Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

le blog lintegral

actualités, économie et finance, nouvelle technologie, entrepreneuriat, histoire et colonisation...


QUAND SEOUL SOUHAITE FORMER LES MEILLEURS CERVEAUX DE LA PLANETE ! SERAIT-CE DE LA SCIENCE FICTION ?

Publié par medisma sur 18 Février 2007, 17:30pm

Catégories : #lintegral

 

 

La Corée du Sud investit sans démesure pour former les meilleurs cerveaux du monde

 

 

 

 

Séoul compte des établissements parmi les plus prestigieux au monde. Mais les étudiants sont soumis à une pression telle qu'ils manquent de créativité.

 

LE PROJET ressemble à de la science-fiction. Baptisé « Star Faculty », il est pourtant bien réel. Une cinquantaine d'enseignants de haut niveau, triés sur le volet, vont recevoir du gouvernement sud-coréen 200 millions de wons (170 000 euros) par an pendant dix ans pour fabriquer des futurs prix Nobel !

 

L'ancien président Kim Dae-jung, prix Nobel de la paix 2000, fait-il tourner la tête aux dirigeants du pays ? Non. Avoir les meilleurs cerveaux du XXe siècle est simplement devenu l'obsession du gouvernement sud-coréen qui a lancé au début de l'année une vaste réforme de son système universitaire. Il prévoit notamment la fusion de quinze des cinquante grandes facultés que compte l'archipel afin de les rendre plus compétitives. L'État est prêt à y dépenser 300 milliards de wons chaque année (250 millions d'euros) pour le mener à terme avant 2009.

 

Euh Yoon-dae, président de la prestigieuse Korea University, ne se fait, lui, aucun souci. Son établissement, privé, est, avec l'université nationale de Séoul et l'université de Yonsei, l'un des trois joyaux du pays que tout Coréen rêve de décrocher. Les étudiants les appellent « sky », le ciel, du nom de leurs initiales réunies. C'est tout dire ! Ordinateurs dernier cri, bibliothèque totalement informatisée, salles vidéo ultramodernes, immenses baies vitrées ouvertes sur un parc magnifique, rien n'est trop beau pour la Korea University, qui avoue un budget de près de 800 millions d'euros. Budget en grande partie financé par des donations des conglomérats industriels, Samsung, Hyundai, LG, dont certains bâtiments du campus portent les noms.

 

C'est là l'une des forces de la Corée en matière de formation. 80 % des grandes écoles et des universités sont privées. Quand le pays, avec des dépenses d'éducation représentant 7,1 % de son PIB, se plaçait en 2002 en troisième position des membres de l'OCDE, derrière l'Irlande et les États-Unis, il arrivait largement en tête en ce qui concerne les seules dépenses privées, note une étude récente de l'Organisation de coopération et de développement économiques. Et cette part continue d'augmenter.

 

La Corée du cerveauCes conglomérats, les fameux « cheabols », sont la pierre angulaire d'un système qui vise à rapprocher les entreprises des universités pour faire de la Corée une plaque tournante de la recherche avancée et des technologies de pointe en Asie. « Brain Korea », affiche un slogan du gouvernement. La Corée du cerveau. Elle a commencé par rapprocher ses « think-tanks », le Kedi, le Krivet, le Kice, le Keris, pour qu'ils soient une force de propositions et, surtout, respectés par les entreprises. Elle a lancé un « e-campus Vision 2007 ». Elle engage à présent un programme baptisé « happy zone » visant à relever le niveau d'éducation dans quarante régions défavorisées, campagnes et villes confondues. C'est le groupe SK qui est chargé de le piloter. Près de 10,5 milliards de wons (875 000 euros) lui seront consacrés en 2007 et 2008.

 

Revers de la médaille, toutefois, la compétition entre les étudiants est une surenchère permanente depuis leur plus jeune âge. A l'école, au collège, au lycée, les horaires atteignent couramment 50 ou 60 heures par semaine si l'on compte les cours particuliers dispensés par les « hakwon » privés, sorte de « boîtes à bac », dont aucun élève coréen n'imaginerait pouvoir se passer. Et encore moins leurs parents. Résultat, en dépit d'un examen de fin d'études secondaires particulièrement difficile où les points obtenus déterminent les universités auxquelles on peut prétendre, plus de 88 % des lycéens passent chaque année dans l'enseignement supérieur.

 

Mais, paradoxe, note l'OCDE, alors que l'État est particulièrement fier de son système scolaire, qu'il vante partout à l'étranger, les Coréens sont, eux, de plus en plus nombreux à le critiquer, l'estimant trop rigide et trop cher. Et, remarque l'institution, ce système finit par « gêner le plein développement des enfants » et aboutit à former des étudiants qui manquent de créativité.

 

 

 

 

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents