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Le risque d’une confrontation globale débouchant sur un affrontement nucléaire est bien réel

Publié par medisma sur 9 Avril 2017, 20:21pm

 

Une guerre mondiale est à nos portes

Le risque d’une confrontation globale débouchant sur un affrontement nucléaire est bien réel

Les événements de mauvais augure évoluent de jour en jour :

 

I- Voici l’article supprimé par le Daily Mail sur « un plan US pour organiser une attaque chimique en Syrie »

 

L’article a été publié fin janvier 2013 sur le Daily Mail. Selon Sputniknews, il aurait été supprimé récemment de leur site. L’article est intitulé «Les États-Unis ont soutenu le projet d’effectuer une attaque chimique en Syrie et d’en rejeter la responsabilité sur le gouvernement de Assad». On peut néanmoins le retrouver sur webarchive alors qu’il n’est plus accessible à son emplacement originel sur Daily Mail.

Les premières lignes de l’article de Louise Boyle sont assez éloquentes (vous pouvez lire l’article dans son entièreté en version originale, au lien suivant) :

 

 

 

Des courriers électroniques qui ont fuité auraient prouvé que la Maison Blanche a donné le feu vert à une attaque avec des armes chimiques en Syrie qui pourrait être imputée au régime de Assad et à son tour, stimuler l’action militaire internationale dans ce pays dévasté.

 

Un article sorti lundi contient un échange de courrier électronique entre deux hauts fonctionnaires à la Défense de l’organisme Britam où un plan ‘approuvé par Washington’ est décrit expliquant que le Qatar financerait des forces rebelles en Syrie pour utiliser des armes chimiques.

 

Barack Obama a précisé au président syrien Bachar Al-Assad le mois dernier que les États-Unis ne toléreraient pas que la Syrie utilise des armes chimiques contre son propre peuple...

Source : – Daily Mail U.S. ‘backed plan to launch chemical weapon attack on Syria and blame it on Assad’s regime’

Cet article a-t-il été supprimé parce qu’il constituait une « fausse information » ou bien était-il devenu problématique dans le contexte actuel ?

via:http://le-blog-sam-la-touch.over-blog.com/2017/04/voici-l-article-supprime-par-le-daily-mail-sur-un-plan-us-pour-organiser-une-attaque-chimique-en-syrie.html

 

II- La Russie et l'Iran «répondront par la force» si les Etats-Unis attaquent de nouveau la Syrie

Hassan Rohani et Vladimir Poutine en mars 2017

Le président iranien Hassan Rohani a contacté son homologue russe Vladimir Poutine après l'attaque américaine en Syrie. Moscou et Téhéran condamnent un acte «qui viole le droit international» et mettent en garde Washington contre toute récidive.

La Russie et l'Iran ont prévenu les Etats-Unis qu'ils «répondr[aient] par la force» si la «ligne rouge» était une nouvelle fois franchie en Syrie, faisant référence au bombardement par l'armée américaine de la base aérienne de l'armée syrienne d'Al-Chaayrate, le 7 avril dernier.

«L'opération conduite par les Etats-Unis est une agression contre la Syrie : une ligne rouge est franchie», peut-on lire dans un communiqué publié ce 9 avril par l'alliance militaire qui soutient le gouvernement syrien et à laquelle participent Moscou et Téhéran. «Désormais, toute agression, quel qu'en soit l'auteur, fera l'objet d'une réponse par la force – et les Etats-Unis connaissent les moyens dont nous disposons pour cela», précise le communiqué.

Le Kremlin a également indiqué que le président iranien Hassan Rohani avait joint le président russe Vladimir Poutine par téléphone ce 9 avril, afin de discuter des conséquences de l'action militaire américaine du 7 avril. Les deux hommes l'ont qualifiée d'«inadmissible», rappelant en outre qu'elle violait le droit international.

Les présidents iranien et russe ont par ailleurs renouvelé leur appel à la tenue d'une enquête objective au sujet de l'attaque chimique présumée qui a touché la ville de Khan Sheikhoun, dans la province occidentale d'Idleb, le 4 avril dernier. Elle permettra d'établir les responsabilités, alors qu'une grande partie des chancelleries occidentales accuse déjà sans preuves le gouvernement syrien. Les deux présidents ont aussi réaffirmé leur détermination à «approfondir leur coopération dans la lutte contre le terrorisme».

