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Le plan Geithner : Calamiteuse idée et ‘terrible gâchis’ !

Publié par medisma sur 28 Mars 2009, 00:41am

Catégories : #lintegral

  La conviction profonde des économistes contemporains, c’est que l’économie est un système capable de s’auto-stabiliser. Ce qui signifie que, même si rien n’est fait, le niveau normal de l’emploi et de la production, seront de retour un jour. Pratiquement tous les économistes modernes partagent cette idée, parfois sans même y porter attention. Le Président de la Réserve fédérale Ben Bernanke l’a déclaré spontanément lors d’un discours délivré à Londres en janvier : « l’économie mondiale va se redresser. » Mais il n’a pas indiqué comment il le savait. De même Monsieur Trichet, Président de la Banque Centrale Européenne, vient de prédire la fin proche de la crise. Mais sans fournir d’explications probantes.

Le Secrétaire au Trésor Geithner a déclaré à CNBC : « nous avons un système financier qui est dirigé par des actionnaires privés et des établissements privés, et nous aimerions faire de notre mieux pour préserver ce système». Mais en préservant et en maintenant les structures défaillantes et les gouvernances incompétentes responsables de la débâcle.

La question qui se pose est la suivante : Ces Geithner, Bernanke et Trichet  ont-ils correctement analysé les déboires du système financier international et évalué l’ampleur de la crise ?

 

      Pour la première fois depuis les années 1930, des millions de foyers américains sont ruinés. Les familles qui il y a deux ans bénéficiaient de la valeur de leur patrimoine immobilier et de celle de de leurs actions n’ont plus maintenant ni l’un l’autre. La valeur de leurs plans d’épargne retraite a diminué de moitié, leurs emprunts hypothécaires sont un fardeau, et leurs maisons un boulet. Pour nombre d’entre-eux, la meilleure stratégie consiste à renvoyer par la poste la clé de leur domicile à la banque. Cette pratique garantit que l’excédent de l’offre et l’effondrement des prix de l’immobilier vont se poursuivre pendant des années. En dehors des dépôts en liquide - couverts par une garantie et désormais désespérément protégés - la classe moyenne américaine constate aujourd’hui que sa principale source de richesse réside dans la valeur implicite que représentent les retraites financées par l’Etat et la Sécurité Sociale.

 En outre, certaines parmi les plus grandes banques sont faillies, ou proche de l’être. Après avoir abandonné la gestion prudente des risques, dans un climat de négligence et de complicité des autorités de régulation, durant la présidence Bush, ces banques se sont joyeusement adonnées aux jeux dangereux de l’octroi abusifs de crédits immobiliers, suivi par la transmission de ces mauvaises créances aux fous qui les acceptaient. Elles ne sont cependant pas parvenues à les céder toutes. Et lorsqu’en août 2007 la musique s’est arrêtée, les banques ont découvert que les marchés pour leurs produits toxiques à base de titres adossés aux emprunts immobiliers s’étaient effondrés et elles se sont retrouvées en faillite. Seule une politique obstinée consistant à refuser d’admettre cette réalité a préservé les banques de la mise sous contrôle par l’autorité de régulation, la Federal Deposit Insurance Corporation, ce que la FDIC a le pouvoir de faire, comme cela a été le cas l’année dernière en Californie avec la banque IndyMac.

Aujourd’hui avec Obama, l’Amérique nous fait miroiter un nouveau plan qu’elle voudrait de dernière chance présenté par le nouveau Secrétaire au Trésor Tim Geithner.

 

En quoi consiste donc ce plan ?

Il s’agit d’un plan de sauvetage des banques prenant la forme de deux fonds distincts, l’un pour les créances hypothécaires et l’autre pour les créances des commerçants et particuliers.

En ce qui concerne la reprise des créances hypothécaires, il a été décidé de  la création d’un fonds chargé de racheter les créances hypothécaires, les gérer et les revendre sur le marché sous forme de titres financiers.

Le fonds sera doté d’un capital en provenance de l’État américain et du secteur privé, mais sa gestion sera assurée seulement par le privé qui sera le seul à décider du prix de rachat des actifs. Tim Geithner estime que «les risques que le contribuable paie un prix trop élevés sont éliminés par le fait que le privé paiera le même prix que le public ».

