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Risque politique maximal pour l'économie mondiale en 2017

Publié par medisma sur 31 Décembre 2016, 12:48pm

 

Risque politique maximal pour l'économie mondiale en 2017

 

2017 : le risque politique pèse sur l’économie mondiale

Arrivée à la Maison-Blanche de Donald Trump, élections en rafale en Europe, tensions avec la Chine, ces incertitudes menacent l’activité et les marchés. Après une année 2016 qui a déjoué les pronostics des analystes, avec le choix par les Britanniques du Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les économistes se rejoignent sur un point : le risque politique pèsera plus lourd que jamais sur l’économie mondiale en 2017. Quelles seront les premières décisions du président Trump ? Avec quel impact sur les marchés financiers, le commerce international, les taux d’intérêt ou le prix du baril de pétrole ?

Sur le Vieux Continent vont se succéder des élections dans les deux premières économies de la zone euro, la France et l’Allemagne, sur fond de montée des nationalismes. Comment réagiront les investisseurs et les consommateurs qui détestent l’incertitude ?

Jusqu’à présent, le Fonds monétaire international prévoit une amélioration de la croissance mondiale et du commerce international, mais, de la Turquie au Brésil en passant par la Russie, l’année s’annonce décidément sous le signe de l’imprévisibilité.

I- Avec Donald Trump, l’empire contre-attaque

Haro sur les prévisionnistes qui n’ont vu venir ni le Brexit ni l’élection de Donald Trump. La réalité dépasse la fiction dont la prévision économique n’est après tout qu’une variante chiffrée qui ne vaut pas brevet de scientificité.

Présenté comme un démagogue, sans être un idéologue, ultralibéral à l’intérieur et détracteur du libre- échange à l’extérieur, le 45e président des États-Unis désarçonne pour le meilleur et pour le pire.

Pour le moment, Wall Street, qui a gagné 9 % depuis l’élection du 8 novembre, n’a voulu voir que la face ensoleillée de la pièce, «la relance budgétaire d’au moins 2 % du PIB américain par an, sur laquelle la Maison-Blanche et le Congrès se mettront d’accord au deuxième trimestre 2017 », estime Andrew Kenningham, expert de Capital Economics. Ce scénario favorable à la croissance paraît d’autant plus cré- dible « que l’élection de Donald Trump, conjuguée au maintien de la majorité républicaine au Congrès, a mis fin à six années de division au niveau de la direction du pays », analyse sur son blog Maurice Obstfeld, le chef économiste du FMI. L’unité à la tête de la première puissance économique est de bon aloi.

Envolée des taux d’intérêt

Le pire, c’est le volet protectionniste du nouvel hôte de la MaisonBlanche. Les marchés financiers l’ont totalement occulté, comme s’ils étaient victimes d’un biais Cognitif assez classique : «Il est plus facile de chiffrer les effets d’un programme de baisse d’impôts sur la croissance que l’impact des mesures isolationnistes sur le commerce et l’immigration qui conduiront inéluctablement à affaiblir les capacités de croissance à moyen terme », reconnaît Olivier Garnier, le chef économiste de la Société générale. Ce qui est bon pour l’Amérique l’est-il pour le reste du monde ? Donald Trump s’en soucie comme d’une guigne, lui qui a osé évoquer un retrait américain de l’OMC, de l’Otan, voire de l’ONU. Sans même imaginer pareil scénario de guerre commerciale apocalyptique, le tribut à payer pour « le reste du monde » est d’ores et déjà considérable. L’envolée des taux d’intérêt et du dollar liée à la politique de relance unilatérale des États-Unis hypothèque les marges de la manœuvre des autres banques centrales, dont la BCE. Or on n’a peut-être encore rien vu. « Des incitations fiscales, qui encouragent les sociétés américaines à rapatrier leurs bénéfices conservés à l’étranger (estimés selon certains à 2 500 milliards de dollars) pourraient également faire grimper le dollar », avertit Maurice Obstfeld. L’empire américain contre-attaque, traitant les autres comme des ennemis de l’intérieur : le danger majeur de 2017 ? ■

II- Avis d’incertitude. Des États-Unis à l’Europe, l’agenda politique chargé va peser sur l’activité et les marchés

Le patron des patrons allemand résume parfaitement ce constat largement partagé : «Le niveau d’incertitude mondiale a augmenté, tout comme l’imprévisibilité. Malheureusement, je crains que cela ne change pas beaucoup en 2017 », a déclaré ces jours-ci Ulrich Grillo, président du BDI à l’agence Reuters.