Très tôt le matin du 7 avril, les Etats-Unis ont lancé 59 missiles Tomahawk sur la base de l’armée syrienne d'Al-Chaayrate, en représailles à l'attaque chimique présumée du 4 avril dans la province d’Idleb, dont Washington tient le gouvernement syrien pour responsable sans fournir de preuves. La Russie a qualifié les bombardements d'«acte d’agression usant d'un prétexte artificiel contre un pays souverain et membre de l'ONU».

 

III- L’attaque la plus post-Vérité de tous les temps ?

Comme nous avons l’habitude de ne jamais le cacher, il nous paraît aujourd’hui impossible de faire un commentaire direct sur les intentions, les calculs et les manipulations qui sont développées dans nombre, sinon dans la plupart des événements crisiques auxquels nous assistons. C’est donc logiquement le cas pour cette attaque de 59 missiles de croisière contre une seule base syrienne, dans des conditions effectivement étranges, pour des résultats apparemment étranges, selon des interprétations aussi nombreuses qu’étranges. Nous sommes bien dans l’aire et dans les temps de la post-Vérité, où plus rien ne peut être tenu pour assuré dans l’apparence des faits, ou de ce qui est présenté comme étant des faits. C’est dire combien notre prudence extrême et notre réticence à faire des commentaires directs sur les événements, ou plutôt l’apparence des événements, sont plus grandes que jamais.

Ci-dessous, nous allons signaler quelques affirmations, interprétations, considérations, etc., sans en prendre une seule à notre compte d’une façon affirmée. Les réactions de PhG dans son Journal-dde.crisis du jour rendent compte d’une perception des événements de cette attaque qui semble avoir été ordonnée par Trump, qui ne correspondent nécessairement pas à l’apparence de la réalité, mais dans ce cas selon l’argument que, pour nous, la réalité a été pulvérisée depuis au moins le début de la crise ukrainienne. Cette “perception”-là a beaucoup d’une interprétation ; elle correspond à la recherche d’une vérité-de-situation comme antidote à la doctrine de la post-Vérité qui, aujourd’hui, tente d’influencer l’observation des événements dans le sens d’une certitude faussaire et contrainte conduisant à en tirer des commentaires faussement assurés. C’est bien cela que nous distinguons dans le concept de post-Vérité qui est un concept du Système et nullement une accusation contre l’antiSystème : un piège tendu à la perception pour la conduire vers ce qu’elle croirait être la certitude d’un commentaire.

Justement dans le cas qui nous est offert aujourd’hui, on découvre tant d’interprétations qu’on se trouve rassuré d’avoir choisi cette voie du refus d’un commentaire assuré. Plus que jamais prévaut chez nous l’idée qu’il y a deux volets, deux plans différents dans les événements : celui de la post-Vérité, niveau des manigances humaines qui peuvent venir de différentes sources, de différents côtés, et qui est bien ce “piège tendu à la perception vers ce qu’elle croirait être la certitude d’un commentaire” ; et celui des événements eux-mêmes, tels qu’ils sont et tels qu’ils se déploient dans leur majesté, séparés des contingences humaines et indiquant les grandes dynamiques de force de la métahistoire.

(Citation pour ce dernier cas, de PhG du 6 avril : « Il y a longtemps que je ne peux me départir du sentiment que “les événements”, – expression passe-partout pour figurer la dynamique de la Grande Crise Générale de l’effondrement du Système, – sont totalement détachés de nous, hors de notre contrôle, qu’ils ont leur propre logique et j’irais même jusqu’à dire comme pour les personnaliser en un être leur propre essence. Je ne peux donc être que cet “observateur extérieur qui ne peut rien pour les modifier”. »)

Tout cela étant bien précisé, il s’agit effectivement du constat qu’on vit rarement sinon jamais une de ces attaques brutales et illégales, violatrices des souverainetés, de la part des USA, apparaître en quelques heures comme une énigme ou un grand désordre tant dans son opérationnalité, son exécution et les buts recherchés. Voici donc quelques thèses, observations, interprétations, etc.

