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Les dossiers noirs de Macron à Bercy

Publié par medisma sur 11 Avril 2017, 20:00pm

 

Les dossiers noirs de Macron à Bercy

 

Celui qui brigue les plus hautes fonctions a très mal géré les participations de l’État lorsqu’il était ministre de l’Économie.

Interrogez les Français sur le bilan d’Emmanuel Macron à Bercy (août 2014 à août 2016), ils citeront la loi qui porte son nom, dont les symboles sont les “cars Macron” et la tentative d’ouverture des magasins le dimanche. En revanche, rien sur la gestion des participations de l’État; elle-mérite pourtant que l’on s’y attarde.

 

Sa naïveté sur Alstom Énergie

En avril 2014, Bloomberg annonce que General Electric (GE) négocierait le rachat de la division énergie d’Alstom. De quoi provoquer la colère d’Arnaud Montebourg, alors ministre de l’Économie, qui a rappelé que le groupe, sauvé de la faillite par l’État dix ans plus tôt, vivait en grande partie des commandes d’entreprises publiques (SNCF, EDF…). Aussitôt, il étudie une solution avec Siemens. Le 14 mai, il dégaine un décret listant, en cas d’investissement étranger, des secteurs nécessitant une autorisation préalable

du gouvernement. « Nous pouvons désormais bloquer des cessions, exiger des contreparties', expliquait Arnaud Montebourg.

Le 5 novembre, son successeur, Emmanuel Macron, qui militait auparavant à

l’Élysée pour la solution américaine, donne son feu vert aur achat pour 12,4 milliards de dollars de la division énergie d’Alstom par GE, se félicitant de « la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie ». Est-ce une alliance ou plutôt une absorption?

Dans l’accord est prévue la création de trois coentreprises dans le nucléaire, les énergies renouvelables et les réseaux électriques. Pour deux des trois,GE dispose de 50% plus une action en capital et de 50% plus une voix en droits de vote, et pour la troisième, de 80 % du capital et de 50% plus deux voix en droits de vote. Avec la possibilité pour GE, qui a le contrôle opérationnel, d’acquérir les parts détenues par Alstom en 2018 et 2019. En janvier 2016, GE—qui s’était engagé à créer 1000 emplois—annonce la suppression de 6500 postes en Europe dont 765 en France.

 

Son mensonge sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac

En juillet 2014, le gouvernement lance la vente de 49,99 % du capital de la Société de l’aéroport de Toulouse-Blagnac (SATB) sur les 60% qu’il possédait aux côtés de la chambre de commerce et d’industrie de Toulouse et de trois collectivités territoriales.

Fin 2014, le consortium Symbiose, détenu par le chinois Shandong Hi-Speed Group Co. et le fonds de Hong Kong Friedmann Pacific Asset Management, fait, par l’intermédiaire de la société Casil Europe, une offre de 308 millions d’euros.

« Il ne s’agit pas d’une privatisation mais bien d’une ouverture de capital dans laquelle les collectivités locales et l’État restent majoritaires avec 50,01% du capital », expliquait à la Dépêche du Midi Emmanuel Macron: «Celles et ceux que j’ai pu entendre qui s’indignent de cette cession minoritaire […] ont pour

profession d’invectiver le gouvernement et d’inquiéter les Français. »

C’était compter sans la signature d’un pacte d’actionnaires entre l’État et Casil Europe, révélé parMediapart

et montrant que l’ancien banquier d’affaires a menti.Il suffit de lire la disposition 2.2.3 (« L’État s’engage, sauf

motif légitime, à voter au conseil de surveillance dans le même sens que l’acquéreur pour les décisions importantes») pour se rendre compte que l’État a donné les clés de la SATB à Casil Europe. Et ce qui devait arriver arriva…

En 2016, l’assemblée générale de la SATB a adopté le versement de 15 millions d’euros de dividendes (des rumeurs avaient parlé de 50 millions). Pour les petits actionnaires, il s’agit d’un «siphonnage du pactole de l’aéroport ».

