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La tyrannie c’est toujours ailleurs, jamais ici

Publié par medisma sur 17 Juin 2017, 19:37pm

La tyrannie c’est toujours ailleurs, jamais ici

L’un des aspects fascinants de la tyrannie est que les gens peuvent la reconnaître quand elle se produit dans d’autres pays, mais sont aveugles à ce sujet quand elle se passe chez eux. Le peuple américain, en particulier la presse grand public des États-Unis, sont une parfaite démonstration de ce phénomène.

Voyez l’article suivant de dimanche dernier de New York Times : « Dilemma for Uber and Rival: Egypt’s Demand for Data on Their Riders ». Il détaille une demande faite par la dictature militaire qui gouverne l’Egypte à Uber de livrer aux représentants du gouvernement toutes ses données sur ses clients et ses véhicules.

Le but de la demande?

Pour surveiller les activités des citoyens, bien sûr. Ou, comme le Times le dit, « Le logiciel serait un outil puissant entre les mains des services de sécurité de l’Egypte, qui, sous la présidence d’Abdel Fattah el-Sisi, ont intensifié l’espionnage des citoyens dans le cadre d’une volonté d’étouffer la dissidence et renforcer le pouvoir de M. Sisi ».

Voyez comme c’est facile pour le Times de reconnaître la tyrannie … quand elle est en Egypte?

Ce n’est pas tout. Le Time écrit: « Les services de sécurité peuvent déjà surveiller les Égyptiens par leurs téléphones cellulaires. Mais l’espionnage grâce au covoiturage en dit long sur les ambitions de M. Sisi pour la surveillance électronique, à un moment où son gouvernement a déjà emprisonné des citoyens pour des publications sur les réseaux sociaux, piraté les activistes utilisant de faux courriels et bloqué les applications de messagerie cryptées …. »

Quelle est la justification du régime dictatorial égyptien pour surveiller les activités de ses citoyens? La guerre contre le terrorisme, bien sûr. Comme le Times le dit: « Le gouvernement égyptien justifie ces mesures sévères en mettant en avant la menace des militants tels que l’État islamique … ».

Maintenant, regardons l’Amérique de l’après-11/9. Une surveillance de masse secrète des citoyens par les services de sécurité des États-Unis. Edward Snowden et d’autres « fuiteurs » révèlent quelques-uns des secrets et sont appelés traîtres.

Le Pentagone et la CIA détiennent le pouvoir omnipotent d’assassiner tous ceux qu’ils veulent, y compris des citoyens américains, sans interférence judiciaire. Ce pouvoir a été confirmé par la justice fédérale dans l’affaire Anwar al-Awlaki.

Les services de sécurité des États-Unis exercent également le pouvoir de kidnapper des gens, y compris des citoyens américains, les placer dans des cachots militaires ou des camps et les torturer. La justice fédérale a confirmé ce pouvoir dans l’affaire Jose Padilla.

Ils exercent également le pouvoir de saisir les gens et les livrer à des régimes dictatoriaux amis, comme ils ont déjà fait avec l’Egypte et la Syrie. La justice fédérale a confirmé ce pouvoir dans le cas Maher Arar.

Et n’oublions pas l’USA PATRIOT Act, qui a été adoptée presque immédiatement après les attentats du 9/11, que le système judiciaire fédéral a également confirmé.

Quelle était la justification de toutes ces mesures totalitaires post-9/11? La guerre contre le terrorisme, la même que le régime dictatorial en Egypte utilise pour justifier ses pouvoirs totalitaires.

Où a été l’attitude des libéraux et des conservateurs américains lorsque ces pouvoirs post-9/11 ont été adoptés par les services de sécurité des États-Unis?

La plupart d’entre eux ont rapidement suivi, acceptant la ligne du gouvernement selon laquelle ses mesures totalitaires étaient destinées à nous garder libre en sécurité. Les terroristes (qui par la suite se sont métamorphosés en musulmans) venaient nous prendre. Tant que les services de sécurité nationale n’exerceraient pas ces pouvoirs totalitaires, les terroristes gagneraient. Ils envahiraient l’Amérique, établiraient la charia, et nous obligeraient à étudier le Coran.

En fait, il n’y avait pratiquement que nous libertaires qui nous étions opposés à l’acquisition de tant de pouvoirs tyranniques et, sans surprise, les étatistes nous ont attaqué de manière vicieuse en nous qualifiant d’antipatriotes, de haineux de l’Amérique et d’amoureux des terroristes pour avoir soulevé la question de l’adoption par le gouvernement américain des pouvoirs dictatoriaux.

Tout au long de l’histoire, les gouvernements ont utilisé les crises pour justifier l’adoption de pouvoirs totalitaires. Dans le régime totalitaire modèle – l’Allemagne nazie – Hitler a utilisé l’attentat terroriste du Reichstag pour demander au Parlement allemand de lui accorder des pouvoirs d’urgence – temporairement, bien sûr (bien que, sans surprise, ils aient duré jusqu’à sa mort en 1945). C’est ce qu’a été la loi d’habilitation en 1933. Et n’oublions pas que Hitler avait une autre menace pour justifier ses pouvoirs totalitaires « temporaires », qui pourrait sembler familière : le communisme et l’Union Soviétique, incluant la Russie.

C’est ce que fait la dictature militaire égyptienne (qui, ne l’oublions pas, est un partenaire et un allié proche du gouvernement américain), en utilisant les crises et le terrorisme pour justifier ses pouvoirs dictatoriaux. C’est une stratégie ancienne mais très efficace utilisée par les régimes totalitaires.

Mais c’est aussi ce que l’état de la sécurité nationale des États-Unis a fait après les attentats du 9/11. Et n’oublions pas – les pouvoirs totalitaires qui ont été adoptés par les services de sécurité des États-Unis sont toujours en vigueur – 16 ans après les attentats – plus longtemps encore que n’ont duré les pouvoirs « d’urgence » de Hitler, et il n’y a toujours aucun signe que les services de sécurité des États-Unis ont l’intention de renoncer à ces pouvoirs dans un avenir proche.

Il n’était pas supposé en être ainsi. Examinez attentivement la Constitution. Y voyez-vous quoi que ce soit concernant les crises qui servent à justifier l’adoption de pouvoirs totalitaires? Pas un mot à ce sujet. En effet, ceux qui avaient rédigé la Constitution avaient compris que les crises sont la méthode éprouvée par laquelle les régimes détruisent la liberté par l’acquisition des pouvoirs totalitaires. Nos ancêtres américains avaient compris que c’est dans les temps de crise que la liberté est le plus en grand danger, entre les mains du propre gouvernement populaire.

Il est facile de reconnaître la tyrannie quand elle est imposée en Egypte, la Corée du Nord, la Chine ou la Russie. Dommage qu’il soit si difficile de la reconnaître chez nous.

 

 

Par Jacob G. Hornberger

Source : http://www.ronpaulinstitute.org/archives/featured-articles/2017/june/15/tyranny-over-there-but-not-over-here/

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