• Du côté du “bloc-BAO”, avec l’UE, la France, etc., le soutien est d’une unanimité un peu surprise et dubitative, sans exactement savoir où l’on va, bien entendu en toute soumission à la thèse qui nous écrase depuis 2011 : “Il faut attaquer et abattre Bachar par tous les moyens pour résoudre merveilleusement et démocratiquement la crise syrienne”. Certains, comme le Français Hollande, prônent donc l’idée de la poursuite d’une riposte à l’attaque chimique, toujours selon la narrative classique, mais dans le cadre de l’ONU. D’autres émettent des serments de soutien, sans plus (Tusk, de l’UE) et d’autres annoncent prudemment qu’ils ne prévoient pas de participer à quelque action que ce soit (la Britannique Theresa May).

 

Le cas du Français Hollande est particulièrement marquant sinon réjouissant, lui qui disait hier, avant les frappes, qu’il fallait donc décider à l’ONU d’une enquête sur l’attaque chimique (sans doute pour déterminer et identifier les coupables ?) puis des sanctions à prendre contre Assad ; autrement dit, on décide en même temps d’une enquête pour déterminer qui est le coupable et des sanctions qui seront prises contre Assad puisque c’est lui qui est le coupable. (Après les frappes US et selon cette approche classique bloc-BAO, nous en sommes au point où nous avons déjà commencé à punir le coupable [Assad] avant de se lancer dans cette enquête pour identifier le coupable.) L’attitude de Hollande, qui affirme avoir été averti “avant les frappes” montre bien qu’il a été averti “après les frappes”, c’est-à-dire pas averti du tout, et qu’il est une fois de plus cocu, comme en août 2013. (Français lançant déjà leur premiers avions contre Assad lorsque Obama annonce, sans avoir consulté personne, qu’on remet l’attaque, puis bientôt qu’on l’abandonne.) Habile, Hollande espère bien reprendre la main à l’ONU, dont Trump se contrefiche, pour en faire profiter son candidat Micron qui s’est empressé d’approuver l’attaque.

… Bref, tout le monde a été pris à contre-pied à Paris, où l’on va élire un président dans 16-30 tout petits jours. Il fallait entendre cette remarque singulière d’inversion de Alexis Brezet, du Figaro, ce matin sur LCI : “Tout le monde a été pris de court, à contre-pied … On était tous sûrs que Trump était un fou-furieux, et voilà qu’il ne l’est pas du tout puisqu’il frappe la Syrie et Assad” ; ainsi, aujourd’hui, pour montrer patte-blanche et prouver que vous n’êtes pas un “fou-furieux”, il importe de taper illégalement sur un pays souverain, donc de commettre un acte d’illégalité et d’agression internationale ; ainsi, aujourd’hui, qui n’épouse pas la narrative de l’attaque à tout prix n’est rien d’autre qu’un “fou-furieux”. Dont acte, en hommage au langage automatisé des zombies-Système…

• Une autre thèse est que, non non, l’objectif n’était pas Assad ni la Syrie, mais d’une façon générale divers pays dans le monde à qui il faut faire comprendre que les USA-Trump sont prêts à frapper n’importe où dans le monde. Par exemple, Alex Jones, de Infowars.com, qui a d’abord condamné l’attaque, s’est un peu rattrapé en expliquant qu’il s’agissait d’un message au président chinois Xi (alias “le dictateur chinois”), que Trump rencontre actuellement, à destination indirecte de la Corée du Nord avec laquelle la Chine a des liens, et éventuellement à destination de la Chine, – histoire de montrer aux uns en aux autres ce que America the Beautiful est capable de faire.

