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Les poches percées de toutes parts

Publié par medisma sur 29 Septembre 2017, 19:16pm

Les poches percées de toutes parts

En 2018, la France va emprunter 'environ 200 milliards d’euros' sur les marchés étrangers pour boucler ses fins de mois pendant que l’Allemagne se désendettera.

L a présentation du projet de budget a beau être un exercice réservé au ministre de l’Économie et à celui des Comptes publics, c’est l’acte politique le plus important de tout gouvernement. Il réunit trois caractéristiques. D’abord, intégrer les promesses — notamment fiscales — faites par le chef de l’État au cours de sa campagne électorale. Ensuite, montrer quelles sont les missions prioritaires de ce début de quinquennat. Enfin, respecter les critères de bonne gestion fixés par Bruxelles, avec la nécessité pour notre pays d’afficher un déficit budgétaire en baisse sensible... 

Bien sûr, il est marqué par cette absurdité qu’est la hausse de 1,7 point de la CSG. Bien sûr, les entreprises ne retrouvent pas complètement les baisses d’impôts qui leur avaient été annoncées. Bien sûr, l’État demeure un monstre toujours aussi dépensier. Malgré tout, ce projet de loi de finances intègre des baisses de taxes fortes pour les investisseurs. Il fait ressortir une baisse de 16 milliards d’euros des dépenses publiques. Si bien qu’il devrait prolonger ce choc de confiance qui profite à notre économie avec une croissance estimée à 1,7 %.

Cette nouvelle séquence budgétaire devrait renforcer le caractère “droitier” de la politique menée par le gouvernement d’Édouard Philippe. Et ce jeudi, lors de sa première grande émission politique à la télévision, le Premier ministre va forcément insister sur les mesures démagogiques, destinées à flatter un éventuel électorat de gauche, comme la suppression de la taxe d’habitation (pour une partie de la population), comme la baisse de certaines cotisations salariales ou comme l’augmentation des allocations handicapés et vieillesse. Mais la question n’est pas tant que le budget soit de droite ou de gauche. Elle est qu’il doit être sincère et qu’il doit transformer notre économie pour la rendre plus créatrice de richesses et moins endettée. Comme le répétait le baron Louis, qui fut un ministre des Finances très recherché sous la Restauration et la monarchie de Juillet: « Faites-moi une bonne politique et je vous ferai de bonnes finances. » À cette aune-là, le compte n’y est pas. En 2018, le déficit budgétaire sera supérieure à 80 milliards d’euros,soit l’équivalent des dépenses effectuées par l’État au cours des mois d’octobre, novembre et décembre. Comme c’est le cas depuis 1974, la France va continuer de vivre au-dessus de ses moyens alors que notre voisin allemand est, lui, en excédent.

 

LA QUESTION N’EST PAS TANT QUE LE BUDGET SOIT DE DROITE OU DEGAUCHE. ELLE EST QU’IL DOIT ÊTRE SINCÈRE.

Mais ce qui fait le plus froid dans le dos, c’est lorsque l’on sort des sentiers battus des chiffres fournis par Bercy pour regarder de près notre dette. Au 31 mars dernier, elle atteignait le montant astronomique de 2209 milliards d’euros,soit l’équivalent de notre produit intérieur brut, c’est-à-dire de toute la richesse créée en un an par les forces vives du pays. Le problème, c’est que cette dette qu’il nous faudra bien rembourser un jour ou l’autre, ne le sera que grâce aux prélèvements faits sur le dos des ménages et des entreprises. Or, si l’on compare cette richesse marchande à la dette totale, on obtient en France un ratio de 220 %, qui est insoutenable. Alors qu’en Allemagne, pays qu’Emmanuel Macron regarde avec les yeux de Chimène et qui vient de reconduire sa chancelière pour un quatrième mandat consécutif, le ratio dette totale sur richesse marchande n’est que de 110 %. Surtout, il fond à vue d’œil depuis que l’Allemagne a commencé à se désendetter, alors que l’année prochaine, la France va devoir emprunter plus 'environ 200 milliards' d’euros sur les marchés étrangers pour boucler ses fins de mois. Tout cela dans un contexte de hausse des taux qui va rendre l’exercice périlleux et de plus en plus coûteux. C’est dire si, malgré quelques efforts, ce premier budget reste marqué par des années de gabegie, par l’importance de la sphère étatique et par le poids des prélèvements publics qui décourage l’initiative privée.•

 

Par Yves de Kerdrel / Valeurs Actuelles

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