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Copinage et recasage : les deux mamelles de la République

Publié par medisma sur 24 Mars 2017, 22:54pm

 

Copinage et recasage : les deux mamelles de la République

On sait depuis longtemps que les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent. Rien d’étonnant, donc, à ce que la promesse faite en 2012 par François Hollande d’une « République exemplaire » sans copinage, nominations de complaisance ou recasage de proches dans des placards dorés, soit restée lettre morte.

Des nids pour les amis

Ainsi depuis plus d’un an, le président passe-t-il le plus clair de son temps, entre deux voyages à l’autre bout du monde, à chercher des nids douillets pour les membres de son équipe rapprochée qui ont peu à peu quitté l’Elysée. Et à user de son pouvoir pour trouver de confortables promotions à ses différents ministres qui, dans moins de deux mois, auront quitté leur gruyère à moins que le syndrome Le Roux ne se répète.

Recyclages en tous genres

Celui qui, en 2011, attaquait Nicolas Sarkozy en lui reprochant les « nominations partisanes parfois issues des cercles les plus intimes »opérées par ce dernier a maintenant plusieurs longueurs d’avance sur son prédécesseur. Ainsi dans sa manière de gonfler, de manière démesurée, la liste des préfets hors cadre et de récompenser des collaborateurs zélés auxquels il accorde comme un titre de noblesse… pour services rendus à la République ! Ce que regrettait d’ailleurs amèrement la Cour des comptes dans un rapport de septembre 2014, critiquant vertement cette manie de faire gonfler les effectifs des préfets dont moins de la moitié sont en poste dans les préfectures.

Cette pratique consistant à parachuter d’anciens affidés dans le public comme dans le privé ne saurait faire oublier le recours aux organismes internationaux qui, à l’image de l’OCDE, de l’Unesco ou de l’ONU, permettent à tous les anciens présidents de la République de jouer les grands seigneurs en recyclant ainsi tel ou tel de leurs proches. La récente proposition élyséenne de présenter la candidature d’Audrey Azoulay à la direction générale de l’Unesco à Paris est emblématique de ces petits arrangements entre amis, même si – et c’est le cas avec Azoulay — les pays arabes considèrent qu’il s’agit là d’une provocation. Toujours dans la reconversion à l’international, citons la volonté affichée de Ségolène Royal de prendre les commandes du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), un des postes les plus influents du « machin » onusien.

Ambassadeurs en tous genres

Il y a longtemps que l’Unesco sert de machine à recaser des ministres ou des élus en bout de course, comme Gisèle Halimi et Hervé Bourges, Mitterrand regnante, Françoise de Panafieu sous l’ère Chirac ou Rama Yade qui fut un temps représentante de la France après son éviction du gouvernement en 2010. « C’est tout sauf l’exigence d’une République impartiale et irréprochable », avait alors dénoncé un certain François Hollande qui semble avoir oublié aujourd’hui ce qu’il disait hier, haut et fort. Invitée récemment de France Inter, Audrey Azoulay a tenté de défendre sa candidature face à la levée de boucliers qu’elle a suscitée. Mais elle a beau être la fille d’un conseiller fétiche du roi du Maroc, elle reste, aux yeux du monde arabe, comme indéfectiblement liée à l’Etat hébreu, préparant pour 2018 l’Année France-Israël et ayant présidé, en octobre 2016, le gala de soutien au projet du Mémorial de la Shoah.

Indépendamment de cela, elle est visée depuis quelques mois par une « plainte de faux en écritures publiques ». L’affaire concerne le manque de transparence de la « Commission d’Avances sur recettes » du Centre national du cinéma dont elle a été, en 2007, la directrice juridique et financière. Un cinéaste, Iradj Azimi en procès avec le CNC depuis plusieurs années, lui reprochant notamment de pratiquer le copinage quand il distribue des fonds publics, estime qu’Audrey Azoulay a autorisé le paiement de l’octroi de fonds publics qui étaient attribués de manière sélective. Une affaire qui fait tache à huit mois du vote à bulletins secrets qui désignera, en octobre prochain, le futur directeur général de l’Unesco.

Depuis des mois, Ségolène Royal se peaufine un destin international. Après avoir chanté les louanges de Fidel Castro et juré ses grands dieux que Cuba n’avait pas été une dictature – histoire de s’attirer les grâces des pays sous-développés –, elle apprend l’anglais à haute dose, fait le siège de l’Onu et caresse dans le sens du poil le portugais Antonio Guterres, son nouveau secrétaire général. De plus, la récente élimination de Philippe Douste-Blazy, recalé au poste de directeur général de l’OMS, lui permet de briguer, pour la France, la tête d’une agence majeure des Nations-unies. Guterres qui doit en grande partie son élection à son ami François Hollande car ils sont membres tous deux de l’Internationale socialiste, ne peut donc rien refuser au président qui l’a fait roi.

Un président qui, quelques semaines avant de rendre les clés, correspond parfaitement à la définition que Roger Lenglet et Jean-Luc Touly donnent de lui dans leur ouvrage Les Recasés de la République (First Editions) : « Il a perpétué la tradition du recasage reconnaissant, des coups de pouce sélectifs et des indulgences opaques. »

Quand rendra-t-il des comptes ?

Photo en Une
Après avoir servi la France… Ségolène Royal à l’ONU, Audrey Azoulay à l’Unesco ? La soupe mondialiste est incomparable.

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