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Israël pousse (une fois de plus) à la guerre contre l’Iran

Publié par medisma sur 26 Novembre 2020, 21:44pm

Israël pousse (une fois de plus) à la guerre contre l’Iran

Une campagne est en cours cherchant à pousser le président américain Donald Trump à attaquer l’Iran avant qu’il ne quitte son poste. Il est probable que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, avec l’aide du secrétaire d’État Mike le Pompeux, soit le cerveau de cette campagne.

La campagne a débuté le 16 novembre avec un article du New York Times qui affirmait que Trump avait demandé qu’on lui présente les options pour bombarder l’Iran :

Le président Trump a demandé à ses principaux conseillers, lors d'une réunion du Bureau ovale jeudi, s'il y avait des opportunités pour agir contre le principal site nucléaire iranien dans les semaines à venir. La réunion a eu lieu le lendemain du jour où les inspecteurs internationaux ont signalé une augmentation significative du stock de matériel nucléaire dans le pays, ont déclaré lundi quatre responsables américains, en poste et en retraite.

Certains conseillers de haut niveau ont dissuadé le président d'aller de l'avant avec une frappe militaire. Les conseillers - dont le vice-président Mike Pence, le secrétaire d'État Mike Pompeo, Christopher C. Miller, le secrétaire à la défense par intérim, et le général Mark A. Milley, le chef d'état-major des armées - ont averti qu'une frappe contre les installations de l'Iran pourrait facilement dégénérer en un conflit plus important dans les dernières semaines de la présidence de M.Trump.

Il est peu probable que Trump veuille ruiner son héritage en lançant une autre guerre au Moyen-Orient. Il veut se représenter à la présidence en 2024. L’un de ses principaux arguments de vente était et reste « l’Amérique d’abord », c’est-à-dire éviter les guerres qui n’ont aucune valeur pour les États-Unis.

Il existe un précédent pour une telle campagne israélienne. En 2008, Netanyahou avait également essayé de pousser l’administration Bush sortante à lancer une guerre contre l’Iran :

Au cours des derniers jours de l'administration Bush en 2008, les responsables israéliens, craignant que l'administration Obama entrante ne cherche à l'empêcher de frapper les installations nucléaires de l'Iran, ont cherché à obtenir des États-Unis des bombes anti-bunker, des bombardiers et l'aide des services de renseignement pour une frappe dirigée par Israël.

Le vice-président Dick Cheney a écrit plus tard dans ses mémoires qu'il soutenait cette initiative. Mais pas le président George W. Bush...

Bien qu’Israël ait les capacités d’attaquer l’Iran, il n’osera jamais le faire sans le soutien explicite des États-Unis.

Mike le Pompeux, l’équivalent de Cheney dans la tentative actuelle d’entraîner les États-Unis vers une guerre, veut également se présenter à la présidence – si ce n’est en 2024, alors plus tard. Il a 56 ans et peut attendre encore quelques années. Il essaie actuellement d’obtenir le soutien du vote évangélique et de la campagne sioniste en faisant autant que possible plaisir à Israël :

Lors de sa récente visite en Israël, le secrétaire d’État Mike Pompeo a ajouté de nouvelles sanctions contre l'Iran tout en publiant une déclaration du Département d’État défendant la tactique de "pression maximale" de Trump contre la République islamique. Il s'est vanté des dommages causés à l'économie iranienne : "La campagne de pression maximale contre le régime iranien continue d'être extraordinairement efficace. Aujourd'hui, l'économie iranienne est confrontée à une crise monétaire, à une dette publique croissante et à une inflation en hausse. Avant la campagne Pression maximale, l'Iran exportait près de 2,5 millions de barils de pétrole par jour. Maintenant, il se bat pour exporter à peine un quart de ce volume".

La campagne israélienne pour une nouvelle guerre s’est accompagnée de plusieurs « fuites » assez sensationnelles qui ont mis en évidence un tel événement :

Les États-Unis ont rapidement déployé plusieurs bombardiers lourds au Moyen-Orient cette semaine, dans une menace apparente contre l'Iran, sur fond de spéculations disant que le président américain Donald Trump prévoit de mener une action militaire contre Téhéran avant l'entrée en fonction du président élu Joe Biden. ...

Chose inattendue, des avions B-52H Stratofortress ont été vus voler vers l'espace aérien israélien samedi, en route vers la base où ils seront stationnés, probablement au Qatar. Les avions ont été repérés s'approchant d'Israël sur un logiciel de suivi civil avant qu'ils n'éteignent leurs transpondeurs, les rendant ainsi invisibles pour ces applications.

La rotation de bombardiers B-52 vers le Qatar est loin d’être inattendue :

C'est la troisième fois en un an et demi que des bombardiers B-52, capables de transporter des armes nucléaires et d'autres munitions puissantes, ont été déployés dans la région dans le cadre de menaces tacites envers l'Iran.

La base du Qatar est le point de lancement des B-52 pour l’appui aérien en Afghanistan. Comme les États-Unis réduisent actuellement leurs effectifs en Afghanistan dans le contexte d’une recrudescence de l’activité des talibans, un soutien aérien supplémentaire est nécessaire pour couvrir cette retraite.

À la manière typique de Netanyahou, une récente « réunion secrète » entre Pompeo, Netayahou et le prince Muhammad bin Salman d’Arabie Saoudite a été divulguée immédiatement après qu’elle ait eu lieu. Le fait qu’il y ait eu une fuite intentionnelle rend peu probable que la réunion ait porté sur une attaque imminente contre l’Iran :

L’information contradictoire de lundi concernant cette rencontre - les médias israéliens ont affirmé qu'elle avait eu lieu, sans aucune source d'information, et le ministre saoudien des affaires étrangères l'a nié - a mis en lumière la politique intérieure de chaque pays et a montré à quel point les deux pays restaient éloignés de la perspective d'un échange d'ambassadeurs. ...

M. Netanyahu, qui a souvent été accusé de divulguer des informations à des fins politiques, avait de bonnes raisons de clamer que les relations avec l'Arabie saoudite allaient s'intensifier. Il est désireux d'améliorer sa position chez lui en tant que leader capable de transformer les ennemis d'Israël en amis et de détourner l'attention des allégations de corruption.

Le calcul est différent pour le prince Mohammed, qui a dit aux visiteurs américains qu'il ne considère pas Israël comme un ennemi mais que l'ouverture trop rapide de relations officielles pourrait inspirer les extrémistes et être utilisée contre lui dans une région où Israël reste impopulaire.

Une autre « fuite » israélienne aujourd’hui est également destinée à donner l’impression d’une attaque imminente contre l’Iran :

Ces dernières semaines, les forces de défense israéliennes ont reçu l'instruction de se préparer à la possibilité que les États-Unis mènent une attaque militaire contre l'Iran avant que le président Trump ne quitte ses fonctions, me disent de hauts responsables israéliens. ...

De hauts fonctionnaires israéliens me disent qu'ils s'attendent à ce qu'Israël soit prévenu avant toute attaque américaine contre l'Iran. Mais ils craignent que cela ne soit pas suffisant pour se préparer pleinement. D'où l'ordre donné à l’armée israélienne de commencer à prendre des mesures préparatoires en partant du principe qu'un tel scénario est possible.

L’Iran a réagi à la campagne israélienne en soulignant que toute attaque contre lui dégénérerait en une guerre plus importante :

Un conseiller du chef suprême iranien, qui est un candidat possible à la présidence en 2021, avertit que toute attaque américaine contre la République islamique pourrait déclencher une "guerre à part entière" au Moyen-Orient, pour les derniers jours de l'administration Trump.

S'adressant à Associated Press, Hossein Dehghan a adopté un ton dur, familier pour les membres des Gardiens de la révolution, une force paramilitaire iranienne dans laquelle il a longtemps servi avant de devenir ministre de la défense sous le président Hassan Rouhani.

(Pourquoi un avertissement d’escalade potentielle, si l’Iran devait être attaqué, est-il qualifié de « ton dur » au lieu d’être une évidence ?)

L’Iran a également demandé à ses alliés de la « résistance » d’éviter les provocations qui pourraient servir de prétexte à une attaque :

L'Iran a demandé à ses alliés au Moyen-Orient d'être en état d'alerte et d'éviter de provoquer des tensions avec les États-Unis qui pourraient donner à l'administration sortante de Trump une raison de lancer des attaques dans les dernières semaines du mandat du président américain, ont déclaré des responsables irakiens.

L’ordre, donné en personne par le commandant par procuration des Gardiens de la Révolution à l’étranger, le brigadier général Ismail Qaani, a été lancé un jour après que sept roquettes aient atterri près de l’ambassade américaine à Bagdad.

Que cette adresse au calme soit rendu public permettra de qualifier tout nouvel incident de provocation sous fausse bannière.

Au cours des 20 dernières années, toutes les nombreuses rumeurs d’attaques imminentes contre l’Iran ont été le produit de la propagande israélienne. Je ne vois pas pourquoi cette fois-ci serait différente.

Israël n’ose pas attaquer l’Iran. Le Hezbollah, l’allié de l’Iran au Liban, a suffisamment de missiles pour détruire l’industrie israélienne. Et puis il y a ceci :

Aᴍɪʀ @AmirIGM - 8:39 UTC - 4 nov. 2020

L'Iran montre ce qui est essentiellement un système pour lancer des missiles à une fréquence rapide depuis ses sanctuaires de missiles souterrains. Cela compense le faible nombre de ports de lancement dans ces bases et augmente la possibilité de déborder les systèmes anti-missiles ABM. - vidéo

Agrandir

Les tentatives de Netanyahou de manipuler les États-Unis afin qu’ils attaquent l’Iran ont été multiples. Mais l’héritage de Trump est en jeu. Je doute fort qu’il le risque pour une attaque qui aurait des conséquences immenses et imprévisibles.

En quoi lui serait-elle bénéfique ?

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