriculture vivrière, un échantillon d’instructions : n’achète pas la tomate si elle coute plus de tant de dinars et dans ce cas, alors si l’oignon et la pomme de terre coutent autant ou moins de tant de dinars respectivement, tu prendras tant de kilogrammes pour le premier légume et tant d’autres pour l’autre. À l’époque, les navets étaient gratuits et les vendre était un opprobre à la générosité de la terre, à la miséricorde divine. Si l’envie d’un fruit ou d’un peu viande prend le garçon qui incarne le ménage-consommateur et la suggère à ses parents et si le budget est serré alors il entendra un bon tais-toi et un non ferme, irrévocable et irréversible.

Généralement ce sont les mères qui énumèrent ces instructions à retenir comme un algorithme et qui sont les élasticités enseignées dans les cours d’économie dans les universités.

Atteint par le syndrome de la complication et oppressés par les monopoleurs du mot appelés élite comme l’a été le rédacteur de ce texte, certains lecteurs algériens prendraient ce qui précède pour des banalités sans intérêt ; en ajoutant ce qu’a écrit Cornelius Castoriadis[1], philosophe et ancien cadre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ils changeront d’avis :

« Dans le pays d’où je viens, la génération de mes grands-parents n’avait jamais entendu parler de planification à long terme, d’externalités, de dérive des continents ou d’expansion de l’Univers. Mais, encore pendant leur vieillesse, ils continuaient à planter des oliviers et des cyprès, sans se poser de questions sur les coûts et les rendements. »

Si en Kabylie, ces considérations sont les indicateurs de mesure réciproque de jalousie et du niveau social par le revenu ; en Occident, elles font l’objet de théories savantes comme les effets Giffen et Veblen. Pour les pauvres et orphelins, il y a Dieu, le Miséricordieux.

 

Surat l’Orphelin.[2]

 

Et la stupidité : « Il n’y a que Dieu qui ne se trompe pas. »

Dans une improvisation qui confirme l’incompétence des Exécutifs algériens (présidence et gouvernement) et la pression sous laquelle ils agissent, avec la complicité des barons qui ont réussi à privatiser l’État avec la malédiction du Fond monétaire international et de la Banque mondiale qui agissent pour les intérêts privés qui veulent contrôler le monde, et après le bide d’un forum africain pour les affaires conclu en apothéose avec : « Il n’y a que Dieu qui ne se trompe pas », une stupidité avalisée y compris par les plus chatouilleux des religieux – aucune réaction n’a été lue de leurs parts – la brave paix dans laquelle continue à résister le peuple algérien martyrisé mérite une courbette de déférence.

Dieu est Miséricordieux, Omniscient et Omnipotent donc Il est capable de se tromper, c’est une évidence, mais Il ne le fait pas parce qu’Il est juste ! Dieu a créé l’homme à Son image. À travers toute cette engeance qui vend la patrie, Il montre que ce sont les hommes qui font souffrir leurs compatriotes et non pas Lui. Les Algériens, à défaut d’une Révolution pacifique, prendront leur mal en patience en attendant le jour de la Résurrection parce que Dieu ne s’occupe ni du cours du dinar ni de la richesse monétaire.

L’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie a parlé[3]

Et il a confirmé à Aix-Marseille School of Economics tous les dégâts de la politique monétaire algérienne qu’il a pilotée de 2001 à 2016. Dans la fiche de présentation, sous la plume du chargé de communication de cette école, il est écrit : « l’excès structurel de liquidité sur le marché monétaire[4] durant la période 2002 à 2014. Au cours de cette période, la conduite active de la politique monétaire au moyen d’instruments pertinents de résorption de l’excès de liquidité a largement contribué à contenir les effets inflationnistes. » En filigrane, il a confirmé que les turpitudes de certaines personnalités, les affaires scabreuses qui ont maintenu et maintiennent les Algériens par presse interposée dans un flou hallucinogène ne sont qu’un décor pour le massacre que l’actuel gouverneur exécute par la dévaluation criminogène du dinar.

