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le blog lintegral

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Casse à la Générale : Toute la vérité sur l'affaire Soc Gen / JK (2ème partie)

Publié par medisma sur 2 Juillet 2008, 12:15pm

Catégories : #lintegral

 

I- Pourquoi la position de 50 milliards d’euros n’a-t-elle pas attiré l’attention plus tôt ?

    La Soc Gen se targuait de disposer d’un système de contrôle des risques l’un des meilleurs du monde ! Comment dans ces conditions J.K a-t-il pu effectuer un tel montage dans une banque qui a toujours eu la prétention d’avoir le meilleur système de prévention de risque ? De quoi parlait Daniel Bouton quand il disait qu’il ne s’agissait pas d’une défaillance de contrôle des risques ? Et qu’insinuait-il par cette solennelle affirmation ? Surtout quand il prétendait tout ignorer de l’activité « frauduleuse » de J.K ?

 Ainsi, ne confirmait-il pas l'opinion de certains experts que le jeune trader constituait à lui seul un camouflet absolu pour les systèmes de contrôle de la Banque ?  Incroyable ! Pourtant nul ne pouvait ignorer l’occupation du jeune trader :

  1- Quand on sait, qu’outre ses supérieurs hiérarchiques, il a dû normalement ‘croiser nombre d’auditeurs et d’inspecteurs. Comment imaginer  alors qu’ils n’aient rien vu’ surtout quand ils avancent que les mécanismes et les structures de contrôle de risque sont indépendants du trading ?

    2- Quand on sait que l’équipe de négociation pour compte propre (autrement dit, le groupe des traders spéculateurs sur les marchés à terme pour le compte de la Soc Gen) est encadrée par un responsable et par des professionnels de contrôle de risques ;

  3- Quand on sait que le système informatique permet de voir les positions prises par chaque trader et de dévoiler simultanément l’évaluation des risques opérationnels de marché ou liés à la contrepartie,  permettant in fine la transmission du montant global des risques des positions à la commission bancaire ;

  4-  Quand on sait que toutes les opérations effectuées sont communiquées au middle et au back-office chargés de la vérification, de l’exécution des transactions et de leur inscription dans les comptes et peuvent eux aussi détecter d’éventuelles aberrations ;

  5- Quand on sait qu’il existe un autre rempart, celui du responsable du contrôle de conformité titulaire d’une carte professionnelle délivrée par l’AMF et qui a pour mission d’informer le gendarme de la Bourse des éventuelles opérations suspectes ;

  6- Quand on sait que le régulateur du marché, à savoir la Banque de France, reçoit l’intégralité des informations de la part d’Euronext ou de l’établissement bancaire lui-même pour les opérations hors marché pour détecter  d’éventuelles anomalies de marché ;

  7- Quand on sait que le service allemand chargé de la surveillance des opérations  du marché à terme EUREX  sur lequel J.K avait pris des positions considérables, notamment les fameux contrats sur le Dax, a bel et bien détecté l’anomalie, alertant aussitôt la Banque, mais sans résultat tangible ;

     Quand on sait en outre, que lors de l’audition du patron  du service allemand de surveillance par la Brigade Financière le 10 avril 2008, il s’est avéré que les alertes aux responsables de la Soc Gen datent de bien  avant novembre 2007, contredisant ainsi les affirmations de la Banque :

      Et l’établissement allemand s’est inquiété auprès de la SG dés le mois d’avril 2007, à nouveau le 19 octobre, le jour où J.K négocie 6 000 futures pour un montant de 1,2 milliard d’Euros, ce qui justifie leur courrier du 07 novembre au service d’inspection de la Générale, et enfin le 26 novembre, quand ils relancent vainement la Banque française ;    

  8- Quand on sait qu’en novembre 2007, l’activité de J.K avec FIMAT, société de courtage,  a généré une forte croissance du PNB. Cette dernière, après avoir mené une étude préliminaire interne, s’est inquiétée de la situation auprès de la SG,  lui préconisant  même une réunion  immédiate pour une étude conjointe relative à l’augmentation anormale des volumes d’exécution qui lui étaient confiés. Cette proposition a été jugée prématurée …. ;

    9- Quand on sait que les montants anormaux de commissions de courtage versés à FIMAT et s’élevant à 2,6 millions d’Euros, induits exclusivement par l’activité de J.K, n’ont guère alarmé la SocGen ;

   10- Quand on sait que la vérification comptable effectuée à deux reprises a décelé des anomalies relevées sur le périmètre de J.K ;

   11- Quand on sait que le résultat 2007 déclaré par Kerviel (43 millions d’Euros) est particulièrement élevé eu égard à son activité d’ « arbitragiste » ! (Que dire alors du résultat réel de 1,5 Milliards ?), et ce  sans réaction aucune de la part de sa hiérarchie ou des autres responsables de la SG;

