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le blog lintegral

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L’ère des illusions est achevée

Publié par medisma sur 1 Février 2009, 00:13am

Catégories : #lintegral

   Tout le monde attend la reprise. Elle ne viendra pas. Les prochains mois verront les bourses s’effondrer complètement, entraînant dans leur chute finale les économies réelles. Les foules avaient cru à la génération spontanée des richesses. Le surendettement était devenu la règle dans les secteurs privé et public. Le système s’implose à présent.

L’opinion publique ne voit pas venir le krach.

Mais « Le monde est parti pour la crise économique du siècle », déclarait récemment Ryoji Musha, stratège de la Deutsche Bank au Japon, au magazine américain Forbes. Les marchés boursiers sont engagés dans une chute vertigineuse. L’économie mondiale roule inexorablement vers la catastrophe. Et pourtant, tout allait si bien naguère. Les conseillers financiers parlaient de « long terme », le trend « est toujours à la hausse ». La preuve? Les graphiques des « performances » des cinq dernières années haussières. La bourse semblait un bon moyen de gagner de l’argent. On parlait peu de risques. Et si un client méfiant évoquât le krach de 1929, le conseiller boursier le rassurait sans difficultés « 1929 ne pourrait pas se reproduire. Les techniques financières ont fait d’immenses progrès depuis cette époque… les banques centrales contrôlent parfaitement les cycles économiques… souvenez-vous du krach de 1987 et imaginez si vous aviez acheté quand les cours étaient bas ». Tout est si simple : il suffisait d’ « investir à long terme » et l’on était sûr de gagner.

jamais tant d’humains ne se seront fourvoyés dans des espoirs d’enrichissement aussi irréalistes, entretenus par des leaders politiques d’une inconscience aussi absolue. Mais toute illusion a son prix. La note arrive, et elle est très salée.

Ignorante du désastre en cours, l’opinion publique reste « haussière ». Et attend patiemment le retour à la hausse des marchés boursiers, et la reprise économique. On attend le train de huit heures. Mais il y a des trains qui n’arrivent jamais….

 

Le XXième siècle fut l’ère des démagogues et des utopies politiques. Mais aussi l’ère des grandes bulles financières , des budgets étatiques hypertrophiés, des folies boursières insensées, des cascades de crises à nos portes.

Le grand marché baissier en cours signale une expression d’un changement radical du système économique mondial. Pour la première fois, depuis les années trente, les économies chutent simultanément. C’est la grande déflation mondiale, soit l’effondrement d’un système économique basé sur le crédit qui a permis de financer la distribution illimitée de richesses. Ce système est arrivé à son terme. C’est tout simplement le krach par overdose de crédit

 Keynes avait soigneusement expliqué aux dirigeants de l’époque comment utiliser le volume du crédit : c’est une manette des gaz injectant des liquidités dans le circuit économique. Mais il ne faut pas l’utiliser avec excès et il invitait les décideurs à ne se servir de ce procédé qu’ « exceptionnellement, et allez-y doucement ».

En gros, la manette commande deux injecteurs : les taux d’intérêts et le niveau des réserves. Si les taux baissent, les acteurs économiques empruntent pour réaliser leurs projets de consommation ou d’investissement. Et on remonte les taux pour éviter un emballement de la machine (qui se traduit par une hausse des prix).

Le niveau des réserves est celui que la Banque Centrale exige de chaque banque pour garantir les prêts. Si c’est 100%, on ne peut prêter qu’à la hauteur de ses biens. Additionnez la valeur de votre maison et de vos économies et vous avez la somme que vous pouvez prêter à votre collègue de travail. « Mais c’est risqué », direz-vous. Exact. Vous prenez le risque. Si votre génial collègue arrive un soir et vous dit « Je suis ruiné, alors on efface la dette », il vous entraîne dans sa chute. C’est exactement ce que les financiers entendent par « le risque systémique ».

Lorsque les risques de cessation de paiements augmentent, la sécurité du système bancaire ne peut passer que par un relèvement du niveau des réserves. Aujourd’hui, on décide d’augmenter encore le risque en baissant les réserves au niveau record de 12 à10%. Pourtant comme le navigateur réduit sa voile lorsque la tempête est en vue, la règle veut que lorsque la volatilité du marché augmente, les « pros » de la finance réduisent la taille de leur position et diminuent leur exposition au risque. Un bon trader commente : « Quand vous voyez un type qui connaît bien son job faire ce genre de chose, c’est qu’il est sérieusement en difficulté.

 Sur le marché, les grands traders sont tous obsédés par le risque. Car ils ont appris, à leurs dépens, qu’il existe bel et bien. Et que les erreurs, qui se traduisent pour eux en pertes financières abyssales, sont inévitables.

