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le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


La dette française... Votre dette ! Votre propre faillite !

Publié par medisma sur 21 Mars 2019, 19:48pm

 

I- “Le gouvernement français se contrefiche de la dette publique, voici pourquoi…”

Rappelons les chiffres : la dette publique de la France atteint 2299,8 milliards €, soit 99% du PIB. Cette dette est principalement celle de l’État (1828,4 milliards €), ainsi que la sécurité sociale (211,9 milliards €), les collectivités locales (199,4 milliards €), et les organismes divers d’administration centrale (le CNRS, le CEA, le Louvre, Météo France, etc. : 60,1 milliards €).

La dette publique ne cesse d’enfler d’année en année puisque les déficits – surtout ceux de l’État – persistent. Mais étonnement, la charge pour le budget de l’État ne cesse de reculer ! Pour quelle raison ? Grâce aux taux zéro, bien sûr. En effet, lorsqu’un emprunt arrive à échéance, l’Agence France Trésor en émet un autre du même montant, mais cette fois à un taux d’intérêt très faible. L’ancien emprunt, datant de plusieurs années, avait été souscrit à l’époque où les taux d’intérêt étaient plus élevés. Le remplacer par un emprunt à taux bas représente donc une bonne opération financière pour l’État !

Ainsi, comme l’explique l’IFRAP, s’appuyant sur une note de la Banque de France, la charge de la dette publique (le paiement des intérêts), qui est inscrite dans le budget de l’État, n’a cessé de diminuer entre 2011 et 2017, passant 55 milliards € à 42 milliards €. Ce recul a contribué pour 40% à l’effort global de réduction du déficit sous le mandat de François Hollande. Emmanuel Macron bénéficiera d’un pareil coup de pouce puisque la charge de la dette diminuera encore de 10 milliards € pour tomber à 32 milliards € en 2021. Mais après, l’effet s’arrêtera (puisque tout le stock aura été renouvelé à taux faible).

C’est magique : le déficit persiste, la dette s’accroît, mais le poids de la dette dans le budget diminue ! Voilà qui ne va pas inciter les gouvernements à redresser la barre. On peut même prévoir qu’ils vont laisser pourrir la situation jusqu’en 2022, date de la prochaine élection présidentielle, après on verra bien…

Alors, la dette on s’en fiche, on verra en 2022 ? Pas si vite.

Tout d’abord, il ne faut pas se limiter à la dette stricto sensu. L’article de l’IFRAP rappelle que la Cour des comptes a calculé que l’engagement hors bilan (implicite) de l’État représente au 31 décembre 2017 près de 4165 milliards €, dont 2429 milliards € au titre des engagements de retraite des fonctionnaires. Voici une charge dont l’inertie va lourdement peser sur les comptes publics dans les années à venir. On ferait bien de s’en occuper dès maintenant.

Ensuite, on le sait peu, mais si l’État emprunte à taux fixe, il a eu l’idée stupide d’émettre des emprunts indexés sur l’inflation pour 10% du total environ. Or, selon la Cour des comptes, une augmentation de l’inflation de 1/10représente une charge supplémentaire immédiate de 200 millions €. 1% d’inflation, c’est 2 milliards €, et si les prix dérapent suite à une crise de la zone euro, à, disons, 10%, c’est 20 milliards € d’un coup (qui se rajoutent à la charge des 90% restants). À ce niveau, la France risque de ne plus pouvoir emprunter sur les marchés et de se retrouver en faillite.

Et puis les taux d’intérêt vont finir par remonter un jour ou l’autre, peut-être d’ailleurs dès la fin de cette année, si le successeur de Mario Draghi à la tête de la BCE le décide. On peut d’ailleurs avoir une idée de ce que cela donnera en regardant la situation des États-Unis, qui sont en avance sur nous puisqu’ils ont d’ores et déjà commencé à remonter leurs taux : entre les derniers trimestres 2010 et 2018, la charge des intérêts de la dette fédérale est passée de 404 milliards $ à 565 milliards $, soit une augmentation de 40% ! Washington bénéficie de la première monnaie de réserve mondiale et peut actionner la planche à billets. La France, elle, pourrait difficilement supporter un tel bond. Non, vraiment, c’est une grande erreur de faire preuve de légèreté vis-à-vis de la dette publique.