   12- Quand on sait que le dépassement par J.K de la limite en risque de marché provenant d’une prise de positions directionnelles overnight sur actions n’a guère affecté sa hiérarchie ;

   13- Quand on sait que l’activité dite « frauduleuse » du jeune trader durait depuis 2005, mettant en jeu des nominaux colossaux tout en engrangeant d’importants gains pour la Banque ;

   

  14- Quand on sait que Financial Times, l’un des quotidiens financiers des plus prestigieux et des plus crédibles vient de révéler que la Soc Gen savait que JK réalisait des opérations fictives plusieurs mois avant le débouclage de ses positions par la banque. Exactement depuis avril 2007 ,

que la banque de la Défense, qui affirmait à cor et à cri qu’elle ignorait tout de l’activité du trader soit démentie sans ménagement par cette révélation; 

                  Quand on sait en fin de compte, preuves à l’appui,  que les positions de J.K dépassaient tout entendement et ne pouvaient être ignorées, et que la Société Générale, par la voix de son maître ou de ses proches collaborateurs, persistait à dire qu’elle ignorait tout jusqu’à l’existence même  de ces dépassements, il y a probablement «désordre dans la maison»:

 

 Et les gains fructueux et juteux dégagés par le jeune trader et 'empochés' par la Générale, n'étaient-ils pas induits par ces gigantesques positions ? 

 

 

II- Quelles sont les limites admises aux dépassements et la tolérance au-delà de ces limites ?

  Les responsables de la Soc Gen n’ont jamais cessé de rappeler que le « fraudeur » a dépassé les limites de ses obligations, et ce sans préciser le seuil réglementaire et contractuel à ne pas franchir. Et même le procureur de la République Jean-Claude Marin s’est interrogé publiquement à ce sujet. Quant au premier rapport de l’inspection Générale de la SG, il n’en souffle mot. Le second rapport en parle certes,, mais seulement à propos d’une partie de l’activité de J.K affirmant tout simplement qu’ « il n’existe aucune trace formelle de limites fixées par la Banque sur son activité interday ».

            

III- Est-il le seul trader à user de trasactions fictives et à prendre des positions dont les montants dépassent les « limites autorisées » ?

     On sait que les pratiques d’engagements élevés étaient habituelles dans les salles de marché et souvent tolérées. Et que, selon Mr Guyot, l'un des contrôleus financiers de la Soc Gen, les transactions fictives étaientt une pratique courante des traders au sein de la banque dans leurs opérations de  trading avant toute concrétisation des opérations.

             Mais la Société Générale ne souhaite guère s'exprimer à ce sujet. Et le rapport Green ne se prononce que sur les techniques usitées par les autres traders pour écrire que « toutes les recherches et analyses effectuées n’ont pas conduit à identifier d’autres fraudes utilisant des mécanismes similaires », Néanmoins, point d’information relative aux dépassements éventuels effectués par les autres traders. Pourtant, il s’agit d’une question cruciale à laquelle on ne souhaite a priori pas apporter de réponse claire !

         

IV- Ya-t-il eu tentative d’escroquerie ou de caractère aggravé d’abus de confiance ?

Dans le cas de J.K, ce « terroriste et escroc » comme aimait le qualifier Daniel Bouton,  ‘la tentative d’escroquerie ou le caractère aggravé de l’abus de confiance’ n’étaient pas constitués selon l’estimation même des juges en possession de l’affaire. Et les deux rapports de l’Inspection Générale le confirment d’ailleurs, quoique timidement !

       

V- A-t-il usurpé les codes d’accès informatiques appartenant à des opérateurs, comme le prétend la Banque à l’annonce de la « fraude » aux médias ?

 

     ABSOLUMENT PAS ! Et les rapports d’audit le confirment en ces termes : « l’investigation d’éventuelles usurpations informatiques commises par J.K n’a pas décelé aucune infraction : les accès indus initialement identifiés n’ont pas in fine été avérés ».

  Accusation grave ayant porté préjudice à J.K, étant reprise par les journaux et médias du monde entier !

             VI- A-t-il procédé à un détournement de fonds ?

  

    Négatif ! Les bruits courant à ce sujet se sont avérés sans fondement.

Ce que confirme sans ambiguïté le rapport Green de l’Inspection Générale en ces termes : « Sur la base des investigations que nous avons pu mener et qui relèvent de notre compétence, nous n’avons pas identifié d’indice de détournement de la part de J.K ».

                      

VII- A-t-il fait perdre 4,9 milliards d'Euros  à la Banque ?                                                  

        
En réalité, J.K n'a rien fait perdre à la Soc Gen. Au contraire son gain à fin décembre 2007 s'élève à 1,5 milliards d'Euros.

