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Une confrontation américano-iranienne : c’est tout ce que cherche Israël – et il pourrait l’obtenir

Publié par medisma sur 20 Juin 2017, 13:11pm

Une confrontation américano-iranienne : c’est tout ce que cherche Israël – et il pourrait l’obtenir

La décision de l’armée américaine de déployer, pour la première fois, des lance-roquettes multiples HIMARS (High Mobility Artillery Rocket System) en territoire syrien à partir de la Jordanie signifie que le Pentagone a créé un fait nouveau sur le terrain. Selon CNN, le déploiement se fera dans la base militaire à Al-Tanf près de la frontière de la Syrie avec l’Irak dans la région du sud-est, qui est actuellement une zone de contestation entre les groupes rebelles soutenus par les Américains et les forces gouvernementales syriennes.

Une déclaration du ministère russe de la Défense à Moscou a noté jeudi que le déploiement pourrait suggérer une intention américaine d’attaquer les forces du gouvernement syrien soutenu par l’Iran. La déclaration russe disait :

  • La portée du système HIMARS ne suffit pas pour appuyer les unités soutenues par les USA … à Raqqa. Dans le même temps, la coalition anti-terroriste dirigée par les Américains a à plusieurs reprises attaqué les forces gouvernementales syriennes près de la frontière jordanienne, donc on peut supposer que de telles attaques continueront, mais cette fois impliquant les HIMARS.

En effet, de telles déclarations péremptoires de la part des Russes, alors même qu’elles sont faites sous forme de suppositions, doivent être basées sur des données de renseignement. En clair, les intentions des États-Unis doivent être interprétées. Une possibilité pourrait être que c’est effectivement une action défensive. Les Etats-Unis ont jusqu’à présent compté sur le fait que les autres protagonistes – les forces gouvernementales, le Hezbollah, l’Iran, la Turquie et la Russie – ont faire preuve de retenue absolue pour ne pas affronter les forces américaines. Cette entente tacite (ou le pragmatisme des deux côtés) a bien fonctionné jusqu’à présent en grande partie. Bien que les relations américano-russes continuent de se détériorer, l’accord « désescalade » en Syrie a bien fonctionné jusqu’à présent.

Cependant, la guerre est la guerre et on n’est jamais mieux servi que par soi-même en ces temps incertains. Le fait est que le HIMARS fournit un autre moyen de frapper l’adversaire si les opérations aériennes ne sont pas réalisables pour une raison quelconque – ou tout simplement parce qu’il représente une option préférable. Selon toute apparence, les États-Unis auraient l’intention de créer des bases militaires dans le sud de la Syrie (comme ils l’ont fait dans les régions du Nord bordant la Turquie et l’Irak) et, si c’est le cas, le déploiement de HIMARS colle tout à fait dans ce plan.

En définitive, tout cela se résume à la grande question: Quelles sont les intentions politico-militaires de l’administration de Trump en Syrie dans les évènements en cours ? Lors d’une conférence de presse à Bagdad le 7 Juin, Brett McGurk, envoyé spécial du Président des États-Unis pour la Coalition mondiale contre Daech, a soutenu que la présence militaire américaine dans et autour de Al-Tanf (près de la frontière syro-irakienne) est purement temporaire. Tout en expliquant les raisons justifiant les attaques récentes des États-Unis contre les forces gouvernementales syriennes dans cette zone, McGurk a affirmé que la mission des États-Unis est de lutter contre Daech en Syrie et « quand la lutte contre Daesh sera terminée, nous ne serons pas là. » Sauf que, s’il y a une chose que la crise du Qatar a montrée, c’est que l’administration Trump peut être diabolique.

D’autre part, les forces gouvernementales syriennes sont intéressés à reprendre le contrôle de la frontière de leur pays avec l’Irak. Le président Bachar Al-Assad a insisté à plusieurs reprises sur le fait qu’il avait l’intention de reprendre le contrôle de l’ensemble de la Syrie. Et il y a des indications suffisantes que les forces gouvernementales syriennes sont déployés pour reprendre les vastes espaces vacants qui se trouvent en dehors de la loi en Syrie orientale limitrophes de l’Irak. Cette avancée militaire syrienne a été interprétée par certains commentateurs comme visant à ouvrir une voie terrestre à travers l’Irak vers l’Iran, par laquelle Téhéran peut renforcer le Hezbollah. L’hypothèse ici est que le but est de faire un pont terrestre long de 1000 kilomètres reliant Damas à Téhéran (via al-Tanf et Bagdad).

Un commentaire du groupe de réflexion basé à Bruxelles, le Conseil européen des relations étrangères – Les Etats-Unis doivent éviter une guerre avec l’Iran en Syrie orientale – met en garde l’administration Trump qu’ils ne pourront qu’être perdants dans une rivalité avec l’Iran pour le contrôle de la frontière syro-irakienne. Cependant, Israël mise sur une conflagration irano-américaine et il reste à voir dans quelle mesure l’administration de Trump peut résister à la pression du lobby juif.

Pendant ce temps, les derniers rapports suggèrent que les forces gouvernementales irakiennes et les combattants sunnites ont pris le contrôle de la frontière près de Al-Tanf en Irak (connu sous le nom poste frontalier al-Waleed). Un rapport de Reuters a interprété cette évolution comme étant en fait destiné à « empêcher les forces pro-iraniennes soutenant le président syrien Bachar al-Assad de recevoir des armes lourdes de l’Iran en utilisant la route principale entre l’Irak et la Syrie. » De toute évidence, une contestation irano-américaine est en train de naître au sud de la Syrie.

En somme, Israël pourrait obtenir ce qu’il cherche, mais il y a une autre affaire, c’est de savoir si il va aimer le résultat final de la lutte entre les Etats-Unis et l’Iran sur le contrôle de la Syrie du sud près du plateau du Golan. Il est peu probable que l’Iran laisse tomber « l’axe de la résistance », car il s’agit en fin de compte de la propre défense de l’Iran. Lire une analyse incisive par le Middle East Eye sur le plan commun israélo-américain pour travailler en tandem avec Daech afin accumuler la pression sur l’Iran pour le faire sortir des théâtres syriens et irakiens – The CIA and Islamic State: Iran’s twin threats.

 

Par M K Bhadrakumar

Source : http://blogs.rediff.com/mkbhadrakumar/2017/06/18/a-us-iran-confrontation-is-just-what-israel-seeks-and-it-may-get/

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