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La menace de guerre de Washington contre l’Iran

Publié par medisma sur 5 Février 2017, 19:46pm

 

La menace de guerre de Washington contre l’Iran

Essai d'un missile balistique iranien (ci-dessus) : Netanyahu , incapable de mener seul une guerre contre la puissance perse, fait pression sur trump pour mener une attaque israélo-américaine.

Il y a seulement deux semaines que le président Donald Trump a prêté serment après avoir prononcé un discours inaugural proclamant sa politique de « l’Amérique d’abord » et jurant de défendre les États-Unis contre « les ravages d’autres pays ».

Toutes les illusions que cette politique indiquait un revirement par rapport aux guerres interminables menées par les États-Unis depuis un quart de siècle en faveur de l’isolationnisme ont été rapidement dissipées. Trump et ses conseillers ont organisé une provocation belliqueuse après l’autre dans une escalade de la politique militariste de longue date de l’impérialisme américain.

Cela a trouvé son expression la plus absolue dans l’ultimatum prononcé mercredi par le conseiller de sécurité nationale de Trump, le général Michael Flynn. L’ancien chef des services de renseignement militaire s’est présenté sans préavis dans une conférence de presse de la Maison Blanche pour déclarer que « […] nous mettons officiellement l’Iran en garde » au sujet de son essai de missiles balistiques samedi dernier et une accusation non étayée que ce pays était en quelque sorte responsable d’une attaque contre un Navire de guerre saoudien par les rebelles Houthis au Yémen trois jours plus tard.

Flynn a cité ces deux cas comme des exemples « du comportement déstabilisateur de l’Iran à travers tout le Moyen-Orient », ainsi que l’échec du gouvernement Obama à « répondre adéquatement aux actes malveillants de Téhéran ».

Après avoir livré son ultimatum, Flynn tourna les talons et sortit du briefing sans prendre une seule question.

Lors de la conférence de presse de jeudi à la Maison Blanche, un seul journaliste a demandé si « la mise en demeure » contre l’Iran comprenait la menace d’une action militaire. Le porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, a répondu en accusant faussement l’essai de missiles iraniens de violation d’une résolution de l’ONU et en citant « les actions hostiles additionnelles que l’Iran a prises contre notre navire », apparemment en référence à l’attaque Houthi contre un navire saoudien. Il s’agissait d’actions, a-t-il dit, avec lesquelles Washington n’allait pas « rester les bras croisés » et « sans réagir ».

Alors que les grands groupes médiatiques ont critiqué Trump au regard d’autres questions, leurs réponses à la menace de guerre contre l’Iran sont particulièrement silencieuses. Ce n’est pas un hasard. Alors que la menace de guerre contre l’Iran prend une forme plus extrême sous Trump, elle n’est guère une innovation du nouveau président. De telles menaces remontent au renversement en 1979 de la dictature du Shah soutenue par les États-Unis, en passant par « l’Axe du mal » de George W. Bush et des menaces répétées américaines et israéliennes de frappes aériennes sous Obama. La planification d’une telle guerre d’agression a des origines bipartites bien établies.

Que doit comprendre l’Iran de ces dernières déclarations extraordinaires ? Étant donné les déclarations répétées de Trump selon lesquelles on ne devrait pas parler d’une action militaire avant son lancement, l’Iran a toutes les raisons de croire que les missiles de croisière Tomahawk pourraient voler vers Téhéran dans quelques jours. Ou que le gouvernement Trump tente, par la provocation, de dénoncer le traité sur le programme nucléaire, incitant Téhéran à le reprendre et préparant ainsi la voie à une attaque israélo-américaine.

Les motifs d’une telle guerre sont clairs, et ils n’ont rien à voir avec des essais de missiles balistiques ou des attaques contre des navires de guerre saoudiens. Près de dix ans et demi après que l’impérialisme américain a lancé sa guerre d’agression impérialiste contre l’Irak, puis les guerres pour le changement de régime lancées par le gouvernement Obama en Libye et en Syrie, la politique américaine dans toute la région est en ruines. En Irak et en Syrie, où Washington a cherché à amener au pouvoir un régime de marionnettes en vue de la guerre contre l’Iran, Téhéran a considérablement augmenté son influence et son statut de puissance régionale, ce qui constitue un obstacle à l’élan américain pour l’hégémonie dans cette région riche en pétrole.

