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le blog lintegral

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Absurdité financière : création monétaire avec effet déflationniste !

Publié par medisma sur 17 Mars 2012, 15:57pm

Catégories : #lintegral

Et puis les bulles éclatent nécessairement les unes après les autres

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Récemment, la première bulle à avoir éclaté dès le milieu 2011 c’est celle des monnaies (étrangères) contre le dollar US, puisque l’euro, le yen, le franc suisse, etc. se sont clairement retournés à la baisse contre le dollar US. La seconde bulle à avoir éclaté c’est celle des obligations d’Etat de la plupart des Etats de la zone euro, suivie depuis peu de celle des obligations d’Etat US puisque les taux d’intérêt US à 10 ans et 30 ans sont repartis en forte hausse. La troisième bulle à avoir éclaté c’est celle de l’or et de l’argent-métal exprimés en dollars US. Nous avons correctement identifié ces trois retournements de tendances qui s’accélèrent et devraient se poursuivre. A noter que, plus les taux long US monteront à la condition que le rythme de leur hausse soit modéré (et ne se transforme pas en krach obligataire aux USA), plus le dollar US montera, puisqu’il ne sera plus une monnaie de “carry trade” que l’on emprunte pour placer dans une autre mais une monnaie de placement, et plus l’or et l’argent-métal exprimés en dollars US baisseront avec comme objectifs leurs plus bas de 2011. Tout cela n’excluant évidement pas des corrections temporaires inhérentes à la volatilité des marchés financiers.

Les taux longs US sont remontés de 2,70 à 3,411 % pendant que le US Dollar Index poursuit sa progression.

·         L’or exprimé en dollars US devrait continuer de baisser mais devrait continuer de monter quand il est exprimé en euros, du seul fait de la hausse du dollar US en parallèle avec la baisse de l’euro. Idem pour l’argent-métal. Objectifs possibles: 1.350 et 22 USD l’once.

·         La quatrième bulle qui éclatera nécessairement c’est celle des actions mais là nous avons pour le moment complètement tort, puisque les actions US bien que fortement surachetées, continuent de monter (ce qui tire mécaniquement à la hausse -plus modérément toutefois- les actions européennes) alors que la hausse du dollar US et le ralentissement économique mondial en particulier en Europe et dans les pays émergents (Chine) auraient dû les faire baisser. Nous persistons toutefois, à considérer, qu’à leur stade actuel, les marchés des actions US et européens présentent des risques de chute massive à tout moment, d’autant que leur volume n’a jamais été aussi faible depuis de nombreuses années (ils montent dans du vide) qui, quand elle aura lieu, lessivera tous ceux qui seront investis dans ce type d’actif.

Apple et beaucoup d’autres actions sont dans une configuration de hausse -en principe intenable longtemps- qui ressemble à celle de Google et autres ayant précédé le krach de 2007 à mars 2009.

·         Quelle est la raison de l’éclatement des trois bulles précitées qui est aussi celle qui fera imploser la quatrième toujours en cours?    C’est la déflation!

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En effet, en dépit de la création massive de liquidités créées ex nihilo par les banques centrales (US et européennes) bien au delà de la production effective de biens et de services par les économies occidentales, qui restent en faible croissance voire en récession (comme le montre le Baltic Dry Index au plus bas depuis 25 ans et toujours incapable de se reprendre), cette création monétaire artificielle n’est pas rentrée dans les économies précitées mais a été absorbée par la “trappe à liquidités” ainsi qu’en témoigne la chute des vitesses de circulation des monnaies et des multiplicateurs monétaires ou de crédit. Autrement dit, les grandes banques privées qui ont reçu cet influx inimaginable de monnaie continuent de la thésauriser, pour améliorer leurs bilans gravement impactés par leurs pertes dans les marchés obligataires et autres dettes diverses ou bien en la replaçant pour l’essentiel auprès des banques centrales et accessoirement en l’utilisant pour spéculer pour leur propre compte (sur les marchés d’actions), sans la prêter à l’économie réelle. De telle sorte que cette création monétaire n’a pour le moment pas d’effet inflationniste mais tout au contraire un effet déflationniste puisque la contraction générale du crédit s’aggrave, sans compter qu’au plus mauvais moment les Etats rivalisent de plans d’austérité en coupant les dépenses publiques alors qu’il eut fallu le faire bien avant. Et que le chômage de masse et la diminution des salaires comme des prestations sociales, alors que les impôts et certains prix de base (le pétrole par exemple) augmentent, accentuent la déflation. D’où la hausse du dollar US et  les chutes des marchés obligataires et des métaux précieux (exprimés en dollars US mais pas dans les autres monnaies qui se dévaluent).