     Quant à la "perte déclarée de 4,9 milliards", elle résulte du débouclage précipité des positions de Jérôme par un autre trader du Front-office, désigné par les patrons de la Société et sous leur entière responsabilités, et ce dans les pires conditions du marché imaginables.
 Pourquoi Daniel Bouton, lui qui a attendu 5 jours pour dévoiler ce qu'il appelle la "fraude", n'a-t-il pas attendu davantage un environnement de marché meilleur, plus favorable pour déboucler les positions.... ?
    
Et la perte réelle enfantée par cette procédure est de 6,4 milliards, représentant 13% du nominal engagé (49 milliards) et non de 4,9 milliards comme déclarée...Enorme !
    
Cette gigantesque perte a été édulcorée par la soustraction de 1,5 milliards du bénéfice réalisé par Kerviel  en 2007 et ramenée finalement au chiffre de 4,9 !!    
      A cette perte réelle de 6,4 milliards s'ajoute celle découlant pour la Banque de la titrisation (Subprime), d'un montant déclaré aux médias mais non formalisé avec précision, de l'ordre de 3,1 milliards d'Euros.
    La perte sèche totale subie par la Société Générale est de 9,5 milliards d'Euros environ. Hallucinant !
      . Pourtant personne ne lance de reproche ou d'accusation aux responsables de l'institution financière pour ces énormes  pertes.
              
Deux poids, deux mesures ?....

   
                      

VIII- Avait-il un complice ?

 

         Lors de la révélation de l’affaire, les responsables de la banque ont unanimement assuré que JK a agi tout seul, sans complicité interne ou externe. Et c’est cette même idée qui a été suggérée postérieurement par le premier rapport de l’inspection Générale.

   Le 23 mai 2008 coup de théâtre : un second rapport d’audit émanant de la même Inspection verse dans le sensationnel en annonçant avec grand fracas la découverte d’une complicité interne au sein du Middle-office. Ce nouveau ‘rebondissement’ dans l’affaire a fait aussitôt la Une de tous les média : L’auteur du « crime n’a point agi seul mais a bel et bien été aidé dans son ‘forfait’ par un complice faisant fonction d’assistant-trader au sein de l’Institution.

   Et les arguments avancés sont les suivants :           

           - le fait que l’assistant-trader ait « enregistré plusieurs flux…..de montants anormalement élevés   sans avoir obtenu d’explications valables sur le bien-fondé des transactions et d’avoir saisi 15% de transactions de JK…. » ;   

          - le fait qu’il connaisse le montant approximatif du gain réalisé par Jérôme ;

          - et le fait qu’il constitue « un premier niveau de contrôle de l’activité de JK.

 

    15% de transactions de JK saisies par cet agent ont suffi donc à ses accusateurs pour vouloir le décrédibiliser, forcer son accusation, le servir en pâture aux médias et faire accepter son licenciement pur et simple, quoique son nom n’ait pas été mentionné dans le rapport ! Pourtant cet assistant n’a fait qu’exercer sa tâche.

      Et que dire alors de ces supérieurs hiérarchiques qui, des années durant (depuis 2005), ont laissé faire, et ce en dépit de dizaines d'alertes internes et externes, permettant à JK, considéré pourtant comme un simple arbitragiste, de jouer à plusieurs reprises avec des sommes colossales flirtant avec des dizaines de milliards d’Euros ?  Sont-ils exempts de toute complicité et exclus de toute connivence avec le trader?

    Et le fait de connaître approximativement le niveau de gain du trader constitue-t-il un délit de complicité quand paradoxalement les responsables fermaient les yeux sur l’activité réelle de JK permettant à l’institution d’empocher allégrement ses bénéfices dégagés ?

          A toute cette multitude, l’Inspection reproche tout simplement le fait de ne pas ‘avoir bien surveillé le trader’, voire une ‘certaine incompétence’ ou parfois ‘une tolérance inappropriée’ !!

         Etrange !

      L’assistant-trader, le complice désigné, le premier niveau de contrôle (comme si les autres niveaux importaient peu),  

      N’est autre que Thomas Mougard, le plus jeune de la ‘classe’, âgé à peine de 23 ans, licencié en mai pour ‘faute simple’ et déjà entendu et réentendu par la justice en tant que témoin assisté, mais jamais mis en examen, et ce pour la simple raison que les juges ne disposent d’aucun élément prouvant que cet employé ait commis un délit répréhensible!

