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Robespierre : L’absolutisme est une infamie

Publié par medisma sur 31 Janvier 2019, 21:09pm

 Histoire de France

 

Robespierre : L’absolutisme est une infamie

 

De l’idéalisme à la probité et de l’impétuosité à la rébellion

Tellement intègre, extrêmement sévère, homme d’Etat rigide, implacable et déshumanisé pour les uns, héros des droits humains, dirigeant incorruptible, bouc émissaire pour les autres.

Admirateurs ou contempteurs, rares sont les indifférents lorsque l’on évoque la figure de Robespierre...

Aujourd’hui, le personnage est assimilé dans la mémoire collective à la rigidité, à la pureté, souvent aussi à la violence.

Tout entier dévoué à la réalisation d’un idéal, il n’a jamais été intéressé par l’argent, n’a jamais cherché à en gagné et n’a en réalité jamais eu. « Je veux être pauvre pour ne pas être malheureux. Je garde l’opulence non seulement comme le prix du crime mais comme sa punition. » Et cela, il le pense réellement. Au-delà de la question financière, Robespierre ne cherche pas à tirer une gloire de l’exercice du pouvoir.

Il est d’une « probité révoltante. »

Donnons la parole à l’intéressé, Maximilien l’Incorruptible :

« Vous rêvez d’une société plus juste et prospère, vous distillez une soif de liberté dans vos rangs, vous rejetez complètement le despotisme...

Vous devez vous libérer des dictas et des dogmes d’un régime absolu et tyrannique.

Pour ce, éprouvez le chemin des lumières, vous apprendrez à inverser les perspectives ; en langage scientifique, cela s’appelle opérer une révolution.

Embrasser les idéaux de liberté et sortir de l’état de tutelle dont vous êtes vous-mêmes responsables. »

C’est cette soif de libération qui s’est emparée de ce révolutionnaire, orateur célèbre qu’est Robespierre.

Il est l’ennemi juré du roi Louis XVI ; de ce roi timide, bredouillant, mal à l’aise devant sa cour et dépassé par sa charge avant même de l’avoir pesée.

De ce roi qui aimait s’enfuir loin, parfois très, très loin du palais... pour assouvir sa passion pour la chasse... tout en délaissant les affaires de son royaume.

Hélas ! La France a besoin d’un souffle nouveau, elle a besoin d’un sang neuf  et d’une gouvernance capable de redresser le pays en le changeant de fond en comble.

Louis XVI est fondamentalement incapable de comprendre les énormes enjeux de son temps.

Il a été frappé droit au cœur le 14 juillet 1789... Et le régime a fini par s’effondrer dans le bruit sourd d’une tête coupée qui tomba dans un panier rempli de son le 21 janvier 1793.

Quatre mois auparavant, le 21 septembre 1792, La Convention Nationale prit sa première décision, celle d’abolir la Royauté. Et au mois de décembre qui suit, débuta le procès de Louis XVI, de son vrai nom Louis Capet.

Robespierre et le procès de Louis XVI

Lors de houleux débats à la Convention, Robespierre, l’homme fort du moment, d’un air farouche et fascinant, réclame immédiatement la tête du roi mais point son procès.

Les montagnards, groupe particulièrement influent au sein de l’Assemblée, prônent l’exécution immédiate du monarque, sans tenir compte de l’exception que lui attribue la constitution, à savoir, l’inviolabilité de sa personne, qu’ils transforment alors en une monstruosité.

Puisque Louis est un « corps hors la nation », la République ne peut s’instaurer qu’en l’anéantissant : Il existe une incompatibilité entre le roi et le peuple, le principe d’exception et le principe d’égalité.

En outre, les Montagnards condamnent le roi avec force vigueur, pour les dépenses somptuaires de la cour ainsi que pour les sommes considérables secrètement versées aux agents politiques nationaux et de puissances étrangères, telles que sont révélées dans  les Comptes de la Monarchie.

Pour sa part, Robespierre avance un argument avec une imparable logique : « Louis fut roi, et la république est fondée (...) La victoire et le peuple ont décidé que lui seul est rebelle : Louis ne peut pas être jugé ; il est déjà condamné, ou la République n’est point absoute. Louis doit mourir parce qu’il faut que la patrie vive. »

Cette logique, après un mois et demi de débats houleux et serrés, d’appels au meurtre et du vote final de l’Assemblée, emporte finalement la décision de la Convention le 15 janvier 1793 : Le roi est condamné à la guillotine.

Pauvre Louis XVI ! Même son cousin vote sa mort. Cette lâcheté n’empêchera pas le cousin d’être guillotiné à son tour.

La pensée politique de Robespierre

L’incorruptible dévoile sa pensée politique lors de ses multiples discours à l’Assemblée en s’adressant directement au roi, aux législateurs et au peuple en ces termes :

« Sire, vous avez le droit de commettre impunément tous les crimes qui paraîtront agréables à votre majesté...La constitution vous accorde l’inviolabilité !

Législateurs, répondez...

Si un roi commettait un crime, s’il torturait ses opposants, s’il outrageait une personne, s’il dilapidait sans mesure l’argent du trésor au gré de ses caprices, s’il foulait aux pieds la loi fondamentale, lui diriez-vous : Sire, vous usez de votre droit, nous vous avions tout permis !...

Et vous appelez cela l’ordre établi, et vous osez dire que l’inviolabilité absolue est le soutien, la base immuable de l’ordre social !

Si un roi était responsable de l’émergence d’une guerre civile avec toutes ses horreurs, si à la tête des forces publiques il venait ravager son propre pays, et ensevelir sous ses ruines la liberté et le bonheur de ses sujets, serait-il inviolable ?