 

II- “Danger: la France addict à la dette, l’État mais aussi les entreprises et les ménages”

Après avoir parlé de la dette publique française dans notre dernier article, il faut aborder la dette privée, celle des ménages et des entreprises, car “l’emballement du crédit inquiète les autorités” (Les Echos). En effet, les crédits accordés par les banques ont augmenté en moyenne de 6%, alors que l’économie, elle, a crû de 1,5%. “Ce qui nous frappe, c’est la croissance de tous les types de prêts : immobilier, consommation, entreprises” observe un expert cité par le quotidien économique.

Le Haut Conseil de Stabilité Financière, qui s’est réuni le 18 mars sous la présidence du ministre de l’économie Bruno Le Maire, a décidé de doubler le matelas de fonds propres des banques (de 0,25% des actifs pondérés à 0,5%), afin de freiner cet envol du crédit.
La France évolue à contre-courant des autres pays de la zone euro, ce qui ne peut manquer de surprendre et d’inquiéter : l’endettement des ménages augmente et atteint 59,2% du PIB, tandis que celui des entreprises s’affiche à 74,1% du PIB. Ces deux chiffres records sont en croissance, alors qu’ils reculent dans la zone euro. Ils représentent un endettement total de 133,3% du PIB (
Banque de France). Celle de l’État étant de 99,8% du PIB, on le rappelle, la dette totale de la France se monte à 233,1% du PIB ! La dette brute des entreprises françaises (crédits bancaires + obligations) atteint un record, dépassant pour la première fois 4000 milliards d’euros, soit 175% du PIB, selon Standard & Poors. Un retournement conjoncturel mettrait en grande difficulté l’État, les entreprises et les ménages.

Selon le quotidien, cette dynamique s’explique par les taux d’intérêt historiquement bas de la Banque Centrale Européenne. Cette raison nous semble insuffisante : dans ce cas, pourquoi la France fait-elle cavalier seul ? Et puis, si la politique “d’assouplissement quantitatif” de la BCE marchait (ce serait bien la première fois !), cette hausse des crédits se traduirait aussi par de la croissance économique, or celle-ci reste en berne.

Si les entreprises augmentent leur endettement sans pour autant faire progresser leur chiffre d’affaires et leur valeur ajoutée (donc le PIB), cela signifie qu’elles compensent de cette façon un défaut de compétitivité vis-à-vis de leurs concurrents internationaux. On connaît les causes de ce désavantage (coût du travail, poids des impôts sur la production, bureaucratie) et rien n’indique malheureusement une amélioration à venir. La dette (crédit bancaire ou obligations), qui coûte peu en ce moment, permet de rattraper cet écart, mais elle fragilise dangereusement les bilans.

Les ménages, eux, ayant une confiance limitée dans le système des retraites par répartition, en perpétuelle réforme, et constatant la chute des rendements de l’assurance-vie, basculent vers l’immobilier. Mais eux aussi fragilisent leur situation financière avec le poids des remboursements (les taux baissent, certes, mais les prix de l’immobilier augmentent) et avec une durée de prêts immobiliers qui s’allonge fortement (19 ans en moyenne). L’augmentation du crédit à la consommation cherche à compenser la baisse du pouvoir d’achat, mais cela n’a rien de sain.

La France devient addict à la dette, non seulement l’État mais aussi les entreprises comme les ménages, et cela ne peut qu’inquiéter quand la croissance reste atone. Une remontée des taux, une nouvelle crise financière, ou une crise franco-française (émeutes, blocages, paralysie institutionnelle), qui n’est désormais plus à écarter, auraient des conséquences dévastatrices.

 

Par  Philippe Herlin

Source: goldbroker  

III- 3200 milliards d'euros : la dette française cachée dont on ne parle pas

Par  Jean-Yves Archer 

Si la dette publique française fait l'objet de nombreuses polémiques, peu évoquent la dette hors bilan de l'état. L'économiste Jean-Yves Archer dénonce notamment les 50 milliards d'euros du poste Logement.


