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Affaire Société Générale : Jérôme Kerviel en appelle aux politiques

Publié par medisma sur 11 Septembre 2013, 21:11pm

I- Communiqué de Presse

Jérôme Kerviel en appelle aux politiques : « ne me laissez pas mourir »

 

 

Source : Comité de soutien à Jérôme Kerviel / Porte-parole : Reun Coupa / Publié le 10/09/13

PARIS—Voilà ce qu'ils ont fait de lui. Les mots sont forts, terribles. L'homme est brisé, vidé de lui-même, déchargé de cette énergie qui, pendant ces 5 années, le menait au combat avec une détermination qui forçait notre respect ( Voir le site ).

Aujourd'hui, ayant abandonné tout espoir en la justice, qui, par 2 fois, est passée, refusant obstinément de faire son travail avec impartialité et rigueur, Jérôme Kerviel fait appel aux politiques, afin de dénouer ce réseau fabriqué de mensonges, de trahisons, de parjures, tissé par la Société générale, avec la complicité des juges et des médias.

Ce matin, les parlementaires, les membres du gouvernement, la Garde des Sceaux, le Premier ministre, le Président de la République, recevront une lettre de Jérôme Kerviel ( Voir le site ). Celui-ci leur demande d'ouvrir une enquête parlementaire, afin d'examiner LES FAITS, tous les faits, dans l'affaire qui l'oppose à la Société générale.

Afin d'expertiser ces opérations de débouclage, définitivement tenues secrètes, ainsi que les soi-disant pertes qui en auraient résulté : 4,9 milliards d'euros ! - chiffre jamais vérifié par quiconque à partir de sources authentiques ( voir l'article sur cette page), la Société générale crue sur parole - honte à la justice de ce pays !

Afin d'examiner pourquoi la décision d'attribuer un cadeau fiscal de 1,7 milliards d'euros à la Société générale a été prise, en février 2008, par la ministre des finances de l'époque, Christine Lagarde, qui s'est autorisée à disposer de VOTRE ARGENT, chers contribuables, en anticipant toute décision de justice qui déterminerait qui est responsable de quoi.

Dans cette nouvelle phase du combat pour faire éclater la vérité, qui ressemble à une étape ultime, désespérée, n'abandonnons pas Jérôme. Plus que jamais il a besoin de notre renfort. Le comité de soutien se mobilise, toujours présent à ses côtés, prêt à prendre part à toutes ses démarches et à l'épauler. Vous qui êtes indignés par tant d'injustice, assurez-le chaleureusement de votre soutien sur Facebook ( Voir le site ). ■

Ce communiqué est dans le domaine public.

 
II- Jérôme Kerviel parle de "sa vie de merde"

Et conteste son licenciement pour faute lourde

 

 

La vie de Jérôme Kerviel aujourd’hui? "Pour parler vulgairement, c’est une vie de merde. Je n’ai ni emploi, ni le moindre revenu. Je n’ai pas de Sécurité sociale. Je n’ai pas de logement. Il m’est impossible de construire quoi que ce soit, d’avoir une vie normale, une vie affective normale."

Jérôme Kerviel demande une enquête parlementaire sur la déduction fiscale de 1,7 milliard d'euros accordé à la Société Générale, dans un courrier adressé aux parlementaires et ministres, annonce l'ancien trader dans une
interview à 20minutes.
Il y déclare que "l'affirmation" de la banque faisant état de cinq milliards de pertes "n'a jamais été vérifiée ni par les instances judiciaires ni par qui que ce soit d'autre" et dénonce le fait qu'aucune "expertise financière indépendante" n'ait été réalisée pendant la longue procédure.

"Je m'adresse donc aux parlementaires et au gouvernement parce qu'une commission d'enquête parlementaire peut exiger cette expertise financière. Il se trouve que chaque citoyen français est concerné dans la mesure où l'État a accordé 1,7 milliard d'euros de déduction fiscale à la Société Générale quand celle-ci a annoncé ses prétendues pertes. Ce chèque de Bercy n'est absolument pas dû. J'aimerais bien que les élus s'interrogent sur pourquoi cet argent public a été attribué", déclare Jérôme Kerviel.
Début juillet, le conseil des prud'hommes, devant lequel Jérôme Kerviel conteste son licenciement pour faute lourde, a rejeté la demande d'expertise indépendante faite par l'ancien trader.
Alors qu'on lui fait remarquer qu'une commission d'enquête parlementaire ne peut être créée tant que la procédure judiciaire est en cours, il répond que "les parlementaires peuvent enquêter sur le crédit fiscal d'1,7 milliard que l'État a offert à la Société Générale, en 2008. Et pour enquêter là-dessus, ils auront donc besoin de vérifier l'existence de prétendues pertes subies par la banque".
Déjà jugé au pénal, Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison, dont
trois ferme, ainsi qu'à verser 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à son ancien employeur.
Le jugement de première instance, rendu en octobre 2010, a été confirmé en appel, en octobre 2012. L'ancien trader s'est pourvu en cassation. Il a été laissé libre dans l'attente de l'examen du pourvoi qui devrait intervenir dans les prochains mois.

 

III- Jérôme Kerviel: «Je suis enfermé dans le couloir de la mort sociale»
Vidéo: Jérôme Kerviel lit sa lettre aux parlementaires et membres du gouvernement.

