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le blog lintegral

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Indignation devant la déclaration de Macron sur les Comoriens

Publié par medisma sur 4 Juin 2017, 12:58pm

 

Quand Macron ricane des naufragés de la Françafrique

“Le kwassa-kwassa pêche peu, mais il amène du Comorien”. Pour ceux qui avaient encore besoin d’une leçon de choses sur M. Macron, les voilà servis. Que des milliers de Comoriens aient péri noyés en cherchant à fuir la pauvreté d’une ex-colonie française, c’est tellement drôle ! Cette tragédie humaine devrait nous couvrir de honte. Mais non, voyons ! Des Africains engloutis par les flots à une encablure de Mayotte ? Pour M. Macron, c’est marrant. La mine réjouie, le potache fait une blague comme s’il racontait une partie de pêche au gros. Goguenard, le freluquet rigolard amuse la galerie avec sa vanne à deux balles.

Regardez bien la vidéo. Oui, c’est vrai, sa cour trouve ça drôle ! Lorsque le dandy lâche sa boulette, les joyaux lurons ricanent en choeur. Le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, fait partie de la bande. Il paraît qu’il représente la France dans le monde ! Quant à M. Macron, il ne faut pas trop lui en demander. Né avec une cuillère en argent dans la bouche, élevé en batterie chez Rothschild, il n’a pas la compassion facile. On connaissait déjà son mépris pour les illettrés, les fainéants qui n’ont qu’à “travailler pour se payer un costard”. On découvre son mépris pour les pauvres du Tiers-Monde, ces crève-la-faim qui frappent à nos portes pour échapper à la misère.

Comment ces gueux, d’ailleurs, mériteraient-ils notre respect ? Ils n’ont même pas de compte en banque ! Dans les salons cossus de l’oligarchie, ces histoires de rafiots qui chavirent avec leur cargaison humaine sont aussi drôles que “Tintin au Congo”. Qu’est-ce qu’on se marre, avec Manu, sur les Nègres en kwassa-kwassa ! Au passage, notez bien l’expression. “Le kwassa-kwassa amène du Comorien”. Pour Macron, le Comorien n’est même pas une marchandise. C’est un matériau informe. Il ne vaut rien, il ne compte pas, et d’ailleurs il se noie dans l’indifférence générale. Le Comorien, ce n’est rien. Ce n’est même pas de la poiscaille, à peine un déchet dont on rigole quand il coule à pic.

Lesté de violence symbolique, un tel sarcasme illustre le racisme structurel de la caste dominante. Ceux qui ont appelé à voter Macron pour battre Le Pen ont l’air fin. A force de pointer du doigt le racisme qui gangrène les couches populaires, on a oublié celui des riches. Ce racisme est plus discret, mais plus féroce. Il crache sur ceux qui luttent pour la survie, sur les gueux, les pouilleux. Ce racisme prospère sur l’ahurissante misère qui frappe les damnés de la terre. C’est le sarcasme des vainqueurs de la compétition planétaire. “Noyée dans les eaux glacées du calcul égoïste”, comme disait Marx, toute compassion s’évanouit, elle disparaît dans un rictus.

Ne reste que le mépris, de classe et de race à la fois, qui expédie les déshérités de l’hémisphère Sud dans les oubliettes de “l’humanisme” occidental. On omet alors de dire que les migrants qui bravent la noyade sont aussi les victimes du pacte néo-colonial. L’aurait-on oublié ? C’est la France qui a extirpé Mayotte de l’archipel des Comores. C’est elle qui a semé le chaos dans la région, au mépris du droit international. Mais peu importe. M. Macron tient tant à la Françafrique ! Pour l’oligarchie, ce continent n’est qu’un terrain de chasse. Les Africains, à ses yeux, n’existent que dans la mesure où ils la servent. En attendant, le blanc-bec de l’Elysée peut faire le mariole sur le dos des naufragés.
 

Bruno Guigue

 

COMMUNIQUÉ | L’UPR exprime son dégoût et son extrême indignation devant la déclaration de M. Macron sur les Comoriens

UPR – Union Populaire Républicaine·samedi 3 juin 2017

L’UPR exprime son dégoût et son extrême indignation devant la déclaration d’Emmanuel Macron, plaisantant sur le drame de l’immigration illégale à Mayotte qui provoque chaque année des milliers de morts.

Il a en effet indiqué que le « kwassa-kwassa pêche peu, mais il amène du Comorien », assimilant ainsi des désespérés, risquant leur vie, à une espèce générique de poissons.

Le président de la République a fait cette déclaration indigne de sa fonction lors d’une visite au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage atlantique (CROSS) d’Etel, dans le Morbihan. Celle ci a été relevée par les journalistes de Quotidien puis relayée par plusieurs autres titres de presse.

L’UPR tient à rappeler que, selon des sources déjà anciennes, de 12 000 à 20 000 Comoriens ont péri en tentant d’entrer à Mayotte à bord des kwassa-kwassa, petites embarcations fragiles à l’origine de nombreuses noyades dans le canal du Mozambique.

L’UPR souligne que, si un autre responsable politique avait eu l’indécence de tenir des propos aussi abjects, il eût probablement fait l’objet de poursuites judiciaires de la part du Gouvernement, et l’ensemble de la classe médiatique aurait fait part de son émotion et de son indignation.

