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Quelques mythes du libéralisme (partie 1)

Publié par medisma sur 13 Août 2021, 21:06pm

Quelques mythes du libéralisme
(partie 1)

La grande réussite de l’impérialisme occidental a été sa capacité à contrôler le discours, de façonner la réalité et d’en faire sa réalité. Cela s’est souvent produit en complet décalage avec la réalité des faits. Mais sa propagande était si efficace qu’elle a pu générer une servitude volontaire de sa population. Du moins cela a marché tant que le système était capable à la fois de tirer d’immenses profits de l’exploitation du reste du monde tout en veillant à fournir un niveau de vie élevé à une classe moyenne nombreuse. Cela a marché également grâce à l’épouvantail communiste qui a été faussement présenté comme une menace existentielle pour le mode de vie occidental.

Les mythes du libéralisme sont multiples, sans parler de ses nombreuses contradictions. Cependant, dans cet article, nous nous contenterons d’en aborder trois qui nous semblent majeurs voire fondateurs. Car ces derniers laissent transparaitre tout le savoir-faire d’illusionniste des élites occidentales qui ont su au fil des ans (depuis la première révolution industrielle) façonner la perception et les croyances populaires en remplaçant le christianisme en Europe par les dogmes sacro-saint du libre marché et de l’individualisme.

Le premier mythe que nous aborderons est l’assimilation du libéralisme à la démocratie, comme si aucune démocratie ne pouvait fonctionner en dehors. Le second mythe que nous traiterons, c’est justement le caractère libre du marché, qui n’est libre que de nom en réalité. Enfin, nous nous attaquerons au mythe d’efficacité (et du plus offrant) du libéralisme à traiter les problèmes socioéconomiques de la société.

 
Un système dit démocratique

La propagande occidentale excelle dans l’art de se faire passer pour ce qu’on n’est pas, à commencer par le caractère démocratique du système politique régissant la vie en société, dans une sorte de contrat social. Si un tel contrat social existe, nous doutons qu’il ait été un jour respecté. Non, les États occidentaux ne sont pas des démocraties mais des oligarchies. Une oligarchie est un système politico-économique dans lequel le pouvoir est exercé en réalité par une poignée d’individus qui tirent le plus souvent leur influence politique énorme de leur position élevée voire dominante dans l’économie et la finance. De fait, ils mettent tout en œuvre pour prendre le contrôle des centres de décisions et s’assurer que le système soit taillé selon leurs propres besoins et non celui du plus grand nombre (d’où le terme démocratie tire son nom). Cette prise de contrôle, véritable OPA sur les États se fait à plusieurs niveaux.

 
Les dirigeants à la solde

Une oligarchie se met petit à petit en place lorsque l’argent détermine en grande partie les personnes qui se feront élire comme représentants du peuple. De l’argent pour financer les meetings, de l’argent pour payer les campagnes de presse, de l’argent, beaucoup d’argent est nécessaire pour espérer se faire élire comme représentant du peuple. Les soutiens financiers et autres généreux donateurs qui inondent les campagnes politiques à coût de millions d’euros ne sont pas des philanthropes soucieux de faire élire les meilleurs candidats pour le bien de la communauté. Ce sont des investisseurs, qui cooptent et aident eux et celles qu’ils ont identifiés comme les plus aptes à servir leurs intérêts à atteindre les différents cercles de pouvoir et de décision. Ici, ce ne sont pas ceux qui présenteront les meilleurs programmes ni ceux qui auront un grand parcours dans la gestion des affaires de la cité qui gouverneront mais ceux qui sauront se montrer les plus serviles et faibles devant l’appât du gain. Ceci explique la qualité médiocre du personnel politique.

Une fois élus, ces derniers n’ont d’autres choix que de renvoyer l’ascenseur à leurs bienfaiteurs ou mécènes en nommant tel ou tel individu « suggéré » à un poste précis. Au final, c’est tout le pouvoir politique (exécutif, législatif et judiciaire) qui se retrouve en coupe réglée du fait du copinage entre le personnel politique et le monde des affaires.