Jean-Yves Archer est économiste. Il dirige le Cabinet Archer et anime le think tank de recherche économique Archer 58 Research. Il est diplômé de l'E.N.A, promotion de 1985, et est titulaire d'un doctorat en Economie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En savoir plus sur son site.


Le citoyen en qualité d'électeur tout autant que de contribuable sait largement qu'il existe une dette, générée par les gouvernements de gauche et de droite, qui dépasse les 2035 milliards et frôle par conséquent les 100% de notre PIB.

 

Il y a une dette immergée qui s'invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique.

 

 

Mais, il y a une dette immergée qui s'invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique. Lorsque l'État apporte une garantie aux prêts bancaires de l'UNEDIC (dont la dette atteint 20 mds), cela ne se retrouve pas dans son bilan. Quand l'État soutient à bout de bras la situation de la banque DEXIA, cela n'est pas inscrit au bilan mais dans les cautions accordées. Lorsque l'État employeur prévoit la future retraite de ses agents, le montant des provisions pour pensions est inscrit ailleurs qu'au budget annuel approuvé par le Parlement.

Autrement dit, ces trois exemples illustrent l'importance de ce que l'on nomme «les engagements hors-bilan» de la France dont le montant total est égal à près de 3.200 milliards d'euros.

Dans cette question de dette publique, je dois observer que l'on abreuve les médias d'informations sur les quelques 2.000 milliards de dette au sens de Maastricht mais que la dette immergée n'est que très rarement évoquée sauf par le désormais sénateur honoraire Philippe Marini et par son collègue socialiste Gaëtan Gorce ou le député Charles de Courson. Si l'on aime la rectitude, il faut poser que notre dette totale est de 5.200 milliards.

La dette immergée est comme le diabète ou le glaucome une maladie silencieuse et indolore jusqu'au jour où il est trop tard.

 

La dette immergée est comme le diabète ou le glaucome une maladie silencieuse et indolore jusqu'au jour où il est trop tard.

En pages 71 et 72 du récent rapport de la Cour des comptes sur la certification des comptes de l'État pour l'exercice 2014, il est reproduit «le tableau de synthèse des principaux engagements hors-bilan» à l'exception des montants unitairement inférieurs à un milliard d'euros. L'annexe chiffrée fournie n'est donc pas exhaustive. À regret car «si c'est flou, c'est qu'il y a un loup» pour reprendre le mot désormais fameux de Madame Martine Aubry.

À titre informatif, au sein des 3200 mds, les engagements liés au légitime paiement futur des pensions des fonctionnaires civils et militaires représentent 1561 mds auxquels il convient d'ajouter les retraites des fonctionnaires de la Poste, soit 128 mds.

La moitié de la dette immergée vient donc des futures pensions et présente un caractère incontournable.

Le poste intitulé «Subventions aux régimes de retraites et subventions d'équilibre aux régimes spéciaux» qui se situe à hauteur de 274 milliards dont 137 pour la seule SNCF pourrait être analysé différemment. Tous ces chiffres offrent la caractéristique d'être assez stables dans le temps à l'exception très notable des «Aides au logement et contribution de l'État au financement du FNAL» qui passent de 106 mds en 2012, à 109 en 2013 puis 164 en 2014.

 

Chacun observera le silence qui entoure ce dérapage de 50 milliards pour le poste du logement!

 

 

L'ancien Secrétaire d'État américain Henry Kissinger avait émis une boutade acide: «L'Europe? Quel est son numéro de téléphone?». On serait tenté, face à 50 milliards de glissement de dette hors-bilan lui aussi acide, de demander le numéro de portable de l'omniprésente Madame Cécile Duflot dont le «track-record» est empli de records dont les professionnels du logement se souviendront des années durant. Chacun observera le silence qui entoure ce dérapage de 50 milliards pour le poste du logement!