• Les Russes (officiels) ont été très diserts sur cette attaque US. (Il est souvent dit ici et là qu’ils ont été avertis de cette attaque, et même de l’objectif précis, de façon à ce qu’aucun soldat russe ni avion russe ne soit touché. En ont-ils touché un mot aux Syriens qui se trouvaient sur la base ?) Le Major Général Konachenkov, porte-parole du ministère de la défense, nous explique donc ce 7 avril que l’attaque des missiles de croisière était préparée de longue date, que l’attaque chimique en a été le prétexte, et que tout cela est fait comme “une démonstration de force militaire […] justifiée exclusivement par des raisons de politique interne”…

« “It is evident that the US cruise missile strikes against a Syrian airbase have been prepared long before today’s events. A large system of measures of reconnaissance, planning, preparation of flight tasks and bringing the missiles to launch readiness needs to be carried out to prepare such an attack,” ministry’s spokesman Maj. Gen. Igor Konashenkov said. According to Konashenkov, the Idlib chemical attack “served only as a formal pretext, while the demonstration of military force took place exclusively due to internal political reasons.” »

• Au reste, bien des interrogations planent également sur les conditions et les effets de l’attaque : 59 missiles de croisière dont 36 perdus dans la nature, – ce qui nous donnerait quelques préoccupations technologiques sur la superbe et la puissance irrésistible de notre contre-révolution, – et comme résultat, de 3 à 6 morts selon les versions du côté russe, où l’on est également très disert sur cet aspect des choses, et également très prolixe de documents filmés et autres dans le domaine de l’image ; 5 ou 6 avions détruits, l’un ou l’autre hangar, un poste radar, – et c’est à peu près tout… “Dégats insignifiants”, résume le gouverneur syrien de Oms, relayé par les médias russes. Sacré opération de l’hyperpuissance américaniste, résume le pékin moyen, – si tout cela est juste, sinon post-Vérité.

Donc, un résumé de cet aspect des choses selon ces mêmes sources russes, c’est-à-dire le ministère de la défense et son porte-parole Konachenkov :

« “On April 7, at the time between 3:42 and 3:56 a.m. Moscow time [00:42-00:56 GMT] a massive missile attack by 59 Tomahawk cruise missiles was carried out from two destroyers of the US Navy [Ross and Porter], from the Mediterranean Sea, near the island of Crete, targeting Syrian airfield Ash Sha’irat [Homs Province]. According to the Russian data recording technology, only 23 cruise missiles reached the Syrian airbase. It is not clear where the other 36 cruise missiles landed,” Konashenkov said at a briefing. The spokesman stressed that the strike destroyed many facilities and equipment, including six planes.

» Two Syrian servicemen are missing as a result of the US attack on an airfield in the country, while four were killed and six were injured extinguishing the flames, Russian Defense Ministry spokesman Maj. Gen. Igor Konashenkov said Friday. “According to the information of the leadership of the Syrian airbase, two Syrian servicemen went missing, four were killed and six received burn injuries during the firefighting,” he said. »

• Allant dans une autre direction, DEBKAFiles affirme que l’ensemble de cette affaire a été montée d’abord par la coalition Syrie-Iran-Russie pour contrer des projets US d’évincer les Iraniens et le Hezbollah de Syrie, et qu’ensuite les conditions de l’attaque ont été très précisément négociées entre Russes et Américains pour éviter toute confrontation. Pour autant, DEBKAFiles se demande si la Russie ne va pas riposter, ou bien l’Iran ou la Syrie elle-même. Bref, on copine et on se castagne sans trop de mal de concert.

« Washington has no doubt that the Syrian SU-22 bomber which Tuesday dropped a sarin gas bomb on Khan Sheikhoun in Idlib province, killing up to 100 people, was a joint Russian-Iranian-Syrian gambit to divert the Trump administration from a comprehensive plan for Syria. As US President and commander-in-chief he could not ignore this provocation.

» Our sources report that the new US administration’s plans for Syria center on an offensive to evict the Islamic State from its Syrian capital, Raqqa, a mission for which US military preparations have been going forward for the past two weeks at five centers. To this operation Moscow, Tehran and Damascus were not averse. But that operation was also designed to rid Syria of Iranian and Hizballah forces – to which they were. […]

» …The question now is whether Vladimir Putin will decide to hit back at the US operation. Russia did not retaliate for the Israel air strike on March 17 over the northern Syrian T4 air base. If Putin chooses to sit on his hands once again, the same question may be addressed to Iran and Hizballah.