À partir de ce moment, se met en place un système vicié où de puissants intérêts financiers arrivent à mettre la main sur le système de représentation populaire. Une fois cette première étape atteinte, le corpus juridique est la cible suivante.

 
Les lois taillées sur mesure

Après les élus et les hauts fonctionnaires (conséquence logique) dans leur poche, les oligarques vont s’atteler à faire tomber une à une les barrières légales à l’exercice de leur domination. Les constitutions et lois occidentales ont été influencées en grande partie par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Autant dire qu’elles étaient imprégnées de valeurs humanistes dont l’égalité des citoyens en droits et devant la loi. L’objectif des puissances d’argent à ce niveau est de faire tomber des mesures de protection sociales ou de consacrer certains abus dans le marbre de la loi. Une loi décidera que le gaz est une marchandise et non un droit, permettant à une compagnie (généralement une multinationale) de couper le chauffage à une famille en plein hiver parce qu’elle a été incapable de payer sa facture à temps. Ou tel autre État décidera dans une de loi fiscale d’accorder des exonérations aux super riches et de taxer davantage les retraités. La loi devient un véritable instrument de domination des puissants, qui en contrôlant les textes de lois et les personnes censées les faire appliquer s’arrogent un paravent de légalité. Pour rappel, la traite négrière était légale, tout comme l’était la ségrégation raciale aux USA. Ces pratiques n’en étaient pas moins injustes et immorales.

Ces exemples extrêmes sont là pour montrer qu’avec la loi de leur côté, les puissances d’argent font un pas vers leur objectif de domination totale. Les deux premières pratiques peuvent susciter du mécontentement populaires (face aux abus notamment) qui s’il n’est pas maitrisé risque de déboucher sur une révolution (ça c’est une autre affaire). Pas d’inquiétude, ils ont tout prévu.

 
Les médias à la solde

Ont-ils peur d’une jacquerie ? Oui mais soyez rassuré(e), car voyez-vous ils ont tout prévu. Pour éviter que les éventuels abus (il y en a forcément) de leurs pratiques déloyales puissent générer un mécontentement populaire et attirer l’attention sur leur plan de domination, les futurs oligarques prennent bien soin de contrôler le récit. Pour ce faire, ils vont acquérir les médias (télévisions, journaux, radios…) ayant la plus grande audience. Ainsi, la majeure partie des plus grands médias de votre pays appartiennent à une poignée d’individus qui s’assurent ainsi du discours, c’est-à-dire des sujets qui peuvent et ne peuvent pas être évoqués ou sommairement l’être dans les canaux d’information (du moins censés l’être) des citoyens. Petite question : savez-vous à qui appartient les principaux médias dans votre pays ?

Un autre avantage que confère la propriété des médias aux oligarques, c’est de contrôler le paysage politique en décidant de quel personnel politique peut bénéficier d’une meilleure visibilité, d’une présentation flatteuse et avantageuse au public. Ou contraire de décider des ennemis à abattre, à qui il ne faudra surtout pas permettre de se faire élire ou s’ils y arrivaient de les dépeindre sous un mauvais jour, en insistant sur les défauts voire en calomniant sans vergogne les personnels politiques qui ne rentrent pas dans leur schéma ou qui ont eu l’outrecuidance de refuser d’être achetés. Il ne faudra plus être étonné par les scandales financiers ou sexuels qui éclatent de manière opportune pour couler tel ou tel candidat (en général bien placé pour remporter l’élection).

Si vous voyez votre pays en lisant ces quelques lignes, la démocratie a été dévoyée depuis belle lurette au profit de quelques personnages souvent dans l’ombre (ils ont peur de la lumière) qui entendent tout contrôler. Du plus capital au plus insignifiant détail de votre existence. Que vous l’ayez compris ou non n’y change rien. C’était peut déjà le cas avant votre naissance.

Dans la seconde partie de l’article, nous aborderons le second mythe du libéralisme qui est le cœur même de l’arnaque. Nous verrons à l’aide de faits concrets et vérifiables que l’économie est pipée au profit des mêmes suspects évoqués plus haut.

 

Par Oufcom.

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