La dette hors-bilan comporte donc des variations qui interpellent l'entendement mais aussi de légitimes motifs: ainsi, on relève 412 mds d'engagements liés à la «garantie de protection des épargnants» ( livrets d'épargne réglementés ) au sein de la sous-rubrique «Garanties liées à des missions d'intérêt général».

Dans une «communication» (et non un rapport ce qui n'est pas neutre) de 215 pages de fin avril 2013 adressée à la Commission des finances du Sénat, la Cour des comptes a décrit «Le recensement et la comptabilisation des engagements hors-bilan de l'État». Convenons que ce travail très conséquent et méthodique n'a guère atteint les oreilles du public. Tout d'abord, un certain flou l'entoure car le TIGRE («Tableau d'inventaire des garanties recensées par l'État» page 78) est toujours en cours d'élaboration par la Direction générale du Trésor.

En République, être pudique sur des chiffres du secteur public n'est jamais gage d'éthique. Le gouvernant mise sur la crédulité ou sur l'hypoalgésie tandis que le mal perdure et enfle. Un simple chiffre: avec 3.200 milliards d'euros, le hors-bilan représente 158% du PIB. Quant à sa dynamique, elle est nette: en dix ans, ce hors-bilan a été multiplié par 3,5.

 

En République, être pudique sur des chiffres du secteur public n'est jamais gage d'éthique. Le gouvernant mise sur la crédulité ou sur l'hypoalgésie tandis que le mal perdure et enfle.

D'autant que la crise a évidemment un impact: ainsi, les différents mécanismes de sauvetage de la zone euro (MES) pèsent pour près de 130 mds au sein du passif hors-bilan.

Dans ce panorama qui invite au sérieux et à la componction, il faut noter que l'État ne perçoit plus qu'un milliard en 2012 (contre 4 en 2006) au titre des garanties qu'il consent. «Plus la protection de l'État a été recherchée, moins elle a été rétribuée par les entités qui en bénéficiaient». ( rapport de 2013 sous l'élaboration du président de la première Chambre: M. Raoul Briet)

«L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde» a écrit le libéral Frédéric Bastiat (Sophismes économiques). Plus d'un siècle et demi après, cette phrase s'applique à cette partie immergée de l'iceberg qu'est la dette hors-bilan. Ainsi, le tableau de la page 41 nous apprend que le «démantèlement des matériels militaires, destruction de munitions, dépollution de sites militaires, engagements de nature fiscale» ne sont pas encore exhaustivement quantifiés et ont précisément fait l'objet, en 2015, d'une réserve de la Cour sur les comptes 2014 de l'État.

De surcroît, les engagements au titre du commerce extérieur (Assurance-crédit COFACE) appellent à la vigilance (85 mds), il est crucial de relever que la dette garantie directement par l'État atteint 194 mds.

Si toute cette dette implicite ou immergée conserve sa dynamique, elle pourrait représenter près de 166% du PIB lors de l'année électorale de 2017. «Nous sommes dans une ruelle étroite et des deux toits opposés, il pleut également sur nous.» Jean Jaurès. (Oeuvres Tome 8: Défense républicaine et participation ministérielle). Oui, les deux dettes implicite et explicite sont deux toits dont le financement supposerait l'équivalent arithmétique de 19 années de pression fiscale sous condition impérative d'absence d'ajout de déficit annuel additionnel.

Tels sont les faits saillants de cette dette qui rend muettes la plupart des voix politiques, à l'exception -jadis- de celle de Raymond Barre.

Si la dette publique française fait l'objet de nombreuses polémiques, peu évoquent la dette hors bilan de l'état. L'économiste Jean-Yves Archer dénonce notamment les 50 milliards d'euros du poste Logement.


Jean-Yves Archer est économiste. Il dirige le Cabinet Archer et anime le think tank de recherche économique Archer 58 Research. Il est diplômé de l'E.N.A, promotion de 1985, et est titulaire d'un doctorat en Economie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. En savoir plus sur son site.


Le citoyen en qualité d'électeur tout autant que de contribuable sait largement qu'il existe une dette, générée par les gouvernements de gauche et de droite, qui dépasse les 2035 milliards et frôle par conséquent les 100% de notre PIB.

