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La grande erreur : un État trop interventionniste

Publié par medisma sur 19 Juillet 2017, 21:09pm

La grande erreur : un État trop interventionniste Par Margaret Thatcher

     

Je suis convaincue que la grande erreur commise au cours de ces quelques dernières années, c’est d’avoir permis que l’État offre ses services et légifère pratiquement dans tous les secteurs. En partie cette conduite politique trouve ses origines dans les projets de reconstruction de la période d’après guerre, époque où les gouvernements endossèrent toutes sortes d’obligations nouvelles. De telles politiques se justifiaient sans doute alors, mais elles ont été poussées beaucoup plus loin qu’on ne le souhaitait au départ et que la raison ne l’exige. Au cours des premières années où nous étions au pouvoir, ainsi que durant la période intermédiaire, ce que nous avons cherché à faire fut de définir le cadre général à l’intérieur duquel les individus pouvaient réaliser leurs objectifs à leur guise, à la condition toujours qu’un niveau plancher fût garanti. Mais il m’a souvent semblé qu’à compter du début des années 1960 les priorités politiques ont changé. C’est à ce moment-là que le terme clé en politique devint celui de « croissance ». Si les ressources croissaient de x % par an, on décidait que de ce gain on allait dégager des moyens supplémentaires permettant au gouvernement d’accroître son offre de services. Cette doctrine s’imposa à l’époque, et les partis se chamaillèrent un peu entre eux pour savoir quel était le taux de croissance le plus élevé qu’on pouvait atteindre. 4 % ou davantage ? Le résultat de tout cela fut que, pendant tout ce temps, le débat politique se concentra non plus sur les gens mais sur l’économie. Des projets furent élaborés afin d’atteindre un taux de croissance de 4 %. Et c’est alors que le gouvernement actuel arriva au pouvoir avec en tête un plan plus ambitieux et une idéologie socialiste pour le mettre en œuvre, ce qui signifiait que, si les gens ne se pliaient pas aux exigences du plan, il fallait les y contraindre. C’est de là que dérivèrent l’obligation de se conformer à la politique des prix et des revenus, et dans son sillage, la notion inadmissible voulant qu’on donne au gouvernement le pouvoir de décider quels salaires et quelles rémunérations il convient d’augmenter.

      Au départ, l’opinion publique souhaitait une intervention plus grande de l’État dans certains domaines. Elle obtint satisfaction. Mais il vint un temps où le degré d’intervention prit une telle ampleur que dans les faits le gouvernement n’y suffit plus, et il fallut les services d’un nombre toujours plus important de fonctionnaires et de bureaucrates. Aujourd’hui il est devenu difficile, sinon impossible, de s’approcher du fonctionnaire responsable de la décision, et nous en arrivons ainsi au paradoxe suivant : au moment même où le niveau d’intervention s’élève, la distance entre l’État et ses administrés s’accroît. La conséquence de nos jours est dès lors que le processus démocratique s’est traduit par un surcroît d’autoritarisme.

      En juillet, le Daily Telegraph a publié un sondage assez intéressant montrant la manière dont les gens réagissaient à l’imposition de cette autorité impersonnelle. La question était ainsi formulée : « Pensez-vous ou non que les gens tels que vous sont ou non suffisamment impliqués dans la conduite des affaires de ce pays par le gouvernement (68 % ont répondu non), les services offerts par le secteur industriel nationalisé (non : 67 %), la gestion pratiquée par les autorités locales (non : 64 % – vous noterez l’importance relative de ce taux ; le public n’aime pas plus les municipalités enfermées dans leur tour d’ivoire que les gouvernements réfugiés sur leur Olympe). »

      Ces temps derniers, un nombre toujours accru d’articles de fond ont été publiés et des discours prononcés sur la question de savoir comment impliquer plus encore la population dans les décisions du gouvernement et faire en sorte qu’elle participe dans certaines de ses prises de décision.

      Si l’on veut cependant que les individus s’impliquent et participent personnellement, le meilleur moyen n’est pas de leur demander de s’associer à toujours davantage de décisions de l’exécutif, mais c’est de faire en sorte que l’État réduise son espace d’intervention et par conséquent laisse le citoyen privé libre de « participer », pour sacrifier à la terminologie à la mode, en élargissant son propre champ décisionnel. Ce qu’il nous faut désormais, c’est garantir à l’individu un niveau notablement plus élevé de responsabilité et de décision, une indépendance nettement accrue vis-à-vis de l’État, et pour celui-ci, une réduction relative de son rôle.

      Ces convictions ont des implications importantes sur l’art de gouverner.

                                                                                                                             Margaret Thatcher

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