Parmi les experts et les médias, ils n’étaient guère nombreux, il y a un an, à parier sur le choix du Brexit par les électeurs britanniques ou sur la victoire de Donald Trump, alors candidat républicain parmi une douzaine d’autres. À l’orée de 2017, s’ils se gardent de formuler des pronostics précis, les économistes s’accordent sur un point : la croissance, les échanges commerciaux et les marchés financiers seront davantage encore soumis à un agenda politique chargé.

Élections majeures

Avec son investiture le 20 janvier, Donald Trump ouvre le bal. Le nouvel hôte de la Maison-Blanche va devoir passer des tweets aux actes. Programme de relance, fiscalité, commerce, énergie, sur tous ces fronts, l’impact de ses décisions débordera les frontières américaines. Sur le Vieux Continent, le calendrier est jalonné d’élections majeures : législatives aux Pays-Bas en mars ; présidentielle en France en mai ; législatives en Allemagne en septembre. Sans exclure de possibles scrutins anticipés en Italie et en Grèce, deux pays dont l’instabilité inquiète toujours les analystes. Les milieux d’affaires redoutent la montée du populisme et du nationalisme à travers l’Europe qui pourrait freiner les échanges commerciaux et donc l’activité en général. Le facteur politique sera aussi dé- terminant pour la trajectoire économique de plusieurs grands pays émergents, en particulier la Turquie et le Brésil. Il y a un an, les experts redoutaient un coup de frein brutal de la locomotive chinoise. Ce risque apparaît moindre mais n’est pas écarté. Finalement, aucun choc économique ne viendra peut-être de ces points chauds sous surveillance, mais ils pourront surgir d’ailleurs. C’est bien le propre d’un monde plus imprévisible que jamais. ■

 

Le retour aigre-doux de l’inflation

Bonne nouvelle, l’inflation qui est la conséquence naturelle d’une demande dynamique semble de retour. Aux États-Unis avec le plein-emploi (taux de chômage d’à peine 4,6 % en novembre), les salaires ont enfin redémarré et la hausse des prix à la consommation se rapproche de l’objectif de 2 % de la Fed (banque centrale américaine). Dans la zone euro, elle devrait franchir la barre de 1 % dès le début de l’an prochain selon la BCE. L’économie va enfin cesser de marcher sur la tête, avec cette monstruosité qu’auront été ces deux dernières années les taux d’intérêt négatifs.

Mauvaise nouvelle, la remontée du pétrole rançonne le pouvoir d’achat des ménages. Le prix du gazole à la pompe a d’ores et déjà grimpé de 21 % en 2016 en France par rapport à ses basses eaux du dé- but d’année, selon les relevés de l’Ufip. Et de façon générale, le dégel des prix va faire des malheureux en grand nombre. Que ce soient les retraités, dont les revenus sont bloqués, ou l’État, gros emprunteur. Les charges de la dette publique vont s’alourdir avec l’envolée des taux d’intérêt de marché (les OAT à dix ans de l’État français, tombés à 0,1 % le 8 juillet dernier, se négocient maintenant aux alentours de 0,7 %).

 

Baisse du revenu en Europe

Comme la langue d’Ésope, l’inflation est la pire ou la meilleure des choses. Aux États-Unis, son redé- marrage est le signe d’une économie qui tourne rond. « L’économie américaine verra d’ici à 2018 son activité dépasser son niveau de croissance potentielle, ne laissant d’autre choix à la Fed que de remonter son taux directeur pour combattre le risque inflationniste », note Denis Ferrand, directeur de l’institut de conjoncture Coe-Rexecode.

