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le blog lintegral

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Pétrole, marchés financiers,bulles spéculatives et dollar : Le premier choc du nouveau siècle !

Publié par medisma sur 9 Novembre 2007, 23:08pm

Catégories : #lintegral

feu19.gifA QUI PROFITE L'ENVOLEE DU BRUT ET QUELLES EN SERAIENT LES CONSEQUENCES ?

 Sachez en premier lieu que :            

           lambo3.gif   1- il n'y a pas un seul brut, mais autant de bruts que de gisements ;

              2- à partir d'un même baril sont extraits in fine 3 catégories de produits : blancs tels que l'essence et le diesel, noirs à l'instar du bitume, et gaz qui sont récupérés ou souvent brûlés. Ces matières sont produites en différentes proportions, fonction de la qualité du brut, des besoins et des techniques utilisées.

               3- le brut se traite sur plusieurs marchés physiques : les marchés de Rotterdam, Méditerranéen, d'Extrême-orient, des Etats-unis, de la Mer du Nord.....

               4- actuellement, la production dépasse très légèrement la demande. Il n'y a pas à proprement parler de pénuries de pétrole. Mais comme la consommation mondiale augmente annuellement de 1,5 à 2%, un risque de rupture d'équilibre existe à court et moyen terme. Parallèlement, des tensions assez fortes sont apparues déjà sur certains produits tels que l'essence aux Etats-unis, le diesel et l'huile de chauffage en Europe et le fioul en Asie et ce, en dépit du fonctionnement à plein régime de la majorité des raffineries de la planète.

                5- des pays émergents et à forte croissance, devenus gros consommateurs de pétrole sont apparus sur le marché pétrolier ces dernières années. Il s'agit de la Chine, de l'Inde, du Brésil et du Pakistan entre autres.                 

               6- le prix commercial du brut est égal à un cours de référence + le différentiel qui est fonction de la qualité du produit, de la destination, de la quantité, des possibilités de raffinage, du coût de transport, de la période de livraison et de la date de la fixation définitive des prix. Quant à la référence, il s'agit du Brent pour la destination Europe et West Texas Intermediate à destination des Etats-Unis.

                 7- Parallèlement, la spéculation boursière bat son plein au sein des bourses où la "commodité Brut" est cotée. Ainsi, au New York Mercantile Exchange ( Nymex ), à l'International Petrelum Exchange ( IPE ) et à la récente Intercontinental Exchange (bourse électronique ), les volumes traités par les contrats à terme et les options dépassent aujourd'hui le volume de la production mondiale.

                  8- les taxes sur les produits pétroliers, telles qu'appliquées par les Etats  sont trés élevées. Ainsi, pour les pays industrialisés, la taxe sur l'essence varie de 10% aux E.U à 73% en France, voire 76% en Allemagne, en passant par 56% au Royaume Uni et 50% en Espagne. Sur le diesel, elle est de 12% aux E.U, 38% en France, 44% en Allemagne, 45,8% en Grande Bretagne et 29,5% en Espagne. Pour les pays en voie de développement, ces taxes dépassent largement et souvent le taux de 75%.

                   9- les plus importants champs pétroliers du monde sont majoritairement exploités depuis des décennies. Leur exploitation actuelle devient de plus en plus difficile et onéreuse: la profondeur des puits, la difficulté d'extraction et la qualité du brut profond posent aux techniciens des problèmes de plus en plus ardus.

                  10- certains pays producteurs connaissent une situation d'instabilité politique, de mouvements sociaux, de rébellion ou carrément de guerre : Iraq, Iran, Equateur, Nigeria, Soudan, Tchad.....sans oublier l'évocation de conflits politiques ou armés tels que ceux opposant l'Occident à l'Iran, Israel au Liban et à la Palestine, les Etats-Unis au Venezuela sans omettre la guerre en Afghanistan?

 

Au regard de cet ensemble d'aspects inhérents au marché de l'or noir, il est permis d'admettre que l'envolée des cours du brut n'est pas due à une situation conjoncturelle, mais bel et bien à une nouvelle donne appelée à perdurer et ce, en dépit de légers replis sporadiques qui ne manqueraient pas  de se reproduire régulièrement. Et il faudra désormais s'habituer à des prix élevés !!

 

    Et à qui  profite donc cette envolée de l'or noir ?

