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La somme de toutes les promesses non tenues

Publié par medisma sur 27 Mai 2020, 21:53pm

 

La somme de toutes les promesses non tenues

Le public agité, enfermé et inactif au cœur de ce printemps fleurissant, voit Wall Street se porter à merveille tandis que s’approche le crépuscule de son programme de protection des salaires, beaucoup plus modeste, et de ses chèques de secours contre le coronavirus. À la fin de la semaine dernière, le Dow Jones a grimpé de 455 points le jour même où le gouvernement a annoncé les pires chiffres du chômage depuis les creux de la Grande Dépression. Y a-t-il deux économies dans ce pays ? Une pour les personnes qui doivent travailler pour une rémunération, et une autre pour les banquiers qui jouent à des jeux louches avec l’argent des autres [multiplié par dix, NdT] et reçoivent des renflouements extravagants lorsque leurs jeux ne marchent plus ?

On dirait bien, juste un peu. Cet enchevêtrement de dissonances cognitives risque de s’enflammer bientôt comme un tas de compost suractif lorsque l’ouverture promise de l’Amérique commencera et que des dizaines de millions d’adultes capables découvriront que leurs anciens emplois, leurs vocations – et leurs salaires ! – ne seront plus jamais au rendez-vous, sans parler des soins de santé et des pensions. Que Dieu nous vienne en aide si les marchés boursiers sont en pleine bourre quand cette prise de conscience balaiera le pays.

Et pourquoi les marchés ne continueraient-ils pas de bien se porter si la Réserve fédérale continue de déverser en permanence des tombereaux de dollars dans les chaudières de Wall Street ? Jay Powell et son équipe de monomaniaques croient apparemment que le renforcement des indices boursiers est le seul moyen d’assurer la santé du système, et ils ont adopté la théorie monétaire moderne (MMT), selon laquelle le gouvernement peut imprimer autant d’argent qu’il le souhaite pour faire tourner les rouages de l’usine – ou, du moins, l’apparence d’une usine. En deux mois seulement, ils ont mouliné des milliers de milliards, soit l’équivalent de l’accumulation de la dette pendant les deux premiers siècles des États-Unis. Bien entendu, l’argent frais est une nouvelle dette car, sous notre régime monétaire, l’argent doit être prêté pour exister.

L’une des raisons pour lesquelles les marchés pourraient ne pas continuer à se développer est que l’argent disparaîtrait dans le vieux trou noir de l’extinction encore plus vite que la Fed ne peut entrer sur son clavier les chiffres qui représentent magiquement de l’argent frais. La raison : si, en fait, l’argent est prêté pour exister, il est mort par défaut lorsque les prêts ne sont pas remboursés. Après tout, un prêt c’est ça : de l’argent avancé sur une promesse de remboursement, généralement avec des intérêts, des intérêts récompensant la valeur temporelle de l’argent, c’est-à-dire la durée du prêt. Avez-vous une idée du nombre de prêts qui ne sont pas remboursés, et qui risquent maintenant de ne jamais l’être ?

Commencez par les maisons. 63 % des propriétaires remboursent les échéances chaque mois. La moyenne nationale de l’encours des prêts hypothécaires individuels est de 148 000 dollars. La dette hypothécaire totale s’élève à 10 300 milliards de dollars. Maintenant, les voitures : il y a environ 260 millions de voitures particulières immatriculées en Amérique, dont plus de 100 millions ont été achetées grâce à des prêts toujours en cours, ce qui représente 1 200 milliards de dollars, soit assez pour acheter 53 millions de Ford Fusion à 23 000 dollars chacune. Maintenant, la dette des cartes de crédit : le total pour les États-Unis est de 3 900 milliards de dollars avec un solde moyen roulant de 9 333 dollars. Pendant ce temps, 45 % des adultes américains n’ont pas d’économies.

Comme le sénateur Everett Dirksen (D-Ill) l’adit  un jour en riant lors d’une bataille budgétaire au Sénat : « Un milliard par-ci, un milliard par-là, très bientôt, vous parlerez d’argent réel ». Considérez qu’un trillion est un millier de milliards – et un milliard est un millier de millions. Dans une réalité ordinaire, une réalité basée sur la réalité, c’est-à-dire avec de l’argent basé sur la réalité, ce serait beaucoup d’argent – et beaucoup de dettes ! Il est difficile de projeter un chiffre exact, mais avec plus de 20 % de la main-d’œuvre américaine inactive, sans revenus, il est possible que beaucoup de dettes ne soient pas remboursées, ne le seront jamais et que beaucoup d’argent soit en voie d’extinction. Cela signifie que beaucoup de gens n’auront plus d’argent. Une fois le fait acquis que tout l’argent qu’ils devaient aura disparu, car il ne sera jamais remboursé, et que le nouvel argent que la Fed est en train de créer, sans aucun rapport avec la production de choses de valeur, remplacera l’ancien argent disparu, alors les Américains auront à nouveau beaucoup d’argent. Le hic, c’est que cet argent ne vaudra rien. Il y a donc deux façons de faire faillite : ne pas avoir d’argent ou avoir beaucoup d’argent qui n’a aucune valeur pour acheter quoi que ce soit. C’est ainsi que ça se passe.

Avec les espoirs et les rêves d’une vie décente des gens. Ce que vous voyez, en fait, c’est une nation, et un système, qui en est venu à être basé sur des promesses non tenues. C’est ce que l’opinion publique, inquiète, conclura de ce fatras de statistiques. La discorde quittera rapidement le domaine statistique et s’installera dans celui de l’émotionnel, et ces émotions seront entièrement négatives : rage, ressentiment, griefs, vengeance, des sentiments de ce genre. La somme de toutes les promesses non tenues est un contrat social rompu. Ce contrat c’est l’accord selon lequel nous nous comporterons de manière civile en échange de la liberté de vaquer à nos occupations – dans le cadre de règles (lois) clairement définies sur ce qui constitue une activité légitime. Un contrat social rompu est exactement ce à quoi aboutissent toutes ces machinations. Par conséquent, les apparences de l’État – le système et les personnes qui le dirigent – deviennent de plus en plus fantastiquement malhonnêtes à la vue de tous.

Par exemple, la fausse candidature de Joe Biden, un homme trop vieux et trop sénile pour être président, avec une longue histoire d’argent qui s’amasse, pour sa famille, dans et autour de ses bureaux officiels, à quoi s’ajoute maintenant une vieille accusation d’abus sexuel. Qui les Démocrates pensent-ils faire marcher avec cela ? Le coronavirus leur a donné une excuse pour enfermer Joe dans un placard pendant deux mois, mais peuvent-ils continuer à le cacher après le grand déconfinement ?

Wall Street et ses garçons de course de la Réserve fédérale vont-ils continuer à officier avec leur vaudou sournois, à enrichir les actionnaires, les fonds spéculatifs et les dirigeants d’entreprises pendant que tous les autres se retrouvent à la limite de la famine et de l’indignation ? Trump va-t-il faire ce qu’il a suggéré lors de la campagne électorale de 2016 et déclarer une faillite nationale ? Après tout, il y a une différence entre la faillite et l’insurrection nationale. La faillite, au moins, est la promesse d’un redressement. Les redressements financiers sont généralement douloureux, mais ils sont ordonnés. Cela peut faire toute la différence.

 

James Howard Kunstler

Pour lui, les choses sont claires, le monde actuel se termine et un nouveau arrive. Il ne dépend que de nous de le construire ou de le subir mais il faut d’abord faire notre deuil de ces pensées magiques qui font monter les statistiques jusqu’au ciel.

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