L’UPR demande solennellement au président de la République de présenter ses excuses publiques, tout particulièrement aux Français d’origine comorienne dont il était allé hypocritement briguer les suffrages lors de son meeting à Marseille le 1er avril 2017.

Nous rappelons qu’Emmanuel Macron n’en est pas à sa première déclaration chargée de cynisme et de mépris pour la misère humaine.

En effet, alors tout juste nommé ministre de l’Économie, M. Macron avait utilisé des termes odieusement blessants à l’égard des employées de l’entreprise Gad, qu’il avait décrites comme « illettrées », avant de s’en excuser.

Il s’était également emporté il y a un an face à un ouvrier en lui lançant que « le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler ».

Lors de la campagne présidentielle, M. Macron avait encore créé une polémique en qualifiant le Pas-de-Calais de territoire où « il y a beaucoup de tabagisme et d’alcoolisme. »

En conclusion, l’UPR appelle tous les Français de cœur à sanctionner le parti de M. Macron (La République en Marche) aux élections législatives en empêchant ce personnage, bouffi d’orgueil par la courtisanerie qui l’entoure, de disposer dangereusement et sans contrepoids de tous les pouvoirs de l’État.

 

Les kwassas kwassas

AFP

Les kwassas kwassas, frêles embarcations très connues à Mayotte, ont fait des milliers de victimes parmi les Comoriens candidats à l’émigration.

IMMIGRATION – A l’origine, il s’agissait du nom d’une danse congolaise saccadée très populaire dans les années 80. C’est pour illustrer le mouvement de la mer qui les fait tanguer et menace de les faire chavirer que les canots de pêche en provenance de l’archipel des Comores ont été rebaptisés « kwassas kwassas ».

En plaisantant cruellement sur le sort de ces navires qui « pêchent peu » mais « amènent du Comorien », Emmanuel Macron aura au moins eu le mérite de rappeler l’existence de ce drame humanitaire méconnu en métropole qui fait des milliers victimes dans l’Océan indien.

Dernier territoire d’outre-mer à avoir accédé au statut de département après un référendum en 2009, Mayotte est la cible d’une intense et constante immigration illégale, essentiellement en provenance de l’archipel voisin des Comores. Mayotte se situant à moins de 70 kilomètres de l’île d’Anjouan, il est possible de réaliser la traversée en bateau en empruntant un bras de mer connu depuis comme « le cimetière des kwassas kwassas ».

Beaucoup de candidats à l’émigration embarquent en effet à bord de ces bateaux de pêche pleins à craquer dans des conditions sanitaires et sécuritaires déplorables. En 2012, un rapport d’information du Sénat décrivait en ces termes la dangereuse traversée:

Mesurant 10 mètres de long sur un mètre de large, ces embarcations accueillent jusqu’à 50 personnes, qui naviguent au niveau de la mer, alors qu’elles ne devraient transporter que huit ou neuf personnes si les normes de sécurité étaient respectées. Le voyage dure en moyenne vingt-cinq heures.

 

Un kwassa kwassa rapporte entre 300 et 500 euros par passager

Ce même rapport évaluait le nombre de victimes ayant péri en mer pour rejoindre Mayotte entre 7000 et 10.000 morts depuis 1995. Un bilan probablement sous-estimé et qui n’a cessé de s’aggraver depuis, le niveau de vie moyen à Mayotte, bien que très inférieur à celui de la métropole, étant huit fois supérieur à celui des Comores.

Comme pour le drame des migrants qui tentent la traversée de la Méditerranée, les kwassas kwassas font la fortune des passeurs. Un canot rapporte 300 euros, parfois 500, par passager: « il est donc rentabilisé même s’il est intercepté. Ces barques sont souvent pilotées par des mineurs en raison de l’impunité pénale dont ils bénéficient, ce qui permet de préserver les responsables de filières de poursuites pénales », prévient le rapport sénatorial.

Un des coauteurs de ce rapport, le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, a raconté avec émotion sur son blog la tragédie des « enfants perdus des kwassas kwassas ». « La barque est si chargée qu’elle navigue à même le niveau de la mer. Il y a des naufrages, des noyades, des disparitions, des êtres humains qui passent par-dessus bord », décrit-il en constatant l’impuissance de la police des frontières qui interpelle presque chaque jour l’une de ces embarcations ».

 

La seule réponse possible: le codéveloppement

« Ceux qui sont interpellés en mer ou à l’arrivée dans un état de grande fatigue et d’épuisement ou ceux qu’on interpelle sur l’île se retrouvent au centre de rétention administrative. […] Mais l’efficacité de la reconduite est limitée. Car la moitié des personnes reconduites (chiffre officiel : c’est très certainement davantage!) reviennent quelques jours ou semaines plus tard dans la lugubre noria des kwassas kwassas », prévenait alors le sénateur.

Face à l’inefficacité de la stratégie de reconduite aux Comores des migrants, les autorités françaises espèrent nouer un partenariat avec les Comores censé contribuer à endiguer le nombre de candidats à l’exil. « Je suis venu vous tenir le langage de responsabilité de la République », avait plaidé Emmanuel Macron pendant sa campagne présidentielle, proposant « une stratégie de développement des Comores ». « C’est le seul moyen d’endiguer cette immigration ».

« Qui peut vous promettre qu’il n’y aura pas demain des kwassas kwassas, personne « , avait-il alors développé à l’occasion d’un passage à Mayotte. Sans mauvais jeu de mot cette fois-ci.

huffingtonpost.fr

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