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le blog lintegral

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Burj Dubaï: une inauguration pour dissimuler cette crise qu'ils ne sauraient voir

Publié par medisma sur 4 Janvier 2010, 20:07pm

Catégories : #lintegral

burj_dubai_b-5B1-5D.jpgBurj Dubaï, la plus haute tour du monde avec 16 étages et 828 m de hauteur, devient désormais Burj Khalifa en hommage au président des EAU. Un geste envers la famille royale d'Abu Dhabi qui a sauvé pour l'instant de la faillite totale et spontanée le petit émirat en lui octroyant 10 milliards de dollars.

Cette tour vient d'être inaugurée en grande pompe aujourd'hui lundi sur fond de crise. L'Émirat, plombé par une dette de quelque 100 milliards de dollars, s'emploie à présent à sécuriser ses investissements stratégiques dans le pays et à abandonner ceux en cours à l’étranger.

Burj Khalifa, ce colosse architectural, pourrait bien être «le dernier des projets pharaoniques ayant fait la réputation mondiale de Dubaï, dont une île artificielle sous forme de palmier construite par le géant immobilier Nakheel, à l’origine des difficultés financières de l’émirat», prévient L’Express belge. «Sans l’aide d’Abou Dhabi, assis sur des réserves d’or noir, Dubaï ne songerait même pas à festoyer au pied de son obélisque de verre et d’acier», analyse Libération. Car l’émirat a bel et bien «frôlé la catastrophe financière en novembre dernier», rappelle Le Nouvel Observateur. A l’ombre de la tour», selon l’image du Spiegel, «le serpent de Dubaï se mord la queue!» indique France-Soir, et «c’est devenu une tarte à la crème», se moque La Tribune: «A chaque crise correspond la construction d’un des plus grands buildings du monde, un symbole de la folie des grandeurs punie. Crise de 1929? L’Empire State Building et le Chrysler Building sont achevés à New York Manhattan. Ils resteront partiellement inoccupés pendant des années. Crise des années 1970? C’est le tour des Twin Towers, le World Trade Center, qui se terminent en pleine récession… et connaîtront trente ans plus tard la fin tragique» que l’on sait. Des phénomènes historiques récurrents que rappelle aussi 20 Minutes, une magnifique infographie à la clé. Ainsi, sans en tirer aucune leçon, et «en dépit de la crise, Dubaï se met une nouvelle fois en scène», écrit la Frankfurter Allgemeine.

burj-dubai-the-tallest-building-in-the-world-night-shot1Alors, veut-on la cacher ou l’«exorciser», cette crise, voire la «conjurer»? comme le pensent plutôt Il Sole-24 Ore et Le Figaro: «Coûte que coûte», les promoteurs «se sont efforcés de boucler le projet, évalué à plus d’un milliard d’euros, malgré les déconvenues. Les faillites de plusieurs sous-traitants ont engendré des retards. Il s’agit surtout de faire bonne figure» dans ce marasme dont le Washington Post et le Financial Times donnent les chiffres, accablants: ainsi, «avec toute une batterie de feux d’artifice et une foule de 6000 personnes invitées, précise le Guardian, les souverains de Dubaï tentent de convaincre le monde que leurs ennuis financiers ont été surévalués», en misant sur ce que Die Welt nomme «un modèle absurde de fuite en avant».

Dubaï, démuni de pétrole, s’est  lancé dans des investissements immobiliers colossaux, bâtis à coups de crédits et de superlatifs. Mais la crise économique a fini par le rattraper. Jusqu'à affoler, il y a quelques semaines, les Bourses du monde entier, à la perspective d'une faillite pure et simple de l'émirat. Et c’est le voisin Abou Dhabi qui a mis la main au portefeuille et a apporté dix milliards de dollars au conglomérat public Dubaï-World.

 Si la tour géante a été achevée, beaucoup d'autres projets faramineux sont ensablés. Dont une autre tour d’un kilomètre de haut. Et quelques nouvelles îles-palmiers. Les prix des maisons ont baissé de plus de 50% en douze mois et les villas et les immeubles vides font désormais partie du paysage. Ce brusque ralentissement ne fait pas l'affaire des expatriés, qui constituent près de 90 % de la population et dont la moitié vit de l'immobilier. Beaucoup, déjà, sont repartis après avoir perdu leur emploi.

L'ultime question que se pose Sydney Morning Herald en ironisant est : «is Bigger better?». Et propose en fin de compte une galerie photos de monstres architecturaux de Dubaï, telle une sorte de navrante foire aux vanités tape-à-l’œil.

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