Mais le peuple,  ne l’était-il pas aussi ?

Et que fait-on en sa faveur ? Rien. Mais on fait tout contre lui ; car en élevant un homme au-dessus des lois, en lui assurant le pouvoir d’être injuste impunément, on le pousse dans tous les excès ; on le rend le plus vil, et, par conséquent, le plus malheureux des hommes ; on le désigne comme un objet de vengeance personnelle à tous les innocents qu’il a outragés, à tous les hommes et femmes qu’il a persécutés ; car la loi de la nature crie à tous, que lorsque la loi ne les venge point, ils recouvrent le droit de se venger eux-mêmes ; et c’est ainsi que les prétendus défenseurs de l’ordre public renversent tout jusqu’aux principes de bon sens et de l’ordre social !

On invoque les lois pour qu’un homme puisse impunément violer les lois ! On invoque les lois pour qu’il puisse les enfreindre !

Avez-vous réfléchi sur la supposition bizarre  et désastreuse  d’une nation qui serait régie par un roi criminel de lèse-nation ? Et qui offre le spectacle scandaleux d’un homme assis sur le trône pour opprimer la liberté, pour opprimer la vertu !

Comment les juges pourront-ils rendre la justice en son nom ? Au nom d’un homme qui n’aurait pas respecté sa foi ?

Quel coupable ne pourra pas accuser cette étrange et cruelle particularité des lois qui met une telle distance entre le crime et le crime, entre un homme et un homme, entre un coupable et un homme bien plus coupable encore !

Si épargner un coupable est une faiblesse, châtier un coupable plus faible au coupable puissant, c’est une injustice.

Vous ne pensez pas que le peuple voie sans douleurs ses représentants suivre la marche ordinaire des esclaves, qui cherchent toujours à sacrifier le faible au fort, et ne cherchent qu’à tromper et à abuser le peuple pour prolonger impunément l’injustice et la tyrannie.

Lorsqu’un peuple a été forcé de recourir au droit de l’insurrection, il rentre dans l’état de la nature à l’égard du tyran. Comment celui-ci peut-il évoquer le pacte institutionnel ? Il l’a anéanti : Le procès du tyran, c’est l’insurrection ; son jugement, c’est la chute de sa puissance ; sa peine, celle qu’exige la liberté du peuple.

Les peuples ne jugent pas comme les cours judiciaires ; ils ne rendent point des sentences, ils lancent la foudre ; ils ne condamnent pas les rois, ils les replongent dans le néant : Et cette justice vaut bien celle des tribunaux.

Emancipé, le peuple s’est réveillé de sa longue et profonde léthargie. Il n’est plus un vil troupeau d’esclaves stupidement attaché au stupide tyran qu’il a proscrit, voulant, à quelque prix que ce soit, se vautrer dans la bassesse et dans la servitude.

A présent, tout le monde est convaincu que le peuple est pénétré d’une égale horreur pour le despotisme, enflammé du même zèle pour l’égalité et l’éternelle justice.

Le véritable jugement d’un régime, c’est le mouvement spontané d’un peuple fatigué de la tyrannie, qui brise le sceptre entre les mains du tyran qui l’opprime.

La haine du tyran et l’amour de l’humanité ont une source commune dans le cœur de l’homme juste, qui aime son pays.

Citoyens, doutiez-vous de la légitimité ou de la nécessité de l’insurrection ? Certainement pas. Car ceux qui redoutent le plus les mouvements salutaires qui enfantent la liberté sont précisément ceux qui cherchent à exciter les troubles qui peuvent mener vers plus de despotisme et davantage de servitude.

Ces intrigants ambitieux transigeront avec les ennemis du peuple, sur les ruines de la patrie, et sur les cadavres sanglants de ses défenseurs. Ce sont des corrompus avérés. 

Sous le régime tyrannique, l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre ; et la législation, le moyen de réduire ces attentats en système.

Le roi et la cour ont très bien fait leur métier : C’est au peuple maintenant de faire le sien, c'est-à-dire de rendre les femmes et les hommes heureux et libres par les lois. Choisissez donc votre gouvernement, donnez-lui la force nécessaire pour que les citoyens respectent toujours les droits des citoyens, et faire en sorte que le gouvernement ne puisse jamais les violer : Voilà a mon avis le double problème que le législateur doit chercher à résoudre.

Parcourez l’histoire, vous verrez partout les magistrats opprimer les citoyens, et le gouvernement dévorer la souveraineté. Les tyrans parlent de sédition, le peuple se plaint de la tyrannie ; quand le peuple ose se plaindre, c’est que l’accès de l’oppression lui rend son énergie et son indépendance.

Jamais les maux de la société ne viennent du peuple, mais de la gouvernance. Comment n’en serait-il pas ainsi : Je dirais que la misère des citoyens n’est autre chose que les crimes des gouvernants.

Le gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale ; mais les hommes qui gouvernent ont une volonté individuelle, et toute volonté cherche à dominer.

S’ils emploient à cet usage la force publique dont ils sont armés, le gouvernement n’est que le fléau de la liberté.

D’où la nécessité d’une nouvelle constitution. Elle s’impose immanquablement et dont le premier objet doit être la défense de la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui-même : C’est précisément cet objet que les législateurs ont oublié ; ils se sont tous occupés de la puissance du régime. Aucun n’a songé aux moyens de la ramener à sa véritable place institutionnelle.

Il est donc temps de procéder à un changement de fond en comble du pays et d’élever le temple de la liberté avec des mains encore flétries des fers de la servitude. »

 

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S
Autrement dit... MACRON DÉGAGE !!!
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