L'ancien trader de la Société générale a adressé, lundi, un courrier aux membres du gouvernement et aux parlementaires afin de réclamer une commission d'enquête sur les «prétendues pertes» de la banque. Il s'en explique pour «20 Minutes»...

 

«Cela fait près de six ans que ma vie est un enfer (…) Ne me laissez pas mourir.» Le message est clair. Dans un courrier adressé, lundi, à l’ensemble des parlementaires et des membres du gouvernement, Jérôme Kerviel demande qu’une commission d’enquête indépendante fasse la lumière sur l’affaire qui porte son nom depuis février 2008. Condamné en appel à trois ans de prison, l’ancien trader, âgé de 36 ans, sait bien qu’il devra rembourser les 4,9 milliards d’euros de pertes qu’il a fait subir à la Société générale si son pourvoi en cassation est rejeté. Enfermé «dans le couloir de la mort sociale», selon ses propres termes, celui qui se dit «innocent» explique sa démarche à 20 Minutes

Comment allez-vous?

Cela devient de plus en plus dur. Je commence vraiment à être épuisé et à bout de forces. Cela fait bientôt six ans maintenant que je suis enfermé dans le couloir de la mort sociale. Je suis face à un mur du silence: malgré les preuves et les témoignages, la justice a avalé la version de la Société générale.

C’est quoi la vie de Jérôme Kerviel aujourd’hui?

Pour parler vulgairement, c’est une vie de merde. Je n’ai ni emploi, ni le moindre revenu. Je n’ai pas de Sécurité sociale. Je n’ai pas de logement. Il m’est impossible de construire quoi que ce soit, d’avoir une vie normale, une vie affective normale. Je bosse sur l’affaire tous les jours. Il n’y a pas un matin où je me lève sans y penser.

Vous avez adressé, lundi, un courrier aux membres du gouvernement et aux parlementaires. Expliquez-nous votre démarche.

Cette affaire a éclaté il y a un peu plus de cinq ans quand la Société générale a annoncé avoir subi une perte de cinq milliards d’euros. Depuis, cette affirmation n’a jamais été vérifiée ni par les instances judiciaires ni par qui que ce soit d’autre. Dans le cadre de l’instruction et pendant les deux procès, j’ai réclamé une expertise financière indépendante puisque nous sommes plusieurs à être convaincus que cette perte n’existe pas. Et cela m’a toujours été refusé...

Je m’adresse donc aux parlementaires et au gouvernement parce qu’une commission d’enquête parlementaire peut exiger cette expertise financière. Il se trouve que chaque citoyen français est concerné dans la mesure où l’Etat a accordé 1,7 milliard d’euros de déduction fiscale à la Société générale quand celle-ci a annoncé ses prétendues pertes. Ce chèque de Bercy n’est absolument pas dû. J’aimerais bien que les élus s’interrogent sur les raisons pour lesquelles cet argent public a été attribué.

Une commission d’enquête parlementaire est impossible tant que des poursuites judiciaires sont en cours…

Mais il n’y a plus de poursuites judiciaires en dehors de mon pourvoi en cassation. Quoi qu’il en soit, les parlementaires peuvent enquêter sur le crédit fiscal d’1,7 milliard que l’Etat a offert à la Société générale, en 2008. Et pour enquêter là-dessus, ils auront donc besoin de vérifier l’existence de prétendues pertes subies par la banque…

Cette lettre, c’est votre dernier espoir ?

Non, mon dernier espoir c'est que la justice cesse enfin de s'égarer et que les responsables politiques démontrent qu'ils ne sont pas au service des puissances financières. 

 

Avec une dette de cinq milliards à rembourser, avez-vous eu des pensées radicales? Avez-vous pensé à fuir le pays ou à mettre fin à vos jours?

Fuir? Jamais. Est-ce qu’on a des pensées sombres? Oui, ça arrive. Mon combat, je le mène pour mes proches et pour moi. Le nom que mon père m’a transmis a été complètement traîné dans la boue. Il est synonyme d’escroc alors que je ne me suis pas enrichi dans cette affaire. Je veux récupérer mon nom.

 

«Je conchie le personnage que j’étais…» avez-vous dit en 2012. Mais entre la vie du Jérôme Kerviel avant l’affaire et celle d’aujourd’hui, laquelle choisissez-vous?

Je choisis ma vie d’aujourd’hui. Malgré la dureté. Tout ça m’a permis de prendre conscience du milieu dans lequel j’évoluais. De revenir à des valeurs plus humaines dont je m’étais écarté. Chaque jour qui passe est une victoire, on va dire. Je vois un jour après l’autre. Demain, je ne sais pas ce qui va se passer.

 

Vous avez peur de retourner en prison?

Evidemment, j’ai peur! Je trouve particulièrement injuste le fait d’être condamné à de la prison pour un crime que je n’ai pas commis.

 

S’il n’y a pas de suite favorable à votre lettre, comment envisagez-vous la suite des événements?

Il y aura d’autres actions. Plus radicales.

 

C'est-à-dire…

On verra bien à ce moment-là. Mais je ne baisserai pas les bras. Je veux la justice.

 

 

 

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