La zone euro est logée à toute autre enseigne. Le gonflement des prix à la consommation reflète essentiellement les hausses de l’énergie et des matières premières, du fait de la montée des cours internationaux et du dollar. « Il faut distinguer l’inflation domestique et l’inflation importée qui réduit le revenu réel et la demande », souligne Patrick Artus, chef économiste de Natixis. À cet égard, on ne peut que dé- plorer la confusion entretenue par la BCE dans sa communication publique. Il n’est même pas sûr que le retour de

 

III- L’Europe face à la montée des populismes

Déboussolée par le référendum sur le Brexit, empêtrée dans une crise migratoire qui perdure, piégée par une croissance qui reste molle… Si elle a réussi à survivre à l’année 2016, l’Union européenne redoute déjà 2017. Les élections qui vont se tenir dans plusieurs pays européens, dont la France et l’Allemagne, seront regardées de très près à l’heure où les nationalismes « anti-Bruxelles » progressent un peu partout en Europe. À chaque fois, la même crainte revient : qu’un mouvement populiste prenne du poids. Le parti d’extrême droite AfD en Allemagne, le Front national de Marine Le Pen en France, le Parti pour la liberté de Geert Wilders aux Pays-Bas, le Mouvement 5 étoiles antisystème de Beppe Grillo en Italie… Ce sont autant de noms redoutés dans les cercles économiques qui ne se fient plus vraiment aux sondages après les erreurs de pronostics concernant le référendum sur le Brexit et l’élection de Donald Trump. Un indicateur du risque politique «Nous ne savons pas vraiment ce que ces partis peuvent faire s’ils arrivent au pouvoir », avertit Julien Marcilly, économiste en chef de l’assureur-crédit Coface. Et, à court terme, l’incertitude politique, ennemie des marchés, «peut avoir beaucoup d’effets sur l’économie. Les entreprises peuvent décider de geler leurs investissements tout comme les ménages », insiste l’économiste. Pour tenter de rendre prévisible l’imprévisible, Coface a décidé de créer un nouvel indicateur du risque politique spécifique à l’Europe. Désormais, le sentiment eurosceptique, la crainte migratoire et le morcellement de la scène politique sont des critères utilisés par l’assureur-crédit pour évaluer la situation d’un pays européen. Et ce, au même titre que des données économiques classiques comme, par exemple, la hausse du chômage. Coface estime que l’incertitude politique a déjà rogné la croissance. Autre sujet chaud attendu pour 2017 : le Brexit, qui a été relégué au second plan ces derniers mois. Londres et Bruxelles devraient en effet débuter, à une date encore incertaine, les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE qui s’annoncent extrêmement difficiles. Ce qui pourrait pousser les banques de la City à accélérer leurs délocalisations sur le Vieux Continent. Enfin, la Grèce. Même si plus personne ne parle d’un possible « Grexit » comme en 2015, les discussions restent compliquées entre Athènes, ses créanciers européens et le FMI dans le cadre du plan d’aide de 86 milliards. Problème : Athènes doit honorer d’importantes échéances en juillet. Et les pays de la zone euro ne débourseront pas une nouvelle tranche d’aide si la situation ne s’améliore pas. ■

 

IV- Le dollar, le pétrole et les taux

 

LE DOLLAR À PARITÉ ?

L’élection de Donald Trump a dopé le dollar. Il est à son plus haut historique contre le yuan chinois. Et pourrait retrouver en 2017 la parité avec l’euro, du jamais-vu depuis 2003.

LE REBOND DU PÉTROLE

L’accord conclu en novembre entre les membres de l’Opep pour réduire la production prend effet le 1er janvier. S’il est respecté, le baril poursuivra sa hausse, pour le bonheur des pétroliers et le malheur des consommateurs.

LES TAUX REMONTENT

En anticipant un retour de l’inflation avec l’élection de Trump, les investisseurs ont fait remonter les taux obligataires américains. L’Europe a suivi. Cette tendance devrait se poursuivre en 2017.

