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Corée du Sud :La fin d’une présidente et d’un système corrompu

Publié par medisma sur 12 Mars 2017, 21:15pm

 

 Corée du Sud :La fin d’une présidente et d’un système corrompu

A Séoul, la Cour constitutionnelle a confirmé la destitution de Park Geun-hye. Un tournant politique

 

 

Les Coréens se sont mobilisés en masse pour dénoncer la collusion mafieuse de leurs élus avec les conglomérats industriels. Une manifestation a notamment eu lieu vendredi à Séoul .Image: AP


La présidente sud-coréenne Park Geun-hye, est définitivement destituée. Vendredi, les huit juges de la Cour constitutionnelle de Séoul ont confirmé à l’unanimité le vote en décembre des députés. Cet épilogue inédit d’un scandale présidentiel, auquel Séoul est habitué, sonne la victoire de Coréens qui se sont mobilisés en masse pour dénoncer la collusion mafieuse de leurs élus avec les conglomérats industriels.

«Faire le ménage»

Celle que ses concitoyens appellent «la princesse de glace» a été emportée par la «révolution des bougies», qui a illuminé les places envahies par des centaines de milliers de gens, dont de nombreux jeunes diplômés sans emploi. Avec elle chute sa conseillère de l’ombre, Choi Soonsil, baptisée «Raspoutine», qui est parvenue à soutirer 64,5 millions de francs à de grandes sociétés pour son profit personnel. Mais aussi Lee Jae-yong, l’héritier du groupe Samsung, ainsi que quatre autres dirigeants de la multinationale, traînés en justice pour «corruption et détournement de fonds».

Pots-de-vin: la langue coréenne a de multiples mots pour décrire les différents mode de corruption qui gangrène le pays. «Nous avons besoin de faire le ménage. Nous devons liquider le vieux système et construire une nouvelle Corée du Sud. Nous pouvons le faire maintenant à la suite de la révolution déclenchée par les manifestants aux bougies.» Moon Jae-in, l’ex-leader du parti démocratique Minjoo, la principale formation d’opposition, est le favori de la présidentielle anticipée programmée pour le 5 mai. Crédité de 32%, il devance largement le premier ministre Hwang Kyo-ahn, qui assure l’intérim de la présidence, depuis la mise à l’écart de Park Geun-hye.

Pour Kang Won-taek, politologue de l’Université de Séoul, cité par le New York Times, ce scénario est «un miracle, une nouvelle étape du renforcement et de l’enracinement de la démocratie en Corée du Sud». Cependant, ce bouleversement en cours intervient alors que le pays est confronté à de nombreux défis et dangers.

Le déploiement du bouclier antimissile américain Thaad dans la base militaire d’Osan doit commencer la semaine prochaine. Le premier ministre en charge de l’intérim a d’ailleurs déclaré l’état d’urgence et mis les troupes en état d’alerte, estimant que l’absence de présidence représentait un risque.

Dirigé vers la Corée du Nord, qui a multiplié tests de missiles balistiques ces derniers mois, ce système de défense est perçu à Pékin comme un acte hostile. La Chine a d’ailleurs proposé cette semaine aux Etats-Unis de renoncer à cette installation militaire et aux prochaines manœuvres militaires communes dans la péninsule, en échange de garanties apportées par la Corée du Nord sur le gel de son programme nucléaire. Mais Washington a refusé cette proposition. Pour Moon Jae-in, ce déploiement doit être interrompu immédiatement. Et s’il est élu, il promet d’étudier si ce bouclier sert bien l’intérêt du pays.

Amener le Nord à négocier

Si l’opposition l’emporte à la présidentielle, elle devrait relancer sa «Sunshine policy», qui consiste à un rapprochement avec la Corée du Nord, par les échanges et aides directes. Moon Jae-in a d’ailleurs fait remarquer récemment que les sanctions à l’encontre du régime de Kim Jong-un ne sont pas parvenues à stopper le programme nucléaire de Pyongyang. A ses yeux, les sanctions doivent permettre d’amener le Nord à la table des négociations.

«La destitution de Park Geun-hye met aussi un coup d’arrêt à la politique de guerre froide des conservateurs, qui utilisent les menaces du Nord pour couvrir leur corruption», estime Kim Dong-choon, un sociologue de l’université Sungkonghoe, cité par le New York Times. Au Pays du Matin calme, en pleine tempête, on se prend à espérer.

[tdg]

 

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