Aucune réponse ni de l’ancien gouverneur ni de l’actuel ni de la présidence

Puisque les Occidentaux n’ont pas confiance dans l’action des pouvoirs publics algériens, ils ont imposé une nouvelle constitution. Si le rédacteur de ce texte a reçu des réponses de l’ONU, du gouvernement du Québec, de l’équipe de campagne d’un candidat à la présidentielle française, ni l’ancien gouverneur, ni l’actuel ni la présidence de la République n’ont fourni de réponses aux sujets suivants : l’équation du taux de change réel du dinar, ni celles du calcul de l’inflation ni la dotation de la République d’un hymne national bilingue.

Et la cantine avec impunité est ouverte

Dans la continuation du processus de soumission de l’Algérie, c’est la docilisation de certains Algériens pour les attirer vers la cantine avec impunité est ouverte, c’est la course vers les mandats de députés et de sénateurs sous une constitution bâtarde qui ne savent même pas qui l’a rédigée dans laquelle l’amazighité de l’Algérie qui était une force est en voie de devenir une faiblesse ; sans la bravoure et l’amour de certains Algériens pour la patrie de Hocine Ait Ahmed, de ses frères et sœurs qui nous ont offert, en plus de la liberté, un territoire riche, deviendra une menace.

A. Lincoln, W. Churchill et H. Ait Ahmed même destin

Ces trois hommes ont fait des révolutions. Le premier a aboli l’esclavage, le deuxième a combattu le nazisme, le troisième a théorisé la révolution et en a fait un modèle pour d’autres pays y compris le Québec. Les deux premiers, Lincoln et Churchill, n’ont pas laissé de partis politiques derrière eux. Le troisième est sur la bonne et excellente voie que les Algériens généreux paieront avec des larmes et des douleurs, et en cette première commémoration de son décès, demeureront pacifiques. Les deux objectifs de cœur de Hocine Ait Ahmed étaient la paix et une constituante. Non atteints, ils sont devenus une brèche béante pour la paupérisation et l’indignité.

Si la Banque d’Angleterre a nommé l’ex gouverneur de la Banque du Canada à sa tête en faisant abstraction de sa nationalité, la constitution algérienne a fait du rédacteur de ce texte et de ses compatriotes brulés par l’exil des pestiférés. Dieu, merci, l’amour ne dépend ni du dinar ni d’une loi écrite. Juste d’un Ange. Le bleu.

Par Cherif Aissat

Mondialisation.ca, 10 décembre 2016


[1] Cornelius Castoriadis. Domaines de l’homme. Les carrefours du labyrinthe. Volume 2. Le seuil. 1986. p. 185.

[2]  « Vois-tu celui qui traite de mensonge la Rétribution ? C’est bien lui qui repousse l’orphelin, et qui n’encourage point à nourrir le pauvre.  Malheur donc, à ceux qui prient tout en négligeant (et retardant) leur Salat, qui sont pleins d’ostentation et refusent l’ustensile (à celui qui en a besoin). » Traduction non certifiée. http://www.islamfrance.com/coran-apprendre.html#sthash.m8FftENf.dpuf

[3] Camse. École d’économie d’Aix-Marseille. Aix-Marseille School of Economics. Mohamed Laksaci. Algérie, politique monétaire et dépendance des ressources naturelles.   https://www.amse-aixmarseille.fr/evenement/algerie-politique-monetaire-et-dependance-des-ressources-naturelles (consulté le 09/12/2016).

[4] James Kenneth Galbraith. The Predator State. How Conservatives Abandoned the Free Market and Why Liberals Should Too. Free Press. 2008. “Milton Friedman himself, the father of monetarism, in 2003 repudiated his own old policy doctrine: “The use of quantity of money as a target has not been a success…I’m not sure I would as of today push it as hard as I once did.” pp 5-6. 

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