Dans l’un de ses tweets grossiers mercredi, Trump a exprimé l’exaspération de l’establishment américain quant à la tournure des événements : « L’Iran envahit de plus en plus rapidement l’Irak, même après que les États-Unis ont gaspillé trois milliards de dollars là-bas. C’est une évidence depuis longtemps ! »

La semaine dernière, Trump a pris la parole au siège de la CIA, répétant son affirmation de voyou que les États-Unis auraient « dû prendre le pétrole de l’Irak » après l’invasion de 2003, tout en ajoutant entre parenthèses que, « peut-être aurez vous une autre chance ». Ces remarques semblent être de plus en plus une menace directe de guerre plus large et sanglante qui pourrait engloutir tout le Moyen-Orient et au-delà. Les conséquences d’une guerre avec l’Iran seraient catastrophiques non seulement dans la région, mais aussi à l’échelle internationale et aux États-Unis.

Dans un article inquiet intitulé « Une nouvelle ère dans la politique étrangère,» le Washington Post a commenté jeudi que « le président Trump avance une politique étrangère combative et iconoclaste qui semble écarter la diplomatie traditionnelle et concentrer la prise de décision au sein d’un petit groupe de collaborateurs qui avancent rapidement leur nouvelle approche dans le monde de « l’Amérique d’abord ». »

Ce serait une erreur dangereuse, cependant, de croire que les actions de la Maison-Blanche de Trump sont le résultat de la simple improvisation ou impulsion. Au contraire, elles font partie d’un plan précis.

Selon le Wall Street Journal, les collaborateurs de Trump se réfèrent à leur politique comme « le choc et l’effroi », qui ne vise pas cette fois-ci à briser et subjuguer seulement l’Irak, mais plutôt toute la planète, y compris la classe ouvrière aux États-Unis eux-mêmes.

La forme du programme de la politique étrangère poursuivi par la Maison-Blanche de Trump est de plus en plus claire chaque jour. Elle se concentre aujourd’hui sur l’Iran tout en poursuivant une politique de plus en plus conflictuelle à l’égard de la Chine. Stephen Bannon, le stratège en chef fascisant de Trump, prédisait dans une émission de radio avant l’élection de 2016 que les États-Unis partiront « en guerre dans la mer de Chine méridionale dans 5 à 10 ans ».

Dans la mesure où le gouvernement Trump a adopté une attitude conciliatrice vis-à-vis de la Russie, l’objet d’âpres controverses affichées lors de l’élection au sein de l’establishment ce n’est qu’un report temporaire et tactique, destiné à faciliter la guerre ailleurs. Si Moscou ne se conforme pas aux intérêts américains, son tour viendra sous peu.

La manière dont la Maison-Blanche dirige la politique étrangère, ses menaces et ses insultes envers les prétendus alliés comme les adversaires, n’a pas de véritable précédent dans l’histoire des gouvernements américains. Son traitement des gouvernements étrangers et des chefs d’État rappelle plutôt la fanfaronnade de voyou et l’intimidation d’Adolf Hitler ou de Benito Mussolini.

Mais Trump, comme eux, ne tombait pas du ciel ou ne sortait de l’enfer. Il est la personnification de la criminalité de l’oligarchie financière qui règne en Amérique. Les politiques qu’il poursuit peuvent être sans précédent, mais elles ont été préparées depuis des décennies.

En particulier depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, la classe capitaliste américaine, agissant à la fois par l’intermédiaire des gouvernements démocrates et républicains, a cherché, en grande partie sans succès, à compenser ses crises et l’érosion de sa domination des marchés mondiaux par la menace et l’utilisation de la force militaire.

Avec l’avènement de la présidence de Trump, et à la suite d’une série de désastres résultant de cette politique prolongée de militarisme mondial, la politique a pris une forme plus extrême et imprudente dans la ruée vers la guerre mondiale.

 

Par Bill Van Auken

wsws.org 3 février 2017

Article paru en anglais, WSWS, le 3 février 2017

La source originale de cet article est wsws.org
Copyright © Bill Van Auken, wsws.org, 2017

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