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le blog lintegral

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La suppression d’anti-inflammatoires en libre service

Publié par medisma sur 4 Octobre 2019, 21:09pm

« L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (l’ANSM) souhaite limiter l’accès direct à 82 spécialités à base d’antiinflammatoires (aspirine, paracétamol, ibuprofène) dans les pharmacies. Rangées derrière le comptoir, elle renforcerait le rôle de conseil du pharmacien. »

Cette mesure survient  « à la suite du décès d’une jeune femme, conséquence d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours ». En fait l’intoxication au paracétamol est connue depuis longtemps mais une mort est très souvent un fort stimulus de prise de décision!

La banalisation de la prise d’un antiinflammatoire est à l’image de la banalisation du symptôme douloureux, souvent dû à une inflammation que ressent une personne. Au lieu d’écouter le signal que lui donne son corps, elle veut le supprimer au plus vite, passer par dessus pour continuer ses activités comme si de rien n’était. C’est similaire à un clignotant rouge qui s’allume dans une auto : il est petit mais si on le néglige, le moteur peut griller… C’est ainsi qu’en « gommant » une douleur dans la sensation qu’elle procure mais non dans le signal qu’elle donne, la cause sous-jacente peut continuer à se développer. La douleur revient et deux voies s’offrent à nous : soit nous cherchons à comprendre son origine, soit nous la gommons à nouveau.

 

C’est là qu’intervient la notion de médecine précoce. En cherchant la cause, nous pouvons nous diriger vers une thérapie adéquate. Un exemple tout simple en est l’entorse de cheville. Chercher à supprimer la douleur – donc interférer sur l’inflammation – empêche en partie le corps de se défendre contre la lésion, donc ce geste ne fait que prolonger le processus de réparation, voire l’interrompre, ce qui conduit à des douleurs chroniques ou à une faiblesse de l’articulation. Les soins appropriés sont bien plus de nature locale, par exemple des cataplasmes d’argile pour nourrir l’endroit et des manipulations douces pour remettre en place les structures qui se sont déplacées afin que les liquides vitaux puissent mieux circuler. En médecine intégrative, nous chercherons en plus à percevoir pourquoi notre 6e sens n’a pas fonctionné pour éviter l’accident.

L’ANSM compte sur les conseils d’un pharmacien ou de ses aides. Oui, sans doute pour le dosage du médicament mais est-ce qu’il ou elles seront à même – par leur temps disponible et par des compétences élargies – d’accompagner la personne en souffrance vers une meilleure compréhension de ce qu’elle vit?

C’est vraiment dans de telles circonstances que les individus peuvent apprendre à mieux comprendre la physiologie de leur corps et à la gérer de façon plus consciente.

Evidemment, l’ANSM remplit la mission qui lui est dévolue mais en fait le problème est global et il serait bien plus opportun de réunir les différents acteurs de santé pour apporter une réponse en profondeur. Supprimer un libre accès à des spécialités ne suffit pas pour diverses raisons. En plus de celles évoquées, il y a aussi le fait qu’un médicament peut être remplacé par un autre qui aura également ses effets secondaires, peut-être même pires. Ou alors, on ira se servir par d’autres circuits (les produits sur internet nous en donne une image patente!).

Il est donc temps d’élargir les réflexions et les modes d’action. On sait de longue date que supprimer – faire disparaître – quelque chose ne mène pas loin si on n’effectue pas une réelle mutation, comme la chenille dans sa chrysalide qui n’a de sens que pour l’avènement du papillon!

Marie-France de Meuron

source : http://mfmeuron.blog.tdg.ch/archive/2019/10/03/la-suppression-de-medic-301263.html#more

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