Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


Quand la médiocrité investit les postes influents !

Publié par medisma sur 30 Mars 2008, 15:52pm

Catégories : #lintegral

                         Quand  les médiocres se retouvent investis d'énormes responsabilités

     Malcom Gladwell, journaliste pour de prestigieux titres américains et l’une des cent personnalités les plus influentes du monde, en décortiquant le processus de prise de décision il affirme que l’intuition, bien employée, est de loin meilleure conseillère que de longues études ou réflexions : elle nous permet, selon lui, d’évaluer immédiatement et au plus juste l’essentiel des situations. C’est ce qu’il appelle « l’art inconscient du balayage superficiel ». On sait, sans savoir pourquoi. Et à ce propos, on se pose souvent et à juste titre nombre de questions : Pourquoi certaines personnes font-elles des choix judicieux quand d’autres s’enfoncent toujours dans la mauvaise direction ? Pourquoi les meilleures décisions ne sont pas prises par ceux qui ont le plus gros QI ou possèdent le plus d’informations ?

        Cette ‘Force de l’intuition’ est du domaine spécialisé des neuro-sciences et de biologie des émotions.

        L’étude de Gladwell, qui est un texte provocateur et divertissant,  est susceptible de changer votre manière de penser et d’agir.

         Il y livre, parmi nombre d’histoires, celle d’un certain Warren Harding qui deviendra Président des Etats-Unis de 1921 à 1923 :

 

 

     

              En 1899, Harding âgé tout juste de trente-cinq ans, avait tout pour attirer l’attention, selon le récit d’un journaliste de l’époque Mark Sullivan. « Sa tête, ses épaules et son torse étaient de dimensions impressionnantes et merveilleusement équilibrées. Le qualificatif de superbe lui rendait à peine justice. Des années plus tard, au faite de la célébrité, il serait comparé à un empereur romain….Sa légèreté,  sa prestance et son allure élancée ajoutaient à l’impression de grâce et de virilité qui se dégageaient de lui. Son imposante carrure, ses immenses yeux brillants, ses épais cheveux noirs et son teint basané se mariaient magnifiquement à sa souplesse pour lui conférer une beauté de type indien…Il avait une voix forte, chaude, masculine. »

 

                  Mais Warren Harding n’était pas particulièrement intelligent. Il aimait boire, adorait jouer au poker et au golf et surtout, il raffolait des femmes. Aussi, son appétit sexuel était-il légendaire.

                   A l’époque il exerçait en tant que rédacteur en chef d’un journal d’une petite ville de l’Ohio.

        

   

      Un certain matin de cette même année, il fit la connaissance de Harry Daugherty, un brillant avocat de Columbus, rompu au lobbying ; c’était un opportuniste à l’esprit pénétrant, doublé d’un fin psychologue. L’apparence de Warren impressionna fortement Daughery qui se dit aussitôt que cet homme ferait un merveilleux président.

         Une semaine plus tard, Harding  remporta les élections sénatoriales pour lesquelles il avait fait campagne.

        En 1914, alors âgé de 50 ans, et quoique sénateur, il ne se prononça ni sur la prohibition, ni sur le droit de vote des femmes. Deux thèmes qui occupaient l’opinion publique américaine et constituaient les deux questions essentielles de l’heure.

        « Lorsqu’il atteignit la cinquantaine, écrit Francis Russel, biographe de Harding, ses larges épaules et son teint mat respiraient la santé. Ses sourcils noirs et brillants formaient un contraste saisissant avec ses cheveux gris acier, et l’ensemble dégageait une grande force. Vêtu d’une toge, il aurait été très convaincant dans un spectacle de Jules César. »

       Harry Daughery s’arrangea en 1916 pour que Harding prononce un discours devant les membres du Parti républicain réunis en congrès en vue de l’élection présidentielle. Quatre années plus tard, exactement en 1920, sous l’insistance de son épouse Florence et les manigances de Daughery, Warren accepta à contrecoeur d’être candidat à la Maison Blanche.

  

      L’avocat savait assurément que l’irrésistible air distingué du candidat qui ne fit que croître avec l’âge, sa prestance superbe et sa voix magnifique suffisent pour convaincre l’auditoire de son aptitude à assumer de grandes responsabilités. Il ferait, dirait-on,

« Un beau et grand président. »

         Quelques mois plus tard, après avoir fait campagne depuis le balcon de sa résidence de Marion, le candidat Harding devint le président Harding.

         ‘ Harding dirigea les Etats-Unis pendant deux ans avant de mourir subitement d’un accident vasculaire cérébral. La plupart des historiens s’entendent pour dire qu’il fut l’un des pires présidents de l’histoire de ce pays’.

         

          L’erreur Warren Harding illustre bien le côté sombre de la compréhension immédiate, dira Malcolm Gladwell. Elle est pour lui à l’origine de bien de préjugés. Elle permet de comprendre pourquoi il est difficile de choisir le bon candidat pour un poste et pourquoi - plus souvent qu’on ne veut bien l’admettre - des médiocres se retrouvent investis d’énormes responsabilités. Prendre le balayage superficiel au sérieux signifie qu’il faut accepter que l’intuition puisse parfois être plus efficace qu’une longue analyse. Mais cela suppose également qu’il faille reconnaître les situations où cette compréhension immédiate induit en erreur.

 

         Vous savez maintenant, dira Gladwell à propos de la nomination  de personnes médiocres à des postes influents, que c’est en partie parce que le choix d’un candidat se fait de façon beaucoup moins rationnelle qu’il n’y paraît.

            Certes, il n’est pas facile de vaincre les préjugés qui sont à l’origine des erreurs Warren Harding car mêmes les délégués républicains n’imaginaient pas qu’ils se faisaient berner par la prestance d’un certain Warren Harding !
                                          

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents