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AOUT 1907 : LE BOMBARDEMENT DE CASABLANCA

Publié par medisma sur 7 Août 2006, 22:51pm

Catégories : #lintegral






 Une sombre page de l'histoire de la colonisation française : Le bombardement de Casablanca en août 1907

 

 

 

 

 

 

Prenant prétexte de l'assassinat d'un médecin français, le DR. Mauchamp, le 19 mars 1907 à Marrakech, le conseil des ministres français prit des mesures de rétorsion draconiennes:

 

 

 

Tandis que les croiseurs Lallande et Jeane-d'Arc étaient dirigés sur Tanger, le gouvernement de l'Hexagone décidait l'occupation immédiate de la ville marocaine d'Oujda jusqu'à ce que les conditions imposées au Makhzen fussent remplies.

 

 

 

Les exigences de la France étaient les suivantes :

 

 

 

-la révocation et l'emprisonnement du pacha de Marrakech ;

 

 

 

-une enquête à mener par le consul français à Mogador ;

 

 

 

-la punition des coupables ;

 

 

 

-le paiement d'une indemnité ;

 

 

 

-l'organisation immédiate de la police telle que prévue par l'acte d'Algésiras ;

 

 

 

-l'application des accords franco-marocains concernant les régions frontalières et entérinant l'amputation du Maroc d'une partie de son territoire, essentiellement Touat et autres oasis du sud-est du pays.

 

 

 

-arrêt des envois d'armes à Ma el Ainine, chef religieux et guerrier saharien.

 

 

 

Sur l'ensemble des conditions exigées par le gouvernement français, le ministre des affaires étrangères marocain fit connaître son assentiment par deux lettres du 20 avril et du 15 mai 1907.

 

 

 

Mais l'occupation d'Oujda et de ses environs par l'armée française sous le commandement du général Lyautey accentua le ressentiment de la population à l'égard de la France. La rébellion des populations fut quasi-généralisée. Et les événements allèrent désormais se précipiter : Les résidents français à Marrakech se sentirent si menacés qu'ils prirent en commun la résolution de gagner la côte. Tous s'acheminèrent vers Safi. Des rebelles constitués en harkas partirent de Tafilalt pour libérer les oasis annexées.

 

 

 

Le 24 mai 1907, les travaux préliminaires du port de Casablanca exécutés par les Etablissements Schneider et Cie pour le compte de la Compagnie Marocaine, société française d'entreprises, étaient achevés. La petite locomotive commençait à conduire ses wagons de pierres à la base de la jetée à construire.

 

 

 

Le 4 juillet, un ordre chérifien obligeait les amines de la douane à admettre parmi eux, dans leur bureau même, l'agent français de la dette chargé de contrôler les recettes et prélever le pourcentage revenant aux porteurs de titres dont il est le représentant.

 

 

 

Le 29 juillet, une délégation de tribus de la Chaouia (région de Casablanca) se rendit chez Moulay Lamine, oncle du Sultan Moulay Abdelaziz et gouverneur de la province, et le sommèrent de faire démolir les constructions déjà entamées. Une autre délégation se présenta chez le pacha de la ville, Si Boubker Ben Bouzid Slaoui et réclama avec véhémence l'arrêt des travaux du port, la destruction du chemin de fer et la suppression des contrôleurs français de la douane.

 

 

 

Le 30 juillet, l'effervescence augmentait en ville. La population envahit les rues. Un sujet portugais fut assassiné. Les émeutiers arrêtèrent le train grâce à un amas de pierres amoncelées sur la voie et assassinèrent les ouvriers étrangers de la locomotive : quatre français, trois italiens et deux espagnols.

 

 

 

Le Khalifa du Sultan, Moulay Lamine, constatant la gravité de la situation, destitua Si Boubker et gouverna lui-même.  

 

 

 

Le même soir, les membres de la colonie française et nombre de juifs marocains se réfugièrent à bord d'un bateau marchand anglais, Le Dermatian, qui se trouvait en rade et regagnèrent Tanger et Gibraltar accompagnés du DR. Merle, envoyé spécial du consulat français à Casablanca, pour exposer la situation au chargé d'affaires de la légation de France, M. Saint-Aulaire, en l'absence de M. Regnault, ministre de France en vacances dans l'Hexagone.

 

 

 

M. Saint-Aulaire, sur instruction de Paris, envoya immédiatement à Casablanca le croiseur Galilée qui se trouvait à Tanger, rejoint aussitôt par Le Condé et le Du Chayla en rade à Toulon.

 

 

 

Le 2 août, une dizaine de fusillers furent débarqués de Galilée pour protéger le consulat de France.

 

 

 

A l'annonce de cet événement, l'agitation en ville reprenait de plus belle.

 

 

 

Le 5 août au matin, soixante six marins de Galilée débarquèrent à terre après un échange nourri de feu qui fit cinq blessés du côté français. Ils rejoignirent finalement le consulat, conduits par l'interprète officiel M. Zagury, marocain de confession israélite.

 

 

 

Aussitôt arrivés sur les lieux, un bombardement intense fut déclenché à partir de Galilée visant la partie arabe de la ville. Celle-ci subit des dégâts  particulièrement destructeurs : des maisons éventrées, des nuages de poussière soulevés de partout, les flammes des incendies allumés par les obus montaient dans le ciel, des marocains déchiquetés par les obus gisaient à chaque coin de rue. Ce fut une véritable boucherie !

