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Après le nucléaire sur le Japan, le chimique sur le Vietnam, le Laos et le combodge, l'uranium appauvri sur l'Iraq, l'Afghanistan... !

Publié par medisma sur 5 Octobre 2013, 20:02pm

Les USA et les armes chimiques : Petit rappel pour ceux qui auraient oublié...

 

 
I- L’Agent Orange

Comment ont-ils osé ? Comment ont-ils pu même imaginer un plan aussi insensé dans sa fausse simplicité ?…

 

Puisque notre ennemi se cache dans la forêt, eh bien nous allons anéantir cette forêt afin de le rendre visible ! Et du même coup, nous le priverons de pouvoir se nourrir en tuant toutes les plantes et tous les animaux qui font son ordinaire ! Et même en empoisonnant l’eau dont il s’abreuve !

C’est en partant de ce principe que les généraux américains ont livré au Viêt-Nam la plus grande guerre chimique de l’Histoire et provoqué une catastrophe humaine et écologique sans précédent dont les terribles effets se font toujours sentir, quarante ans après la fin des opérations…

Monsieur X ouvre donc le dossier de l’Agent orange comme on a communément appelé ce poison, ce défoliant fabriqué par quelques grandes firmes états-uniennes, dont Monsanto, qui tentent toujours de nier leur responsabilité dans ce désastre. Mais après tout, n’en a-t-il pas été de même pour les entreprises allemandes qui ont produit le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale ?

 

II- Sortie du film “Agent Orange: Une bombe à retardement”

 

 

Un film de Thuy Tiên Ho et Laurent Lindebrings

 

 

UN FILM, POURQUOI ?

Au Vietnam, l’armée américaine a utilisé herbicides et défoliants chimiques comme armes de guerre. Une trentaine de sociétés, dont Monsanto, ont fourni ces produits. De 1961 à 1971, plus de 80 millions de litres (dont  presque 62% d’Agent Orange) ont été déversés sur 20% de la partie méridionale du Vietnam.

L’Agent Orange contient de la dioxine, substance violemment toxique et dotée d’une très grande stabilité. C’est pourquoi aujourd’hui encore, elle continue à faire des dégâts tant sur la flore et la faune que sur les populations du Vietnam. La destruction des forêts et des mangroves a entraîné la rupture de l’équilibre écologique antérieur. Chez l’homme, la dioxine pénètre dans l’organisme par l’ingestion de la nourriture (poissons, crevettes,…). L’absorption en quantité infime peut provoquer de nombreuses maladies et même être mortelle. Chez la femme enceinte, la dioxine peut passer à travers le placenta et atteindre le fœtus. La mère qui nourrit son enfant au sein peut lui transmettre la dioxine à travers son lait.

Les populations des régions où les défoliants ont été épandus pendant la guerre ont été les premières contaminées. Aujourd’hui encore, selon la croix rouge vietnamienne, entre 2 et 3 millions de personnes sont touchées.  Parmi elles au moins 800 000 Vietnamiens sont lourdement handicapés ou connaissent de graves problèmes de santé dus à la dioxine. En outre, des soldats américains, mais aussi australiens, néo-zélandais et sud-coréens, qui participaient à la guerre à leurs côtés, ont également été contaminés.

En 1984, les fabricants de défoliants ont accepté de verser aux soldats-vétérans américains, en échange de l’arrêt de toute poursuite judiciaire, 197 millions de dollars à titre d’indemnisation. Deux poids, deux mesures : les victimes vietnamiennes ne reçurent rien.

En 2004, la VAVA (Association Vietnamienne des Victimes de l’Agent Orange) a déposé devant le tribunal fédéral de Brooklyn, une plainte contre les fabricants d’herbicides pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

En 2005, leur plainte a été rejetée. La VAVA a fait appel, mais le 22 février 2008, la cour d’appel fédérale de New-York l’a déboutée une nouvelle fois.

En octobre 2008 la VAVA a fait appel auprès de la Cour Suprême de Justice des États-Unis. Le 2 mars 2009, celle-ci a fait savoir qu’elle n’examinera pas cet appel.

En définitive, tous les recours juridiques sont actuellement épuisés pour les plaignants vietnamiens. Déboutés par la justice américaine, ils ne pourront pas non plus porter leur affaire devant la Cour Internationale de Justice de La Haye, ni devant aucun Tribunal Pénal International.

 Aujourd’hui, les questions liées à l’Agent Orange sont très peu connues du grand public qui généralement pense que le Vietnam ne souffre plus des conséquences d’une guerre qui s’est terminée en 1975. Ce constat a conduit les associations ORCHIDÉES et ORANGE DIHOXYN (voir liens) à passer  un accord de partenariat pour réaliser un film intitulé “Vietnam : Agent orange, une bombe à retardement”.

 

Le but de ce film est double.

  • information : le film permettra de montrer que plus de 40 ans après la fin de la guerre du Vietnam, celle-ci continue (et continuera pendant longtemps encore), à faire de nombreuses victimes ;
  • humanitaire : la diffusion du film au plus large public doit permettre, en sensibilisant l’opinion internationale, de récolter des dons destinés à financer la construction d’un grand centre d’accueil pour les victimes vietnamiennes de l’Agent Orange. En effet, beaucoup d’enfants handicapés sont abandonnés à leur naissance par leurs parents, d’autres sont capables d’apprendre un métier ou d’entamer des études. Ce centre offrira des solutions d’accueil et d’accompagnement pour les différentes situations.

 

QUEL FILM ?

L’ambition des auteurs du film est de proposer un film documentaire, conçu pour être diffusé sur les chaînes de télévision, en salle et en DVD afin de toucher le plus large public international.

Composé d’interviews des victimes vietnamiennes mais également américaines, canadiennes illustrées d’archives de l’époque il se structure en 3 parties :

La 1ère rappelle rapidement l’histoire du Vietnam de la guerre d’Indochine à la guerre américaine, soit 40 ans de guerre quasi ininterrompue. Elle permet de comprendre l’implication des différents pays (France, Etats-Unis, Canada, Australie …) dans ces guerres et ainsi de mieux sensibiliser les citoyens de ces pays à la situation que vivent actuellement les victimes de la dioxine.

La 2ème partie montre les conséquences visibles et invisibles de la dioxine sur les populations, la faune et la flore. Une séquence importante est consacrée aux victimes vietnamiennes, à leur combat pour vivre, étudier, travailler dans la dignité.

La 3ème partie est consacrée à la lutte des victimes de la dioxine pour faire reconnaître leurs droits devant les différentes juridictions américaines. A ce jour, tous les recours juridiques sont épuisés, mais le combat doit continuer par la mobilisation citoyenne de par le monde.

Conclusion du film : Selon de nombreux observateurs, historiens et journalistes, les Américains ont perdu la guerre du Vietnam en partie parce que  les  images des combats et bombardements, largement diffusées par les médias, ont eu un immense impact sur l’opinion publique internationale.

Les images et témoignages du film “Vietnam : Agent orange, une bombe à retardement” doivent avoir un rôle similaire, améliorant ainsi la prise de conscience des conséquences à long terme de l’Agent Orange.

Cette prise de conscience est l’une des conditions principales pour que justice soit rendue aux victimes vietnamiennes et qu’elles puissent être indemnisées a minima comme l’ont été les soldats américains, australiens, néo-zélandais et sud-coréens contaminés.

 

UN FILM COMMENT ?

Ce film a nécessité 3 années de préparation, tournage, post-production.

  Les victimes vietnamiennes racontent leur quotidien pour travailler et étudier dans la dignité. Les séquences ont été tournées grâce au soutien et à la mobilisation des associations d’aide au victimes (VAVA ,Croix Rouge vietnamienne) mais également grâce à l’aide de bénévoles.

   Des soldats américains, canadiens… victimes de l’Agent Orange expliquent  leur engagement militaire, puis leurs maladies liées à l’Agent Orange. Leur témoignage porte  en creux, un éclairage sensible et inattendu  sur la psychologie des victimes vietnamiennes de la dioxine confrontés à de multiples problèmes juridiques et de santé.

   Des interviews de scientifiques (médecins, chimistes, agronomes…) qui permettent de mieux comprendre l’action de la dioxine sur les hommes et l’environnement.

   Des interviews de juristes nous éclairent sur deux questions juridiques fondamentales :

- l’utilisation des armes chimiques constitue-t-elle un crime de guerre ? Un crime contre l’humanité ?

- pourquoi aucun tribunal international ne s’est réuni, jusqu’à ce jour, sur la question de savoir si de l’utilisation par les Américains des défoliants au Vietnam pendant la guerre est, du point de vue juridique, condamnable ou non ?