» Very possibly, Trump and Putin reached accord on the limits of the US punitive attack in Syrian in long hours of debate during the day between the US State and Defense Departments and the Russian Foreign and Defense Ministries, which were first reported by DEBKAfile 24 hours ago… »

• Stephen Bryan, sur Asia Times, donne le 7 avril une version aussi complexe que DEBKAFiles, mais avec une répartition différente des rôles. Cette fois, Russie et US sont main dans la main et Assad joue en solo… Selon Bryan, l’attaque au sarin est une initiative du seul Assad, avec le but, en obligeant les USA à réagir, d’empêcher l’application d’un accord secret entre les USA et la Russie qui transformerait la Syrie en une sorte d’entité confédérale où les Alawites de Assad ne contrôleraient plus que les régions essentiellement peuplées d’Alawites. Il s’agit du projet ou de la menace récurrente de partition de la Syrie comme solution au conflit.

• Enfin (pour notre compte, mais il y a bien d’autres versions), il y a l’interprétation de WSWS.org. Elle est bien entendu globale et apocalyptique. Pour le site de la IVème internationale trotskiste, il s’agit d’un épisode normal de remise dans le rang de Trump et de ses divers projets populistes, d’un regroupement de la “ruling class” (le Deep State, si l’on veut, ou l’oligarchie dirigeante, etc.), pour entamer un nouveau conflit majeur au Moyen-Orient. Le risque d’une confrontation avec la Russie débouchant sur un affrontement nucléaire est réel, majeur sinon catastrophique selon cette analyse, mais la “ruling class” est prête à le courir…

« …An attack on Syria carries with it the direct threat of a far wider and potentially world catastrophic war. What will be the reaction of Russia, a nuclear power, if American missiles kill its military personnel on the ground in Syria? The American ruling class is willing to take the risk. Confronted with the protracted decline of its once unchallenged dominance of the world economy, it is forced to rely more and more on its military power as a means of asserting global hegemony. That such a course points inevitably to a new world war that would threaten the survival of humanity will not cause it to change course.

» The actions of the US oligarchy recalls nothing so much as Trotsky’s description of the world bourgeoisie on the eve of World War II, hurtling “with closed eyes toward an economic and military catastrophe.”The conflict that has erupted will not end with Tomahawk missiles. The drive of the United States for global hegemony cannot be resolved outside of an endless series of military escalations, each more reckless than the one before, leading ultimately to catastrophe. »

… Et, pour conclure, on constatera une fois encore que le fait est que rarement, sinon jamais, une opération “classique” d’agression illégale et sans la moindre dissimulation des USA du type très spectaculaire, avec flamboiement du départ des missiles de croisière dans la nuit, une chose à laquelle nous sommes désormais accoutumés depuis bien plus de deux décennies mais pourtant conviés à continuer à nous en extasier, jamais une telle opération n’est apparue productrice de tant d’interprétations différentes. On notera que chacune a son charme, sa cohérence, voire sa séduction, et toutes sont avancées d’une plume autoritaire et selon les meilleures sources. La question se pose si, finalement, ceux qui l’ont lancée savent exactement pourquoi ils l’ont lancée, s’il n’y a pas différentes intentions et versions chez les lanceurs, et si même, finalement et pour faire brutalement bref, – si quelqu’un, quelque autorité est capable de dire précisément qui a conçu cette opération, et comment, et pourquoi, et bla-bla-bla…

Ainsi règnent les temps de post-Vérité…

Philippe Grasset

envoyé par Nicolas Bonnal

Source : reseauinternational.net/

 

IV- Un porte-avions américain et sa flotte en route vers la péninsule coréenne

Le porte-avions USS Carl Vinson en route vers le pénincule coréenne, le 9 avril

Alors qu'ils viennent de bombarder une base aérienne syrienne en représailles à une attaque chimique présumée, les Etats-Unis ont déployé un porte-avions et sa flotte dans le Pacifique en raison de «la menace nord-coréenne».