 

Son intransigeance sur l’opération Orange-Bouygues Telecom

Il y a un an, Orange et Bouygues Telecom semblaient proches d’un accord. Le premier devait s’emparer du second pour 10 milliards d’euros. Bouygues devenait le deuxième actionnaire d’Orange avec 10 à 15%du capital. Pour s’assurer du feu vert de l’Autorité de la concurrence, SFR devait racheter une

partie de la clientèle de Bouygues Telecomet Free reprendre 300 boutiques Bouygues Telecom et une partie des infrastructures.

Si François Hollande se félicitait de cette opération pour autant qu’elle ne se traduise pas par une casse sociale, il en allait autrement du locataire de Bercy qui s’était toujours prononcé pour quatre opérateurs. Lors d’une réunion, le 24 mars 2016, Emmanuel Macron formulait plusieurs exigences, pensant que Bouygues, pénalisé par le parcours financier de sa filiale de téléphonie mobile, céderait facilement.

Le ministre de l’Économie voulait queBouygues entre au capital d’Orange au prix de 18,50 euros par action alors que les négociations s’étaient déroulées sur la base d’un prix de 17 euros (elle en valait à l’époque 15). Avec pour conséquence, une baisse de 10 %de la valorisation de Bouygues. Par ailleurs, Bouygues devait se contenter de 15 % du capital d’Orange pendant sept ans, sans droit de vote double pendant quinze ans. Autant d’exigences qui ont conduit Martin Bouygues à refermer le dossier.

 

LA MONTÉE DE L’ÉTAT AU CAPITAL DE RENAULT A ÉTÉ UNE MAUVAISE AFFAIRE BOURSIÈRE.

L’ACTION RENAULT VAUT AUJOURD’HUI MOINS QUE LORSQUE L’ÉTAT A RÉALISÉ L’OPÉRATION.

 

Sa déstabilisation chez Renault-Nissan

En janvier 2017, la Cour des comptes a jugé sévèrement la montée de l’État de 15 à 20% dans le capital de Renault en avril 2015 « alors que l’alliance conclue avec Nissan en 1999 prévoyait la limitation des parts de l’État, en contrepartie de la neutralisation des droits de vote de Nissan chez Renault »,

explique l’institution.

Emmanuel Macron désirait obtenir la minorité de blocage lors de l’assemblée générale du 30 avril, pour contrer une résolution portant sur le rejet de l’acquisition de droits de vote double, une disposition prévue par la loi dite Florange, celle-là même dont il disait le plus grand mal en privé. L’opération s’était effectuée alors que le cours de Bourse de Renault cotait environ 85 euros. Au risque de bousculer l’équilibre

au seinde l’Alliance Renault-Nissan:« Le principe des participations croisées repose sur un rapport de confiance à l’intérieur de l’alliance. L’introduction de droits de vote double va accentuer le déséquilibre entre Nissan, qui a zéro droit de vote, et l’État », dénonçait Philippe Lagayette, administrateur de Renault.

La Cour des comptes relève que l’État—qui avait pourtant acquis les titres de manière temporaire—a réalisé

une mauvaise affaire boursière car l’action Renault vaut moins que lorsqu’il a réalisé l’opération.

 

Son flou dans l’énergie

Vingt-deux euros et quatre-vingt-dix centimes… C’est ce que valait une action EDF lorsque Emmanuel Macron est arrivé à Bercy. Quand il en est parti, l’action ne cotait plus que 10,50 euros… Le cours de l’action

Areva a été aussi divisé par deux. Démonstrationde l’incurie du ministre de l’Économie à gérer le problème

EDF-Areva (détenus respectivemen à 85 et 86 % par l’État): le schéma de sauvetage du champion nucléaire

apparaît davantage comme du bricolage à court terme que comme le résultat d’une stratégie à long terme.

Si au début, l’électricien, déjà plombé par son endettement, devait reprendre tout Areva (lui-même plombé par l’ère Lauvergeon), il n’a finalement repris que la branche réacteurs ainsi que le passif, dont l’EPR finlandais qui affiche neuf ans de retard et qui a déjà coûté plus de 8 milliards d’euros.

 

Par Frédéric Paya / Valeurs Actuelles

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