 

       -aux producteurs de pétrole évidemment, et en premier lieu aux pays de l'OPEP qui devraient encaisser à eux seuls d'ici fin 2007 plus de 1000 milliards de dollars répartis comme suit : 220 pour l'Arabie Saoudite; 160 pour les Emirats Arabes Unis; 110 pour l'Indonésie; 105 pour le Venezuela; 100 pour l'Iran; 95 pour l'Algérie; 60 pour le Koweït; 55pour la Libye;50 pour le Nigeria; 45 pour le Qatar; 30 pour l'Iraq; 25 pour Oman et 20 pour Bahrein;

               -aux principales compagnies pétrolières appelées communément "majors"  (Exxon Mobile, Imperial Oil, Chevron, Shell-Texaco, Total Elf etc.....). Et cette flambée actuelle de prix du brut a fait exploser leurs profits: plus de 600 milliards de dollars de bénéfice à fin d'exercice et des cours en bourse portés à des niveaux jamais atteints à ce jour.

               -aux raffineurs qui font tourner leurs installations au maximun et dont les marges de raffinage, plus rémunératrices que jamais, sont déjà passées de 0,75$/baril en 2002 à plus de 5$ aujourd’hui;

               -aux gouvernements des pays consommateurs : en prélevant des taxes faramineuses, ils prennent sous cette forme la plus grande part du gâteau pétrolier mondial.

            

    Et quelles seraient alors les conséquences de cette situation sur l'économie des pays importateurs ?

 

dessincroi-copie-1.jpg -les prix à la pompe continueront à augmenter et atteindront des niveaux record, à moins que les gouvernants n'optent pour une relative stabilité des prix des carburants par l'application d'une taxe flottante sur les produits pétroliers, ce qui n'est pas évident pour le moment;

               -augmentation des prix d'électricité, de pompage d'eau et du gaz;

               -hausse des coûts de fret (transport routier, aérien, maritime, ferroviaire et fluvial)

               -les matières premières  ont subi et subiront des hausses certaines dans le sillage des cours du brut;

                -l'industrie chimique qui fait massivement appel à des dérivés de pétrole, répercutera inévitablement les hausses de prix à l'ensemble de ses produits;

                -toutes les industries grosses consommatrices d'énergie en feront de même.

    Bref, l'augmentation des prix sera en principe généralisée à presque tous les secteurs.

                 Et cette envolée portera atteinte au pouvoir d'achat et par conséquent, à plus ou moins court terme, à la consommation: d'où menace sur la croissance et une probable pression inflationniste qui fera gravir les taux d'intérêt.

               
Sachez en outre que :
            P09-dollar-matiz.jpgConjuguée aux diverses bulles  spéculatives qui ne manqueraient pas d’éclater à tout instant et à ces gigantesques masses de dollars en réserve dans les banques centrales et en circulation à travers la planète et qui ne trouvent preneurs qu'avec une certaine réticence, cette crise se nourrira en outre de la contraction certaine des marchés financiers voire de leur effondrement. D’où des difficultés ultimes pour les sociétés à se financer.

           L'activité économique ralentissant alors, il en résultera la destruction des emplois et la traversée de désert pour nombre d'entreprises. Des pans entiers de l’économie connaîtront des lendemains sombres.

         Une récession sans précédent frappera alors nombre de pays. Et cette situation engendrera in fine une grave crise économique et sociale voire même politique: Ce sera le premier choc économique et financier du nouveau siècle! Et comme personne ne s'y attend, il aura des effets dévastateurs et ce, pour la simple raison qu'il n'y a aucun espoir d'un retour à moyen terme à des prix bas des produits pétroliers , à la mise hors d’état de nuire

 de ces vautours- spéculateurs du monde de la bourse et de la finance et à éviter cette inexorable chute du dollar. 

                         Les ententes actuelles en coulisse entre les grandes puissances pour retarder les échéances ne feraient qu’aggraver davantage la situation à l’avenir.

                        Et j'annoncerai, quitte à contraster certains prévisionnistes sur leur  appréciation de la situation, que "le plus dur est devant nous, qu'il ne faut pas escompter un avenir plus porteur et que nous ne sommes nullement à la fin d'un cycle, mais plutôt au commencement d'une ère nouvelle pleine d'incertitude"....    

                                                         Medisma 

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