     Thomas Mougard, ce maillon faible d’une chaîne de contrôle dont les nœuds grossissent au fur et à mesure qu’on la remonte, serait pour les auditeurs de la Soc Gen le complice recherché. Mais qu’ils  sachent qu’ils n’ont pas le droit d’user de ce terme à son égard tant qu’ils ne disposent pas de preuves tangibles quant à la participation effective, volontaire et intéressée du jeune assistant au « délit ». Ce fait n’étant pas qualifié par la justice, c’est pour cette raison que Thomas n’est pas poursuivi.

 

Jusqu’à preuve du contraire, Thomas Mougard est tout simplement innocent !


Deux poids, deux mesures ! A vous d’apprécier ! A la Justice de trancher

IX - Dernières infos : révélations surprises, actionnaires atterrés, ambiance morose et démenti cinglant

            

1- coups de massue

         Un coup de massue est asséné à la Société Générale par  Financial Times, l’un des quotidiens financiers des plus prestigieux et des plus crédibles.

         Il vient de révéler en ce début d’été que la Soc Gen savait que JK réalisait des opérations fictives plusieurs mois avant le débouclage de ses positions par la banque. Exactement depuis avril 2007 !

         La banque de la Défense, qui affirmait à cor et à cri qu’elle ignorait tout de l’activité du trader, est à présent démentie sans ménagement par cette révélation et ne sait aujourd’hui sur quel pied danser.

        Comme si cela ne suffisait pas, Daniel Bouton vient de reconnaître pour la première fois les défaillances du système de contrôle de l’Institution en parlant de son exploitation par Jérôme Kerviel…. Et pourtant ce président était si fier de sa ‘plateforme Sécurité’ qu’il considérait comme l’une des plus performantes qui existent….    

2- Des actionnaires complètement atterrés

     Ils sont en effet révoltés et atterrés à la fois. Une cinquantaine d’entre eux, par la voix de leur avocat s’insurgent : « Comment la Soc Gen, si impitoyable avec leurs clients au moindre découvert de quelques euros, a-t-elle pu être aussi laxiste et défaillante dans ses contrôles. En réalité, c’est toute la gouvernance de la SG qui est mise en question dans ce dossier. »

      Et ces propriétaires d’une part du capital d’estimer que la banque est « largement responsable de cette gigantesque perte par son manque de vigilance…Et ce sont les dirigeants qui auraient dû quitter la banque ».

       Ils ont déjà fait éclater leur colère en mai dernier lors de l’assemblée générale. Plusieurs d’entre eux avaient accusé Daniel Bouton d’avoir transformé la banque française en « casino », n’admettant nullement à l’époque la chute vertigineuse de leur action de 140 Euros à moins de 60 Euros.

        « On a emprisonné JK (durant 38 jours) alors que ce sont les dirigeants qui auraient dû quitter la banque », s’était exclamé un actionnaire sous de vifs applaudissements.

 

3- Une ambiance morose au sein de l’institution

    Avec les pertes dues aux subprimes de l’ordre de 3 milliards d’Euros et celles résultant du débouclage des positions de JK s’élevant à 6,4 milliards d’Euros, avec le flot de licenciements auxquels a procédé la banque et les changements non appréciés effectués au sein de la Direction, avec la révolte d’un certain nombre d’actionnaires et les rebondissements successifs dans l’affaire, avec les deux rapports de l’Inspection générale dévoilant un certain nombre de failles et de fautes commises par la hiérarchie, avec le climat de méfiance et de suspicion résultant de la révélation de la « fraude » et de sa médiatisation, avec le blâme et l’amende de 4 millions d’Euros infligés à la SG par la Commision bancaire pour infraction à la réglementation bancaire en matière de contrôle des risques, avec l’abandon de deux chefs d’accusation à l’encontre de JK par les juges, à savoir la ‘tentative d’escroquerie et la circonstance aggravante d’abus de confiance’,

  les salariés de la banque baignent désormais dans la déprime. Ils ont d’ailleurs boudé majoritairement l’augmentation de capital en leur faveur : Plus de la moitié des employés s’est désintéressée de ce dispositif annuel qui leur offre la possibilité de souscrire des actions de la banque à un prix inférieur de 20% au cours de l’époque de la souscription (15 avril-6 mai).

  

 4- Et les experts de démentir les propos de la gouvernance

    Contrairement aux déclarations tonitruantes et infondées de la Soc Gen , JK n’est ni fou, ni terroriste, ni doté d’une « instabilité émotionnelle », ni cherchant à détruire la banque, ni pyromane dangereux comme le qualifiait Daniel Bouton.

    Les résultats officiels de l’expertise réclamée par les juges le définissent comme une personnalité adulte équilibrée, d’une intelligence supérieure à la moyenne, ayant une conscience pleine et entière de ses actes.

 

  Un démenti cinglant à la Soc Gen !   
 
                                                  Medisma

   

 

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