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Qu’est-ce qui fait un grand leader?

Publié par medisma sur 15 Août 2017, 20:58pm

Qu’est-ce qui fait un grand leader?

Par Kishore Mahbubani et Klaus Schwab

Il n’y a pas longtemps, au cours du diner à Singapour, nous avons tenté de définir quelles sont les qualités qui constituent un excellent leader. Pour Klaus, les cinq éléments clés étaient le cœur, le cerveau, le muscle, le nerf et l’âme. Pour Kishore, la compassion, le caractère et le courage étaient essentiels, tout comme la capacité à identifier les talents et à comprendre la complexité. L’étendue des imbrications est révélatrice.

Ce n’est pas un hasard si les deux listes commencent par le cœur. Comme Nelson Mandela et Mahatma Gandhi, un leader ne peut pas atteindre la grandeur sans montrer une profonde empathie pour son peuple – un sentiment qui alimente la lutte contre les injustices auxquelles ces personnes peuvent faire face.

De tels leaders héroïques ne risquent pas d’émerger en temps normal. Mais les temps ne sont pas normaux. Au contraire, l’inégalité sans précédent d’aujourd’hui dans de nombreuses régions du monde est précisément le genre d’injustice qui pourrait stimuler l’émergence de grands leaders ayant de la compassion pour ceux d’en bas. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le jeune chef qui suscite le plus d’espoir aujourd’hui, a été élu en partie à cause de son engagement à aider les gens ordinaires.

Ensuite, il y a le «cerveau» – la capacité de filtrer les masses d’informations avec lesquelles nous sommes constamment inondés, afin de prendre des décisions intelligentes dans un monde complexe et en évolution rapide. Ici, certains dirigeants actuels présentent beaucoup d’aptitude.

Par exemple, la croissance et le développement continu de l’économie chinoise et indienne reflètent le fait que le président Xi Jinping et le Premier ministre Narendra Modi, respectivement, comprennent les défis économiques et sociaux et les opportunités impliqués par la quatrième révolution industrielle. Ils savent que, dans ce contexte complexe, ils doivent développer de nouvelles industries dynamiques qui placent leurs économies à la frontière du progrès scientifique et technologique.

L’utilisation intelligente des nouvelles technologies contribue également à atténuer la pauvreté. Les 1 milliard d’Indiens qui se sont inscrits pour une carte d’identité électronique Aadhaar bénéficient maintenant d’un accès direct aux prestations sociales sans barrières bureaucratiques. Les 1 milliard de Chinois qui utilisent leurs smartphones pour effectuer des paiements mobiles bénéficient maintenant d’un accès direct à toutes sortes de produits de consommation qui améliorent leurs modes de vie.

Personne n’a encore quantifié de manière fiable l’impulsion au bien-être que ces progrès technologiques produisent. Mais l’optimisme en Chine et en Inde augmente. Selon le Pew Research Center, 87% des Chinois se sentent favorables à la situation économique actuelle de leur pays et 82% croient que leurs enfants seront mieux que ce qu’ils sont aujourd’hui. De même, 83% des Indiens se sentent favorables à l’économie et 76% pensent que leurs enfants vivront mieux.

La troisième principale qualité d’un grand chef est le courage – ou avoir du nerf, comme le dit Klaus. La flambée de réfugiés en Europe, en particulier les demandeurs d’asile syriens en 2015, a provoqué une explosion de sentiment populiste, avec des dirigeants politiques demandant de plus en plus de fermer les frontières. Les dirigeants faibles ont cédé sous la pression, soit en alignant leur rhétorique sur celle des populistes, soit en se faisant écrabouiller par leurs rudes concurrents.

Pas la chancelière allemande Angela Merkel. Elle a fait un gros exemple en acceptant un million de réfugiés. Au début, sa position vis à vis des électeurs – et même de beaucoup de personnes dans son propre parti – s’est affaiblie, au point que certains ont commencé à écrire son épitaphe politique. Mais son courage remarquable a finalement payé. Elle est maintenant reconnue mondialement comme l’un des leaders les plus solides de notre temps.

À sa manière tranquille, le président Joko Widodo d’Indonésie a montré un courage similaire. L’Indonésie, comme l’Europe, est confrontée à une pression croissante des voix nationalistes et populistes qui cherchent à rejeter les cinq principes de tolérance – la «Pancasila» – qui sous-tendent l’État indonésien.

L’emprisonnement de l’allié politique de Widodo, l’ancien gouverneur de Jakarta, Basuki Tjahaja Purnama, également connu sous le nom de Ahok, pour blasphème contre l’islam a renforcé cette pression. Pourtant Widodo, comme Merkel, a continué à se battre contre les extrémistes, voire interdire au groupe extrémiste Hizb ut-Tahrir.

Bien sûr, transformer le courage en un changement positif nécessite des muscles – l’influence et l’autorité de prendre des mesures – nécessitant une compréhension subtile des réalités politiques. Une telle habilité était essentielle pour provoquer des changements puissants dans le système politique de l’Irlande, par exemple, avec un pays profondément conservateur élisant Leo Varadkar, un homosexuel d’origine indienne, en tant que Premier ministre.

Le pape François montre comment ces différentes qualités peuvent se conjuguer pour produire un leadership fort. La sagesse, le courage, la moralité et l’intelligence ont soutenu ses efforts pour changer la position et la perception de l’Église catholique romaine dans le monde.

Par exemple, alors que la tradition interdit au pape d’endosser l’homosexualité, le pape François a eu le courage de dire: «Si une personne est gay et cherche le Seigneur et est plein de volonté, dois-je juger cette personne?». De même, le Pape François  a brisé la ligne traditionnelle de l’Église pour suggérer que les femmes exposées au virus Zika qui a ravagé des régions d’Amérique latine l’année dernière pourraient utiliser la contraception artificielle.

Plus largement, le pape François a montré du courage et de la sagesse en s’engageant vers une structure plus décentralisée de l’Eglise et en envisageant une Eglise inclusive qui soit un «foyer pour tous». Sur  un autre plan aussi avisé, il a poursuivi progressivement le renouvellement des hauts fonctionnaires du Vatican plutôt que de le faire d’un seul coup.

Le pape François a aussi ce que Klaus appellerait l’âme d’un leader. La plupart des dirigeants succombent, à un moment ou un autre, aux pièges confortables de l’apparat. Pourtant, le pape François continue de vivre une vie simple et épurée, sans les avantages souvent associés au leadership, même dans le domaine religieux.

Dans un monde qui évolue plus rapidement que jamais, nous devrions chercher des leaders qui peuvent protéger et servir les intérêts des personnes qu’ils sont censés représenter. Cela signifie non seulement critiquer les faiblesses des leaders faibles, mais aussi souligner les succès de ceux qui sont forts. Ils peuvent être rares, mais ils existent, et nous devrions les saluer.

 

 Source : http://www.atimes.com/weekend-makes-great-leader/

Traduction : Avic – Réseau International

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G
Ce que j’ai pu constater, c’est que parfois, la direction d’une société nous empêche d’être un leader. On est souvent contraint d’opérer selon les normes établies par la société, ce qui fait que les employés nous voient plus comme des donneurs d’ordres que des mentors.
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