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LE JUIF DANS L'HISTOIRE : ENTRE SURVIE ET ABAISSEMENT

Publié par medisma sur 24 Septembre 2006, 15:40pm

Catégories : #lintegral

 

La vie d’un juif marocain au 19ème siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au 19ème siècle, les juifs marocains mènent une vie des plus dégradantes. Vivant à l’état de parias, ils supportent le poids de plusieurs siècles de souffrance et de saleté. Méprisés, ils ont pris l’habitude de courber l’échine, de demeurer humbles, serviles et sournois. Ils sont parqués dans des quartiers séparés appelés Mellahs ; il ne leur est pas permis d’habiter ailleurs, et ils ne cherchent nullement, du reste, à enfreindre cette interdiction, qui, si elle est à certains égards une humiliation, est sous d’autres rapports une sauvegarde.

 

 

 

 

 

Les Mellahs sont souvent d’une saleté repoussante ; les épidémies y sont fréquentes et meurtrières. Cette population malheureuse, maintenue pendant tant de siècles dans l’abjection, et minoritaire en nombre de surcroît, ne trouve aucune réponse à sa dramatique situation. La misère, une promiscuité révoltante, les excès de l’alcoolisme, le mépris universel dont elle est l’objet lui ont infligé des tares physiques et morales très profondes.

 

 

 

 

 

Le portrait qu’a tracé du juif marocain l’illustre explorateur De Foucault, qui a vécu parmi eux et traversé le Maroc déguisé en israélite à la fin du 19éme siècle, laisse perplexe :

 

 

 

 

 

« Le juif, dit De Foucault, se reconnaît à sa calotte et à ses pantoufles noires ; il ne lui est pas permis de les porter d’une autre couleur. Dans la campagne il peut se déplacer sur un âne ou mulet, mais, s’il rencontre un religieux ou une mosquée, il met pied à terre et fait un détour. Aux péages et aux portes, il est soumis à une taxe comme une bête de somme. En ville, il se déchausse et marche à pied ; les rues voisines de certains sanctuaires lui sont interdites. Il demeure hors du contact des musulmans, avec ses coreligionnaires, dans un quartier spécial.

 

 

 

 

 

Dans le Mellah, le juif est chez lui ; en y entrant, il remet ses chaussures, et le voilà qui s’enfonce dans une dédale de ruelles sombres et sales, il trotte au milieu des immondices et trébuche contre les légumes pourries, il se heurte à un âne malade qui lui barre le chemin, toutes les mauvaises odeurs lui montent au nez, des sons discordants le frappent de toutes parts… »

 

 

 

 

 

C’est en effet au Maroc d’avant le protectorat que le juif est au niveau le plus bas de moralité, d’instruction, de considération sociale. La réponse à une lettre adressée par le Consul de France à Tanger au Sultan Moulay abderrahmane, au sujet du traitement infligé à un ressortissant français de confession juive, traduit la difficile situation de la population israélite du pays de l’époque :

 

 

 

 

 

« …. Les juifs de Notre Pays fortuné ont reçu des garanties dont ils bénéficient moyennant l’exécution des conditions imposées par notre Loi religieuse aux gens qui jouissent de la protection : ces conditions ont été observées et le sont par nos coreligionnaires. Si les juifs respectent ces conditions, notre Loi les défend et ordonne de respecter leurs biens…... Notre religion glorieuse ne leur attribue que les marques de l’avilissement et de l’abaissement, aussi, le seul fait pour un juif d’élever la voix contre un musulman constitue une violation des conditions de protection. Si chez vous, ils sont vos égaux en tout, s’ils sont assimilés à vous, c’est très bien dans votre pays, mais pas dans le nôtre. Votre statut chez nous est différent du leur : Vous êtes des ‘réconciliés’, tandis q’eux sont des ‘garantis’.

 

 

 

 

 

Aussi si l’un d’eux vient faire du commerce dans Notre Empire fortuné, il doit se conformer aux mêmes obligations que les ‘protégés’ chez nous, et revêtir les mêmes signes extérieurs. Celui qui ne veut pas observer ces obligations n’a qu’à rester dans son pays, car nous n’avons pas besoin de son commerce, s’il est exercé dans des conditions contraires à notre Loi bénie… »

 

 

 

 

 

Le juif était donc soumis à une loi spécifique et dégradante. Néanmoins, sa situation est condidérée à cette époque bien meilleure que celle de ses nombreux coreligionnaires dans d'autres contrées de la planète.

Les efforts entrepris par l’alliance israélite universelle, les conditions nouvelles créées par le protectorat et surtout l’avènement du Sultan Mohammed V, le tireront plus tard de cet abaissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                  Medisma

 

 

 

 

 

 

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