Source : http://dioxine-bombearetardement-film.com/ 

 

 

BANDE ANNONCE DU DOCUMENTAIRE

 

 

III- Septembre 1970 : l’usage d’armes chimiques par les États-Unis au Laos

 
 
Septembre 1970. La guerre au Vietnam fait rage entre le nord et le sud du pays. Ses proches voisins, le Laos et le Cambodge, sont également touchés par le conflit.

 

Pendant que les B-52 de l’US Air force tapissent de bombes le territoire cambodgien frontalier avec le Sud-Vietnam et qui sert de base arrière et de piste d’acheminement en matériel et en hommes pour le Vietcong [1], les combats au sol sont assurés dans le plus grand secret par des unités d’élite pratiquant la guerre non-conventionnelle (sabotage, espionnage, capture ou élimination d’officiers ennemis, secours aux prisonniers de guerre, soutien aux agents clandestins, etc.)

Un commando de 16 membres de « bérets verts » (probablement des membres du MACV-SOG [2], épaulés par une centaine de combattants Hmongs [3], mené par le lieutenant Robert Van Buskirk) est chargé d’un opération clandestine au Laos : sa mission, du nom de Tailwind, a pour but la destruction d’un village servant de camp militaire où a été signalé un groupe de « yeux ronds » – des caucasiens – (un groupe de déserteurs américains, parfois présenté comme des conseillers militaires soviétiques).

Après de violents combats ou de nombreux soldats sont blessés, l’opération tourne mal : à court de munitions, épuisés et isolés dans la jungle montagneuse du Laos, encerclés par les soldats vietnamiens et laotiens du Pathet Lao  [4] et à plus de 100 km de leur base de Kontum, les hommes du lieutenant Van Buskirk semblent ne pas pouvoir s’en sortir. Ils contactent par radio leurs supérieurs et demandent l’exfiltration de leur petit groupe par hélicoptère.

L’état-major ordonne aux hommes de passer leurs masques à gaz (élément troublant car aucune unité servant en Asie du Sud-Est ne s’encombrait de ce genre d’équipement, preuve que les unités en étant équipées étaient susceptibles de devoir faire face aux gaz de combats). Deux bombardiers Douglas AD Skyraider sont envoyés sur zone et lâchent plusieurs bombes sur les forces communistes qui se retrouvent dans une brume à peu de distance des hommes des forces spéciales.

Le sergent Mike Hagen témoigne : « Ça m’est apparu comme un brouillard très léger, sans couleur, inodore, à peine visible. »

Le soldat Craig Schmidt raconte : « L’air est devenu collant. Nous avons rabattu nos manches pour nous couvrir autant que possible. »

Le sergent Mike Hagen déclare : « C’était du sarin un gaz neurotoxique, même si le gouvernement refuse de l’appeler comme ça. »

Le gaz neurotoxique fait des ravages parmi les soldats vietnamiens et laotiens. Mike Hagen décrit : « Les soldats ennemis se tordaient à terre, saisis de convulsions, de vomissements et de diarrhées incontrôlables avant de périr par étouffement. »

Les hommes de Van Buskirk peuvent alors rejoindre la zone d’extraction. De retour dans leur base, le commando a reçu l’ordre de ne pas faire mention dans leurs rapports de cette attaque au gaz.

Les témoignages des vétérans de l’opération Tailwind furent diffusés en 1998 par CNN et le magazine Time, prouvant que les États-Unis furent les premiers à utiliser du gaz de combat depuis le protocole de Genève de 1925 prohibant l’emploi en cas de guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques (non-ratifié par Washington au moment des faits, sous la présidence Nixon).

La veille de l’assaut sur le village, les appareils états-uniens avaient déjà « préparé » la cible par un bombardement au gaz létal.

Henry Kissinger [5] et Colin Powell [6] firent pression sur Ted Turner, le propriétaire de CNN, pour faire stopper l’enquête de la journaliste April Oliver, en charge du dossier. Cette dernière refusa et fut licenciée. La Justice confirmera le sérieux de son enquête sur l’opération « Tailwind » et soulignera que la procédure de l’employeur était abusive.

Le Pentagone nia l’usage de tels armes et affirma « n’avoir trouvé aucun document faisant état de l’utilisation de gaz de combat » au Vietnam.

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