L’État gardera un droit de regard sur le fonds par l’entremise de la Federal Deposit Insurance Scheme (FDIC), appelée à garantir les titres émis.

 

En pratique, le processus de vente et de conversion des actifs sera le suivant :

Une banque souhaitant disposer d’un groupe de prêts hypothécaires d’une valeur nominale de 100$ sollicitera le fonds. Celui-ci organisera un appel d’offres auprès des investisseurs privés pour établir la valeur de ces actifs, qui sera inférieure à sa valeur nominale.

Supposons que le prix retenu après appel d’offres soit de 84 dollars, le fonds créera un titre financier dans lequel l’État investira 12 dollars en apport en capital, le privé apportera 12 dollars, et le solde, soit 60 dollars, sera financé sous la forme d’émissions d’obligations garanties par la FDIC auxquelles les investisseurs du privé pourront souscrire.

Dans ce processus, le ratio entre l’émission d’obligations et le capital pour ces titres ne devra pas dépasser 6 :1.

 

Quant au second fond, le plan Geithner prévoit une extension de l’actuel Term asset-backed securities loan facility (TALF) lancé par la Réserve fédérale et le Trésor  (dit plan Paulson)  pour dégager des banques les titres adossés à des créances commerciales ou à des dettes des particuliers telles que les cartes de crédit ou les financements automobiles.

Ce plan pourrait à lui seul atteindre encore mille milliards de dollars. Outre le Trésor, il comprend une participation accrue de la Réserve fédérale et des investisseurs privés.

 

Quelle Terrible idée !

Le scénario le plus probable avec ce plan, serait une combinaison d’actes de pillage, de fraude, et un regain de spéculation dans les marchés de matières premières volatils, comme celui du pétrole. En fin de compte les pertes incomberont de toute façon au public, puisque les dépôts sont en grande partie assurés. Il n’y a aucune chance que les banques reprennent l’activité des prêts à long terme. À qui prêteraient-elles ? Pour quoi faire ? Contre quelles garanties ? Et si les banques sont recapitalisées sans transformer leur mode de gestion, pourquoi devrions-nous nous attendre à ce qu’elles changent de comportement, abandonnant celui qui avait causé auparavant leur faillite ?

 

      « Quel terrible gâchis ! ». Commentant le plan Geithner, Krugman ne dissimule ni sa colère ni sa déception. Voici pourquoi : en se refusant à prendre le contrôle du système bancaire pour solder les comptes et répartir les pertes entre actionnaires et créanciers des banques, le gouvernement américain est dans l’impasse. Pour débarrasser les banques de leurs actifs douteux, préalable indispensable à la reprise de l’activité du crédit, sans pour autant les condamner à la faillite, ne reste alors que la solution de surpayer ce mauvais papier. A cette fin, le plan Geithner offre aux candidats au rachat de ce papier un modèle de financement les mettant à l’abri de tout risque de perte. Face, ils gagnent, pile le contribuable perd. Parfaitement immoral, puisqu’au nom de l’impératif du maintien des structures, il conduit à absoudre les responsables du désastre, ce plan est par ailleurs sans doute promis à l’échec pour plusieurs raisons. D’une part à cause de la masse des créances douteuses, qui va croissante au fur et à mesure que la crise s’aggrave et excède chaque jour un peu plus la capacité du budget américain, c’est à dire la crédibilité de la devise US. D’autre part il ne restaurera pas la confiance dans le système bancaire, parce qu’il laisse en place à la tête des établissements des équipes dirigeantes discréditées qui ont fait preuve de leur incompétence mais qui, fortes du soutien implicite des mécanismes mis en place, pourront se livrer à tous les paris les plus dangereux dans l’espoir de forcer le destin - sans même parler de la tentation de se servir à pleines mains tant que l’occasion leur en est encore offerte.

Et L’exemple de l’AIG, la plus grande société d’assurance du monde au bord de la banqueroute, est édifiant. Une fois l’aide publique perçue, le premier souci de ses dirigeants est de s’octroyer des bonus substantiels, et ce sans aucun remords ou la moindre pudeur !...Ahurissant !

 

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