 

·         Que peut-t-il maintenant se passer?

 

- Soit les banques centrales accélèrent encore la création monétaire massive (QE 3 aux USA et en Grande Bretagne, LTRO 3 dans la zone euro, etc.) et les grandes banques privées prêtent aux agents économiques l’argent qu’elles reçoivent. Ce qui ne va pas être facile parce que les dites grandes banques privées ne veulent plus prendre de risque excessif, parce qu’elles n’ont plus de collatéraux de qualité à apporter aux banques centrales lorsqu’elles empruntent, et que lesdits agents économiques n’ont pas les moyens d’emprunter plus faute de disposer de perspectives d’amélioration de leur situation (”on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif”!). Mais tout cela, si ça fonctionne, débouchera à terme sur l’hyper-inflation, parce que l’on ne peut pas traiter une crise globale d’endettement massif par l’émission de plus de dettes encore, ou monétaire par l’émission de plus de monnaie encore. Mais si les grandes banques privées ne prêtent plus et les agents économiques n’empruntent plus, créer du crédit et de la monnaie ne servira à rien tout en augmentant la fragilité générale du Système monétaire et bancaire.

- Soit, plus probablement, les banques centrales ralentissent voire cessent leur création monétaire pour: 1/ rétablir une meilleure qualité de leurs bilans dont l’extension à l’infini sous la forme d’actifs pourris est suicidaire pour elles et 2/ favoriser le “Grand Ajustement”, c’est-à-dire laisser certaines dettes, mécanismes à bout de souffle (la zone euro), institutions et/ou Etats super-endettés en faillite virtuelle ou réelle exploser, afin de réduire la pyramide mondiale de crédits gagés sur le néant qui est à la source de la crise. Et tout cela accroitra la déflation actuelle, mais assainira à terme la situation occidentale permettant ultérieurement une reprise économique auto-entretenue par les forces du marché lui-même.

Ludwig von Mises écrivait dans “L’action humaine”: “Il n’y a aucun moyen de soutenir un boom économique résultant de l’expansion à crédit. L’alternative est ou bien d’aboutir à une crise plus tôt par arrêt volontaire de la création monétaire, ou bien à une crise plus tard avec l’effondrement de la monnaie qui est en cause“. Voilà où nous en sommes arrivés.

Il est très difficile actuellement d’investir des fonds pour la raison que la déflation a toujours été synonyme de liquidation et de baisse générale de la valeur de tous les actifs sauf le cash, puisque quand les prix chutent la valeur du pouvoir d’achat de la monnaie remonte à la condition bien sûr d’être dans la bonne monnaie c’est-à-dire pour le moment le dollar US.

Le graphique de la chute de la vitesse de circulation du dollar US montre que les USA sont entrés en déflation à partir de 2000, ce qui correspond au début de la phase “hivernale” du cycle de Nicolas Kondratieff, alors même que la masse monétaire en dollars US explose. Comment en sortir puisque la création monétaire massive a été impuissante à stopper cette déflation? Personne n’en sait rien puisque cela ne s’est jamais produit dans l’histoire du Système de la monnaie de papier qui ne remonte qu’après la Première Guerre mondiale, grosso modo aux années 1920, mais surtout aux années 1970 avec la cessation de convertibilité du dollar en or de 1971.

·         L’évolution de la hausse des prix aux USA montre qu’elle reste dans une phase de ralentissement, en partie du fait de la chute des prix de l’immobilier qui sont au plus bas depuis 1980. A cet égard, que les prix des actions US montent alors que les prix de l’immobilier US baissent montre aussi l’absurde sur-évaluation desdites actions et la non moins excessive sous-évaluation de l’immobilier. [FMG]

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