 

Il y a une dette immergée qui s'invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique.

 

 

Mais, il y a une dette immergée qui s'invite à bien des évènements de la vie de la sphère publique. Lorsque l'État apporte une garantie aux prêts bancaires de l'UNEDIC (dont la dette atteint 20 mds), cela ne se retrouve pas dans son bilan. Quand l'État soutient à bout de bras la situation de la banque DEXIA, cela n'est pas inscrit au bilan mais dans les cautions accordées. Lorsque l'État employeur prévoit la future retraite de ses agents, le montant des provisions pour pensions est inscrit ailleurs qu'au budget annuel approuvé par le Parlement.

Autrement dit, ces trois exemples illustrent l'importance de ce que l'on nomme «les engagements hors-bilan» de la France dont le montant total est égal à près de 3.200 milliards d'euros.

Dans cette question de dette publique, je dois observer que l'on abreuve les médias d'informations sur les quelques 2.000 milliards de dette au sens de Maastricht mais que la dette immergée n'est que très rarement évoquée sauf par le désormais sénateur honoraire Philippe Marini et par son collègue socialiste Gaëtan Gorce ou le député Charles de Courson. Si l'on aime la rectitude, il faut poser que notre dette totale est de 5.200 milliards.

La dette immergée est comme le diabète ou le glaucome une maladie silencieuse et indolore jusqu'au jour où il est trop tard.

 

La dette immergée est comme le diabète ou le glaucome une maladie silencieuse et indolore jusqu'au jour où il est trop tard.

 

En pages 71 et 72 du récent rapport de la Cour des comptes sur la certification des comptes de l'État pour l'exercice 2014, il est reproduit «le tableau de synthèse des principaux engagements hors-bilan» à l'exception des montants unitairement inférieurs à un milliard d'euros. L'annexe chiffrée fournie n'est donc pas exhaustive. À regret car «si c'est flou, c'est qu'il y a un loup» pour reprendre le mot désormais fameux de Madame Martine Aubry.

À titre informatif, au sein des 3200 mds, les engagements liés au légitime paiement futur des pensions des fonctionnaires civils et militaires représentent 1561 mds auxquels il convient d'ajouter les retraites des fonctionnaires de la Poste, soit 128 mds.

La moitié de la dette immergée vient donc des futures pensions et présente un caractère incontournable.

Le poste intitulé «Subventions aux régimes de retraites et subventions d'équilibre aux régimes spéciaux» qui se situe à hauteur de 274 milliards dont 137 pour la seule SNCF pourrait être analysé différemment. Tous ces chiffres offrent la caractéristique d'être assez stables dans le temps à l'exception très notable des «Aides au logement et contribution de l'État au financement du FNAL» qui passent de 106 mds en 2012, à 109 en 2013 puis 164 en 2014.

 

Chacun observera le silence qui entoure ce dérapage de 50 milliards pour le poste du logement!

 

 

L'ancien Secrétaire d'État américain Henry Kissinger avait émis une boutade acide: «L'Europe? Quel est son numéro de téléphone?». On serait tenté, face à 50 milliards de glissement de dette hors-bilan lui aussi acide, de demander le numéro de portable de l'omniprésente Madame Cécile Duflot dont le «track-record» est empli de records dont les professionnels du logement se souviendront des années durant. Chacun observera le silence qui entoure ce dérapage de 50 milliards pour le poste du logement!

La dette hors-bilan comporte donc des variations qui interpellent l'entendement mais aussi de légitimes motifs: ainsi, on relève 412 mds d'engagements liés à la «garantie de protection des épargnants» ( livrets d'épargne réglementés ) au sein de la sous-rubrique «Garanties liées à des missions d'intérêt général».

Dans une «communication» (et non un rapport ce qui n'est pas neutre) de 215 pages de fin avril 2013 adressée à la Commission des finances du Sénat, la Cour des comptes a décrit «Le recensement et la comptabilisation des engagements hors-bilan de l'État». Convenons que ce travail très conséquent et méthodique n'a guère atteint les oreilles du public. Tout d'abord, un certain flou l'entoure car le TIGRE («Tableau d'inventaire des garanties recensées par l'État» page 78) est toujours en cours d'élaboration par la Direction générale du Trésor.