 

 

 

Le bombardement continuait durant la journée et toute la nuit. Le lendemain 6 août, le drame se poursuivit, terrifiant et terrible. Le bateau 'Du Chayla' débarqua trente et un soldats, le croiseur 'Forbin' quarante-quatre. Et les marocains, en dépit des pertes considérables subies dues aux incessants bombardements, continuaient à lutter avec une rare bravoure, semant l'inquiétude au sein des troupes françaises. L'escadre du contre-amiral Philibert qui amenaient des troupes du général Drude accosta en rade. Les chaloupes débarquèrent sur la plage de Sidi Belyout les premiers tirailleurs français et algériens. Les autochtones les accueillirent avec des tirs nourris. Les pertes des envahisseurs s'élevaient à deux tués et à dix-neufs blessés. Et en raison des bombardements et au vu des trois mille hommes du général Drude, la population civile déserta la ville.

 

 

 

Une fois cette dernière occupée, le problème qui se posa fut de la débarrasser des innombrables cadavres qui jonchaient la Médina ou pourrissaient sous les décombres. La chaleur d'août aidant, l'odeur était effroyablement suffocante. Des équipes de marins et de soldats français escortaient des groupes nombreux de marocains musulmans et juifs, réquisitionnés d'office et chargés de transporter des cadavres sur de simples charrettes pour les balancer dans d'immenses fosses communes où ils étaient ensevelis après les avoir recouverts d'une épaisse couche de chaux.

 

 

 

L'envoyé spécial du journal parisien 'Le Matin', Hubert Jacques, relatait dans sa dépêche du 10 août la situation en ville comme suit : « L'horrible corvée de l'enlèvement des cadavres continue. On en rencontre dans toutes les maisons, derrière toutes les portes. Le nombre est bien plus considérable qu'on ne l'avait supposé d'abord....Tous les puits et les citernes sont également remplis de cadavres. L'eau de ville est empoisonnée. On rencontre encore parmi les cadavres des blessés qui agonisent depuis quatre ou cinq jours, sans eau et sans nourriture, n'ayant pas la force de s'éloigner du charnier en décomposition sur lequel ils sont tombés. C'est vraiment atroce. J'ai hâte de fuir ce spectacle effroyable et je préfère entendre siffler les balles dans l'air pur. »

 

 

 

Cet horrible carnage, résultat d'incessants bombardements aveugles, est aujourd'hui complètement occulté dans les manuels d'histoire !

 

 

 

H.G. Conjeaud, témoin oculaire faisant partie du corps de débarquement et colon établi  plus tard  dans la périphérie de Casablanca et précisément à Berrechid, fit savoir que c'est sur l'emplacement de ces fosses communes où gît un nombre incalculable de paisibles et innocentes victimes civiles marocaines, toutes religions confondues, que l'armée française a implanté un jardin public, qui existe d'ailleurs à ce jour, situé devant la caserne de la marine, boulevard Sour Jdid, non loin du port. Aucune plaque commémorative n'est érigée en leur mémoire !....

 

 

 

Quant aux blessés qui se comptaient par milliers, portant pour la plupart de graves plaies gangrenées par la forte chaleur de la saison, ils se réfugièrent au sein des mosquées, en partie détruites, par crainte de l'occupant. Pour leur part, les blessés juifs furent soignés dans un hôpital fondé à leur intention par le baron Henri de Rotshchild.

 

 

 

Le 11 août, le pacha de la ville Si Boubker fut arrêté et envoyé en résidence surveillée en Algérie.

 

 

 

 Moulay Lamine, khalifa du Sultan, eut une attitude équivoque : il rallia les autorités françaises et les aida grandement à asseoir leur occupation de Casablanca.

 

 

 

Et le 6 septembre, le bateau de commerce 'Magnus' ramena de Gibraltar et de Tanger les quatre cents juifs marocains qui s'y étaient réfugiés dés le commencement des troubles.

 

 

 

Tout au long du mois de septembre, le général Drude, avec des effectifs portés à environ six mille soldats, n'arrivait pas à repousser les assauts incessants des insurgés de la Chaouia contre ses positions autour de la ville. Cette dernière était complètement coupée de l'arrière pays et les troupes françaises avaient le moral au plus bas.

 

 

 

En France, l'opposition parlementaire se souleva avec véhémence contre cette campagne militaire injustifiée, et le député socialiste Jean Jaurés la stigmatisa fermement tout en soutenant le droit des marocains à défendre l'indépendance et la souveraineté de leur pays.

 

 

 

Aussi, le gouvernement français décida-t-il le 6 janvier 1908 de procéder au remplacement du général Drude par le général d'Amade à la tête de l'armée d'occupation, renforcée à la fois en effectif et en matériel.

 

 

 

Et l'aventure de la puissance colonisatrice ne fit alors que commencer.......

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Medisma

 

 

 

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P
<br /> Bonjour, <br /> <br /> <br /> Je viens de tomber sur l'article de votre blog et je dois dire que comme bon nombre de personnes qui ne prennent pas le temps de se documenter sufisemment vous prenez parti.<br /> <br /> <br /> Le bombardement de Casablanca a duré 1heure, de 6h à 7h du matin, heure à laquelle le pacha se rend aux français et signe l'armistice. Ce qui a causé tant de morts, ce sont les pillards venue du<br /> bled qui ont tué tous ceux qui se trouvaient sur leur chemin en commençant par les juifs, puis se sont entretué pour ne pas partager. D'ailleur vous verrez que sur toutes les photos du<br /> bombardement ou on présente des cadavres, les maisons ne sont pas détruites, ce qui montre que la mort à été causé par des affrontement et non un bombardement. <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Cordialement, <br />
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G
Moi à la place de patrice je ferais mieux de m'abstenir au lieu de sortir des bêtises, tel les pillards qui sont entre tué. Et si je comprend bien la France était là en spectateur sans plus. Cela dit ce sont des mecs comme ça qui donnent d'autres Ramification ' des fausses bien évidemment ) à l'histoire. un conseille à l'avenir abstiens toi.

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