«Le commandement américain dans le Pacifique a ordonné au groupe aéronaval déployé autour du porte-avions USS Carl Vinson d'être à disposition et présent dans l'ouest du Pacifique, et ce par mesure de précaution», a déclaré à l'AFP le 8 avril le porte-parole du commandement américain dans le Pacifique, le commandant Dave Benham.

Dave Benham n'a pas fait mystère des raisons du déploiement de cette flotte, précisant que la menace numéro un dans la région restait la Corée du Nord, en raison de son programme de missiles «irresponsable, déstabilisateur et imprudent», et de «la poursuite [de ses recherches] en vue de disposer d'armes nucléaires».

France

@RTenfrancais

#Moscou juge «disproportionné» le déploiement #US en Asie-Pacifique face à la menace nord-coréenne https://francais.rt.com/international/35491-lavrov-juge-systemes-americains-asie-pacifique-disproportionnes-face-menace-pyongyang

4:22 PM - 20 Mar 2017

Le porte-avions USS Carl Vinson est accompagné de son escadron aérien, de deux destroyers lanceurs de missiles et d'un croiseur lanceur de missiles. Alors qu'il devait initialement faire escale en Australie, il a pris la route du Pacifique Ouest depuis Singapour.

Les Etats-Unis prêt à «régler» seuls le problème nord-coréen

Les 6 et 7 mars, Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping ont longuement discuté en Floride (Etats-Unis), à Mar-a-Lago, dans la résidence privée du président américain. Ce dernier lui aurait demandé de faire pression sur Kim Jong-un pour que celui-ci cesse son programme d'armement nucléaire.

Le président américain a cependant d'ores et déjà menacé le régime de Pyongyang d'une action unilatérale, et cette menace paraît encore plus crédible depuis la frappe ordonnée le 6 mars sur une base aérienne de l'armée syrienne en représailles à une attaque chimique présumée que Washington impute au régime syrien.

«Si la Chine ne règle pas [le problème de] la Corée du Nord, nous le ferons», avait affirmé Donald Trump le 3 avril, précisant que Washington n'attendrait pas l'aide de Pékin. «La Chine décidera de nous aider ou pas avec la Corée du Nord. [...] S'ils n'aident pas, ce ne sera bon pour personne», avait-t-il ajouté.

Une déclaration reprise par le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson depuis Mar-a-Lago : «Nous [...] sommes prêts à agir seuls si la Chine n'est pas capable de se coordonner avec nous pour contrer les ambitions nucléaires de Pyongyang, qui violent le droit international.»

Pyongyang : «renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix»

Selon plusieurs analystes, les frappes américaines en Syrie constituaient en fait aussi un message clair à destination de la Corée du Nord. «C'était une façon de dire à Pyongyang qu'il y a en ville un nouveau shérif qui n'hésitera pas à dégainer», a estimé Kim Yong-Hyun, professeur à l'Université Dongguk en Corée du Sud. Le 8 avril, la Corée du Nord a d'ailleurs qualifié le bombardement américain en Syrie d'«acte d'agression intolérable».

«La réalité d'aujourd'hui montre que nous devons exercer puissance contre puissance, et cela prouve plus d'un million de fois que notre décision de renforcer notre dissuasion nucléaire a été le bon choix», a ajouté un porte-parole non identifié du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle KCNA.

La Corée du Nord a réalisé cinq tests nucléaires, dont deux en 2016, et les images satellites, décortiquées par les experts du site d'analyse 38 North, suggèrent que le régime de Pyongyang serait en train de préparer un sixième essai.

Selon les services de renseignement américains, la Corée du Nord pourrait être à même de disposer d'un missile à tête nucléaire capable de frapper le sol américain d'ici moins de deux ans.

Une véritable capacité de missiles stratégiques mer-sol (MSBS) ferait monter d'un cran la menace nucléaire, car Pyongyang pourrait ainsi porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule et disposerait d'une capacité de «seconde frappe» en cas d'attaque. S'ils soulignent les progrès nord-coréens, les experts estiment cependant que la Corée du Nord est encore loin de maîtriser la technologie MSBS.

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