En République, être pudique sur des chiffres du secteur public n'est jamais gage d'éthique. Le gouvernant mise sur la crédulité ou sur l'hypoalgésie tandis que le mal perdure et enfle. Un simple chiffre: avec 3.200 milliards d'euros, le hors-bilan représente 158% du PIB. Quant à sa dynamique, elle est nette: en dix ans, ce hors-bilan a été multiplié par 3,5.

 

En République, être pudique sur des chiffres du secteur public n'est jamais gage d'éthique. Le gouvernant mise sur la crédulité ou sur l'hypoalgésie tandis que le mal perdure et enfle.

D'autant que la crise a évidemment un impact: ainsi, les différents mécanismes de sauvetage de la zone euro (MES) pèsent pour près de 130 mds au sein du passif hors-bilan.

Dans ce panorama qui invite au sérieux et à la componction, il faut noter que l'État ne perçoit plus qu'un milliard en 2012 (contre 4 en 2006) au titre des garanties qu'il consent. «Plus la protection de l'État a été recherchée, moins elle a été rétribuée par les entités qui en bénéficiaient». ( rapport de 2013 sous l'élaboration du président de la première Chambre: M. Raoul Briet)

«L'État, c'est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s'efforce de vivre aux dépens de tout le monde» a écrit le libéral Frédéric Bastiat (Sophismes économiques). Plus d'un siècle et demi après, cette phrase s'applique à cette partie immergée de l'iceberg qu'est la dette hors-bilan. Ainsi, le tableau de la page 41 nous apprend que le «démantèlement des matériels militaires, destruction de munitions, dépollution de sites militaires, engagements de nature fiscale» ne sont pas encore exhaustivement quantifiés et ont précisément fait l'objet, en 2015, d'une réserve de la Cour sur les comptes 2014 de l'État.

De surcroît, les engagements au titre du commerce extérieur (Assurance-crédit COFACE) appellent à la vigilance (85 mds), il est crucial de relever que la dette garantie directement par l'État atteint 194 mds.

Si toute cette dette implicite ou immergée conserve sa dynamique, elle pourrait représenter près de 166% du PIB lors de l'année électorale de 2017. «Nous sommes dans une ruelle étroite et des deux toits opposés, il pleut également sur nous.» Jean Jaurès. (Oeuvres Tome 8: Défense républicaine et participation ministérielle). Oui, les deux dettes implicite et explicite sont deux toits dont le financement supposerait l'équivalent arithmétique de 19 années de pression fiscale sous condition impérative d'absence d'ajout de déficit annuel additionnel.

Tels sont les faits saillants de cette dette qui rend muettes la plupart des voix politiques, à l'exception -jadis- de celle de Raymond Barre.

 

 

Source :  http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/06/11/31007-20150611ARTFIG00140-3200-milliards-d-euros-la-dette-francaise-cachee-dont-on-ne-parle-pas.php

 

IV- Pierre Jovanovic: “En comptabilisant les régions, l’endettement de la France est compris entre 140 et 150%” (vidéo)

Pierre Jovanovic: “La faillite de la France est en route. La grande escroquerie du gouvernement Sarkozy, c’était de donner l’indépendance aux régions, aux communes etc… Car avant, lorsque les régions, les collectivités étaient endettées, cela rentrait dans l’endettement globale de la France. Qu’est-ce qu’ils ont fait ? Eh bien, ils ont purgé artificiellement le livre comptable de la France. Les régions sont endettées mais elles ne rentrent plus dans l’endettement globale de la France. C’est quand même incroyable ! Aujourd’hui, l’endettement officiel est de 100% mais techniquement la France est endettée à hauteur de 140 à 150%. Nous sommes donc, dans la même situation que les grecs. Et du coup, Mr Macron va mettre en place la même politique qu’on a vu appliquée en Grèce.”

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