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Que mensonge et fraude : De l’Amérique à la suisse, la grogne s’amplifie !

Publié par medisma sur 19 Janvier 2009, 21:51pm

Catégories : #lintegral

     La colère des épargnants américains monte contre Wall Street. « Il y a une foule de gens en colère qui aimeraient bien avoir quelques têtes au bout de leurs fourches ». Le bimensuel américain, « Fortune », fait sa couverture sur un « Wall Street en prison », avec la photo d'un homme en complet cravate et les mains menottées. Il ne s'agit cependant pas pour cette publication de se pencher sur des escroqueries comme celle commise par l'ancien patron du Nasdaq, Bernard Madoff, mais de s'interroger sur les risques pris par les patrons lorsqu'ils affichaient leur certitude dans la solidité financière de leur entreprise. Aujourd'hui, ils sont menacés de procès d'investisseurs qui se sentent floués. Mais la colère n'est pas la meilleure conseillère. « Le travail de la justice, écrit le magazine, n'est pas de connaître les causes de la crise. Ceci est du domaine des historiens. » En revanche, comme le souligne Benton Campbell, procureur à New York, il s'agit pour la justice de déterminer des « choses fondamentalement simples comme le mensonge, la fraude ou le vol ». Kevin Lay, patron d'Enron, avait été condamné ainsi pour avoir affirmé que le bilan de la compagnie était solide, quelques mois seulement avant sa faillite. Beaucoup de nouveaux procès resteront au civil. Car il est peu probable que le FBI ait suffisamment d'enquêteurs pour former des bataillons entiers se lançant à l'assaut des comptes des institutions et des entreprises américaines, pour porter les affaires devant des cours criminelles. Il se pourrait bien, conclut « Fortune », que des conseillers financiers et autres soient
condamnés surtout « pour avoir sous-estimé le prix du mensonge ».

Quant à la première banque suisse UBS, elle vient de fermer 19 000 comptes de clients américains sous la pression du fisc des Etats-Unis. En effet, elle est au centre d'un nouveau scandale : elle est accusée par le fisc outre atlantique d'avoir aidé à lui dissimuler 18 milliards de dollars.

L’administration de l’oncle Sam a découvert le pot aux roses grâce aux révélations d’un ancien dirigeant de la banque arrêté voici quelques mois. Pour prix de sa remise en liberté il a accepté de collaborer avec les enquêteurs multipliant les révélations sur les agissements illégaux de l’UBS aux Etats-Unis et sur sa clientèle.

Il a été dès lors facile à l’administration fiscale de faire pression sur la banque : soit elle livrait le listing de sa clientèle, soit elle fermait les comptes. L’UBS a choisi la seconde option sachant d’ailleurs très bien que l’identité des intéressés était d’ores et déjà connue par les autorités.

Les titulaires des comptes récupéreront leur mise mais cette fois-ci déclarée au fisc. La banque suisse se serait bien passée d’une telle affaire qui porte atteinte à son image.

Et ce n’est pas fini.

  Le siège à Zurich de cette grande banque a été vandalisé samedi 17 janvier 2009 par une trentaine de personnes. De la peinture rouge, verte et rose, a été lancée sur la façade du bâtiment et des pneus ont été enflammés. L’attaque s’est déroulée à la nuit tombée et a causé des dégâts importants évalués à des dizaines de milliers d’euros.

 L'UBS, naguère symbole de la florissante activité financière helvétique, symbolise aujourd'hui toutes les dérives de la finance internationale. La banque a été gravement affectée par la spéculation sur les « subprimes », à l'origine de la crise actuelle. L'UBS a également été un acteur de la gigantesque fraude orchestrée par le financier américain Bernard Madoff.

Fierté, orgueil et symbole de la Suisse conquérante, les banques helvétiques sont tombées de leur piédestal. Elles ne suscitent plus que ressentiments, critiques et dénonciations.

Au-delà même des dégradations, la révolte des Suisses contre leur banque s’explique par les pertes abyssales subies par l’UBS, son implication dans le scandale Madoff et surtout son appel à l’Etat pour obtenir une aide sur fonds publics. Et le plan de sauvetage – il porte tout de même sur des milliards d’euros avec la reprise par le gouvernement des actifs toxiques – ne suffira peut-être pas. L’Etat devra sans doute puiser à nouveau dans la caisse. Les Suisses sont choqués. Alors que le pays est entraîné dans la crise, leur réaction est de plus en plus violente.

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