 

V- Poutine gonfle ses muscles pour le meilleur ou le pire

Le magazine Forbes l’a désigné homme le plus influent de l’année 2016, devant Donald Trump. Vladimir Poutine est revenu au centre du jeu diplomatique via le théâtre sanglant syrien. Nul doute qu’en 2017, l’homme qui préside aux destinées de la Russie depuis dix-sept ans imposera davantage encore sa carrure étoffée sur la marche du monde. La Russie a beau n’être qu’un nain économique (à peine 2 % du PIB mondial), son statut de premier exportateur mondial de gaz et de deuxième exportateur de pétrole lui conserve un levier puissant dans le jeu économique planétaire. Ce d’autant plus que la remontée du prix du pétrole redonne de l’oxygène à un pays affaibli par deux années de récession. Dans quelle mesure l’assurance retrouvée de la Russie pourrait-elle provoquer des chocs économiques ou financiers ? Si Donald Trump et Vladimir Poutine trouvent un nouveau terrain d’entente, les conséquences pour l’activité et le commerce devraient au contraire être bénéfiques. A fortiori si les différentes élections dans l’Union européenne placent des dirigeants plus enclins à améliorer les relations avec Moscou voire à mettre fin aux sanctions contre la Russie. «La priorité du Kremlin sera de relancer l’économie et d’avoir une année géopolitique plus calme dans la perspective de l’élection présidentielle de mars 2018», pronostique le consultant Chris Weafer, qui conseille de longue date les investisseurs en Russie. Alliés diversifiés Vladimir Poutine, en dé- fenseur sourcilleux des intérêts nationaux, cherche à diversifier ses alliances. C’est ainsi qu’il vient de passer un accord avec l’Arabie saoudite pour faire remonter le prix du pétrole ou avec le Qatar, qui a acheté des parts de la compagnie pétrolière publique Rosneft pour 11 milliards de dollars. Deux pays pourtant opposés au protégé du Kremlin Bachar el-Assad. Moscou n’a donc guère intérêt à susciter des tensions dans les prochains mois. Mais Chris Weafer avertit : «S’il est provoqué, l’ours russe peut donner un coup de griffe de manière imprévisible. » En Ukraine, dans les Pays baltes, au Moyen-Orient ou aux États-Unis, si les choses tournaient mal avec Donald Trump, les risques de secousses à l’impact économique incertain ne peuvent pas être écartés.■

 

VI- La Chine se prépare à une guerre commerciale

«Nous ne pouvons plus continuer de laisser la Chine violer notre pays. C’est ce qu’elle est en train de faire. C’est le plus grand vol de l’histoire du monde. » D’une extrême violence, les attaques répétées de Donald Trump, durant sa campagne électorale, à l’encontre de l’empire du Milieu, font craindre une guerre commerciale entre les deux premières puissances mondiales. Un scénario d’autant plus redouté que le futur président américain vient de nommer un économiste réputé antichinois, Peter Navarro, au poste de conseiller commerce à la Maison-Blanche. «Donald Trump, qui joue sur l’incertitude, ne devrait pas mettre en œuvre tout ce qu’il a dit pendant sa campagne », prévoit Sébastien Jean, directeur du Cepii (Centre de recherche sur l’économie internationale). À commencer par l’instauration de droits de douane de 45 % sur les importations chinoises. Une mesure qui serait bien trop coûteuse pour l’économie américaine. Mais «la probabilité que le futur président soit agressif est forte», insiste Sébastien Jean. Les possibilités sont vastes. La nouvelle Administration Trump peut décider de prendre de nouvelles mesures protectionnistes pour protéger le secteur de la sidérurgie américain en déclin contre la surproduction chinoise. Pékin tenterait alors d’écouler davantage ses stocks sur les marchés européens, également en mauvaise forme. Représailles Inquiets, les Chinois ne resteront pas les bras croisés si Donald Trump met à exécution ses menaces. «Des facteurs nouveaux, compliqués et incertains vont affecter la relation bilatérale», a récemment prévenu le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi. Pékin n’hé- sitera pas à engager des représailles en remplaçant des commandes de Boeing par des Airbus, en réduisant les ventes d’iPhone ou encore en imposant des droits de douane sur les importations de soja. De quoi pénaliser lourdement des secteurs clés aux ÉtatsUnis. Au final, «la Chine aurait plus à perdre que les Américains en cas de nouvelle guerre commerciale », estime Julien Marcilly, économiste en chef de l’assureur crédit Coface.■

Source : .lefigaro.fr/

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