 

Les besoins de l’humanité étant illimités, les Etats empruntent sur le marché. La dette publique s’aggrave et  le risque de faillite augmente en cas de retournement du marché. La règle vaut pour les individus, les entreprises et les Etats. L’Etat a besoin de crédit pour survivre. Il « stimule » l’économie, répètent  les experts. C’est sûr. Et si l’on prend trop, on shoote.

 

Les hommes politiques et les directeurs des Banques centrales s’affrontent régulièrement : les premiers réclament toujours de la relance économique à coups de diminutions des taux d’intérêt, pour se faire réélire. Les seconds renâclent : ils savent qu’une facilitation excessive du crédit mène à la faillite.

A de très rare exceptions près, les politiques ne connaissent rien à l’économie. Pour ce qui est des finances publiques, ce sont quelques hauts fonctionnaires des ministères des Finances et des Banques centrales qui font

 « tourner la boutique ». Leur travail est d’essayer de freiner un peu les dépenses de l’Etat, et de continuer à le faire fonctionner cahin-caha au milieu des turbulences de plus en plus violentes dues à la mondialisation. Mais les politiques, eux, bataillent en première ligne sur le front de la misère. Il leur faut constamment de la relance économique, à tout prix.

A part une petite minorité de spécialistes, personne n’a idée de la banqueroute inévitable des systèmes basés sur le crédit. Tout le monde continue de s’enrichir et de s’endetter. Mais ce n’est qu’illusion….

La politique de baisse des taux d’intérêt pour relancer l’économie a été abusivement utilisée depuis trop longtemps. La déflation règne. L’économie américaine flanche à son tour. Bientôt, le krach des monnaies. Cette crise économique sera bien pire que celle de 1929.

Après l’illusion, l’effondrement. Il n’y a guère de doute sur l’inéluctable Krach mondial !

Tout le système planétaire basé sur le crédit et des richesses illimitées, est le produit des croyances humaines : un système virtuel. L’anti-matière de la science économique basée sur le réel.

 

« Pour la première fois dans l’histoire l’économie et le marché ont continué à chuter face à l’injection de liquidités monétaires. La Fed a baissé les taux avec une série sans précédent de 11 interventions… et cela n’a pas stimulé l’économie. Ce genre de schéma de retournement n’a pas de précédent depuis la guerre ». Contrairement aux années trente, il n’y a plus grand chose à stimuler. Au-delà des chiffres fournis par les bilans, les dégâts dans les esprits sont inouïs.

La banque centrale américaine, en baissant les taux pour injecter des liquidités dans l’économie, risque cependant de perdre le contrôle de la baisse du dollar sous le poids du déficit de la balance de paiements, et de provoquer le krach de la monnaie. Sous un tel choc, le système monétaire international risque l’explosion, et ce qui reste de l’économie japonaise et de la fragile économie européenne la désintégration.

 

Cette crise économique sans précédent va faire déferler une vague de misère sur le monde entier. L’Occident souffrira, mais ce sera bien pire encore pour le tiers-monde, du fait de son extrême fragilité structurelle et de la concentration de larges fractions de sa population dans les mégalopoles vulnérables.

Le bien-être et la sécurité matérielle installés par des décennies de croissance économique en Occident seront brutalement remis en cause par le cataclysme économique.

La chute des investissements des entreprises entraînera des vagues de chômage qui iront submerger une partie importante de classes moyennes occidentales. Les ménages subiront de plein fouet le poids de leur endettement.

Les retraités, si privilégiés jusque-là, basculeront dans l’impécuniosité en raison de la ruine des fonds de pension liée au krach boursier, ce qui tarira fortement le versement des retraites par capitalisation.

La récession économique diminuera les recettes des Etats qui auront à accroître leurs budgets policiers et militaires pour faire face à la montée générale des tensions. Les centaines de milliers d’immigrés qui ont afflués dans les pays occidentaux verront leurs conditions bouleversées brutalement du fait du tarissement des transferts sociaux. Les ghettos urbains, où ils vivent, seront livrés à la misère et au chaos. .

L’impact de cette grande crise économique sera foudroyant sur une humanité aujourd’hui fortement urbanisée, celle du tiers-monde encore plus que celle des pays riches. Depuis un siècle, l’exode rural n’a cessé de s’amplifier, concentrant les populations dans les villes. Ces villes géantes du tiers-monde seront frappées de plein fouet par la crise économique qui est en train d’élargir le fossé déjà immense séparant pays riche et

pauvres ; quand ceux-là s’enrhument, ceux-ci agonisent.

Face à la crise économique, génératrice d’insolvabilité, la détresse des économies sous-développées sera totale.

 

                                                       

 

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