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le blog lintegral

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Réforme fiscale et banqueroute totale !

Publié par medisma sur 27 Février 2008, 21:02pm

Catégories : #lintegral

                

Quand une réforme fiscale, égalitaire et démocratique, mène à la banqueroute !
Abdel-20Aziz.gif En 1901, Le Maroc traverse une grave crise d’autorité. Le désordre régnant se généralise à tout le pays et la levée des impôts s’avère problématique pour le Sultan. Non payés, les soldats fuient l’armée. L’anarchie pointe de partout. La situation s’aggrave à la fin de l’année lorsque le Makhzen institue un nouvel impôt unique, le Tertib en remplacement des anciens impôts religieux tels que la Zakat et l’Achour. Ce nouveau mode de taxation touche tous les biens agricoles, selon la superficie cultivée, le nombre d’arbres fruitiers, l’importance du cheptel….et ce, avec suppression de toutes les exemptions et privilèges dont jouissaient les confréries religieuses, les tribus guich, les autorités makhzeniennes et les caids. Ces derniers qui en assuraient la perception, en tiraient un pourcentage et en étaient dispensés, exhalent leur colère.

La mise en application de cette réforme fiscale pourtant démocratique et égalitaire, inspirée de l’income-tax anglais, se révèle immédiatement impraticable, car elle provoque une levée de boucliers. Les conservateurs dénoncent une mesure qui heurte les traditions et considèrent comme une impiété la suppression des impôts coraniques.

Les premières tentatives pour lever le Tertib sur les tribus habituellement les plus dociles se heurtent à des résistances menaçantes.

Histoire-20-4-.jpgLes populations ne paient donc plus d’impôts, l’alimentation du trésor est tarie. Le Makhzen dispose encore des impôts indirects, principalement du produit des droits de douane, mais ceux-ci sont déjà engagés pour solder diverses créances. A la fin de 1901, les caisses du Makhzen sont vides.

Dans le même temps, les dépenses se sont gonflées brusquement : expéditions militaires pour réprimer les dissidences, argent distribué aux notables locaux afin de s’assurer de leur fidélité, prodigalités du Sultan qui effectue de nombreux et coûteux achats à l’étranger, déficit croissant de la balance commerciale, frappes monétaires excessives, baisse de la production agricole car les fellahs ne considèrent plus comme nécessaire de produire au-delà de leur subsistance….

La crise marocaine au début de 1902 est multiforme : crise d’autorité, crise sociale, crise économique, financière et monétaire.

 Le Makhzen est alors au bord de la banqueroute. Et pour éviter la faillite, il se voit acculé à l’emprunt et doit recourir à l’aide du capital étranger.            

 Et cet emprunt  auprès de l’étranger s’avérera fatal pour le Maroc.

(Voir article suivant intitulé ‘Emprunt fatal’) 
                                                                     Medisma

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J
Bonjour, Cet article intéressant (comme le suivant) montre que des réformes hâtives et imposées dans l'urgence et sans communication ne passent même pas dans une société d'un autre temps et sur un peuple évidemment aussi déjà en très grande difficulté. Il obligerait sans doute à remonter aux causes de la situation ayant amené à la crise de 1901...et à trop pressurer ... on récolte la tempête souvent. Les suites des intempéries en France autour de 1780, une incompréhension totale de la situation terrible du peuple par les puissants de l'époque sont le terreau de 1789.
L'histoire se répèterait, ici ou là, mais jamais pareillement, sans doute par petits bouts de copier/coller. Faut-il au moins la connaître et l'analyser humblement.
Pour l'article suivant un prêt est le résultat d'un contrat, et les signataires en sont responsables des termes comme de l'exécution, des deux côtés. L'inexpérience alléguée a parfois bon dos dans ce domaine. Je suppose que les deux parties (que je ne jugerai pas) ont cru y ont trouver leurs avantage, sans se douter peut-être de tous les enchaînement pervers qui allaient se succéder.
Un autre parallèle osé: dans l'affaire J. Kerviel, (engagements de 50MM euros environ, qui auraient pu mener à la banqueroute et 'dénoué' par l'ex PDG D. Bouton à la Société Générale pour environ 5MM euros de pertes) dont vous analysez très bien la communication institutionnelle à visée inquisitionnaire (je parle moi de mise au bûcher plus que de lynchage, car on a même reproché à JK dans la presse - bien 'arrosée' de publicité par la SG - la possession d'un coran, et JK a été d'emblée traité de terroriste par D.Bouton!), je crois comprendre que la SG avec sa gouvernance s'en trouvait très bien auparavant avant l'explosion de la situation.
Merci si vous pouviez rajouter quelques sources documentaires et si possible des adresses internet pour vos deux articles?
Recevez mes salutations. JeanGuy78
Répondre
M

Cher Monsieur,
Mes remerciements profonds pour votre commentaire à propos de la réforme fiscale, de la banqueroute d'un pays et de l'emprunt fatal de 1904 contracté par le
Maroc auprès de la France.
    Effectivement toute réforme, de quelque nature qu'elle soit, doit être adaptée au contexte économico-social d'un pays, être en phase avec la mentalité de sa population, son
degré de développement humain, sa capacité d'ouverture  vers d'autres cultures et de sa maturité politique. 
    Autrement, hâtive et imposée et en l'absence de toute stratégie communicative, elle est souvent vouée à l'échec.
     Certes, l'emprunt de 1904 est signé entre deux parties indépendantes et sur demande expresse de l'emprunteur. Mais les deux parties ne sont pas de même
"calibre" et ne visent guère les mêmes objectifs : D'un côté une puissance mondiale, riche, influente sur la scène internationale et dont le souci majeur est d' achever son triptique
territorial en Afrique du nord avant que d'autres prétendants ne la prennent au dépourvu; de l'autre côté un pays pauvre, misérable, dépourvu de toute infrastructure, totalement
fermé, mal gouverné, où l'anarchie bat son plein et les maladies touchent des pans entiers de sa population et manquant de tout, il constitue évidemment une proie facile pour l'autre.
Entre ces deux parties, il ne pouvait y avoir d'entente contractuelle basée sur l'équité et l'égalité!
  Quant à l'affaire JK/SG, elle réserve à mon avis énormément de surprise.... sur ce blog. Les lecteurs auront tout le loisir de comprendre cette planète de la spéculation que sont les
marchés à terme des produits dérivés (la SG en est la star mondiale incontestable), particulièrement complexes, sur lesquels intervient JK et ce, depuis longtemps au vu et au su de
sa hierarchie; elle qui, à travers nombre de médias,  clame à tout vent que Jérôme n'est qu'un simple arbitragiste qui n'a pas le droit de prendre de positions sur ces marchés et que son
activité est d'une simplicité étonnante....Pour le déconsidérer ? Probablement.
Affaire à suivre...
      Mes vives salutations.  Medisma      


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