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le blog lintegral

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Qu’attendre du G20 ? Des lendemains qui déchantent !

Publié par medisma sur 6 Avril 2009, 16:56pm

Catégories : #lintegral

                              Il ne fallait rien attendre du G20, et il n'en est rien sorti. Quelques mesurettes techniques, encore floues, ne sont pas à la hauteur de la crise systémique que nous traversons.
Pire, dans le communiqué publie à l'issue de la réunion des 20 principales économies mondiales, le "rejet du protectionnisme" est considéré comme "vital". Autrement dit, on ne change pas de cap. Au libre-échange généralisé d'hier succèdera le libre-échange généralisé de demain, avec toujours le même succès... 
En réalité, quelqu'un qui a toujours défendu le Système capitaliste sauvage ne peut pas le refonder. La conclusion à tirer de la réunion du G20 est à ce titre éloquente : "C'est un message que nous envoyons aux marchés" (AFP) a affirmé l’un des leaders européens en quittant la réunion.
Et les populations ? Oubliées ? Ne faudrait-il pas d'abord s'adresser à elles plutôt qu'aux marchés ?

 Avec les plans de relance, on lutte contre la crise comme si le problème était strictement conjoncturel. Mais la crise a aussi des aspects structurels – je dirais même systémiques. Il aurait fallu proposer un changement de système....

Baisse des taux d'intérêts, augmentation de la dépense publique, baisse des impôts pour les contribuables les plus démunis: ce sont des instruments de relance conjoncturelle.

Il fallait plutôt s'attaquer aux structures du système ultra libéral, qu'il faut changer pour éviter une nouvelle crise plus sévère. Il fallait par exemple empêcher les produits financiers complexes et peu transparents d'être mis sur le marché.

Aucune vision politique globale ne se dégage, mais plutôt deux positions partielles et insuffisantes : 

  • Les Anglo-Saxons plaident pour de vastes plans de relance économique. Mais qui seront les bénéficiaires ? Pour quels types d'activités ?

Au nom d'une croissance renouvelée, les dernières décisions et déclarations de ces gouvernements tendent à poursuivre la socialisation des pertes, le sauvetage des grandes banques et entreprises sans contrepartie, et le soutien des industries polluantes.

Ces pays insistent surtout sur la nécessité de ne pas trop réguler les marchés financiers, dévoilant leur volonté de maintenir les bénéfices des détenteurs de capitaux et de ne pas pénaliser les fauteurs de crise.

  • Les autres pays , Allemagne et France en tête, penchent du côté d'une régulation (modeste) de la finance, et refusent tout déblocage massif de fonds publics face à la crise. Le serrage de ceinture reste de mise.

Sans doute la situation serait-elle complètement différente si on avait bien voulu mixer les vingt élèves les plus riches avec les autres, plus pauvres.

Mais le G20 a tendance à remplacer peu à peu le G7/8 à la direction de l'économie mondiale sans  légitimité aucune : la représentation des pays reste fondée sur leur puissance économique, en excluant tous les pays pauvres et des régions entières. Ainsi par exemple, la seule Afrique du Sud représente tout le continent  africain.

Dans les faits cependant, seule une poignée de pays s'est octroyée le droit de décider de l'avenir de la planète. Pire, derrière la façade du G20,  onze pays font visiblement partie de ce club très sélect : selon le Financial Times, le gouvernement britannique a établi une liste de onze pays du G20 à courtiser prioritairement dans l'optique du prochain sommet du G20.
Dans ces conditions, l’ONU est mise au piquet  !

Quant à la Chine, soutenue par la Russie, elle a tenté de poser la question d'une nouvelle monnaie de réserve internationale, mettant fin à l'hégémonie du dollar et à ses perversions.

Mais là encore, pas question de toucher à la sacro-sainte suprématie des États-Unis. Barack Obama le déclare dans Le Monde du 24 mars : « Les États-Unis sont prêts à assumer leur leadership », et le Premier ministre britannique Gordon Brown, hôte du sommet du G20, copie docilement sur son voisin : les monnaies de réserve ne seront pas un grand sujet de débat .
Qu'attendre donc de ces "20 puissances" ?  A notre avis : ABSOLUMENT RIEN !
 
Désormais, une crise systémique sévère et un chambardement  ruineux total nous guettent.

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